GEnove. Villes épuisées

juillet 24th, 2017 § 0 comments § permalink

Benoît Vincent ¶ GEnove
 

Le texte

numérique : ISBN 978-2-9541654-0-0 – 9×9 textes + 9 péritextes – 0 €
papier : 979-10-95244-07-3 – 306 pages – 20€
couverture : Cheeri
✓ Texte publié en 2012 (version internet) et le 12 mai 2017 (papier)
♨ écriture et publication en ligne, 2008-2015 – reprise jusqu’à début 2017

Attention Le site internet qui a vu naître le texte est toujours en ligne [www.ge-nove.net] mais, dans le cours d’une radicale mise à jour suite à la publication papier, tous les liens sont désactivés.

 

Quatrième

Par le biais de neuf chapitres de neuf textes, l’auteur évoque la complexité de la ville de Gênes en Italie et la relation qu’il entretient avec elle. Essai autogéographique, ce texte fascinant décortique l’organisme urbain, son vernaculaire et ses épiphanies (cuisine, chansons, paysages, transports, économie, culture, histoire…)

 

Echos

Presse, radio, blogues…

Jacque Josse, sur le site de larevue remue.net (20 juillet 2017) : « Cet ensemble – que l’on peut arpenter en empruntant plusieurs itinéraires – n’a évidemment rien du guide touristique. C’est d’abord un ouvrage foisonnant, conçu par un curieux qui ne cesse de noter ses étonnements, de questionner ce qu’il découvre d’une ville trop riche pour qu’on puisse n’en faire qu’une lecture linéaire. C’est à une marelle étonnante, à une imparable parade oulipienne, à une savante déconstruction (pivotant autour du chiffre 9) que s’adonne Benoît Vincent, en inventant Gênes au pluriel, et en invitant le lecteur à en faire de même. »

Alain Nicolas, dans L’Humanité (19 juillet 2017) : « C’est aussi le rendez-vous des mots et du réel, auquel Benoît Vincent ne se dérobe pas en donnant une furieuse envie de ne jamais refermer ce livre et de partir, toutes affaires cessantes, pour Gênes. »

Hugues Robert, sur le blog de la librairie Charybde (9 juillet 2017) : « Tout ce qui peut s’avérer nécessaire à la reconstruction patiente, fiévreuse et poétique, de l’identité de cette ville coincée entre ciel et eau, qui fut la Superbe et qui demeure une extraordinaire bizarrerie, sera soigneusement mobilisé et projeté contre les 80 autres éléments, nous offrant des séries entières de chocs libérateurs. Et c’est ainsi que Benoît Vincent nous offre bien davantage qu’une ville, fût-elle unique : une démarche littéraire fondamentale, construite et étagée, pour appréhender une essence par nature volatile et fragile, sous les amoncellements de l’Histoire et du réel – comme nous l’annonçait sans ambages le beau sous-titre de « Villes épuisées ». »

Emmanuelle Caminade, sur le blog L’Or des Livres (21 juin 2017) : « Cette étrange façon de raconter la ville évoque bien sûr Marco Polo, ce voyageur étranger décrivant les propres villes de son empire au grand Khan dans Les villes invisibles, et surtout le grand oeuvre de ce marchand et explorateur vénitien dont s’est inspiré Italo Calvino : deux textes qui, entre autres, irriguent fortement GEnove »

« Se prêtant à de nombreuses relectures car permettant une redistribution des cartes pour changer la donne à l’infini, offrant ainsi au lecteur mille et un chemins pour affiner sa perception de cette ville symbolique à la fois visible, invisible et imprévisible, GEnove est un livre foisonnant et vertigineux totalement atypique. Une expérience de lecture(s) exigeante et exaltante que je conseille vivement. »

Sean J. Rose, dans la Livres-Hebdo #1127 (28 avril 2017) : « Car GEnove c’est aussi le récit de cette relation-là, s’enchevêtrant dans une cartographie singulière qui n’a d’autre boussole que le sens poétique. »

François Bon (aussi plus bas !), dans son Service de Presse #33 (25 avril 2017) sur la plateforme vidéo bien connue. C’est à 25’45 » :

 

Du temps du site internet

Les premières lectures, bien que tardives, ont été consacrées à la version numérique du texte, c’est-à-dire au site liminaire.

• Ainsi Noëlle Rollet ouvre admirablement le bal sur le site Glossolalie (juin 2014) :
« On s’attendait à de l’aléatoire qui le soit un peu moins, et il y a bien quelques pan­neaux, neu­vains points de repères, qui indiquent bien une direc­tion, mais l’on n’est plus si atta­ché à connaître la des­ti­na­tion, fina­le­ment, on n’a pas hâte d’arriver à connaître la fin. On déam­bule, et on prend l’habitude, ici aussi, de voir se côtoyer la recette des tro­fie al pesto et un poème sur­réa­liste. C’est ainsi que GEnove peu à peu s’organise, devient orga­nique, dans ce désordre de la lec­ture de texte rigou­reu­se­ment ordon­née. L’ennui bien sûr, c’est qu’on pei­nera par­fois à retrou­ver ensuite tel texte qui ne payait pas de mine, l’obscure ruelle qu’il nous prend sou­dain l’envie de revi­si­ter, et qu’on se retrou­vera à lâcher quand même le fil d’Ariane pour se perdre fran­che­ment, cette fois-ci, le cœur léger, heu­reux de s’égarer au fil du texte. […] Or, beau­coup plus que la com­plexité du dis­po­si­tif mis en place, c’est au fond cela que j’appelle l’écriture expé­ri­men­tale, celle qui per­met une expé­rience de lec­ture, au sens plein du terme, c’est-à-dire qui me fait vivre une lec­ture dont j’ignorais qu’elle était pos­sible (et peut-être par­fois ne l’était-elle pas avant tel auteur). GEnove y réus­sit, en tirant parti de la spa­tia­li­sa­tion effec­tive du web pour « col­ler » à celle de la ville, non pas en creuse mime­sis, mais en décalque fonc­tion­nel, afin que puissent s’y ins­crire autant de tra­jets que de lec­teurs – un vir­tuel redou­ta­ble­ment plus proche de l’expérience réelle que le livre?

 

• « magnifique expérience narrative et expérimentale » (François Bon, Grues jaunes de Gênes, in Tiers Livre, 22 juillet 2014 : http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1741

 

On dirait du (on l’a dit)…

• Italo Calvino
• Julio Cortázar
• Jean-Yves Jouannais
• Sébastien Ménard
• OULIPO
• Georges Pérec
• Marco Polo
• Emmanuel Ruben
• Antonio Tabucchi

 

Non, je n’ai jamais écrit [L’éclat]

avril 23rd, 2016 § 0 comments § permalink

Lorsqu’en octobre 2015, j’étais invité aux Cafés Littéraires de Montélimar (salut Julien, salut Odile, salut Guillemette et salut Yann !), les tables des librairies avaient, aux côtés de Farigoule Bastard (et de l’absence évidente de mes livres immatériels), un livre à mon nom publié chez L’Harmattan, intitulé L’éclat.

Si, étant jeune, j’ai pu parfois être tenté par une publication chez l’Harmattan, je me suis toujours refusé à le faire. En revanche, j’ai été pris d’un sérieux doute quant à l’existence de ce livre, car ç’aurait tout à fait pu être le genre de titre que je produisais plus jeune (cf. L’abandon ou L’accident !) — le livre date de 2011.

« Je suis le clown que vous attendez, les poches bourrées d’antidépresseurs, la phrase alerte. Vous avez payé pour me voir, approchez, oui, plus près, c’est vrai j’ai l’air humain à cette distance, ne vous y fiez pas, je ne suis qu’un clown et vous ne serez jamais que mon public. Au-delà il n’y a rien, oui, venez plus près. » Premier roman, livre malade, livre sans cirque et sans remords. Histoire sans début ni fin, période dont on aurait réussi à garder, à prélever l’éclat.

 

En lisant la quatrième de couverture, le doute s’est maintenu un instant — jusqu’à quel point peut-on parler d’un style personnel ? N’étais-je pas l’auteur de ces lignes ? De doute, il n’y en avait pourtant pas quant à mon nom : Benoît Vincent, c’était bien moi !

Drôle de sensation… qui est est revenue peu après, vraiment quelques semaines après, lorsqu’en cherchant les articles au sujet de GEnove, je suis tombé sur cette page de Solenne Lagedamont, que je ne connaissais pas, où je vois de nouveau que je suis l’auteur de L’éclat ! La page date un peu, au jugé des captures d’écran, d’octobre 2013 au moins, date du dernier article en ligne, sur le Projet El Pocero de l’ami Anthony Poiraudeau (salut !).

Peut-être avais-je réellement écrit L’éclat et, comme cela arrive parfois, j’avais enterré ce fait dans remous de l’inconscient…

Evidemment si ce genre de surprises arrive à François Bon (salut !), cela arrive aussi à Benoît Vincent (et Vincent Benoît), avec ou sans circonflexe, dont on peut facilement trouver les homonymes sur internet : le « sound designer », le responsable de ligne SNCF Laon-Paris, le chercheur au laboratoire de technologie et de biologie halieutique à l’Ifremer, le médecin hospitalier devenu consultant ARS, le fiscaliste au sein du département international tax services chez EY, et les (au bas mot) 141 autres des pages blanches… Il paraît même qu’il y a un Benoît Vincent botaniste !

Mais j’ai beau faire un effort, aussi vrai que je m’appelle Benoît Vincent et aussi vrai que je n’ai jamais eu de relation particulièrement heu, patrimoniale avec mon nom, ce double prénom, je peux l’avouer maintenant : non, je n’ai jamais écrit L’éclat, paru chez l’Harmattan en 2011.

« Je ne sais quel miroitement, en dessous, peu séparable de la surface concédée à la rétine »

septembre 7th, 2015 § 0 comments § permalink

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Cette phrase de Stéphane Mallarmé — j’ai horreur des citations censées justifier absolument les médiocres idées, au regard des ères géologiques, qui parcourent nos maigres synapses et neurones — portée en titre comme un étendard, voudrait désigner une réflexion qui se fait chaque jour plus pressante.

Obtempérer à l’instinct, fût-il celui de la divagation rhétorique ou de la théorie délirante, en somme rassembler en son assiette le corps et les tentacules de la pensée, dont certaines formes nous échappent, et d’autres encore nous sont refusées (sont refusées à l’entonnoir rouillé de la langue).

Obtempérer, obtempérer, il y aura d’autres occasions pour la déchirure.

Voici le propos, il est toujours le même : le texte, le texte, qu’importe le format, le texte ! Un éditeur ami me demande de formuler en quelques phrases mon parcours d’auteur comme on dit (pour aller vite) venu du net (ce qui ne veut strictement rien dire). Avec plaisir. Sauf que depuis, je m’en suis éloigné, « du net », accompagnant de fait le mouvement du « venu de », parallèle à ou concomitant de l’« éloigné de » | Note pour plus tard : là d’où l’on vient, c’est là que l’on quitte.

Je dois donc revenir sur ce que j’ai déjà écrit, brièvement. Ce sont surtout cinq dates : 1994, 1999, 2008, 2008, 2015.

Radots et méduses

Si j’écrivais déjà avant, de nombreux brouillons de romans absolument insignifiants, j’ai commencé d’écrire vraiment en 1994, ayant quitté la maison familiale, après avoir acheté dans cette intention un carnet de marque Clairefontaine destiné expressément à cela (et numéroté #1 en conséquence1). | Prolepse. Vingt ans plus tard, ce cahier et ses frères, trente-sept suivants, sont toujours le lieu privilégié de l’écriture même s’il est vrai qu’une grande partie de mes textes prend également naissance à travers un écran d’ordinateur.

En 1999, alors qu’internet commence à répandre ses rhizomes un peu partout dans l’espace plus ou moins public, j’ouvre une première « page web » destinée, elle aussi, à recueillir, avec beaucoup d’orgueil, les textes à venir. Mais ce n’est guère commode, dans un format imposé, alors je me suis mis au « langage » html pour finalement avoir, en 2004-2005, a un site complet, bien que sommaire et austère (et plein d’erreurs condamnées par le W3C), avec fichiers xml et tout et tout.

En 2008, on passe la vitesse supérieure, et sur ce site maladroitement fait à la main, qui s’appelle désormais Ambo(i)lati, on se donne pour consigne d’écrire un texte par jour pendant un an. Ce que je ferai, donc, et ce qui donnera à tout le mouvement une régularité enfin nécessaire. En 2010, je cède à regret au général, et j’abandonne le site artisanal, trop difficile à gérer dans le bain de l’internet devenu réseau social intégré permanent (un cirque en somme). Après moulte hésitation, je migre (comme on dit) vers la modernité du CMS (du site-blogue), en l’occurrence vers WordPress — Spip apparaissant alors, et encore aujourd’hui, aussi mal fichu que peu pratique. L’écriture se poursuit, se solidifie.

Entre-temps François Bon, que j’avais rencontré dans les années 2000, m’a invité à participer au lancement de l’aventure Publie.net. Paraissent ainsi entre 2008 et 2010 quatre “livres”, deux essais, un poème et un récit bref. J’avais par le passé “autopublié” quelques récits, mais on a enfin l’impression d’accéder à l’édition — quand bien même ces livres n’étaient pas de papier. J’ai toujours considéré que le texte prévalait sur le format sur lequel il apparaissait ; cela ne posait donc pas de problème.

En 2012 je lance un site entier (fait main, on y tient pour ce final) sur la ville de Gênes, où texte et écran sont indubitablement liés (GE-nove : http://www.ge-nove.net). Ce sera le cinquième texte, achevé en 2013-2014, perpétuellement remis sur le grill (avantage du numérique).

En 2015, je publie un « premier » « roman » « papier », Farigoule Bastard : pour la plupart du minuscule monde de lecteurs 2, c’est à ce moment seulement qu’est né Benoît Vincent, auteur. Pour moi, c’est mon sixième texte publié.


Cinq réflexions éparses

Lorsque internet est arrivé, il a tout de suite suscité un immense espoir ainsi que des myriades d’expérimentations textuelles (du même acabit que celles suscitées par l’arrivée du “traitement de texte”, c’est-à-dire plus ou moins heureuses, c’est-à-dire plus ou moins pertinentes). Certains ont survécu à cette vague (encore vive), d’autres ont disparu. Les formes sont ainsi faites, et les avant-gardes, si celle-ci en est une, ont le mérite d’en essayer de nouvelle, avec plus ou moins de fortune. Mais en aucun cas, avons-nous écrit ailleurs, la forme ne peut déterminer le contenu, le sel du propos artistique et singulier. Croire que l’arrivée d’une technique va renouveler la portée des œuvres est une illusion infantile.

Lorsque Publie.net est lancé, pour moi comme pour d’autres sans doute, c’est l’espoir de voir certains de ses textes enfin “publiés”, c’est-à-dire littéralement rendus publics. Le monde du livre, en France, est tel qu’il est, il n’y a pas grand’chose à redire à ce propos. La chaîne du livre, le prix unique, le réseau des bibliothèques, les éditeurs historiques, les concentrations, les petits éditeurs… Publie.net représentait l’espoir d’une lecture plus libre, en ce sens qu’elle était moins déterminée par des préoccupations de rentabilité. Mais pour moi, cela n’a jamais vraiment représenté une révolution en tant que telle du processus d’écriture et de lecture. De plus en plus réfractaire aux expérimentations, aux dispositifs, aux installations, aux projets, je constate aujourd’hui que l’irruption du livre numérique n’a pas eu de véritable effet sur la littérature en général.

Les réseaux sociaux, Facebook et Twitter en tête, j’en ai beaucoup parlé, ont peu à peu grignoté tout l’internet plus ou moins libre ou libertaire des débuts. On s’extasie généralement trop facilement devant eux, et on oublie que ce ne sont que de simples outils ; outils qui, certes, peuvent accompagner le processus d’écriture/lecture, mais en aucun cas le remplacer. En aucun cas un algorithme, un code, aussi astucieux ou pratique soit-il, ne remplacera le travail de lecture et d’écriture, âpre et désolant, qui est au cœur de la littérature.

Le monde de l’édition est le monde du livre ; notre monde est le monde du livre. J’en ai fait l’amère (mais pas si déterminante) expérience : l’auteur n’existe qu’une fois le livre papier paru. Je le vois bien : tous ceux qui m’ont accompagné comme auteurs venus de Publie.net ou du net en général envoient malgré tout leurs manuscrits à des maisons qui n’éditent que du papier. Certains même les envoient aux maisons les plus réfractaires au numérique, les maison les plus traditionnelles. J’en ai subitement l’impression ; que de s’échiner sur les claviers et les écrans décourage, démotive les jeunes auteurs. D’autant que le monde français du livre est tel (peut-être parce qu’il est armé de ses nombreuses aides) qu’il existe ce panorama très vaste et varié de petits éditeurs qui, eux, parfois, cherchent des formes nouvelles et des noms à promouvoir.

Un dernier point concerne les ressorts politiques et philosophiques de ces questions. Ce n’est pas une mince donnée. Philosophiquement, et depuis longtemps, on songera à Benjamin, la réflexion de l’influence de la technique sur l’œuvre d’art, est posée. On a écrit via les blogues, et même via Twitter et Facebook : avons-nous réellement écrit ? L’idée que la publication est immédiate (et donc cette idée est roborative) ne masque-t-elle pas l’image d’un public qu’on dirait médusé, lui-même contraint par la médiation d’un support mal connu ? Enfin, l’idée qu’une surface de code puisse se substituer à la profondeur du texte n’est-elle pas, finalement, contre-productive ? Pourquoi publie-t-on les photos horribles faites par nos portables ? Est-ce par ce qu’on le peut ou est-ce parce qu’on le doit ? Se dissoudre dans l’illusion d’une identité numérique (qui n’est jamais qu’une pluralité malheureuse, parce que frustrée) nous autorise-t-il à rompre le silence ? Pourquoi ne nous tairions-nous pas enfin, étouffés dans la moiteur du texte, plutôt que bavards sur son couvercle ? pourquoi ne pas se taire un peu ? S’adonner à la discrétion propre à la littérature, à son domaine d’élection : le silence.

L’aspect politique est plus insidieux encore : en assouvissant notre désir d’expression (qui trahit peut-être une soif de reconnaissance — mais mettons que l’artiste y soit soumis), nous confions notre parole à des canaux externes, dont on connaît la passion du commerce et les ambitions autoritaires. Nous cédons pourtant à nous-mêmes et à ceux-ci, de notre plein gré. Imaginons un pouvoir politique dont l’un des buts serait la numérisation totale du monde, ou la création d’un être transgénérationnel : que ne déclencherait-il pas de consternation, d’affliction et, par conséquent, de combats, de dénonciations ! Pourtant nous écrivons ingénument avec Google Earth ou Google Street View ; nous confions toutes nos données aveuglément à Facebook ; nous favorisons ce que nous dénonçons en achetant sur Amazon. Sommes-nous à ce point désespérés ou bien sommes-nous simplement terriblement, passionnément, naïfs ?


*

Je ne dis pas qu’il n’y a pas, qu’il n’y aura pas, de bons auteurs et de bons livres “natifs” de l’écran ou de la toile. Mais je me dis — personnellement, pour mon travail, et cela n’engage que moi — qu’il est plus urgent, aujourd’hui, de se retourner sur son propre monde, que de persister à penser que la révolution du net est autre chose que l’immense marché qu’il est devenu.

Nous sommes impayables ! Nous donnons les verges pour nous faire battre, nous scions a branche sur laquelle nous sommes assis, nous nous enfermons, de nous-mêmes, dans des prisons de formats, de sociétés… Alors qu’il faudrait, plus simplement, laisser place à la fureur de la horde-fiction. Il faut désencapsuler (unembed) le récit, le déliter, c’est-à-dire le faire sortir de son lit.

Notre effort devrait être celui de la crue.

  1. Dans cette routine tant désirée, à part quelques entorses, il y a eu bien des révolutions : le passage en 1999 du format 16,5 x 21 cm au format 14,8 x 21 cm, qui permettait de le glisser partout et notamment dans une sacoche — RIP — acquise dans la bonne ville d’Isola di Capo Rizzuto (KR), où les santolines avaient ravi une partie de mon âme, et, depuis quelques semaines, le passage à un autre format encore plus menu, de marque Pigna, sur de minuscules carreaux, strictement A5 et encore plus pratiques à transporter.
  2. Que j’évalue, les bons jours, à 5000 personnes en France, à tout casser.

20 ans d’Ail ! 08 : carnets 25 à 27 (2008-2009)

décembre 25th, 2014 § 0 comments § permalink

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Table
01 : carnets 1-5 (1994-1998)
02 : carnet 6 (1999)
03 : carnets 7-9 (1999)
04 : carnets 10-15 (1999-2001)
05 : carnets 16-18 (2001-2003)
06 : carnets 19-21 (2003-2006)
07 : carnets 22-24 (2006-2008)
08 : carnets 25-27 (2008-2009)
09 : carnets 28-29 (2009-2010)
10 : carnets 30-37 (2010-2014)

 

Zhong shu #25 [#2956-3019, 15 décembre janvier 2008-25 janvier 2009] • Sans titre

Carnet

Carnet Clairefontaine, type VII (96 pages, 14,8 x 21 cm, couleur, bleu et rouge, lignes)

 

Contexte

Dans la même ligne que le précédent. La suite d’Orpins, beaucoup textes sur Gênes, réunis sous le titre G. Un long séjour à Gênes, donc qui marque la rencontre avec Mattia et les gens du port, mais aussi Luisella Carretta, qui deviendra une ami chère (jusqu’à une rupture incomprise), et des visites chez Elisa et Franco.
Ce sont les premières pages de GEnove, en réalité, qui s’écrivent ici — il n’est point utile de les citer. Le voyage a été probablement bouleversant (à en juger par les textes). Un incursion à Lucca, chez Marco et Maddalena.
Il y a le retour et la suite des ateliers d’écriture (nombreuses pages des exercices faits en même temps que les participants).
On le croira ou non, mais il y a une annotation sur Cortàzar. Incroyable, car je ne lirai Marelle que bien plus tard (offert par une certaine G., en 2013), et que c’est Marelle que l’éditeur évoque en quatrième de GEnove.
Voyage à Paris : je vois Jean Lebrun, Patrick Chatelier, Monique.
Un texte sur le livre de Jean Lebrun (#3014) et un sur François bon (#3017-3019)

Extraits

• le texte Custos quid nostis ?, l’un des premiers textes publiés ici.

 

Zhong shu #26 [#3020-3089, 26 janvier 2009-21 juillet 2009] • Sans titre

Carnet

Carnet Clairefontaine, type VII (96 pages, 14,8 x 21 cm, couleur, bleu et rouge, lignes)

 

Contexte

Dans la même lignée que le précédent, avec peu de textes notables (on est toujours sur les programmes, les plans, la recherche quoi). On cite pour la première fois Bobines (#3037, 3069), avec un plan, même. Le 1er juin, je vois à nouveau Patrick et on évoque un récit collectif, qui deviendra Climax bien plus tard (c’est-à-dire en 2015 !), qui serait acueilli chez Inculte (échéance annoncée mars 2010). Les ateliers se poursuivent (et les textes de mes participations prennent de la place) ; je prépare une conférence sur internet et littérature pour l’université populaire de Montélimar, et je vais pour la première fois aux cafés littéraires. Je rencontre Martin Rueff et probablement Nicole Caligaris. Je publie avec Laurence Morizet, plasticienne (et excellente céramiste) une plaquette intitulée Pholques.

 

Extraits

Pholques, avec Laurence Morizet
• La série des Eté : 1234
• le fragment #3079, Ecrire 17
• la publication de Végétal Instin sur Remue.net

 

Zhong shu #27 [#3090-3155, 21 juillet 2009-20 novembre 2009] • Sans titre

Carnet

Carnet Clairefontaine, type VIII (96 pages, 14,8 x 21 cm, couleur, bleu et rouge, petits carreaux)

 

Contexte

Dans la lignée des précédents, mais, je ne sais pourquoi, il est beaucoup plus écrit (il y a peu de textes écrits en ligne de cette époque). Plusieurs textes courts plus intéressants (je veux dire, dans la surprise des premiers carnets) : La corniche (#3100), Je prends le train (#3138), les fragments #3104 et 3106. On parle aussi d’une série d’ateliers d’écriture à la Mission générale d’insertion des Catalins.
On poursuit l’organisation d’HS, et il y a plusieurs textes sur la littérature Si c’est une littérature (#3129), Ecrire 19 (#3125) et 20 (#3139), sur Nicole Caligaris (#3097), Anastylose (#3098), Thierry Metz (#3143). Et puis une nouvelle épistémologie et un nouveau découpage territorial de la France ! Mais l’essentiel du carnet est occupé, de manière fractionnée, par Végétal Instin 2, c’est-à-dire les premières pages (mais presque toutes) de ce qui deviendra ma contribution à Climax ; il y a déjà le soldat romain, le mur, et il y a même une espèce de plan.
A part ça, je me rends à Bologne voir Martin Rueff et je reçois une lettre de Pascal Quignard. Je rencontre Arno Bertina.

 

Extraits

Les sols maussades de la littérature
N’importe quelle histoire (sur Okosténie de Nicole caligaris)

 

20 ans d’Ail ! 00 : présentation

décembre 10th, 2014 § 0 comments § permalink

En cette fin d’année pleine de rebondissements, je n’ai pas eu le temps d’y songer, mais tout à coup ça me vient : ce chantier a débuté en 1994, il y a vingt ans !


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Table
01 : carnets 1-5 (1994-1998)
02 : carnet 6 (1999)
03 : carnets 7-9 (1998-1999)
04 : carnets 10-15 (1999-2001)
05 : carnets 16-18 (2001-2003)
06 : carnets 19-21 (2003-2006)
07 : carnets 22-24 (2006-2008)
08 : carnets 25-27 (2008-2009)
09 : carnets 28-29 (2009-2010)
10 : carnets 30-37 (2010-2014)

 

Diable !

D’abord exclusivement sur des cahiers (Clairefontaine™ 17×22 petits carreaux) puis sur des carnets plus étroits (même marque, 14,8x21cm, sauf exception ruptures), pour le glisser dans une poche, l’écriture “en ligne” est arrivée très vite, au moment où les internets se sont répandus. Et c’était en 1999, mon premier site, chez Dromadaire. Fichtre !

Ce n’est pas aussi ancien que chez François Bon (1997) mais tout de même, c’était vraiment l’aube du truc et tout de suite les mains dans le moteur html. Si je cite François c’est que sa rencontre, lors d’une lecture Stones à la MC2 de Grenoble (en… mais quand ? Je dirai entre 1999 et 2001, maxi. Puisque j’étais à Grenoble et que j’y suis allé avec Clarisse, amie perdue de vue) a ancré tout ce boulot dans le réel disons “professionnel”. Dans le même temps via Jean-Pierre Boyer des éditions farrago ex-Fourbis, je rencontrai Christophe Bident, par le biais duquel je rencontrerai encore Parham Shahrjerdi et Monique Antelme, deux amis très chers.

Je passe sur les évènements qui se sont succédé depuis ces années (qu’on traversera peut-être), et nous voici déjà en 2014.

C’est ça qu’il faut pour faire un “vrai” livre (Farigoule Bastard, premier texte papier, sortira en 2015) : vingt années d’écriture ? Quarante carnets remplis et près de 4500 textes de tailles et formes diverses1.

Je vais ainsi tenter de retracer ces vingt années en quelques étapes marquantes. Enfin si cela se peut. Voici le programme :

 

Table
01 : carnets 1-5 (1994-1998)
02 : carnet 6 (1999)
03 : carnets 7-9 (1998-1999)
04 : carnets 10-15 (1999-2001)
05 : carnets 16-18 (2001-2003)
06 : carnets 19-21 (2003-2006)
07 : carnets 22-24 (2006-2008)
08 : carnets 25-27 (2008-2009)
09 : carnets 28-29 (2009-2010)
10 : carnets 30-37 (2010-2014)

 
 

  1. 37 carnets de 96 pages, ça fait grosso modo 3552 pages manuscrites ; 4500 textes répartis en 3552 pages ça nous fait du texte à 1,26 pages en moyenne ?

Quels livres avec soi ?

décembre 6th, 2014 § 0 comments § permalink

Il y a l’enquête que nous avons lancée sur Hors-Sol, auprès de lecteurs triés sur le volet (et ce n’est pas facile de trier des lecteurs sur un volet) pour rassembler les “meilleurs” livres de la décennie 01-10.

Il y a eu cette espèce de mème Facebook sur les livres qui nous ont faits, et auquel j’avais rapidement répondu, en me disant en mon for intérieur que je devrais plutôt différencier les livres qui m’ont formé (auquel cas Amazing Spider-Man ou Uncanny X-Men ont la même place que tel Paul Auster (Trilogie new-yorkaise), Tony Morrison (Beloved) ou que sais-je, Histoire d’O ou Céline)1 de ceux qui me sont indispensables (ceux que j’ai effectivement cités).

Il y d’ailleurs une réponse de Guénaël Boutouillet aux deux questions, répondant qu’il ne répond pas tout en répondant, c’est à lire.

Il y a d’ailleurs ici-même une liste de livres qui répondrait plutôt à cette seconde alternative. Bien qu’incomplète et erronée, je la laisse telle quelle pour l’instant, parce que si je la touche, je dois aussi revoir les disques et les films, et c’est un chantier trop long pour aujourd’hui.

Puis il y a le déménagement ; j’ai d’abord pensé louer une chambre chez l’habitant et, quand j’ai fait mes cartons, il a fallu choisir ; choisir parmi les livres qu’on laisserait stockés, enfermés pour un temps indéfini.

Ce sont ces livres que j’ai ici, et peut-être offrent-ils une version pratique de la question ci-dessus. Ces livres, regardons-les.


1. Circonstances

Il y a d’abord des livres que j’ai emportés car je les ai reçus ou achetés au moment du déménagement (ou même bien avant), mais que je n’avais pas encore eu le temps de lire.

Il y a ici :
• Fred Griot, Cabane d’hiver [lu, note à faire]
• Claude Favre, A.R.N.
• Hélène Sturm, Walter [terminé, emporté pour note de lecture]
• Joyce, Ulysse, nouvelle traduction
• AV, Radicalités, chez L’Echappée
• Fabrice Nicolino, Qui a tué l’écologie ?
• Tiphaine Samoyault, La main négative [fol espoir de la rendre à Martin Rueff]
• Antonio Moresco, Canti del caos [d’ailleurs acheté à Gênes]
• Matthias Enard, Zone
• Carlo Emilio Gadda, L’affreux pastis de la rue des merles [commencé, mais ouch]
• Mircea Cartàrescu, Orbitor
• Ahmed Bouanani, L’hôpital [conseillé par Nicole Caligaris, on en parlera bientôt dans HS]
• William Gaddis, Agonie d’agapè [extraordinaire conseil de lecture de Claro]
• Junichirô Tanizaki, Eloge de l’ombre [enfin trouvé d’occase !]
• Régis Jauffret, Univers, univers [idem, à noter que c’est le livre, pour l’instant, qui recueille le plus d’avis favorable dans l’enquête HS]
• Aldous Huxley, De la vulgarité en littérature [lu, extraordinaire aussi !]
• Thomas Bernhard, Extinction
• Philipp Sydney, Asphodel et Stella [via Bernard Hoepffner, bien sûr]
• Antoine Choplin, Apnées
• Hélène Bessette, N’avez-vous pas froid
• Philippe Vasset, La conjuration

Il y a un livre qui s’est retrouvé un peu par hasard dans ces cartons, soit que je le consultais alors, soit qu’il ne rentrait pas ailleurs !

• Georges Duby, Histoire de France [on révisera durant les longues soirées d’hiver]


2. Travaux

Il y a des livres que j’ai emportés car je suis en train de travailler dessus, ou vais le faire, ou ne le ferai pas mais crois encore que si, etc.

Il y a là trois séries.

Une série de Michaux (ça c’est terminé), une série sur l’espace et une série sur Auguste (celle-ci pour l’instant bien maigre !).

Michaux :
Œuvres complètes [3, après la drogue ; finalement laissé en France (le travail ayant été rendu)]
Passages
La vie dans les plis
Par des traits
Par la voie des rythmes
En rêvant à partir de peintures énigmatiques
Par surprise
Chemins cherchés, chemins perdus, transgressions
Tous mes Michaux quoi, moi les trucs des débuts.

Sur l’espace :
• Michel Butor, Mobile
• Bertina, Gallet, Michaux, de Roeck, Anastylose [probablement l’aurais-je emporté puisqu’il il se retrouve aussi dans la série sur l’espace, et probablement également parmi les « préférés »)
• Henri Michaux [tiens !], Ailleurs
• Vassili Golovnov, Eloge des voyages insensés
• Iain Sinclair, London Orbital
• Claude Eveno, Histoires d’espaces
• Marc Augé, Non-lieux
• Rem Khoolhaas et al., Mutations

Sur Auguste :
• Herman Broch, La mort de Virgile [un bon début]


3. Les livres que j’ai emportés pour les avoir avec moi !

• Banchot, L’entretien infini, Le livre à venir et L’espace littéraire [pas facile de trier — sur un volet — les Blanchot, mais j’ai finalement remisé les « fictions » sauf L’attente, l’oubli, que je n’ai pas retrouvé (je crois que c’est Jo qui l’a)]
• Des Forêts, Ostinato, Pas à pas jusqu’au dernier, Voies et détours de la fiction
• Pessoa, Le livre de l’intranquillité [je me rappelle que François Tresvaux le parcourait avidement]
• Paulhan, Œuvres complètes [3 : le volume des Fleurs de Tarbes et les autres textes critiques]
• Borges, Œuvres complètes [ancienne édition, volume I]

J’avais vraiment tiré à l’os, comparativement aux livres ‘circonstanciels’. Il en manque un peu tout de même ! Ecrits de l’éphémère ou les Petits traités de Quignard, par exemple, un ou deux Derrida (la trilogie Fictions, Sauf le nom, Khôra, par exemple), Deleuze (il est où cet Abécédaire ? Et Rhizomes [photocopié de Mille-plateaux, flûte !). Et le Beckett-Dépeupleur au fait ? Faut voir.

Manquent par contre Caligaris (Okosténie) et Bon (Tumulte) et Senges (Fragments de Lichtenberg) parce que prêtés (et donc L’attente l’oubli). Ils seront là.

Puis quelques livres qui pourraient servir :
• Predrag Matvejevic, Breviario mediterraneo
• Giuseppe Campolieti, Breve storia del sud
• Mario Attilio Levi, Pietro Meloni, Storia di Roma della origini a -476 [grazie 1 !]
• Rosset, Le réel et son double
• Jean-Yves Jouannais, L’usage des ruines
• Eric Chauvier, Contre Télérama
• Jean-Christophe Bailly, Le dépaysement


4. Les traductions en cours

• Salvatore Niffoi, Ritorno a Baraule
• Stefano d’Arrigo, Horcynus Orca, et I fatti della fera


5. Un livre que je ne regrette pas d’avoir avec moi, car il va inclure fissa les catégories « espace » et « préférés », c’est Terminus radieux d’Antoine Volodine, que je viens de radieusement terminer, et qui est un chef d’œuvre [merci Frédéric Mora].


6. Et pour l’aspect professionnel, même chose : qu’emporter ? Les livres qui serviront ici, c’est-à-dire alpes méditerranéennes, plus les îles. (Mais beaucoup de docuements sont numériques ou numérisés, il faut dire).

• Jean-Marc Tison, Philippe Jauzein & Henri Michaud, Flore de la France méditerranéenne continentale [on a attendu des années, mais la voilà, et belle, et rigoureuse ; en principe j’aurais pu emporter Flora Gallica de Tison et Bruno de Foucault, mais les divers retards d’impression ont fait en sorte qu’elle me soit envoyée (souscription) en plein déménagement ; mais version de travail en pdf∏
• Daniel Jeanmonod & Jacques Gamisans, Flora corsica
• Raymond Delarze & Yves Gonseth, Guide des milieux naturels de Suisse
• Stefan Eggenberg & Adrian Möhl, Flora vegetativa [clef de détermination des végétaux avec les feuilles, fonctionne pour la Suisse et alentours, et corrélation avec l’ouvrage précédent]
• Les Ecologistes de l’Euzière & Claude Marco, Les salades sauvages [excellent ouvrage de détermination et usage des rosettes prédestinées à devenir salades ; mais ouvrage de botanique et d’ethnobotanique de premier plan]
• Trois guides illustrés pour le grand public : ces livres, légers en poids, rassemblent pratiquement toutes les espèces trouvables en Europe. Beaucoup de coquilles, et des changements taxinomiques récents ont chamboulé l’organisation — d’ailleurs dépourvus de clef de détermination, mais un élément important du sac-à-dos : Fitter, Fitter, Blamey, Guide des fleurs sauvages ; Fitter, Fitter et Farrer, Guide des graminées, carex, joncs et fougères ; Blamey & Grey-Wilson, Toutes les fleurs de Méditerranée. Avec ces tois bouqins, tu as toutes les plantes (pratiquement) d’Europe
• Sur les différentes familles, pas de quoi embarquer les monographies des Apiacées (de l’ami jean-Pierre Reduron) ou des Fabacées (Coulot & Rabaute) ou des Renonculacées (Gonard), ou encore les Euphraises, les Vesces, les Jocs, les Fougères magnifiques de Jean-Louis Amiet (salut tardif !) mais tout de même une très bonne monographie de l’ami Robert Portal et Maryse Tort, Carex d’Auvergne, qui regroupe beaucoup des carex (ou laîches) communs d’Europe ;
• Virgile Noble et Katia Diadema, La flore des Alpes-Maritimes et de la principauté de Monaco — pour la région où je suis.
• J’ai une copie du Prodrome des végétations en photocopies (Bardat et al.) ; le prodrome “deux” en pdf.

En sus,
• Michel Armand et al., Atlas des plantes protégées de l’Isère, offert par Luc Garraud, lors de mon passage chez lui

Et pour la faune, juste :
• Michael Chinery, Insectes de France et d’Europe occidentale
• Nicholas Arnold, Le Guide herpéto
• Kerney, Cameron & Bertrand, Guide des Escargots et Limaces d’Europe


Finalement il n’y a pas tant de livres indispensables. J’ai probablement évacué les Italiens [Tabucchi et Calvino essentiellement] pour des aspects pratiques. Mais je me retrouve avec très peu de livres « préférés ». Où est Pedro Pàramo que je cite à tout bout de champ ? Quels livres emporteriez-vous sur une île déserte ? Manifestement pas les bons.

  1. Il y avait eu un texte là-dessus, à l’initiative de François Bon, en 2008…

La fiction est un muscle (1) : l’illusion de réel

avril 7th, 2013 § 1 comment § permalink

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Ce texte qui depuis longtemps hésite, séparé en deux morceaux, écrit vite, afin d’avancer. Réactivé après longue discussion avec Claro et Daniel Labedan. Il est deux parties, la deuxième se trouve ici.


Lecture à grande vitesse

C’est dans dans la voiture-bar d’un TGV, ce fleuron de l’économie et de l’industrie française, au moment même d’un scrupuleux repas (et néanmoins succulent), et dans TGV Magazine, le magazine trend-&-tendance des jeunes Parisiens de type Profession et Catégorie Socioprofessionnelle, indice + ; ce magazine, faut-il le rappeler, est notable pour l’incision de sa critique et l’exigence de son combat.

C’est donc dans le magazine à grande vitesse qu’on peut lire en septembre 2012 ces lignes inoubliables :

La rentrée littéraire réserve toujours son lot de petites surprises, plus ou moins anecdotiques. La polémique pourrait bien venir cette fois d’un premier roman, La théorie de l’information (Gallimard), où l’auteur, Aurélien Bellanger, raconte l’ascension fulgurante d’un certain Pascal Ertanger, dont le pedigree et les tribulations sulfureuses évoquent furieusement le parcours de Xavier Niel, patron de Free. Au fond, le phénomène n’est pas si nouveau. Flaubert avec Madame Bovary, Tolstoï avec Anna Karenine. Plus récemment, Truman Capote (De sang-froid), Philippe Besson (l’affaire Gregory), Régis Jauffret (l’affaire Fritzl)… Le fait-divers alimente depuis longtemps la fiction, inspire moult écrivains, dont beaucoup n’ont rien à voir avec le polar. Pourquoi les romanciers ont-ils autant besoin de puiser dans le réel ? Et comment expliquer que nous, lecteurs, soyons à ce point friands d’une fiction qui n’en est pas toujours une ? La question relève du paradoxe, l’art étant a priori plutôt une façon poétique de nous extirper du quotidien. Mais peut-être aussi un moyen de sublimer le réel.

Ne rions pas. A peu près rien de ce qui est avancé ici n’est faux. Il est vrai que les écrivains s’inspirent et se sont inspirés d’un fait-divers pour écrire. Si l’on veut bien considérer le parcours de Xavier Niel comme un fait-divers, si l’on veut bien admettre que le polar soit un genre à part et que la littérature puisse se subdiviser en polar et non-polar lorsqu’il s’agit de fait-divers, si l’on veut bien, enfin, assimiler le fait-divers à l’ensemble du réel, comme si de tels raccourcis avaient un sens, comme si le fait-divers, dans sa presque vulgarité, ressemblait à quelque chose comme un exemple-type, un modèle réduit, du réel, si l’on veut bien admettre tout cela, puis enfin que le livre cité puisse être comparé à Flaubert, Tolstoï ou Capote — ce qui n’est pas rien, tout de même — alors il n’y a aucune raison de rire, ni même de sourire.

Il n’y a ni beaux ni vilains sujets et on pourrait presque établir comme axiome, en se posant au point de vue de l’Art, qu’il n’y en a aucun, le style étant à lui tout seul une manière absolue de voir les choses.

La question du sujet en littérature ouvre évidemment un débat complexe et infini, qui touche à la fois à la distinction réel/fiction, à l’inspiration, au style, et toutes ces choses qu’il apparaît impossible de définir et pour lesquelles tous les avis se valent. Alors comme sortir de tous ces pièges ?

On regrette aujourd’hui régulièrement l’espèce de thématisation de la littérature, qui va s’emparer d’un sujet particulier, généralement une biographie ou un évènement historique, et broder autour. Outre qu’il en a sans doute toujours été de même, le cas de Madame Bovary restant exemplaire, on peut questionner l’option alternative, qui considérerait la littérature comme totalement déconnectée du réel et n’évoquer que des mondes imaginaires. On dirait par exemple que l’Odyssée, Flatland, Alice au pays des merveilles ou Le seigneur des anneaux, sont comme autoréférencés ; mais on remarque presque aussitôt que ces livres sont généralement rattachés à des genres singuliers, eux-mêmes construit autour d’un pacte particulier avec le lecteur : ici vous êtes ailleurs ; science-fition, heroic fatasy, conte, et sans doute roman policier ou roman fantastiques, ou épopée ou allégorie, on se déplace insensiblement dans ce qu’on pourrait appeler rapidement une littérature de genres, et de genres généralement qualifiés de mineurs.

Cette distinction tendrait à indiquer qu’il existe des genres majeurs, au rang desquels on compterait par exemple la poésie (on sait que la poésie est souvent suspectée de non réalisme), le théâtre et… le roman.

On pourrait également rétorquer que, sous couvert de détour imaginaire, ces œuvres pointent au contraire très directement le monde d’où ils sont issus (Jacques le fataliste, Tristram Shandy, Flatland, Les villes invisibles).


Genre, un roman

Evidemment, ces points de vue sont intenables. On ne reviendra pas sur la difficulté de définir le roman, c’est une vielle scie qui apporte peu au débat ; sauf que le roman est à la fois le genre roi (c’est lui qu’on rêve d’écrire et qu’on vend et qui fait le cirque médiatique autour de la littérature1) et le genre qui recueille tout ce que les autre genres ne peuvent intégrer.

Le genre de la liberté infinie, à la précision près que cette définition qui n’en est pas une et que par conséquent l’absence de cadre ne permet pas l’unité ou la singularité.

On ira vite et, sautant l’époque romantique qui a posé des textes critiques et théoriques sur le sujet (qu’on pourra facilement retrouver dans la somme de Philippe Lacoue-Labarthe et Jean-Luc Nancy, L’absolu littéraire) et on se rendra une fois encore à ces grands noms, à ces gros noms (comme on parle de gros mots) : le dialogue sourd entre François Bon, âpre opposant au genre “roman”2, lorsqu’il inscrit le mot sous le titre de Tumulte par exemple, et Pascal Quignard, qui décrète qu’en lui « peu à peu, tous les genres sont tombés » et s’attelle à cette œuvre protéiforme enviée par le premier, Dernier royaume3.

Si l’on admet que le mot “roman” ne signifie rien, et que les genres, peu à peu, n’ont plus la panache qu’ils revêtaient à l’époque classique ou romantique, on préfèrera alors désigner sous le nom de fiction le super-genre ou l’unique genre qui porte toute la littérature. On n’écrit pas de roman, on écrit des fictions. Au risque de s’emberlificoter à nouveau dans un débat stérile, afin de répondre à la nouvelle objection qui point (dans ce cas, que faites-vous de la poésie ?), on pourra peut-être suggérer de distinguer même la fiction de la poésie, mais c’est déjà trahit notre projet.

On pourrait donc revenir à une distinction tout aussi classique entre les trois genres, poétique, narratif et dramatique, et c’est sans doute la systématique la moins problématique et la plus pédagogique — la plus conventionnelle. Gardons-là pour le moment. On pourra au besoin ajouter le genre argumentatif, le genre épistolaire, que sais-je… on aura bien le temps de ce débarrasser de toutes ces notions inutiles et trop clivantes.


Autre niveau : le lir&crir

A ces distinctions finalement assez peu commodes à manier, on pourrait adjoindre une autre réflexion qui, elle aussi, naît à l’époque romantique, et se perpétue, en enflant plus que de mesure selon les périodes, jusqu’à nos jours.

Nous avons par ailleurs tenté de donner un nom à ce phénomène étrange, et qui répond à l’injonction du précepte suivant : quand je lis déjà j’écris ; quand j’écris encore je lis et schématisé ainsi :

lire écrire

selon les boucles de rétroactions fameuses des théories de la communication. Ce phénomène est dénommé lir&crir et participe de l’inquiétude littéraire.

Ce phénomène a des répercutions directes sur notre propos. En effet, si l’on veut bien admettre que la lecture et l’écriture sont à ce point liées, on pourra également admettre qu’un peu de l’autre (lire) vient se mêler au même (écrire). Or cet autre, quel est-il ? Il est lui-même un même (écrire) que je me suis approprié par un processus d’altération (lire) ; lir&crir c’est faire l’expérience d’un perpétuel va-et-vient entre l’ipséité (le même) et l’altérité (l’autre), entre moi et le reste du monde, entre le propre et l’impropre ou l’approprié et l’inapproprié.

Cette altérité, ce dehors, qui est aussi une ipséité et un dedans, se confond donc avec mon dedans et mon ipséité, qui lui sont dehors et altérité. Or cette altérité, pour autant qu’elle est une œuvre, est, tout comme moi (ou la mienne) composée de mots.

Nous n’avons affaire finalement qu’à un échange de bons procédés au moyen d’un tissu commun qui est le langage et la langue. De là la mise à jour progressive, à partir des Romantiques allemands, de l’espèce de circuit clos où tourne la littérature et ce, peut-être, depuis toujours. Ce que Michel Riffaterre a appelé la littérarité était précisément ce phénomène, horripilant pour beaucoup, hypermoderne dans son développement et contre lequel aujourd’hui, de manière très insidieuse, avec tout ce que cette époque hardiment qualifié de soixante-huitarde, portait comme théories et valeurs (ce qui ne garantit pas de défauts, bien entendu). Il apparait ainsi que, bien souvent, les livres ne parlent que des livres, et la littérature que de littérature.

Est-ce vrai ? Nous savons ce que nous faisons de la vérité en ces parages ; ce qui est certain en revanche c’est le nourrissage constant des œuvres par les œuvres, ce n’est pas vraiment un secret. Cela ne concerne sans doute pas tout le corpus littéraire, mais le nombre d’œuvres faisant référence à d’autres œuvres, et je ne parle pas seulement de critique, dans la fiction moderne, est toujours plus grand. La littérature (l’art peut-être ?) aurait donc pour essentiel projet la perpétuation de son propre geste au travers des livres ; mais ce n’est peut-être pas un projet, mais le sujet même de la littérature, qui pourrait être également considéré comme un unique corpus, gigantesque et trans historique, portés par des auteurs dont le nom compte peu, grande œuvre collective et anonyme, ou pluronyme.

L’hypothèse est séduisante car elle dédramatise la figure de l’auteur, jusqu’à le dissoudre et remet également en question, et de manière fondamentale, son fameux droit. C’est évidemment une hypothèse qui risque de n’être pas partagée par la plupart des auteurs, qui fondent donc leur travail sur la revendication de leur nom propre, sur la propriation.


La porosité

Revenons à la fiction : ce n’est pas une simple distinction de genres qui est ici soumise à la question. C’est une posture, voire une prémisse philosophique, et même, pourrait-on dire, un présupposé organique. Il a fallu passer par la voiture-bar du TGV, ou la pâtisserie du coin de la rue, ce grand étalages de tartes à la crème, pour arriver au point qui nous intéresse plus particulièrement ici.

On aurait tout à gagner à relire ici Les fleurs de Tarbes, de Jean Paulhan, ainsi que ses autres textes critiques Clefs de la poésie, Le clair et l’obscur, etc. puisque précisément les deux postures évoquées plus haut : celle, d’un côté, qui voit la nécessité du nouveau, de l’inédit et, pour aller très vite, la préséance du signifié sur la signifiant ; celle, de l’autre, qui fait confiance au langage (et aux lieux communs), et considère le langage comme prééminent, le signifiant plus important que le signifié. La première est la Terreur, la seconde la Rhétorique. Bien vite, Paulhan considère que les deux postures peuvent se succéder ou se superposer, se mélanger et, qu’en somme, l’idéal serait une voie médiane, un Tao oscillant entre Terreur et Rhétorique, et qu’il appelle la Maintenance.

La recherche de Paulhan n’aboutira pas et les tomes suivant Les fleurs de Tarbes ne seront pas écrits. Et pour cause : le projet est éminemment déceptif, il est ontologiquement intenable. Ce projet reste un projet pour la bonne raison que ce projet est la littérature même, ce va-et-vient permanent entre Terreur et Rhétorique, le lir&crir peut-être, l’inquiétude même de l’instant caractérisé par la maintenance, c’est-à-dire la permanente fugacité du maintenant.

On hésite en effet constamment entre l’inédit et le très-connu, entre l’originalité et le passé, entre la parole singulière et la mémoire archétypale.

Sautons une marche, et songeons à un exemple simple ; songeons à un membre de notre famille ; songeons à notre vie amoureuse ; songeons à un acteur de cinéma ; songeons à un homme politique. Mettons-nous dans la peau de ces gens, si cela est possible, et considérons la manière dont cette personne, moi ou un autre, dans cette situation particulière, appréhende le monde. Le parent qui éduque son enfant, l’amoureux ou l’amoureuse qui écrit à l’être aimé, l’acteur qui joue un rôle, l’homme politique qui fait sa profession de foi : quelle est la nature du réel qu’il perçoit et sur lequel il désire agir ?

C’est par le langage qu’on éduque, qu’on séduit, qu’on joue, qu’on convainc. Le langage, quant à lui, est inerte, et ne s’use que si l’on s’en sert ; c’est un outil, mais un outil singulier qui est l’angle principal de notre perception du monde. Nous avons aussi nos sens, et puis toute la biologie, mais nous connaissons nos limites dans ce domaine. Et pourtant nos pensées, nos désirs, nos fantasmes, nos rêves, et l’ensemble de notre vie font usage de cet outil — exactement comme l’art littéraire le fait.

Je présume donc, et ce de plus en plus, que nos vies-mêmes et les personnes qui les peuplent, ne sont qu’un apparat de la fiction, un avatar. Une preuve en est : si je meurs, tout disparaît. Il n’y a plus ni monde, ni parents, ni amants, ni plus rien. Le monde est une fiction, un monde complexe où la douleur côtoie le rêve, et le désir les pinces à linge, les chaudières électriques, la tectonique des plaques, le big-bang, l’acide désoxyribonucléique et le film Matrix. La littérature n’est qu’une forme d’intensité de cet ensemble complexe. Mais avec Bergson et Rosset, on sait bien, nous, de notre côté, que la fiction n’est pas qu’un produit de consommation ou un neuroleptique ; on se raconte des histoires, tout le mode se raconte des histoires ; le réel est une élaboration, certes complexe, mais pas une donnée brute, mesurable et inerte. La littérature est en ce sens une hyper-réalité.

Il y a le monde, dans lequel nous évoluons, et il y entre lui et nous des porosités nombreuses, la cloison est fine, elle pèse quelques mots, elle prend la forme de la cire gravée, d’un livre ou d’un écran lumineux ; la fiction et le monde s’interpénètrent à longueur de battements de cils, ils copulent allègrement de l’aube au crépuscule, comme deux divinités obscènes, sauvages, et méticuleuses.

Ils prennent le TGV.


À suivre ici


  1. C’est lui aussi qu’on rêve de lire, qui encombre les étals des libraires et les consoles des bibliothèques ; c’est lui que lisent les gens, les gens normaux, ceux pour qui la littérature n’est pas une nécessité mais un passe-temps.

    On notera une fois pour toute (mais tout le nouveau-roman en était déjà l’approche acerbe, que ce roman-là est une forme typique de roman et qui est le roman balzacien : histoire, personnages, descriptions) c’est-à-dire une infime part de ce qu’est le roman.

    Je sais bien qu’on peut me reprocher encore de donner une valeur par trop haute à la figure de l’écrivain (romantique) mais il faut s’entendre : les gens qui écrivent, ceux qui écrivent comme ils respirent, n’ont pas ou peu de lecteurs. Leurs livres ne se vendent pas. Ils ne sont pas célèbres, ni célébrés. En faisant les compte, on estime à vue à 5000 les gens qui œuvrent dans le champ de l’écriture. On me reprochera de pointer confusément une autre distinction, entre l’écriture vraie et l’autre, entre les bons et les mauvais écrivains ; je dois dire que ça me touche peu, d’autant qu’il y a effectivement des bons et des mauvais écrivains, ou des écrivains et le reste du monde. En effet comment sortir ? Le débat est le même avec la musique, avec tous les arts. Comment prouver, comment définir, sinon par une pirouette, un sophisme ? J’essaie ailleurs de poser quelques indicateurs, mais de grâce qu’on m’exempte de la prétention du “bon goût” ou de la vérité. L’art est justement cette transgression ou ce renversement, qui échappe à la fois à la vérité, à la morale et à la définition. c’est comme ça, c’est sa fonction et son essence. Le reste n’est que digressions de salons.

  2. « J’ai mis “roman” exprès sur des livres qui n’en étaient pas. » ; « La constante sera le refus de la notion de genre, roman non merci. » ; « Je découvrais progressivement qu’il s’agissait pour moi d’une étape importante, d’un renouvellement. Finaliser chaque jour un texte oblige à ce que les censures qu’on ouvre, les pays fantastiques qu’on entrevoit, on les laisse aussitôt derrière soi. Alors naissait un livre fait de ces chemins accumulés, un défrichement imprévu, soumis à la friction du monde et des jours. Est-ce que ce n’est pas aussi tout cela, le roman ?» ; « Que la notion de genre globalement soit caduque ne mérite pas en fait qu’on s’y intéresse autrement, nous le savons tous depuis trop longtemps. »

    Je cherchais plus ou moins ces citations que j’ai trouvée sur le net, rassemblée dans une communication de Benjamin Renaud, duquel je m’inspire grandement et que je remercie.

  3. Mais il remettra le couvert, pourtant, avec Villa Amalia, puis à nouveau avec Les solidarités mystérieuses, à notre grand dam.

Olivier Hodasava • Le champ du signe [Les Vases Communicants]

février 1st, 2013 § 0 comments § permalink

Je suis particulièrement heureux de recevoir ce mois-ci Olivier Hodasava qui a lancé ce beau projet, Dreamlands. Je le suis d’autant plus car, en faisant des recherches sur la littérature géographique, je suis tombé il y a quelques mois sur son site, et que via relayage sur Twitter et Facebook, celui-ci a acquis une notoriété auprès de notre petite communauté. Pierre Ménard et François Bon s’en sont “emparés”, pour le bonheur de Dreamlands. Je suis donc doublement fier de m’inscrire chez lui (à cette adresse) et de l’accueillir sur Ambo i lati, autour de clichés qu’il a pris dans son voyage sullo scill’e cariddi.

CONTINENT_1

SICILE_3

Scylla pousse d’affreux rugissements, sa voix est semblable à celle d’un jeune lion ; et personne ne se réjouit à la vue de ce monstre terrible, pas même un dieu ! Scylla possède douze griffes horribles et six cous d’une longueur démesurée ; à chacun d’eux est attachée une tète effrayante où paraît une triple rangée de dents serrées et nombreuses, sur lesquelles siège le noir trépas. Le milieu de son corps est plongé dans la vaste caverne, ce monstre ne fait sortir du gouffre que ses têtes hideuses ; il les promène autour de l’écueil, puis saisit et dévore les dauphins, les chiens de mer et les énormes baleines que nourrit par milliers la bruyante Amphitrite. Aucun nautonier ne se glorifie d’avoir échappé sain et sauf aux fureurs de ce monstre terrible, car Scylla saisit toujours un homme par chacune de ses têtes et l’enlève de son navire à la proue azurée.

CONTINENT_2

SICILE_6

Ulysse, l’autre écueil que tu verras est plus bas, très près de l’autre, et à la portée des flèches. A son sommet s’élève un figuier chargé de feuilles ; au-dessous de ce figuier est la formidable Charybde, qui engloutit sans cesse l’onde noire : trois fois par jour et elle la rejette, et trois fois encore elle l’avale en poussant des mugissements effroyables. Qu’il ne t’arrive donc point de passer en ces lieux lorsque Charybde absorbe les eaux de la mer ; car nul ne pourrait t’arracher à la mort, pas même le puissant Neptune. Rapproche-toi de Scylla et dirige ton navire en effleurant l’écueil. Il vaut mieux regretter six compagnons que de les voir périr tous ensemble.

CONTINENT_3

SICILE_7

J’adresse aussitôt à Circé ces paroles :
« Déesse, dis-moi toute la vérité. Si j’évite la funeste Charybde, pourrai-je combattre l’autre monstre quand il attaquera mes guerriers ? »
La plus noble des déesses me répond en ces termes :
« Malheureux, tu songes donc encore aux fatigues et aux périls de la guerre ! Quoi ! tu ne veux point le céder aux dieux mêmes ! Sache donc alors que Scylla ne peut être privée de la vie : elle est immortelle. Scylla est un monstre terrible, sauvage, cruel, qu’on ne peut combattre ; il est impossible de se défendre contre elle, et le plus sûr est de fuir. Si tu restes auprès de Scylla pour lutter avec elle, je crains bien que, s’élançant de nouveau, elle n’engloutisse autant de guerriers qu’elle a de têtes. Navigue donc avec vitesse, en implorant la mère de Scylla, Cratais, qui donna le jour à ce fléau ; elle empêchera peut-être le monstre de s’élancer sur vous tous. »



                                                                            Homère, Odyssée, chant XII

Les photos ci-dessus ont été réalisées dans le détroit de Messine (entre Charybde et Scylla) avec l’application Street View de Google Maps.
La première image de chacune des séries a été prise à Villa San Giovanni (sur le continent), la seconde à Messine (en Sicile).

Les vases communicants

janvier 31st, 2013 § 0 comments § permalink

Ecluse ronde d'Agde (l'une des seules au monde, nous dit-on)

Plus ça va, plus les vases communicants deviennent un vrai beau chantier d’écriture, un réel corpus de la blogosphère. Quant à cette page, elle recense mes propres expériences chez les autres. J’ai participé très tard aux vases, j’avais trop de chantiers en cours auparavant. Et, hormis le printemps qui est étanche à l’écriture ou presque, j’ai essayé, j’essaie, de tenir une espèce de programme.

Tiers Livre et Scriptopolis ont été à l’initiative d’un projet de vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.


2013

  • Février chez Olivier Hodasava (Dreamlands) • Amb’i lat’


2012


2011


Twitter • 2013

janvier 18th, 2013 § 0 comments § permalink

On me suit ici : http://wwww.twitter.com/amboilati | @amboilati — toujours moins de tweets > 2013 sur une seule page ! ¶ la page se lit à l’envers, bien sûr.


elle a dit la vieille la première fois que je suis entré dans son établissement pour prendre un café.
29 décembre

/travailler fatigue et fatiguer est bon/
29 décembre

/pareil pour un ouvrier jamais les ouvriers n’ont été bouffés par les vers après oui mais pas pendant qu’ils travaillent il faut travailler/
29 décembre

/un bœuf un chien qui dort tu les vois pas bouffés par les vers/
29 décembre

/la fatigue c’est bon pour éloigner les vers les petits vers sont allergiques à la fatigue parce que la fatigue respire un bœuf un chien/
29 décembre

/travailler fatigue et tout est bien rangé, aujourd’hui les gens sont désordonnés il fallait travailler oh j’avais deux mains/
29 décembre

/il faut travaille et petit café va t’aider/ /aaah café allongé ? parce que la journée est longue, oh j’ai deux mains, il faut travailler/
29 décembre

/qu’est-ce que j’ai là, oh mais qu’est-ce que j’ai là/ elle fait en tenant ses mains dressées /j’ai deux mains une main gauche une droite/
29 décembre

/pas bouger de trop les gros messieurs les curés les frères ça vaut pas tripette, reste tranquille, ou c’est petits vers/
29 décembre

/aaah aujourd’hui petit café, demain petits vers, dans les deux cas on est chanceux, on est immobile, mais on est chanceux/
29 décembre

/à la fin c’est toujours la même petits messieurs ou gros messieurs les patrons c’est les petits vers/
29 décembre

/nous on est chanceux on est sur terre c’est pas toujours c’est pas pour toujours petits messieurs ou gros messieurs à la fin/
29 décembre

/ceux qui décident ce sont eux les petits vers les petits vers adorent décider pour nous c’est eux qui décident nous/
29 décembre

/ceux qui décident nous attendent ils sont là ils attendent on leur marche dessus on ne les voit pas ils attendent, ils nous attendent/
29 décembre

/ceux qui décident c’est les plus petits/
29 décembre

/ceux qui décident c’est les gros messieurs eux aussi ils aiment petit café, mais ils aiment aussi les homards les cigares/
29 décembre

/on prend ce qu’il y a, on n’est pas difficile, qu’est-ce qu’on pourrait faire de toute façon, personne ne décide pour personne/
29 décembre

/alors comme ça aujourd’hui c’est la pluie qu’on nous sert, ah bé, nous on prend, on prend ce qu’il y a on prend ce qui nous est servi/
29 décembre

/travailler est important aujourd’hui travailler tient debout/ elle dit la vieille /et aussi le reste/
29 décembre

/la tête elle dit il est où petit café ? et quand elle l’a petit café la tête elle peut travailler/
29 décembre

/petit café fait du bien à la tête/ elle dit /la tête elle aime petit café la tête il lui fait du bien/
29 décembre

Petite femme affairée, constamment en blouse impeccablement repassée, jamais tachée, elle porte des breloques qui la rendent inquiétante.
29 décembre

« Il y a beaucoup de destins mais peu d’ulysses », se dit Nello alors que la tenancière du baretto où il prend un café récite ses augures.
29 décembre

We saw that the territory constituted itself on a margin of decoding affecting the milieu. WOW!
RT @DeleuzeGuattari
29 décembre

« Conservare un botanico è come conservare una pianta rara », mon hôte, d’Albaro.
29 décembre

Vino eccezionale pugliese : uva di troia è il vitigno, Gelso Nero il nome e Podere29 il produttore.
23 décembre

et finalement se rendre au récit.
16 décembre

c’est même vrai en plus que mettre quelque chose en ligne c’est le meilleur mouyen de le cacher à tout le monde
RT @fbon
29 novembre

*le retour du vol des étourneaux*
1er novembre

range les dernières fleurs en pensant à @theoneshotmi, avec un bout de mingus dans l’air.
26 octobreDingue, dû réinitialiser mont de passe Twitter ?
25 septembre

Chante et parle, mais si les sangliers aiment la musique ? Jeunes mâles peu de danger. Sinon grimper au mât de sa propre peur ?
24 septembre

Deux vus, deux entendus, sur ce petit promontoire, peur soudain ; pas moyen de grimper aux chênes, trop frêles et cassants.
24 septembre

Parfois comme hier, pénètre des forêts au sommet, très herbeuses, pleines de buis qui sont des placards à reptiles, à sangliers.
24 septembre

Avide de marnes blanches, parcourt chaque serre en quête d’éboulis de déchirures de taillades.
24 septembre

¶ #Pascal n’écrit pas de tweets ; il les brûle.
23 septembre

¶ (4/4) consomption. Ces autodafés propitiatoires suscitent de nombreuses controverses localement. #Pascal
23 septembre

¶ (3/4) initiatiques (fondateurs) ; ont également été exhumés des vestiges de livres Gallimard, figés dans l’ambre consécutive à la
23 septembre

¶ (2/4) dans le Sénonais, on a retrouvé les traces de bûchers fossilisés datant très certainement de 1640, interprétés comme rituels
23 septembre

¶ Dans la Puisaye et le Tonnerrois, il est des croyances relatives au crâne d’un puissant chamane ; (1/4)
23 septembre

¶ (3/3) l’Yonne* reste l’un des plus beaux écrits apocryphes de la littérature icaunaise.
23 septembre

¶ (2/3) ville de Sens, puis se mit en quête d’une cheminée (il avait fait pareil à Ancenis, et ailleurs). La *Quête de la Cheminée de
23 septembre

¶ Ce matin de 1640, #Pascal crut bon de devoir fonder une ville, la ville de Sens. Il l’écrivit, il écrivit l’acte de fondation de la (1/3)
23 septembre

¶ (2/2) Pascal, le philosophe dynamite. Les avis sont partagés sur la teneur de leur discussion.
23 septembre

¶ Une après-midi de 1640, #Pascal, en quête d’allumettes à l’épicerie du coin de la rue du Bac, croisa (1/2)
23 septembre

¶ Ce matin de 1640, Pascal crut bon de devoir fonder une ville, la ville de Sens. Il l’écrivit, il écrivit l’acte de fondation de la (1/3)
23 septembre

¶ Un matin de 1640, #Pascal dit *Je suis ombrageux et gourmand, gai en société, incapable de la moindre confidence, passionné d’être seul*.
23 septembre

¶ Un jour de 1640, #Pascal dit *et je suis heureux de me retrouver désormais solitaire comme un sanglier*.
23 septembre

Manche d’if, une œuvre d’art. On me dit, C’est pour tuer quelqu’un ? A quoi un couteau sert ? A quoi, ce compagnon ?
21 septembre

Monté de nouveau à la ferme. Chercher un couteau. Monté à pied, pour la peine. Le couteau est là, avec le fromage et le plaid.
21 septembre

Les Euphraises… Elles apparaissent chargées de toute la lumière d’automne. La nature de cette lumière doit être végétale.
21 septembre

J’ai voulu feuilleter Yann Moix à la librairie, et je me suis démis l’épaule.
RT @joachimesene
19 septembre

Yumeji’s Theme, larmes.
18 septembre

avec tes yeux de biafine, et ton petit théâtre de voix, comment peut-on échapper ?
18 septembre

lance Google Earth pour périmètre d’étude. Adieu.
18 septembre

Odontites luteus, Iberis linifolia et Pimpinella saxifraga, ensemble, sur des écarts, des écorches.
18 septembre

Les plantes cuivrées de l’automne : Silaum silaus, Sison amone, les noms, les noms.
18 septembre

qu’une matière insipide et informe. C’est ainsi qu’il lisait, qu’il aimait. C’est ainsi qu’il écrirait. Mâchant, remâchant. (2/2)
18 septembre

¶ Pascal mâche très lentement. Déchiquète les fibres longuement, jusqu’à à extraire toute leur saveur aux aliments, afin de n’avaler (1/2)
18 septembre

¶ une question, il suffoquait et indiquait le vague des yeux. La nuit il se figeait, s’échappait de son corps et — en érection — rêvait. (2)
18 septembre

¶ Il était assis sous un saule pleureur, et simplement écrivait. Des années durant. Il se taisait, aussi, et si un passant lui posait (1/2)
18 septembre

¶ Pascal d’abord ne voyait pas la ville ; je veux dire par là qu’il n’avait pas a priori songé à fonder une ville, la ville de Sens.
18 septembre

¶ Pascal n’avait pas encore le talent du havresac.
18 septembre

¶ Il revêtait alors la forme d’un sac de livres, détrempés mais très odorants, en toile de jute marronnasse. (2/2)
18 septembre

¶ Pascal fut ensuite porté de roulis en galet sur la grève de l’Yonne près d’une ville appelée Sens. (1/2)
18 septembre

¶ à remonter les cuisses qui le mirent bas, en suffoquant ; ce fut la naissance de sa voix. (2/2)
18 septembre

¶ Pascal, lorsqu’il naquit, ce fut sous la forme d’un saumon. Il s’employa ensuite (et longtemps) (1/2)
18 septembre

Monde met la représentation en défaut.
18 septembre

Pas d’appareil pour embrasser tout ça, ces terres blanches blanches, et ce décor de Ventoux, au loin, ne m’en lasse pas.
18 septembre

Web in *not* the WikiLeaks of the art world. WikiLeaks foments revolution; UbuWeb distributes abstract films.
RT @ubuweb
14 septembre

Comme une maladie profite d’un arrêt du traitement ; comme on se faufile entre deux portes.
14 septembre

Se mettre à écrire dans un état de demi-sommeil, avant le saisissement du jour. Se prendre par surprise ; écrire en dépit de soi
14 septembre

I’m changing all my passwords to « incorrect, » so whenever I forget, it will tell me « Your password is incorrect. »
RT @biIIMurray
4 septembre

Et puis va trouver au premier coup d’œil les hampes de Sison amomum (Rochefort, Réauville…)
27 août

La progression de Xanthoselinum alsaticum dans la Drôme est à la mesure de notre contemplation devant ses rameaux, sa couleur, ses fleurs.
27 août

La fin d’été se mesure aux ombellifères et aux plantes oubliées qui n’ont pas de nom.
27 août

“@fbon: RT @regisjauffret: Merci Monsieur Bon ! | y a pas de quoi monsieur Jauffret !” Mais si, Monsieur Francois.
RT @regisjauffret
27 août

L’effondrement des cigales.
20 août

craaaac m’arrache
RT @brigetoun
12 août

Everything occurs in a striated space that goes from empires to city-states, or evolved empires. *facepalm*
8 août

apprend du spécialiste mondial des apiacées/ombellifères qu’il souhaite me rencontrer pour échanger sur la littérature (et que drôme, en +)
8 août

#PinkFloyd Et Arnold Layne et See Emily Play !
6 août

#PinkFloyd : The show must go on, You possible pasts, The final cut, Not now John + Careful with that axe Eugene > première colonne.
6 août

#PinkFloyd : Money, The great gig in the sky, Brain damage, Have a cigar, Dogs, Nobody home, Hey you, Is there anybody out there ? …
6 août

Grands morceaux #PinkFloyd : Pow R Toc H, Apples and oranges, Up the Khyber, Cymbaline, Main theme, One of these days, Mudmen, On the run…
6 août

Passage de Barrett à Waters et Gilmour entre les deux, avec ce son incroyable…
6 août

se demande si le moment n’est pas venu d’affronter (à la @fbon) l’écriture de Pink Floyd (été faisant)…
6 août

Et la cigale qui se remet à chanter…
4 août

vient de mettre l’un des points finaux à un texte collectif qui nous aura pris trois années et à dix !
3 août

façonne un été Mandiargues et Floyd.
3 août

Du sable dans les idées.
3 août

ne sauve de la mer qu’une paire d’ailes de libellule noyée, un souvenir de château de sable, une poignée déjà sèche de soudes maritimes.
3 août

L’adéquation de ‘Sticky fingers’ avec la Provence en été.
3 août

assez baguenaudé et reculé – à nous deux le jour
RT @brigetoun
3 août

It acts upon that which surrounds it, sound or light, extracting from it various vibrations. Kthxbai!
RT @DeleuzeGuattari
2 août

Contrary to what is sometimes said, one never sees from a distance in a space of this kind, nor does one see it from a distance.
RT @DeleuzeGuattari
2 août

We therefore need a notion, even an apparently negative one, that can grasp this fictional or raw moment. FAIL!
RT @DeleuzeGuattari
2 août

la détresse où vous met de ne plus aimer faire les choses obligatoires (en août)
RT @fbon
1er août

avancer l’écriture avec mise en ligne continue: juste pour sensation de corps en relief, de mouvement irréversible comme la sculpture
RT @fbon
1er août

Cezanne spoke of the need to no longer see the wheat field, to be too close to it, to lose oneself without landmarks in smooth space.
RT @DeleuzeGuattari
1er août

#Dailymotto 597. On peut combattre les mouches à mains nues.
RT @LucienSuel
1er août

et de la lecture de la très belle fiction en cours d’écriture à 4 mains au moins par @amboilati cc @general_instin
18 juillet

Never is a plateau separable from the cows that populate it, which are also the clouds in the sky. Bam!
RT @DeleuzeGuattari
10 mai

« Sur la trace du silence, je mets des respirations, mes meilleurs limiers. » http://nerval.fr
10 mai

2. Ça remonte à loin, la Révolution peut-être, mais peut-être même avant, sans doute avant.
22 avril

1. C’est qu’au fond les bases sont moisies. Il y a un malentendu liminaire, presque principiel.
22 avril

Un printemps qui hoquette, revient, repart, très usant pour les nerfs. Un narcisse, un petit-duc, puis plus rien, puis de nouveau. La pluie.
2 avril

On peut à présent revenir au début. L’énorme travail de @fbon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique113
16 février

Alors que la ville dort, le @general_instin se réunit, se rassemble, mange, dort, fomente, trace, 16 février

Réveil 4:04, grosse erreur.
10 février

Found, found, instead of create. Feel the Smooth!
RT @DeleuzeGuattari
20 janvier

Nous devons mener le combat de la guérilla pour la libre accès. Serez-vous des nôtres ?
RT @affordanceinfo
14 janvier

Négociations âpres à Avignon, puis finalement le thé chaud et chaleureux avec Brigitte Célerier @brigetoun.
14 janvier

3/3 Saint-Paul-Trois-Châteaux, La Garde-Adhémar, Donzère, Montélimar. Et caillette.
14 janvier

2/3 Faucon, Mirabel-aux-Baronnies, Vinsobres, Saint-Maurice-sur-Eygues, heu, Aigues, Tulette, Suze-la-Rousse, Saint-Restitut,
14 janvier

Avec BV, lundi 7, ou le Grand Tour : Nyons, Sainte-Jalle, Buis-les-Baronnies, et Sylvain et sa douce ; puis retour Mollans-sur-Ouvèze, 1/3
14 janvier

2/2 pieds de Miélandre, de Lance, d’Angèle ; au cœur du maëlstrom minéral. Puis le lapin.
14 janvier

Avec BV, dimanche 6, ou l’archipel des faîtes, pour le fromage : chez M. l’ancien maire de Valouse ; de l’autre côté et vue panoramique. 1/2
14 janvier

Avec BV, samedi 5, ou rien du tout ; paroles pariétales à Bollène et Saint-Restitut ; et du vin du vin du vin à Saint-Paul-Trois-Châteaux.
14 janvier

Avec BV, vendredi 4, ou La Chasse au Trésor avec les enfants ; trois équipes, des astuces, des jeux de mot, et un lapin.
14 janvier

Ranger ses favoris sur Firefox et mettre à jour tous ses fils rss, trois jours de boulot.
12 janvier

Le boulot, le boulot de François sur cette série. Ce boulot. Aujourd’hui #Gracq vs #Proust. @fbon http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article3325 …
12 janvier

2/2 se tenir coi, au faîte, rassembler les jours, tenir son journal ; mais mille fois recommencé, mille fois abandonné, on est fait d’oubli.
12 Janv

Ce qu’il faudrait, délier les temps, faire d’une manchée de brindilles un espace ordonné, ne plus se perdre dans les coulées des autres, 1/2
12 janvier