La fortune du change : le projet

juillet 1st, 2017 § 0 comments § permalink

Dans la lignée de Local héros, j’entreprends deux autres fictiographies de musiciens emblématiques de la contre-culture : Pink Floyd et Prince. Rien de moins. Et simultanément, pourquoi pas, c’est l’été. Je me donne l’été, justement, parce que c’est l’été, pour accomplir ces deux petits exercices qui forment à la fois deux chapitres de ma réflexion sur la contre-culture à travers son rayon le plus évident et aveuglant (le rock — au sens large car ni Pink Floyd ni Prince ne jouent strictement du rock) et deux éminents dépassements du simple formel projet initial du rock, une véritable réponse esthétique à son patent manque de conversation. Ici, juillet, Astronomy domine.

 

Donne

Pink Floyd est une drôle d’entité, car ce même nom regroupe au moins trois réalités (sinon quatre) absolument différentes, et rarement compatibles. Remarquons pour commencer qu’un seul membre est resté du début à la fin : Nick Mason, qui est par ailleurs également le biographe officiel du quatuor (un temps — très court — quintette). Les quatre autres membres sont partis ou arrivés : Syd Barrett, le fondateur, lâche en 1968-1969, David Gilmour le remplace alors, Roger Waters, le principal auteur des années de gloire, s’éclipse après 1983, et Rick Wright, chassé en 1983, disparaît en 2008 : seul Mason est sur tous les albums. Ce parcours, la présence de Mason, en un sens, le dessine par la négative ; trois ères au moins se succèdent : Barrett, Waters, Gilmour, avec un bref moment d’intense créativité collective ; entre 1969 et 1973, PF publie une série d’albums marquants, qui semblent tous pointer un objectif, toujours plus précis et saisi, et cet objectif est La face cachée de la lune. C’est sur cette période que je concentrerai mes efforts, parce que (peut-être) l’époque dite psychédélique, qui précède la période progressive, me paraît relever d’une autre fiction, de même que la période post-Waters (qui a pour malchance, en plus de l’absence de Waters, de tomber en pleines années 80, les pires que le rock — i.e. la contre-culture — ait connues) ; les quatre albums qui suivent Face cachée…, finalement, ne sont que son aboutissement, et, en un sens, l’illustrent sans le renouveler : J’aimerais que tu sois là en est l’aboutissement sonore, Animaux est la fin du groupe et Le mur… est Le mur, un « machin » indigeste et finalement décevant sur le long terme ; enfin La dernière bande (ou Le montage final), au titre évocateur, qui est largement sous-estimé, et qui aurait dû être un Mur honnête, apparaît plus comme un album de Waters que comme un album de Pink Floyd. Je ne considèrerai pas les trois albums suivants qui n’appartiennent plus à l’entité Pink Floyd.

J’ai dit par ailleurs (En paraphrasant Pacôme Thiellement) que le rock était mort dans la nuit du 12 mai 1972 au 1er mars 1973, c’est-à-dire entre Exil Grand’rue des Stones et Face cachée…. Les deux faces — si l’on veut — la face réaliste et la phase romantique, le versant politique et le versant poétique, le noir et le blanc — du rock se succèdent, et ainsi se parachèvent. On ne peut aller plus loin dans ce genre de musique. Sans le faire sortir du cadre qu’il s’était donné, en tout cas : Bas, chef d’œuvre de Bowie, Tom Waits, le hip-hop ou… mettons… Björk, sont autre chose que le rock tel qu’il s’est d’abord défini. Le punk, le grunge sont exactement cela, mais avec la nostalgie, qui est toujours payante, donc plutôt un accès vers le passé que la découverte de nouveaux territoires.

C’est donc l’une de ces fins que je me propose d’explorer, comme toujours, par les textes et le soutien dérivant de la fiction.

Note importante Ce travail est un travail de fiction, en aucun cas un documentaire ou un “biopic”.

Note Parti pris : tous les titres des œuvres (albums et chansons) sont traduits en français.

Note Le texte s’écrit peu à peu : je dessine les « pistes », elle apparaîtront (ou pas) au fur et à mesure, peut-être — sûrement — bougeront.

 

Sources

À côté des disques et des chansons, on trouve évidemment des tonnes de livres et de documentaires. Mais — comme souvent — il y a beaucoup à jeter. Je retiens toutefois la somme de Nick Mason, qui a sagement conservé tous ces documents depuis le début : Nick Mason et Philip Dodd (trad. Sylviane Lamoine, Élisabeth Luc, Dominique Mathieu, Delphine Nègre, David Thépaut-Lindbergh), Pink Floyd : l’histoire selon Nick Mason, EPA-Chêne 2005 ; le complet Mark Blake, Pigs might Fly, Aurum 2007 ; le pas si mal Daniel Griffiths éd., Pink Floyd, album by album : the definitive history. Pour les documentaires filmés, celui qui nous laisse le plus de traces reste Pink Floyd live at Pompei, qui est un concert devant aucun public + des témoignages vidéos du groupe, en pleine effervescence pré-Face cachée…. Puis il y, là encore, de nombreux morceaux en public, de l’époque. Ah, et il y a aussi les œuvres en collaboration : les ballets avec Roland Petit (Pink Floyd ballet : La rose malade, Allumez les étoiles), ainsi que les films du grand réalisateur Barbet Shroeder : More (Plus, celui-ci, le français l’a gardé en langue originale) et La vallée (Obscured by clouds, et celui, moins nécessaire, d’Antonioni : Zabriskie Point).

 

Thèmes

l’aliénation, l’isolement, le sens du collectif, la créativité, l’engagement politique, la folie, l’argent, la gloire…

 

Pistes

1. Hommes de boue
2. La couleur que tu veux
3. Libre quatre
4. Voir la lune
5. Gaffe avec cette hache, Eugène
6. Rythme cardiaque et viande de porc
7. Un de ces jours
8. Dommage cerveau
9. J’aimerais que tu sois là
10. Le grand raout dans le ciel

 

En paraphrasant Pacôme Thiellement

septembre 9th, 2015 § 0 comments § permalink

C’est une farce. Je me suis amusé à répondre à une interview qui a été donnée à l’ami Pacôme Thiellement à propos de cinéma — mais je l’ai transcrite pour le rock. Certaines questions du coup ne peuvent être exactement les mêmes.

 

Tu n’arrêtes pas de parler de rock. Que représente cette musique pour ceux de ta génération ?

Pour ma génération, je ne sais pas, nous sommes les derniers arrivés dans le rock, nous avons raté le punk, et nous avons traversé l’horreur des années 80. Nous sommes donc essentiellement tournés vers le passé, comme “notre” musique, le grunge, en témoigne. Bien entendu le rock a représenté pour nous ce qu’il représente à coup sûr, une forme de consestation et d’émancipation, mais comme brouillée, feinte. Et puis le hip-hop était là aussi présent — sans parler de la soupe qu’on nous servait à tour de bras, partout, tout le temps (variété, dance, house ou techno de piètre qualité, rock fm, etc.).

Le rock est essentiellement une musique de la mélancolie. Il est aussi triste qu’une œuvre de Rubens. En réalité le rock est l’un des tout derniers avatars du romantisme dans la culture contemporaine — et d’un romantisme qui n’est pas “pollué” par l’esprit du vingtième siècle, le second degré ou l’intertextualité propre aux années expérimentales post guerrières. Même si des auteurs (Captain Beefheart ou Frank Zappa, mais aussi dans une certaine mesure George Clinton ou David Bowie) ont assez vite mesuré les limites du rock en tant que mouvement, et l’ont souvent poussé à bout, une grande partie du rock se prend beaucoup trop au sérieux, et c’est ce qui le rend parfois si ridicule et pénible.

A vrai dire j’aime beaucoup écouter du rock, mais je prétends que cette forme de musique est en état de coma profond depuis de très nombreuses années. Mais c’est aussi que l’on vieillit et peut-être que l’attrait pour le larsen, la bière et le vomi s’émousse avec le temps.

Quelles œuvres te paraissent les plus riches symboliquement ?
Il n’y a pas d’œuvre récente de poids dans le rock, donc il faut se rendre au musée ; pour tout le côté romantique obscène (sans retenue), évidemment The wall remporterait la palme (suivi de Tommy). Pour tout l’aspect, sur lequel il faudra revenir, du rock comme mouvement socio-politique et culturel, d’un côté, pile, on placerait Kick out the jams !, et peut-être Entertainment ! de Gang of Four ; côté face, caricatural, Nevermind the bollocks ou Nervermind tout court ; entre les deux Raw power (sérieusement qui a encore le désir d’aller voir Iggy Pop à poil sur scène ? C’est ça l’obscène du rock, son côté zombie inconséquent).

Mais pour répondre plus sérieusement, les œuvres qui m’évoquent le plus de paysages (disons cela comme ça) se trouvent à la frontière du rock : la trilogie berlinoise de Bowie, l’âge d’or de Pink Floyd, quelques autres trucs progressifs, comme Stonehenge de Ten Years After, quelque King Crimson, Kraftwerk, Neu !, certaines disques de Prince, Dr John, pas mal de morceaux de Neil Young… mais là on a l’impression que je cultive le progressif et les herbes qui font rire. En réalité je n’aime pas trop le progressif.

Quel est la musique (rock) qui a défini ton enfance ?
Les premiers sons qui m’ont tout de suite emporté alors que j’étais à la fois enfant et en voyage ont été ceux de Pink Floyd ; la première période avec Barrett (j’avais trouvé deux cassettes sur une aire d’autoroute, The piper at the gates of dawn et Masters of rock ; j’avais dix-douze ans — je les ai gardées), puis More, dans une pièce vide et sombre de l’appartement inoccupé mitoyen au nôtre, où je m’entrainais à fumer, boire et explorer l’érotisme, disons, enfin Meddle collé de manière indélébile aux paysages de la Restonica. Mon cousin m’avait offert un disque aussi : Chunga’s revenge de Zappa. Plus tard, Sticky fingers, irrémédiablement lié à la Camargue, à un chien mort, et à l’été. Les Stones ont alors durablement accompagné le passage entre l’enfance et l’âge adulte (et je dois dire qu’aujourd’hui encore, sans être totalement fanatique, je trouve que Sticky fingers et Exile on Main Street sont les deux aboutissements du rock en tant que tel ; j’ajoute d’ailleurs que Dark side of the moon est le disque qui met un terme à toute la période du second âge d’or du rock ; rien ne sera plus comme avant. C’est pourquoi je dis que le rock est mort dans la nuit du 12 mai 1972 au 1er mars 1973).


Quel musique te donne envie d’être un homme meilleur ?
Je ne comprends pas cette question. On pourrait répondre, en paraphrasant Volodine, que j’ai trop de respect pour la politique pour croire que le rock ait un quelconque rapport… Plus jeune j’ai pu m’identifier à des chanteurs, aujourd’hui, je ne leur confierai pas ma voiture.


Quel disque est un chef-d’œuvre sous-estimé ?
C’est difficile de répondre dans le rock car il y a non seulement les hyperclassiques qui sont omniprésents encore aujourd’hui, mais il y a aussi une multiplication de niches, et de quarts d’heure de célébrités à tous les étages, et certains auteurs obscurs trouvent tout de même un public. Si bien qu’on aboutit à des folies inverses, comme avec Nick Drake par exemple.

Pour contourner la question, grâce à certains réseaux sociaux, on trouve des choses étonnantes et peu connues ; par exemple j’ai trouvé de manière tout à fait hasardeuse le groupe Demon Fuzz ou Osamu Katajima. Ils n’ont rien à envier aux stars de l’époque.

Et puis la plupart des disques de ce qu’on nomme improprement le post-punk sont parmi les plus intéressants que le rock ait produit : Lydia Lunch, Pere Ubu, The Residents, Gang of Four, Devo, la compilation Akron, même Jona Lewie ou Ian Dury sont plus intéressants qu’une grande partie de ce qu’on nous sert habituellement.

Chez les classiques, on devrait mieux écouter Paul Simon, Elvis Costello, Joe Jackson, Joni Mitchell, Rickie Lee Jones, Dr John, Sly Stone, George Clinton, les Talking Heads, les Beastie Boys… Rage against the Machine cent fois plutôt que les Red Hot Chili Peppers ; Love plutôt que les Doors ; Henry Rollins plutôt que Offspring ; Talk Talk plutôt que Radiohead…


Quel disque est à ton avis bien trop surestimé ?
C’est beaucoup plus facile : c’est le top ten de la plupart des listes idiotes. Sergent Peppers lonely heart club band est certainement le disque sur lequel on fonde le plus d’espoir et sur lequel on forge le plus grand nombre de jugements incongrus ; à part cela des disques décrétés comme chefs d’œuvre comme Blonde on blonde, certains disques d’Hendrix, la plupart de ceux de Lou Reed, ou le Black album de Metallica, me paraissent largement surévalués, tout simplement parce qu’ils n’ont pas la force d’évocation, qui elle peut être subversive, d’autres œuvres moins collectivement saluées, ou bien ils n’ont pas trouvé la forme qui rendrait grâce à leur propos artistique singulier (et bien souvent, il n’y a pas de propos, ou il n’est pas singulier1).


Quel disque serait une bonne B.O. ?
Il y a de bonnes B.O. de “rockers” comme Paris, Texas, ou Dead man, mais c’est vrai que ce sont plutôt des plages réservées de musiciens uniques…

Une bonne B.O. est peut-être ne compilation, comme l’a bien compris ce filou de Tarantino. Mais c’est très dur à faire une bonne compilation. Ça prend des lustres.


Quel artiste te tape sur les nerfs ?
Ceux qui y croient, ceux dont on ne comprend pas comment ils peuvent exister : Led Zeppelin, AC/DC, Tears for Fears, INXS, Guns n’Roses, Van Halen… la liste est longue !


Pour quel musicien(ne) as-tu un amour inconditionnel ?
Si c’est le sens de la question, je suis très très très tolérant avec Prince.


Quel musicien a une discographie parfaite ?
Ils ne sont pas nombreux, en réalité ils sont très rares ; mais des groupes ou artistes qui ont dépassé à la fois le clash, la mort à 27 ans et les années 80, je dirais qu’il n’y a que Paul Simon. Très peu d’albums, très peu d’erreur de goût, y compris dans les années 80. Je n’ose imaginer les Beatles ou Hendrix traverser ces années (enfin si on a vu avec McCartney).

Sinon Pere Ubu et les Residents ne se sont guère dévoyés non plus.


Quel disque aurais-tu aimé écrire ?
Low de Bowie, je dirais.


Quel musicien peut ruiner un disque pour toi ?
On parlerait peut-être plutôt d’instruments de musique : les synthétiseurs à la Dire Straits, ou les solos de guitare des guitar-heroes (Clapton, encore un type surestimé), ou encore toute batterie à double grosse caisse, sont rédhibitoires.

Mais les requins de studio, comme Jeff Porcaro, me sont insupportables.


Quel disque d’horreur continue à te terrifier ?
Brothers in arms de Dire Straits.


Quel disque qui va bientôt sortir attends-tu avec impatience ?
Aucun. Il n’y a plus de désir de rock nouveau en moi. Mes derniers “coups de cœur” étaient P.J.Harvey, Henry Rollins, Jon Spencer, c’est pour dire. Tout ce que j’ai écouté depuis près de vingt ans m’ennuie profondément. A part des surprises ça et là (j’ai par exemple une affection particulière pour des trucs insignifiants comme Cake ou The Presidents of the United States of America), mais rien qui ne fasse carrière, renom ou borne durable ; je crois que ce temps-là est terminé. Et puis le hip-hop, l’électro sont passés par là ; et puis il y a tout le jazz, le funk, le blues, aussi…

Les disques que j’attends ne sont pas dans le rock (est-ce que j’attends encore des disques d’ailleurs ?). Antipop Consortium, oui. Ou même le Kronos Quartet. Et c’est déjà très vieux.

Adult Jazz m’a bluffé l’an dernier. Et je dois dire que $o$ de Die Antwoord est un disque qui à mon sens demeurera important, malgré toute la vulgarité et la pseudo-ironie du projet.


Quel disque prétends-tu avoir entendu ?
J’ai écouté toutes les disques, hélas.


Cinq disques que tu peux écouter encore et encore et toujours être surpris par leur génie :
Je les ai déjà tous cités, non ? Low, Entertainment !, More, Gris-gris et Parade ? Ce sont exactement les disques que j’ai chroniqués (ou vais chroniquer) ici-même ! Ah, et aussi la série des Ethiopiques recèle une immense part de mon idéal musical.

  1. Avec un très grand connaisseur, Gilles Amiel de Ménard, par ailleurs ingénieur du son, nous avons cherché à clarifier notre position ici.

Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

juin 28th, 2015 § 0 comments § permalink

III. Dates

Sommaire de la série

0. Avertissements
I. Faits
II. Disques
III. Dates
IV. Noms


➔ 1949 premiers concerts de Jerry Lee Lewis

➔ Janvier 1951 l’un des premiers disques de rock est enregistré : Rocket ’88 de Jackie Brenston avec les Kings of Rythm d’Ike Turner.

➔ Janvier 1953 Bill Haley enregistre le premier morceau de rock blanc.

➔ 1954 Leo Fender créé la Fender Stratocaster.

➔ 19 juillet 1954 That’s all right (Mama)/Blue moon of Kentucky, premier simple d’Elvis Presley.

➔ 14 janvier 1956 Tutti frutti de Little Richard.

➔ 3 novembre 1957 Great ball of fire de Jerry Lee Lewis.

➔ 3 février 1959 mort de Buddy Holly, Ritchie Valens, et the Big Bopper dans un accident d’avion.

➔ Janvier 1961 premiers concerts des Beatles.

➔ 1er juin 1964 les Rolling Stones découvrent l’Amérique, l’Amérique blanche découvre le blues.

➔ 1967-1969 plusieurs des meilleurs albums du rock (The Beatles, The Rolling Stones, Bob Dylan, The Jimi Hendrix Experience) ainsi que de fracassants débuts paraissent (The Doors, Pink Floyd, Love, etc.).

➔ Février 1969 MC5 publie Kick out the jams !

➔ 3 juillet 1969 mort de Brian Jones, premier d’une longue série : Jimi Hendrix et Janis Joplin en 1970, Jim Morisson en 1971. Otis Redding, mort en 1967, ne fait pas partie du groupe des 27.

➔ 15-17 août 1969 Woodstock, avec Jimi Hendrix, Janis Joplin, Sly and the Family Stone, Joan Baez, Santana, the Grateful Dead, Jefferson Airplane, the Who, Creedence Clearwater Revival, Joe Cocker, Country Joe and the Fish, The Band, Ten Years After, and Crosby, Stills, Nash & Young.

➔ 6 décembre 1969 festival d’Altamont (avec The Rolling Stones, Santana, The Flying Burrito Brothers, Jefferson Airplane, Crosby, Stills & Nash and Young), et mort de Meredith Hunter, assassiné par les Hell’s Angels. Les Stones, interloqués.

➔ 1972 une année de très grands disques, avec les classiques de Neil Young, David Bowie, Lou Reed…

➔ 12 mai 1972 Exile on main street, dernier album des Rolling Stones, aboutissement du genre musical.

➔ 10 mars 1973 Pink Floyd publie The dark side of the moon, mort légale du rock.

➔ 1974-1975 premiers groupes de punk dans l’Oklahoma, l’Ohio, l’Illinois, puis New York. Puis en Grande-Bretagne et Australie.

➔ 1978 premiers concerts de Prince.

➔ 8 décembre 1980 John Lennon est assassiné à New York. Le rock entame la traversée du désert que seul vient sauver le confidentiel post-punk (Gang of Four, Magazine, Wire…)

➔ Août 1981 lancement de MTV.

➔ Janvier 1991 Nirvana publie Nevermind.

➔ 8 avril 1994 suicide de Kurt Cobain.

Rock’n’roll will die endlessly

Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

juin 28th, 2015 § 3 comments § permalink

IV. Noms

Sommaire de la série

0. Avertissements
I. Faits
II. Disques
III. Dates
IV. Noms

Le tableau ci-dessous rassemble en plusieurs catégories les « grands noms » du rock, décennie par décennie.

Ces catégories désignent le degré de lucidité et de cohérence avec lequel l’artiste propose son œuvre : I. Grands naïfs, 2. Paumés complets, 3. Gros branleurs, 4. Bons cyniques, 5. Adultes, 6. Ailleurs…

Il faut cliquer pour lire !

Sisyphe inconstant, les noms

Low ★ David Bowie

juin 22nd, 2015 § 0 comments § permalink

Un texte de Sisyphe inconstant

RIP David Bowie



Speed of life

— Le temps passe vite, il faut faire ses preuves. Un temps d’avance sur la pomme qui tombe. Un temps d’avance.

C’est la ville cette fois. Le quotidien est bousculé par les odeurs de gasoil, perturbé par le ronronnement des artères, distrait par le mouvement des rats, des feuilles dans le vent, des journaux qui épongent la graisse.


Breaking glass

Hôtel corridor. Reprisé, mais pas réconcilié encore à la vie. Se réveiller là. Si loin de tout. Remettre ses idées en place comme on met des lunettes. Je suis pas déjà vieux, bordel.

Se mettre en marche, oublier tout ce pourquoi on en est arrivé là. Après tout dans le carreau de la salle de pain on voit un bout de parc… Enfin quelques arbres, au moins.

Les vêtements par terre, la vaisselle en tas, mais putain il s’est passé quoi ici hier soir ? Aucune idée ; mes nuits sont devenues aussi grises que… cette radio, tiens.

Tu n’es pas là, tu as dû sortir, à moins que tu ne sois pas encore rentrée — que tu ne soies pas rentrée avec moi, putain tu me manques.


What in the world

La rue, encore. Le monde, les visages. Toutes ces femmes, tous ces achats, tous ces fruits et légumes, ces bagnoles, ces chaises et tables, ces pauses cigarette, ces vendeurs à l’arraché. Toutes ces rues.

Oui j’ai un peu peur et tu me manques. Tu es une adorable personne. Je ne peux pas résister.

Je vais acheter des roses, non du champagne, non de la dope, non des culottes, non les journaux, non quelque chose, non rien, non quelque chose, non quoi, mais quoi bordel.

Toutes ces voix, tous ces mots, tout ce bruit dans ma tronche, tout ce temps fracassé en échancrures, j’ai du mal à tenir tout ensemble.


Sound and vision

Un moment de répit. Le long du fleuve (il y a bien des tas de fleuves qui passent dans toutes es villes, non ? Sinon à quoi ça sert une ville ?) Le long d’un linéaire alors, un truc qui face écran, qui fasse rebond, paf dans ta tronche, tous ces tags ces pierres ces racines dans la gueule, on y revient, on va mettre un peu d’ordre, déjà déblayer tout ça, nettoyer, organiser.

Ouf.

Plus léger. Tiens je vais écrire un peu. TIENS JE UN PEU !

Tiens je vais peindre un peu dans ma tête.

Je n’ai jamais ressenti ça. Tout ça est nouveau. Je me demande parfois.

Je me demande parfois.


Always crashing in the same car

C’est aussi ces paysages. Que peux-tu faire ? C’est plus fort que toi.

Des champs autour. Des champs pour nourrir tous ces gens. Dieu que le pays est amoché.

Les gens sont des corbeaux. Mieux vaut rentrer (envie de rouler). Rentrer à la maison (envie de rouler plus vite). Rentrer (rouler vite et partir). Rentrer (et rentrer). Rentrer.

Qu’est-ce que j’habite ? Déjà ? Qui m’a planqué mon appartement ?

Dans quel hôtel déjà ? Qui m’a piqué mon pays ?

Mais où est-ce que diable je suis ? Pourquoi tous ces champs et tous ces corbeaux dessus ? Pourquoi les gens gris, les rats, les magasins ? Je n’y suis pour rien moi. Bordel.

Je n’y suis pour rien ! Et pour personne.


Be my wife

Un peu de sérieux que diable. Les jours passent, pleins de gouache et de saucisses, ce n’est pas possible. Il n’y a pas assez de poubelles pour tout le temps que je balance.

J’écris des cartes postales ou des lettres d’amour et des attestations ou des contrats, peu importe. Ce qui importe est que j’arrive encore à signer ce bordel. Que ma lettre me renvoie à un espace-temps dans lequel je pourrais remettre la main sur qui je suis.

Je me sens si seul que j’ai l’impression de disparaître. C’est comme si je me nourissais de contacts humains, et perdu dans ma chambre d’hôtel, je ne vois qu’un bout du parc entamé par l’automne déjà.


A new career in town

Les images qui traversent mes rêves et mêmes mes moments seuls, les repas, les toilettes, les promenades inquiètes dans la rue, les images sont inédites.

Je n’ai jamais vu ce que je vois. Jamais pensé ce que je pense. Ressenti ce que je ressens.

Je projette tout cela, du moins ce que je peux essayer d’atteindre, de ramasser, sur des vélins blancs. Ou des draps. Ou des murs.

C’est très nouveau et sûrement ça aura un impact.

Un peu comme du sperme rouge ou du sang blanc. Un truc de cet accabit. Un truc d’alien.

Putain je suis si mal parce que je suis trente ans avant moi-même. Etcomment avec un corps trente ans plus jeune, yeux, voix, mains, attraper et séduire ce qui sera dans trente ans ?

Je suis putain démuni, comme jamais, c’est comme si


Warszawa

Les éclats de l’orage se sont fichés en terre, sur la piste, et l’ont ouverte ; le cheminement est plus qu’incertain, et peu rapide.

Ce ne sont pas des collines, ce que vous voyez de part et d’autre. Ce sont des corps entassés. Des corps entassés dans l’attente d’une de leur reconnaissance. D’une invitation.

Le soleil qui perce n’a qu’un effet : brumes, brumes, brumes, et d’ici je ne vois plus mes pieds, mes pas, la piste.

Je trébuche souvent, il y a des choses en travers du chemin.

Des choses molles ou dures, puantes ou grinçantes, chaudes ou plus bleues encore.

J’ai bien mon carnet comme piton, mais je n’ai pas de crayon et d’ailleurs pas assez de lumière pour dégainer le fil d’ariane. Je dois me fier à mon seul œil, celui de corail.

Je suis doué.

Une falaise quelque part, cela s’entend aux voix.

Des ours ? Des loups ?

Tout est glacé de calcaire, ce béton de pauvre !

Je cherche une corde de guitare… Qui ?

Des fumées me serrent la gorge. Derrière, c’est toute une forêt d’un seul arbre qui se tient la main. La main est large et verte et froide et piquante, mais c’est la main.

Ne pas lâcher le carnet, ou je m’envole.

Qui ?

Des loups ?

Des ours ?

Les collines sont des vagues d’encre, je viens de m’en rendre compte, le relief est l’histoire asséchée. J’avance. Il faut encore quelques mètres, encore quelques mètre, encore quelques mètres.


Art decade

Une voix explose dans le couloir, résonne sur chaque marche, ors que je m’embourbe dans un coton fait de grillons, de gargouillis, de voyages de mon enfance.

Un verre de menthe verte trône sur la table de nuit et je ne le vois presque plus, il se confond avec l’arbredans le carreau de la fenêtre, l’arbre trône sur le lit, il se confond avec mon sexe droit et vert.

Les rives sont moelleuses tandis que l’eau rena^cle, elle semble demander son chemin à chaque galet à chaque souche.

De dessous la chaussée, à travers les bouches d’égoût, les caniveaux, des tentacules du passé viennent se dissoudre en siflottant.

Un grand squale bleuté passe, mais il est tellement lointain qu’il paraît plus granuleux qu’un dé à coudre ou qu’une balle de golf. rien à craindre de ce côté là.

En attendant, je décroche le téléphone et disparaît sous les draps.


Weeping wall

Vous n’avez jamais entendu pleurer un mur.
Un mur regrette et pleure.

Vous n’avez jamais vu délirer la plaque de la boche d’égout Je vous montrerai, il faut être attentif.

Vous n’avez jamais vu les vagues d la moquette, et comment ça fait tout un théâtre d’ombre, ce machin de velcro ?

Je vous montrerai. Montez, montez !

Et sourire tout le réseau de voirie, lors des grands rassemblement de juin ? Vous le savez ? Tout ce dénoyage des tensions ? Ça fait un bien fou à la ville.

Elle en dégueule tout l’intérieur de vos placards de cuisine. Vous verrez, ce sera beau.

Tout de formica et lettrage publicitaire. Un feu d’artifice de joie et de corruption !

Une belle nuit d’été, ça oui, bandes de veinards.

Bande de salopards !


Subterraneans

Je replonge.

Je croyais être revenu aux champs, je sais maintenant qu’il n’en est rien.

Ce boyau me semble plus avenant qu’un chat.

Les aiguilles que j’y vois, en procession, descendent les veinules vers la nuit.

Encore les voix, ourlée de rembarres d’acier brute. Ces voix c’est du coton armé verre qui racle les murs, attention où vous posez les mains. Un tesson est si vite arrivé dans les yeux. Pareil pour les pieds.

Suivez mon chant. Il est un peu magique, mes petits rats !

Je vais nous sortir de là. Toutes les mauvaises choses ont une fin, d’ailleurs. N’est-ce pas.

Suivez mes buissons, je les ai plantés il y a vingt ans dans l’espoir de ta venue.

Grimpez, grimpez sur le cuivre, ne faites pas attention au désordre, ne tenez pas compte de ces panneaux. On est souvent capable du meilleur et du pire. Il arrive souvent qu’on se pose des pièges soi-même. La surprise en se déchaussant ! Un mollet est si vite arrivé.

Voilà, je parle je parle, mais il faut maintenant quitter ce rêve, cette appartement, cette ville.

Vous pouvez revenir à vos occupations de coupe-papier ou de pince à linge, peu m’importe en tout cas. Vous avoir visité fut un honneur.

Je vous laisse. Je retourner trier les couleurs de mon vomi.

Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

mai 28th, 2015 § 1 comment § permalink

II. Disques

Sommaire de la série

0. Avertissements
I. Faits
II. Disques
III. Dates
IV. Noms


Les pochettes renvoient aux textes — sauf que tous ne sont pas encore écrits : ils renvoient alors à la page correspondante du site Allmusic.com

stones, exile


Tous ces disques ! Sont ceux que j’écoute le plus, sans doute ; ou, si je ne les écoute pas beaucoup, ceux dont je ne voudrais pas me séparer ; ou, si je ne les possède pas physiquement (en réalité je n’ai plus de disques), ceux que je voudrais avoir chez moi.

Je vais tenter une expérience qui me trotte dans la tête depuis des années et des années. Parler des disques qui me bouleversent mais non pas exactement comme un critique ou un musicien (que je ne suis pas, ni l’un, ni l’autre), plutôt en tirant les impressions, le style, l’atmosphère vers des formes littéraires…

Au premier coup d’œil, ces disques, dont la liste est (à peu près) tirée de ma propre page Médiathèque, n’appartiennent pas tous au rock. Alors pourquoi la reprendre telle quelle ? Nous verrons bien.


Comment procéder ? Voici :
1. Parcourir l’exposition de pochettes avec les yeux ; se laisser prendre par les couleurs et les formes, les graphismes et les images, se laisser porter par leur ineffable poésie.
2. Toutes les pochettes sont cliquables et renvoient pour l’instant vers le site d’Allmusic.com, sauf exceptions rares (disques qui n’y seraient pas référencés). Au fur et à mesure de l’avancement du projet — que je prévois au long cours —, certains de ces albums seront “visités” par la littérature.
3. Déposer les a priori sur le rock, chose difficile, dans un monde dominé par les émotions.


Albums revisités.
0. Exile on main street, The Rolling Stones, 1972. [C’est une vielle chronique, encore bien trop sérieuse pour être honnête. A revoir]
1. Gris-gris, Dr John, 1968.
2. Neu !, Neu !, 1972
3. Parade, Prince, 1986
4. The tragic epilogue, Antipop consortium, 2000
5. Low, David Bowie, 1977
6. More, Pink Floyd, 1969
7. Entertainment !, Gang Of Four, 1979

La rouille ne dort jamais

mai 25th, 2012 § 0 comments § permalink

Alors qu’on en a bavé des ronds de cuir de ne pas avoir notre dose de musique, quand on avait 17 ans et qu’on n’était plus sérieux, nous voici à 35 gavés de sons et incapables de s’enticher comme jadis des nouveautés qui malheureusement se ressemblent et ressemblent aux anciennes nouveautés, devenues anciennetés.

Le manque d’originalité, sans doute flagrant à chaque période de la vie, se fait cruellement sentir. Quand tout à coup, on découvre, bien après tout le monde, et bien tardivement, j’en conviens, ce qu’on appelle horriblement le post-punk.

Je connaissais la clef générale et géniale de la ribambelle qui suit. Je me rappelle même que ç’avait été un choc, tout bouillonnant rentré de la médiathèque de Montélimar. Je me rappelle aussi que Patti Smith m’avait époustouflé, plus petit quand, dans un numéro spécial du Nouvel Observateur (les cons) sur les Rolling Stones, elle avait déclaré qu’elle avait « mouillé sa petite culotte » la première fois en assistant à un concert des Stones et Mick Jagger. (On s’étonne aussi qu’elle ressemble assez à Keith Richards.)

C’était donc Horses, dont je tire le morceau éponyme homonyme.


La musique quoi, le rock, quand il est à la recherche et aiguille âcre et intrigante, mais aussi braise sans feuille de route, ou encore velours pourpre, bise-à-l’œil.

Par un truchement tout à fait insoupçonné, on en profite pour faire passerelles avec d’une part le funk, qui a occupé tout le temps après l’abandon des Blancs (après la fin de Nirvana quoi), et les années 80, honnies, d’autre part, et certaines atmosphères musicales dans lesquelles on a grandi (type, heu, Elié Médeiros, Niagara ou des trucs comme ça). On fait aussi le pont entre le punk, qui n’est que du rock quand il brûle (Sex Pistols/The Clash vs The Rolling Stones/The Beatles, le blues devenant reggae, etc.), entre le punk donc et le grunge (ou le punk quand il ne brûle plus : PJ Harvey, Nirvana, Pearl Jam, Nick Cave, Beck ?).

Le vieux Neil Young, version loose, tapi dans un coin de son sourire.

Puis tout se tient, au final, avec Brian Eno, David Bowie ces Américains décadents qui se la jouent un peu en étant britanniques. Et Iggy Pop qui n’y arrivera pas, mais y mettra toute son énergie dans. On notera en passant l’excellent et puissant livre de Nathalie Constans, La reformation des imbéciles, autour de la figure du lézard.

On a donc ouvert la boîte de Pandore, en évitant soigneusement les mouilles synthétiques, les relents gothiques, les empreintes commerciales, et, sur le bâton de notre quête, avons gardé les préceptes soniques dignes de la production de Jon Spencer. On a trouvé ces albums, on les a écoutés, et aimés, et subitement. Mais fan de pute, pourquoi avoir attendu si longtemps ?

De bien belles pochettes, pour qui apprécie les pochettes comme les collections de timbres ou d’insectes pointés d’aiguille sur le papier plume. Quant au contenu ? Bien difficile, comme toujours, de donner une définition précise de cette musique qui oscille entre punk, assurément, mais aussi chanson, et autres styles fricotés, détricotés, comme la new wave (on notera l’absence de Joy Division dans ma liste, mais surtout de The Cure, que je n’aime pas), le jazz, ou autre. Nom variable, entre post-punk et no-wave, et il faut noter que le nom ne colle pas. Les noms ne peuvent pas coller, qui détournent l’objet en le raccrochant (très vulgairement je trouve) à un autre objet. No-wave, post-punk.

Est-ce que les pré-Romantiques en avaient conscience ? C’est donc du n’importe quoi et il n’y a pas, autant se l’avouer tout de suite, de mot pour dire cette musique. C’est électrique, minimaliste, légèrement industriel, largement expérimental. Et ça donne tout de même un paysage à peu près fidèle (qu’est-ce qu’un paysage fidèle ?).

Par exemple :


C’est une déglutition amère, c’est un soleil timide, ce sont des boîtes beiges ouvertes et vides, éparpillées sur un tapis de coco. C’est un nerf encore jeune qui supporte mal la congélation. C’est un écart de roue. C’est un corps exténué, roué de lui-même, avide et pourtant repus. C’est une ville l’été. C’est sans doute le doute. C’est sans problème le problème. C’est sans appétit, sans idéal, sans avenir. C’est le présent piquant, le présent pinçant des trentenaires. C’est ne jamais voir la mer et ne pas avoir envie de grimper sur la montagne. C’est la plaine, quand elle écrase comme une main sur la vitre. C’est cette vitre quand la main l’écrase, sale de buée ou de traces de doigts ou de lèvres. C’est sans effet secondaire. C’est sans intérêt. C’est sans toi.

Ce n’est pas non plus lyrique, et c’est relativement tendu (énervement ? manque ? désir exacerbé ?). On peut tomber dans le romantisme un peu sec à l’allemande (ce n’est pas non plus de la musique gothique) ; ou dans l’expérimentation libre et pure.

Il y a tout de même un truc lancinant, une répétition, un acharnement rythmique très basique, en cela identique au funk, avec le groove en moins. Mais la maturité du genre (étonnant pour un genre jeune) a sans doute joué pour ne pas charger musicalement ce qui ne le méritait ou ne le desservait pas. On n’est plus tout à fait dans la musique comme construction, on est dans le son comme matériau. C’est ce que je dirai. On est dans les parpaings éparpillés sur le chantier, plutôt que dans la demeure richement ornée et finement décorée. Sans doute l’intérêt (et la vivacité) du truc : tous ces albums datent de 77 à 80 et sont en bonne santé, je trouve.


Evidemment on va me dire que ça n’a plus rien du « post-punk », mais James Chance incarne quand même ce qui se fait de mieux en recyclage cynique et conscient. Tout en faisant un écart (pas si grand) entre funk, jazz et punk. On ne peut que le louer de ça.


Même si cela peut paraître tout à fait incongru, on en vient à se dire, et avec un bonheur non dissimulé, que certains de nos meilleurs actuels chanteurs, avec les Rita Mitsouko et Bashung comme bases, ont partie liée avec ce mouvement boxeur. Je citerai en tête bien sûr, même si sans doute une certaine élite culturelle parisienne ne semble pas l’accepter aussi aisément, je citerai Philippe Katerine et Dominique A.


Le premier ayant en effet usé de toutes les ressources du genre (no-genre, post-genre) pour son projet des 52 reprises dans l’espace, ou son dernier album Philippe Katerine. Quant à l’autre, il est là, en concert.


Coda

Par la suite je me suis rappelé que ceux qui ont le mieux incarné cet esprit — qui dépasse largement le cadre fixé a priori — c’est grâce à Pynchon-Claro que je me les suis mis dans la tête : The Residents.

Bach is dead
Bach is dead
Bach is dead
Bach is dead
Walking women want to see
The Southern Cross at night
And so they set aside a sock
Find more similar lyrics on http://mp3lyrics.com/GM4aAnd tie their laces tight
Yes mournful is the melody
That echoes in their heads
Without a beat they march along
Believing Bach is dead
Bach is dead

Répertoire

décembre 31st, 2008 § 0 comments § permalink

Pendant un temps j’ai joué dans les rues afin de gagner ma vie. Voici les restes, augmentés de quelques morceaux que je travaille, bon an mal an, et de loin en loin. Les setlists sont ici.

 

Nouveautés

  1. David Bowie, Broken glass
  2. David Bowie, Station to station (extraits)
  3. Ian Dury, Wake up and make love with me
  4. The Roling Stones, Sympathy for the devil, totally relooked

 

En répétition active

  1. Georges Brassens, La rose, la bouteille et la poignée de main
  2. Georges Brassens, Le grand Pan
  3. Johnny Cash, I’ve been everywhere
  4. Gang of Four, Damaged goods
  5. Lio, Les brunes comptent pas pour des prunes
  6. Jona Lewie, You’ll always find me in the kitchen at parties
  7. Ron Hirsch, Mike Shapiro, Harry Middlebrooks Jr., James Cobb, Buddy Buie, Spookie
  8. Prince, Strange relationship
  9. Prince, Anotherloverholenyohead
  10. Technotronics, Pump the jam
  11. The Talking Heads, Once in a lifetime

 

Répertoire

  1. trad., Cade l’uliva
  2. trad., Bella ciao
  3. Dominique A. & Françoiz B.,
  4. Alain Bashung, Ma petite entreprise
  5. Alain Bashung, Bijou bijou
  6. Bananarama (et si), Venus
  7. Syd Barrett, The effervescing elephant
  8. The Beatles, Happiness is a warm gun
  9. The Beatles, While my guitar gently wheeps
  10. David Bowie, Eight lines poem
  11. David Bowie, Space oddity
  12. Georges Brassens, 95%
  13. Georges Brassens, Le fantôme
  14. Georges Brassens, Le pornographe
  15. Georges Brassens, La princesse et le croque-note
  16. Georges Brassens, Saturne
  17. Jacques Brel, Au suivant
  18. Jacques Brel, Ces gens-là
  19. Jacques Brel, Fernand
  20. Patti Bravo, La bambola
  21. Vinicio Capossela, Pena dell’alma
  22. The Counting Crows, Mr Jones
  23. Creedence Clearwater Revival, Walk on the water
  24. Gary Davis, Cocaine
  25. Fabrizio de Andrè, Il suonatore Jones
  26. Bo Diddley, Not fade away
  27. Dire Straits, Solid rock (spéciale dédicace Gilles Amiel de Ménard, Guënaël Boutouillet, Anthony Poiraudeau, Joachim Séné)
  28. Claire Diterzi, Le Roi des forêts
  29. The Doors, Soul kitchen
  30. Bob Dylan, Ballad of a thin man
  31. Thomas Fersen, Bijou
  32. Serge Gainsbourg, L’Anamour
  33. Marvin Gaye, I heard it through the grapevine
  34. Slim Harpo, >Hip shake
  35. Slim Harpo, I’m a king bee
  36. Bobby Hebb, Sunny
  37. IAM, Elle donne son corps avant son nom
  38. IAM, Demain c’est loin
  39. The Police, Roxanne
  40. Polly Jean Harvey, Rid of me
  41. Polly Jean Harvey, Down by the water
  42. Joe Jackson, Fools in love
  43. Robert Johnson, Love in vain
  44. Robert Johnson, Stop breaking down
  45. Kat Onoma, La chambre
  46. John Lennon, Working class hero
  47. Magazine, Shot on both sides
  48. Mina & Celentano, Che t’aggia dì’
  49. Jean-Louis Murat, Corinna Corinna
  50. Nirvana, Come as you are
  51. Nirvana, Rape me
  52. Orelsan (eh si), Changement
  53. Pink Floyd, Brain damage
  54. Pink Floyd, Cymbaline
  55. Pink Floyd, Dogs
  56. Pink Floyd, Eclipse
  57. Pink Floyd, The final cut
  58. Pink Floyd, Julia Dream
  59. Pink Floyd, San Tropez
  60. Pink Floyd, The thin ice
  61. Prince, Kiss
  62. Prince, Papa
  63. Prince, Sign o’the times
  64. Prince, When doves cry
  65. Prince, When eye lay my hands on u
  66. Queen (eh oui), Death on two legs
  67. Otis Redding, Try a little bit of tenderness
  68. Lou Reed, Perfect day
  69. Rita Mitsouko, Marcia baila
  70. The Rolling Stones, All about you
  71. The Rolling Stones, Brown sugar
  72. The Rolling Stones, Casino boogie
  73. The Rolling Stones, Honky tonk women
  74. The Rolling Stones, Mother’s little helper
  75. The Rolling Stones, Sister Morphine
  76. The Rolling Stones, Shatterred
  77. The Rolling Stones, Shine a light
  78. The Rolling Stones, Sway
  79. The Rolling Stones, Sweet black angel
  80. The Rolling Stones, Tops
  81. The Rolling Stones, Thru and thru
  82. The Rolling Stones, Wild horses
  83. Têtes Raides, Saint Vincent
  84. Têtes Raides, Trumpet song
  85. Paul Simon, 50 ways to leave your lover
  86. Paul Simon, The boy in the bubble
  87. Hubert-Félix Thiéfaine, La vierge au Dodge 51
  88. Nina Simone, My baby just cares for me
  89. Nina Simone, Ain’t got no life
  90. Patti Smith/Van Morrison, Gloria (in exelcis deo)
  91. The Violent Femmes, Blister in the sun
  92. Les V.R.P., Leo
  93. Roger Waters, Watching T.V.
  94. The Who, I’m free
  95. The Who, Cousin Kevin
  96. Neil Young, The needle and the damage done
  97. Neil Young, Pardon my heart
  98. Neil Young, Rockin’ in a free world



 

Celles qui ne marchent pas mais que j’aimerais tant jouer

  • Fabrizio de Andrè, Un ottico
  • Lang/Reisfeld, Blow a fuse (It’s oh so quiet)
  • Prince, Sexy motherfucker
  • Rage Against The Machine, People of the sun