Il y a des images, en pagaïe, des flopées d’images, des milliers d’images, disponibles partout, des images assaillantes, lancinantes. Lutter, lutter contre l’image, lutter contre l’écran, qui pousse à cran. Crante et taraude. Il y a cette image de toi avec cette amie à demi-nue. (Je la connais.) Il y a cette image de toi…
Catégorie : Poésie
Empreintes (avec Laurence Morizet)
Empreintes, qui suit, est un petit recueils de textes étranges, sans queue ni tête, qui cherche à sortir de ce labyrinthe créé par Laurence Morizet, et qui se dénomme également Empreintes. Nous sommes en train de finaliser ce livre avec art. Mais comme à l’accoutumée, je dépose ici des textes qui pourront être transformés, dans…
Vagabonder
Je marche sans discontinuer, j’en ai pris l’habitude, dans les rues de toutes villes, sans aucun but, sans aucun itinéraire ; je vois une rue, je tourne ; je vois un magasin peut-être (mais je n’entre jamais nulle part dans les magasins), je vois une femme peut-être (mais je n’aborde pas les femmes alors), je…
Eté, 6
(Il faudra venir encore jusqu’à ce que soit mis au jour l’essence de l’été.) 1. Il y a aussi que rien ne semble cesser, l’été, il n’y a pas de pause, la permanence des choses empêche de se retrouver. Tous les jours se ressemblent, le soleil et la chaleur font une corde vertébrale, en fil…
Eté, 5
Texte publié, légèrement modifié, dans Po&sie, 158-159, 2009. I. L’été, chaque été, te retrouve plus lucide, l’œil plus aiguisé parce que le nom est propice à et est proche de / la mort. Le soleil mord toute choses qui en retour semblent n’exister que pour traduire et justifier sa puissance. Les cigales frémissent puis…
Eté, 4
Tous les regrets, et toutes les joies, celés, enfouis, engoncés depuis le midi brillant et les travaux fastidieux de l’enfance. En allant dans les jours qui déclinent. Aussi sûrement, se révèlent. Eclatent. Eclosent. Eclaboussent. La tâche silencieuse alors commence, comme s’estompe le brouhaha laborieux. Je suis une fleur qui se fane. Ou ces grandes fleurs…
Eté, 3
Ce n’est pas que nous manquons d’obscurité ou de silence. Ce qui nous fait défaut ici, c’est une retenue, une réserve. Une bougie flottant dans la nuit. De l’ail gratté sur du pain presque trop sec. Une plainte écaillant le silence. Des apparitions fragiles et fugaces. Or tenaces ……….et féroces La proximité des disparus. La…
Eté, 2
La chaleur s’est abattue comme de grandes murailles sur le pays, et tous les gestes se sont défaits puis deviennent laborieux. Chaque soir de gros cumulus amenaient leur promesse d’apaisement, on aurait dit des grands cotons sur les montagnes au fond. Mais il semblait qu’ils ne pouvaient jamais venir jusqu’à nous. Il enflaient comme de…
Trois mains
1. Levé tôt, avant l’aube, épuisé le sommeil, un peu de vin séché collé aux rêves et aux yeux que toujours les rêves prennent en défaut. Malgré le café, balader ce grands corps rendu plus long par la nuit, et la dérive des lumières, ce grand corps nu, dans l’espace absurde d’avant l’aube. L’aube monte…
Eté, 1
Les dernières fleurs commencent à sécher. Les antennes s’étiolent. Des gens arrivent, vont et viennent. D’autres disparaissent. Le dehors s’impose. Je sens cette pellicule de sirocco sec peu à peu se déposer sur ma peau, dans mes veines, dans mon cœur. Eté. Les grandes prairies jaunes, le goudron qui fond, le vent est chaud, la…
