Désarbrer

18 février 2011



Une entreprise singulière, mais collective. A force fatigue, consternation &désir, nous abattons l’arbre, ce même arbre qui n’est pas arbre — en vérité — mais chaire, mainmise, couronne.

(Ce n’est pas l’arbre comme végétal, bien sûr, qui est visé, mais celui qui incarne le pouvoir, le sceptre nauséabond du père, du maître, du chef, du kapo. Celui précisément que dénonçaient en 1976 (mon âge !) Deleuze et Guattari dans Rhizome. Depuis, la représentation qu’on se fait de l’arbre a largement évolué.)

Je crois que les gens en ont assez • internet les épaule.

1. Les jeunes regardent moins la télévision, ils sont sur internet. La télévision a été durant longtemps le principal agent ou outil du pouvoir, l’organe de la pensée unique — elle l’est toujours — mais on kiffe les nouvelles sources.

2. Les hommes politiques, la classe dirigeante, ne se cache même plus pour faire ses petites affaires, avec son petit chapeau, son petit manteau et sa petite auto. Son cynisme égale son obscénité. Ses actes manqués, ses propos déplacés, ne l’empêchent plus d’exercer.

3. Le pouvoir va donc tout faire pour imposer des TNT d’autant plus ridicules qu’ineptes ; maîtriser l’internet, mais aussi la précarité, le nomadisme, la vente à la sauvette et tout ce qui n’entre pas dans un cadre strict. C’est la loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure. Quand même, le titre est chouette.

4. A défaut, la classe culturelle aisée estime qu’internet représente une menace à cause de l’obsolescence du disque, du DVD et — bientôt, du livre. Ils mesurent aujourd’hui que certains préfèrent le contenu au format, et refusent de toute façon de payer tous ces déguisements. Il s’inquiètent de ce qu’ils pourront emballer sous papier cadeau à la FNAC.

5. Enfin, le soi-disant virtuel du net ébranle des coquilles creuses d’autorité, de paternalisme et aujourd’hui historiques. Le réseau fin, la résille transitant smartphones, déblaie les bandelettes des momies placées en écrin dorée par le progrom instauré du Kapital.

Le programme démocratie ne répond plus. On a poussé trop loin • le mensonge. Puisque ce programme, actuellement en vigueur, n’a pas été mis à jour depuis le XIXe siècle, voire avant, du temps des lumières, peut-être, qu’on me pardonne de citer l’un de ces contemporains (moi qui n’aime pas trop extraire ainsi citation-bannière), qui disoit que le hiéroglyphe de la marchandise autorise « la personnification des choses et la chosification des personnes ».

A nous la ramification, la dissémination, l’éparpillement. Nous abattons l’arbre qui cache ton désir. Nous entrons dans le monde de l’horizon. L’horizhome.



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