à saisir !
Auteur/autrice : Benoît Vincent
A la veilleuse absente
A la veilleuse absente, qui patiente sans bouche. L’été avale tes couleurs et les mains torses, de la patience, délivrent ton ennui de la faim. Je repose seul au soir et tu te repais de mon silence.
Fragment 1746
Dans la nuit abandonné, il y a toujours un corps jalousement gardé.
Fragment 1744
Toutes les couleurs sont dans le ciel*. * Ce fragment, je le dis aux exégètes, inspiré d’une lecture de Quignard je crois, a été disséminé dans tous les ouvrages publiés officiellement.
Fragment 1732
Du livre inquiet au texte nomade.
Fragment 1730
— Pourquoi écris-tu ? — Parce que j’oublie.
Fragment 1723
Comment offrir un sillon ? Comment partager le manche ? Comment sous semer sous étoile ?
Fragment 1717
L’écrivain sacrifie-t-il à la nuit une part de sa vie, ou sacrifie-t-il la nuit pour se regarder vivre ?
Douce-amère
Vois ta fille qui s’étire C’est l’été qui se tire Vois les soupirs vont se taire Et vois la douce-amère Vois les ciels se gauchir Vois les aubes blanchir Goutte les eaux s’afraîchir Et vois la douce-amère Vois les arbres roussir Vois les nuits s’adoucir Voir les désirs vont de paire Et vois la douce-amère…
La rivière
Peau de truite peau de sandre tu m’échappes encor Dans le suif et dans les cendres des plis de ton corps Ma sœur ma rivière C’est dans les mousses de ta souche Dans le courant de ta bouche Que je m’éloigne Ma sœur ma rivière Dans les méandres de tes hanches Dans les branches et…
