GEnove. Villes épuisées

juillet 24th, 2017 § 0 comments § permalink

Benoît Vincent ¶ GEnove
 

Le texte

numérique : ISBN 978-2-9541654-0-0 – 9×9 textes + 9 péritextes – 0 €
papier : 979-10-95244-07-3 – 306 pages – 20€
couverture : Cheeri
✓ Texte publié en 2012 (version internet) et le 12 mai 2017 (papier)
♨ écriture et publication en ligne, 2008-2015 – reprise jusqu’à début 2017

Attention Le site internet qui a vu naître le texte est toujours en ligne [www.ge-nove.net] mais, dans le cours d’une radicale mise à jour suite à la publication papier, tous les liens sont désactivés.

 

Quatrième

Par le biais de neuf chapitres de neuf textes, l’auteur évoque la complexité de la ville de Gênes en Italie et la relation qu’il entretient avec elle. Essai autogéographique, ce texte fascinant décortique l’organisme urbain, son vernaculaire et ses épiphanies (cuisine, chansons, paysages, transports, économie, culture, histoire…)

 

Echos

Presse, radio, blogues…

Jacque Josse, sur le site de larevue remue.net (20 juillet 2017) : « Cet ensemble – que l’on peut arpenter en empruntant plusieurs itinéraires – n’a évidemment rien du guide touristique. C’est d’abord un ouvrage foisonnant, conçu par un curieux qui ne cesse de noter ses étonnements, de questionner ce qu’il découvre d’une ville trop riche pour qu’on puisse n’en faire qu’une lecture linéaire. C’est à une marelle étonnante, à une imparable parade oulipienne, à une savante déconstruction (pivotant autour du chiffre 9) que s’adonne Benoît Vincent, en inventant Gênes au pluriel, et en invitant le lecteur à en faire de même. »

Alain Nicolas, dans L’Humanité (19 juillet 2017) : « C’est aussi le rendez-vous des mots et du réel, auquel Benoît Vincent ne se dérobe pas en donnant une furieuse envie de ne jamais refermer ce livre et de partir, toutes affaires cessantes, pour Gênes. »

Hugues Robert, sur le blog de la librairie Charybde (9 juillet 2017) : « Tout ce qui peut s’avérer nécessaire à la reconstruction patiente, fiévreuse et poétique, de l’identité de cette ville coincée entre ciel et eau, qui fut la Superbe et qui demeure une extraordinaire bizarrerie, sera soigneusement mobilisé et projeté contre les 80 autres éléments, nous offrant des séries entières de chocs libérateurs. Et c’est ainsi que Benoît Vincent nous offre bien davantage qu’une ville, fût-elle unique : une démarche littéraire fondamentale, construite et étagée, pour appréhender une essence par nature volatile et fragile, sous les amoncellements de l’Histoire et du réel – comme nous l’annonçait sans ambages le beau sous-titre de « Villes épuisées ». »

Emmanuelle Caminade, sur le blog L’Or des Livres (21 juin 2017) : « Cette étrange façon de raconter la ville évoque bien sûr Marco Polo, ce voyageur étranger décrivant les propres villes de son empire au grand Khan dans Les villes invisibles, et surtout le grand oeuvre de ce marchand et explorateur vénitien dont s’est inspiré Italo Calvino : deux textes qui, entre autres, irriguent fortement GEnove »

« Se prêtant à de nombreuses relectures car permettant une redistribution des cartes pour changer la donne à l’infini, offrant ainsi au lecteur mille et un chemins pour affiner sa perception de cette ville symbolique à la fois visible, invisible et imprévisible, GEnove est un livre foisonnant et vertigineux totalement atypique. Une expérience de lecture(s) exigeante et exaltante que je conseille vivement. »

Sean J. Rose, dans la Livres-Hebdo #1127 (28 avril 2017) : « Car GEnove c’est aussi le récit de cette relation-là, s’enchevêtrant dans une cartographie singulière qui n’a d’autre boussole que le sens poétique. »

François Bon (aussi plus bas !), dans son Service de Presse #33 (25 avril 2017) sur la plateforme vidéo bien connue. C’est à 25’45 » :

 

Du temps du site internet

Les premières lectures, bien que tardives, ont été consacrées à la version numérique du texte, c’est-à-dire au site liminaire.

• Ainsi Noëlle Rollet ouvre admirablement le bal sur le site Glossolalie (juin 2014) :
« On s’attendait à de l’aléatoire qui le soit un peu moins, et il y a bien quelques pan­neaux, neu­vains points de repères, qui indiquent bien une direc­tion, mais l’on n’est plus si atta­ché à connaître la des­ti­na­tion, fina­le­ment, on n’a pas hâte d’arriver à connaître la fin. On déam­bule, et on prend l’habitude, ici aussi, de voir se côtoyer la recette des tro­fie al pesto et un poème sur­réa­liste. C’est ainsi que GEnove peu à peu s’organise, devient orga­nique, dans ce désordre de la lec­ture de texte rigou­reu­se­ment ordon­née. L’ennui bien sûr, c’est qu’on pei­nera par­fois à retrou­ver ensuite tel texte qui ne payait pas de mine, l’obscure ruelle qu’il nous prend sou­dain l’envie de revi­si­ter, et qu’on se retrou­vera à lâcher quand même le fil d’Ariane pour se perdre fran­che­ment, cette fois-ci, le cœur léger, heu­reux de s’égarer au fil du texte. […] Or, beau­coup plus que la com­plexité du dis­po­si­tif mis en place, c’est au fond cela que j’appelle l’écriture expé­ri­men­tale, celle qui per­met une expé­rience de lec­ture, au sens plein du terme, c’est-à-dire qui me fait vivre une lec­ture dont j’ignorais qu’elle était pos­sible (et peut-être par­fois ne l’était-elle pas avant tel auteur). GEnove y réus­sit, en tirant parti de la spa­tia­li­sa­tion effec­tive du web pour « col­ler » à celle de la ville, non pas en creuse mime­sis, mais en décalque fonc­tion­nel, afin que puissent s’y ins­crire autant de tra­jets que de lec­teurs – un vir­tuel redou­ta­ble­ment plus proche de l’expérience réelle que le livre?

 

• « magnifique expérience narrative et expérimentale » (François Bon, Grues jaunes de Gênes, in Tiers Livre, 22 juillet 2014 : http://www.tierslivre.net/krnk/spip.php?article1741

 

On dirait du (on l’a dit)…

• Italo Calvino
• Julio Cortázar
• Jean-Yves Jouannais
• Sébastien Ménard
• OULIPO
• Georges Pérec
• Marco Polo
• Emmanuel Ruben
• Antonio Tabucchi

 

20 ans d’Ail ! 09 : carnets 28 & 29 (2009-2010)

décembre 27th, 2014 § 0 comments § permalink

IMG_2113

 

Table
01 : carnets 1-5 (1994-1998)
02 : carnet 6 (1999)
03 : carnets 7-9 (1999)
04 : carnets 10-15 (1999-2001)
05 : carnets 16-18 (2001-2003)
06 : carnets 19-21 (2003-2006)
07 : carnets 22-24 (2006-2008)
08 : carnets 25-27 (2008-2009)
09 : carnets 28-29 (2009-2010)
10 : carnets 31-37 (2010-2014)

 

Zhong shu #28 [#3156-3233, 23 novembre 2009-15 mars 2010] • Quaderno di Genova

Carnet

Carnet Clairefontaine, type VI (96 pages, 14,8 x 21 cm couleur, nouveau motif, orange, petits carreaux)

 

Contexte

On commence en fanfare avec un nouveau plan de ce qui deviendra GEnove, et de nombreuses pages en sont encore des ébauches, des esquisses, des jets, voire des textes déjà aboutis. C’est l’essentiel du cahier.
À Gênes, j’écris de nouveau à Pascal Quignard, mais cette fois-ci je n’aurais pas de réponse. Je rencontre Giuseppe Zuccarino, qui deviendra un ami, revois Elisa et interviens à l’université avec les doctorants sur littérature et internet ; mais sinon c’est la ville qui occupe.
Dès le retour, dans le train, un nouveau texte d’écosophie (?) (#3224), un texte impitoyable avec, par exemple, « la famille, machine à broyer l’individu » (#3225), et d’autres idées pour Climax (#3228).

 

Zhong shu #29 [#3234-3337, 16 janvier 2010-04 août 2010] • Sans titre

Carnet

Carnet Clairefontaine, type VI (96 pages, 14,8 x 21 cm couleur, nouveau motif, rouge et bleu, petits carreaux)

 

Contexte

On reste dans le même travail, car de toute façon GEnove occupe une grande partie de ce nouveau carnet. On trouve par exemple le premier plan qui expose les thèmes (Aimer, Mourir, etc.) (#3237) et puis cette question à la fin du carnet (#3337) : « et si neuf chapitres ? » (scanner schémas).
L’autre gros chantier est l’enregistrement, puis la mise en forme des chansons avec Amandine et Gilles. Le « duo »-« trio » s’appelle alors Douce-Amère. D’abord ce n’est qu’un plan (comme toujours) avec d’éventuels copains invité (finalement on fera tout à trois). On note les effets ou consignes de chaque chanson (#3236). On y revient jusqu’au bout (3330, 3333, 3334, 3336, le groupe s’appelle maintenant Lichen ou Lychen ?)
On pense revoir aussi le site internet, notamment la page d’accueil, horizontale.
Et il y a beaucoup de textes sur Climax aussi, toujours.
Un texte sur l’ours (#3235).
En mai un voyage en Corse pour des concerts avec le groupe de rock et funk avec lequel je joue (batterie et un peu de chant) ; avec Olivier et l’ami Seb. En juin je retourne à Gênes, à l’invitation de Luisella Carretta pour participer à une fête du solstice, où je lirai pour la première fois un texte de GEnove (on voit que l’histoire traîne depuis un moment !) C’était, je crois, le texte Endémique, qui reste l’un de ses moments forts (de lecture publique, du moins).
La rencontre avec M. ébranle la vie française et produit des textes, des questions, des conflits…
À part cela, une note sur Ivar Ch’vavar, un texte sur Anima motrix de Bertina, et un texte sur Le clavier cannibale de Claro.
À la faveur d’une belle et vigoureuse sciatique (la première), je reste assis tout le mois de juillet dans la cuisine, chez A., alors que ma fille est là. Je ne peux plus bouger, alors je commence l’utilisation abusive de Facebook, et ainsi je rencontre Claro, puis tous les autres : Hélène Sturm, Daniel Labedan, Caroline Gérard, Jean-Paul et Françoise Trésvaux, Benoit Jeantet, Agathe Elieva, Emma Brownsugar, Anthony Poiraudeau, Sarah Cilaire, Julien d’Abrigeon, etc.
Le moment est tendu — la sciatique est un signe ? Je vois, dans le carnet, que je suis à la recherche d’un appartement ; je dois quitter Dieulefit. Je vais voir à Grignan, Taulignan, autour si possible, pour plus de sec, de Méditerranée, passer du côté du chêne vert. Bref un été difficile. Le 21 juillet, je lis (#3329) : « tu es attiré, agrippé par ce désir très con, très complexe. Voilà. Tu poses une nouvelle feuille blanche sur la machine […] Parce que c’est l’été, sûrement, tu veux céder au risque de la profusion […] tu crois devoir écrire […] problème : tu n’as rien à dire. »

 

Extraits

• les chansons sont ici : https://bisrepetita.bandcamp.com
Machination : Claro (sur Le clavier cannibale, de Claro)
Les voix de leur maître (sur Anima motrix, d’Arno Bertina)

 

Top 2014 d’Ambo(i)lati

décembre 26th, 2014 § 0 comments § permalink

Capture d’écran 2014-12-26 à 13.11.22

Voici les articles d’Ambo(i)lati les plus lus cette année !

Près de 62000 visites (+14% par rapport à 2013), et 22000 visiteurs uniques en 2014 (+10%), avec tout ce que ça implique de robots, de non-lectures, etc. Je passe sur ces points techniques. 170000 pages vues (+0,1%) et près de 655000 hits (+29%). On s’en fout, mais tout de même 22,3 Go de bande passante occupée !

Ce qui m’intéresse, ce sont les pages vues, une fois qu’on a enlevé les fichiers xml, css, et autres brouillages divers et variés… (À noter l’insertion en milieu d’année (en septembre peut-être) d’une extension compteur de lecture, dont je ne tiens pas compte, puisque installée à un moment m et ne correspondant pas avec les chiffres d’Awstat, le compteur de mon serveur ; disons que c’est pour avoir un ordre d’idée.)

Avec 4158 lectures, la discussion à bâtons rompus (hem) entre Gilles Amiel de Ménard, Guénaël Boutouillet, Anthony Poiraudeau, Joachim Séné et moi-même au sujet de Dire Straits [mars 2013] reste, comme l’an dernier, largement en tête de tous les articles ! Passion secrète de Dire Straits ? Attrait hormonal de Gilles, Guénaël, Anthony, Joachim ? Peut-on parler par exemple d’un « effet Poiraudeau » ? Les chiffres, en tout cas, sont là. Et parlent, seuls.

Vient ensuite La fin des Italies (1) [mai 2012], et c’est intéressant car je suis en train d’écrire une suite à ce texte tout à fait circonstanciel, par ailleurs (3196 lectures !).

Enfin, avec 1455 lectures, c’est le projet instinien SRC, soit la traduction incomplète de l’Anthologie de Spoon River d’Edgar Lee Masters par le Général Instin [décembre 2011] qui arrive 3e, tout comme l’an dernier !

Viennent ensuite :
Internet interlope [septembre 2010], qui était deuxième l’an dernier (1176 lectures tout de même, le nom de Maïsetti ne doit pas y être pour rien ;)) ;
— un texte extrait de la série Suffit sa peine (le 31e) [janvier 2011] (362) (pourquoi ? mystère…) ;
— un poème et le premier texte de 2014 à apparaître ici, Keith 04 (344) ;
— un autre poème, cette fois le Monk 1 à 5 [mars 2014] (294) ;
— autre texte de 2014, de l’ensemble intitulé Frictions, autour de Christian Garcin, Des arbres et la nuit [avril 2014] (292) ;

Pour clore là ce palmarès des plus de 200 visiteurs :
— un texte scolie de GEnove, Les putes de GEnova, mais on croit comprendre pourquoi [à noter que le texte date d’août 2007, soit sept années !] (280) ;
— Au moment critique, 2, texte critique de l’ensemble La littérature inquiète [juin 2014], texte qu’à tout bien considérer je ne déprécierais pas tout de suite (269) ;
— un autre texte circonstanciel sur une imaginaire réforme de l’éducation, qui a tout de même drainé 268 lecteurs, We don’t need no education (mais le titre doit y être pour quelque chose) [septembre 2011] ;
L’orque l’un des textes d’un essai de traduction (libre) d’Horcynus Orca de Stefano d’Arrigo [janvier 2014] (264) ;
Le caprice des fères, un autre de ces textes choisis [janvier 2014] (241)
Le chapeau de Sciascia [avril 2014] (239) ;
Le renversement de perspective (Nevski), petite récréation autour du jeu vidéo antique The New Zealand Story, d’où découlent toutefois des réflexions touchant au Général Instin, à l’espace, à l’écran [juin 2014] (230) ;
Incipit [d’Horcynus Orca], troisième texte choisi du livre de d’Arrigo [janvier 2013] (228) ;
Poésie et botanique, texte circonstanciel sur le lexique des plantes [avril 2014] (219)
Retour au pays, 2, extraits d’une traduction (à présent terminée !) d’un magnifique roman de l’écrivain sarde Salvatore Niffoi [janvier 2014] (212) ;

On est plus dans les chiffres habituels d’A(i)L avec ces derniers textes (±200 visites quotidiennes en moyenne), ce qui paraît déjà incroyable. Contrairement à l’an dernier, les textes de l’année sont peu représentés ; mais il est vrai qu’à partir de la fin du printemps je n’ai pratiquement plus touché au site — ce qui est une rare première — pour des tas de raisons que j’exposerai peut-être ailleurs. L’éloignement du texte mais aussi de sa diffusion sur les réseaux sont sensiblement repérables. Egalement repérable le succès des projets de début d’année (même les plus modestes, marginaux, exigeants ou anecdotiques), pas du tout “maximisé” ; mais il est vrai que l’on se fout un peu, en ce moment, de la diffusion du site.

A noter également qu’une partie de mon attention littéraire s’est focalisée également sur le projet Bornes que, par la bienveillante entremise de Guénaël Boutouillet, se déploie mois après moi sur Remue.net. Or je n’ai pas toujours fignolé à ce point des textes qui sont tout aussi exigeants dans leur écriture-lecture (afin de ne pas les rendre trop rébarbatifs) que du point de vue de leur contenu — il ne s’agit pas simplement d’enfoncer des portes ouvertes, la plupart des journaux, magazines, émissions de radiotélévision et sites internets le font déjà avec beaucoup plus de professionnalisme et d’abnégation (je songe d’ailleurs à réaliser un tableau des grands usurpateurs, ventres creux et charlatans qui ont pourtant exclusif droit de cité — j’en dévoile quelques-uns dans Au moment critique, 2), mais de ficher au contraire dans matière aussi brute que lisse un germe de critique, car n’est-ce pas là notre unique tâche ?

Et puis l’attention littéraire (je crois fermement — dans mon cas en tout cas — que l’on dispose d’un réservoir d’attention et que certaines tâches proches mais différentes de l’écriture même, viennent occuper part de cette attention ; lorsque je rédige un rapport professionnel, ce temps d’écriture n’est souvent pas cumulable à celui dédié à la littérature) a également été bien requise par la traduction de de Ritorno a Baraule de Salvatore Niffoi et la relecture des épreuves de Farigoule Bastard. Ce n’est tout de même pas rien.

Avec cette insigne nouvelle qu’après temps occupé à se déplacer — et ce à peu près de la fin juillet à aujourd’hui — on est retourné vers le secret, « la fondation, la souche », à savoir écrire à la main dans un carnet (propre) et lire un livre neuf.

Twitter • octobre-décembre 2012

janvier 1st, 2013 § 0 comments § permalink

On me suit ici : http://wwww.twitter.com/amboilati | @amboilati — suite et fin de cette petwit année de tweets.


Octobre-décembre
2012


31 Déc
Trois années de boulot au bas mot.

31 Déc Benoît Vincent Benoît Vincent ‏@amboilati
(2/2) Roman végétal, avec Steve #Ditko tutelle inquiète, et #pearltrees comme chapitrage.

31 Déc
Comme approche fin « Local héros », et petites corrections droite-gauche, GEnove, SSP, etc., pose quelques bases grand projet. (1/2)

30 Déc
Le parvis du centre commercial à l’heure de fermeture le samedi ressemble à un champ de bataille. L’humain se reconnaît à son avide amnésie.

29 Déc
A quand le moteur de recherche de sons ?

24 Déc Daniel Bourrion Daniel Bourrion ‏@dbourrion
tu habites dans les mots mais il n’y a pas de toit

24 Déc
On ne sait pas comment il font, toutes ces femmes et tous ces hommes, à s’aliéner au geste ou à la parole d’un(e) autre qu’eux.

24 Déc
Et tous plis de couverture grise et verte et grise et verte, ça faisait ouverture, ça faisait horizon, ça faisait partir.

24 Déc
Abreuvé des paroles de l’autre, sur le rebord que forme la seule petite montagne d’ici, observe les nappes de brumes et de collines mêlées.

21 Déc
Alors comment faire ?

21 Déc
“Roman (roman)”, un roman > à écrire (12)

21 Déc
“Un héros local”, le récit de l’échec d’un guitariste riche et célèbre, mais las > à écrire (11)

21 Déc
“SRC, Spoon River Catalogue”, traduction de Masters par Instin > à compléter et corriger (10)

21 Déc
“Bobines”, récit d’une entreprise familiale (et probable versant du précédent) (9)

21 Déc
“Bornes”, récit d’un attaché territorial > à écrire (et probable versant du suivant) (8)

21 Déc
“Itérotopie”, sur les livres de l’espace, probable volet quatrième de “La littérature inquiète” > à poursuivre (7)

21 Déc
“Lir&crire”, troisième volet de ”La littérature inquiète” > en (re)lecture, et ajouter un texte sur Mora (6)

21 Déc
“Le Magasin”, dérive d’un vaisseau et de ses habitants dans la mélancolie d’après > à poursuivre (5)

21 Déc
“Ce 11”, récit autour d’une lettre retrouvée de sa grand-mère à sa grand tante alors que la zone libre devient la zone sud > à écrire (4)

21 Déc
”GEnove”, villes épuisées > finir et corriger (3)

21 Déc
“Farigoule Bastard”, récit du berger baronniard parti à Paris pour la rétrospective de son œuvre mais quelle œuvre ? > finir et corriger (2)

21 Déc
“Suffit sa peine”, microfictions en trois paragraphes > finir et corriger (1)

21 Déc
avait des projets à la pelle, c’est dommage… (0)

21 Déc
a fini de lister tous ses textes (4101 donc) et attend paisiblement la fin du monde. En plus, est en vacance ce soir, sine die.

21 Déc
jette un briquet, & étrenne son trente-quatrième carnet papier avec son quatre mille cent unième texte, tous supports confondus.

19 Déc Deleuze and Guattari ‏@DeleuzeGuattari
In striated space, lines or trajectories tend to be subordinated to points.

15 Déc Deleuze and Guattari ‏@DeleuzeGuattari
The map has to do with performance, whereas the trac- ing always involves an alleged « competence. » *rawr*

15 Déc
rentre de Montpellier où il a cru croiser le @general_instin ?!?

7 Déc
2/2 les petits thalles de mousse, la saveur âcre et poisseuse de la terre, les parfums rancis ; ça fait passer aussi du paysage, dit-il.

7 Déc
Quand il jette le thym dans la casserole frémissante et culottée, il ne prend plus la peine d’en démêler les débris de feuilles autres 1/2

4 Déc
Il retourne à ses cartes, l’archiveur des friches, l’aiguilleur de roubines, mosaïste des espaces.

2 Déc
revient d’une semaine avec inventaire gardois dans la tempête , intervention colloque drômois, ca lyonnais, train en grève dans les travaux.

2 Déc
Le murmure de la voix de derrière, celle qui n’émet pas.

2 Déc
commence à préparer son départ ; tout ce qu’il faut ranger, déplacer, dissimuler.

2 Déc
Messe, Wynton Marsalis Septet. In this house…

2 Déc
Retour amont, et la crête de Rachas seule saupoudrée de neige et de crocs de lumière.

22 Nov
Chaque repasse écope son lot de coquilles : http://www.ge-nove.net  #genova

22 Nov
Tu ne te rendais pas compte, toi, mais poser une ébauche d’index pour GE9, ça me faisait plaisir, mais plaisir : http://www.ge-nove.net 

21 Nov Sébastien ‏@TexasSerenade
Voyez-moi rouler (.__.) ( |: ) ( .-. ) ( 😐 ) (. _ .)

21 Nov
l’ami Vompleud : http://vompleud.bandcamp.com/  #electronica #vompleud

21 Nov
@dbourrion Les Italiens traduisent tout ce qui le mérite, sans rechigner.

19 Nov
@fbon Drôle de gare dans le vide autour. Mais parfois accès pour venir ici.

19 Nov claro ‏@madmanclaro
passe à « tout autre chose », et quitte Facebook.

19 Nov Frédérique Cosnier ‏@fredcosnier
Les morses / sur terre / ils vont pas vite / mais dans l’eau / oui —A., 5ans

12 Nov
se demande si @sgtpembry n’a pas croisé un certain Ph.W dans son jeune temps.

10 Nov
@joachimsene Je sais, il faut souffrir pour être écrit.

10 Nov
Perceval le Gallois, Mark Knopfler, même combat.

10 Nov
A des fins littéraires, promis, réécoute intégrale Dire Straits. Plus avance et plus est difficile, jusqu’à l’horripilant « Brothers in arms ».

10 Nov
RIP Maryse Hache #marysehache. http://www.amboilati.org/chantier/rip-maryse-hache …

3 Nov
Pas d’autre voie jusqu’ici. Seul le manque est moteur. La possession l’ennui. L’inquiétude le désir.

3 Nov
Recul semaine. Pour une aire de quelques mètres carrés, passe quatre départements et trois régions. Pont, Bourg, Pierrelatte, Bollène.

3 Nov
Recul semaine. Passage du Rhône à Pont St Esprit, pensée pour Claro, et soudain tout le brouillard s’écrase.

3 Nov
Recul semaine. Tempête neige, fissure tout mouvement induit par habitude.

3 Nov
Recul semaine ; alité, le corps laisse enfin rouler imaginaire.

31 Oct
S’y remettre s’y remettre, maintenant que toutes les plantes ont fondu et que même le paysage pleure.

31 Oct
Voilà. Il faut un genou à terre. Stoppé net dans l’élan. Cracher du sang. Revenir.

Cartoline

janvier 17th, 2012 § 0 comments § permalink


Remise à plat de la section “Cartes postales” de GEnove. : piochant dans les 333 cartes postales que j’ai trouvée dans une espèce de vide-grenier, en épluchant toutes les écritures et en sélectionnant ce qui se rapportait à la ville, et un peu plus, à la manière du grand En avant marge de Pierre Ménard, j’ai composé des poèmes “invertis”, 9 poèmes de 9 vers. Je les livre ici pour le plaisir.


1

1. comme la ville s’ouvrait soudain
2. sous mes yeux je fus pris d’un grand
3. vertige, et j’ai compris, plus tard
4. bien plus tard • un temps — infini, qu’elle serait
5. le lieu même de mon destin, la ligne
6. la ligne de partage des eaux
7. & lorsque j’ai gravi ses marches, enfreint
8. d’angoisse, je vis mes pieds peu à peu
9. faire corps avec elle


2

1. descendre mais pas se perdre, évoluer fluide
2. dans l’un de ces étages nobles tu sais
3. les escaliers tout de marbre et des mosaïques sur
4. les murs grand majestueux royal j’en étais
5. d’anonyme passer comme dans un monde un conte
6. comme les tâches étaient complexes
7. passer de l’un à l’autre du reste c’était
8. la tâche principale, la seule occupation
9. apprendre à marcher, apprendre à se tenir droit


3

1. tu le savais pourtant qu’on cheminait
2. à pic sur le vide c’était le vertical, excitant
3. le Sud, j’allais pouvoir exister vivre jouir sans
4. de vieilles chansons en tête ritournelles mythes
5. sans recommandation, tel bureau tel étage
6. je savais au fond qu’on viendrait me chercher
7. qu’on allait lâcher un peu nos habitudes
8. qu’on allait faire de moi quelqu’un, nous
9. nous résoudre à grandir, à épauler


4

1. je ne tiens pas en place, je suis absolument
2. dévorée par mon ventre, mon corps
3. n’est pas une blessure mais crie, n’est pas
4. une douleur mais comme un goule assoiffé
5. de sang je voudrai tant me mettre
6. à découvert à table face à face
7. sur un étal où des poulpes, des seiches, quelques cigales
8. putain c’est bon le soleil te lave tu crois être
9. sans un sou, la sérénité, le plaisir, l’extase, la grâce


5

1. dans le carré de soie, comme maison sertie
2. venir offrir rendre grâce ô j’ai aimé
3. tes bras comme une digue, comme un barrage
4. formant un corps démembré obscur fait
5. de sang • d’eau
6. donnée la lumière sur le corps déformé
7. la gaze légère invisible de tes cuisses
8. j’ai aimé te prendre et piller incendier violer
9. comme ville maculée dans le carré de soie


6

1. je ne sais pas où on court tous ensemble comme
2. ça des rats dératés dératisation en cours
3. quand le feu quand, quand noués de coup,
4. j’ai couru désespérément après chaque goutte
5. d’eau, qui ne désaltère pas
6. parce que la poudre ici recouvre tout
7. les choses les voitures les immeubles et notre
8. désir peut-être violence peut-être la poudre
9. a mis le feu à la ville je ne sais pas où


7

1. tu le savais pourtant qu’on venait
2. ici — ça a tellement changé, on a renversé les
3. dimensions, comme si jusque là je ne voulais
4. pas voir, pas recevoir, pas apercevoir
5. comme un écran pas éteint mais sans signal tu sais
6. le scintillant, le chamarré, le neigeux, le velouté
7. le Nord, c’était pour toi un désir un rituel même
8. c’était l’horizontal l’effrayant, tout ce venir
9. possible, tout ce qui pouvait déboucher de nulle part


8

1. la lessive, le détergent n’a pas terminé
2. son travail vers 5:00 et les rues pleines
3. de visages de visages de visages et de vies
4. tout ce cirque entre Principe et Brignole
5. elle avait dit ma mère qu’il ne fallait
6. embrasser le labyrinthe c’est surtout
7. du temps perdu pour qui va et vient comme moi
8. pas subir carrière, famille, maison mais
9. j’aurais dû inventer, au choix, à volonté


9

1. je suis sur le point de partir, et tu le sais
2. le courant alternatif nous a porté de-ci, de-là,
3. comme des plumes dans le vent comme
4. des bois flottés comme je ne sais quoi comme
5. je ne sais pas si j’ai cru à la dérive
6. je ne sais pas si je l’ai prise
7. pour une île, pour une gare, pour une maison
8. je réalise que je ne t’ai jamais dit
9. mon nom

D’Ici Là #8

janvier 2nd, 2012 § 0 comments § permalink


Dans la revue D’Ici Là #8, le dernier texte de GEnove, très volontiers offert à l’infatigable Pierre Ménard, qu’on remercie tous fermement, pour ce thème sur la ville.

La forme d’une ville, hélas ! change plus vite que le cœur d’un mortel, est un vers célèbre des Tableaux parisiens de Charles Baudelaire. Julien Gracq et Jacques Roubaud ont écrit deux variations autour de ce vers, le premier dans La forme d’une ville (José Corti), et le second dans La forme d’une ville, hélas, change plus vite que le cœur des humains (Gallimard).

Un très beau numéro, avec Gilles Amalvi, Jacques Ancet, Jan Baetens, Claude Ber, Sereine Berlottier, Guenaël Boutouillet, Daniel Bourrion, Martin Brink, Daniel Cabanis, Nicolas Carras, Cécile Carret, Gwen Catalá, David Christoffel, Sarah Cillaire, David Cousin-Marsy, Jean Christophe Cros, Matthew Cusick, Philippe De Jonckheere, Régine Detambel, Caroline Diaz, Michèle Dujardin, Patrick Froehlich, Virginie Gautier, Jean-Paul Gavard-Perret, Catherine Gfeller, Christophe Grossi, Maryse Hache, Lise Hascoët, Sandra Hinège, Mathilde Huron, Sabine Huynh, Jasper James, Emmanuèle Jawad, Christine Jeanney, David Lespiau, Nolwenn Letanoux, Elsa Liverani, Nadine Manzagol, Laurent Margantin, Pierre Ménard, José Morel Cinq-Mars, Ana nb, Greg Noirot, Jérôme Orsoni, Eric Pajot, Julia Pallone, Isabelle Pariente-Butterlin, Julien Pauthe, Marc Pautrel, Charles Pennequin, Jean Philippe Poli, Cécile Portier, Daniel Pozner, Béatrice Rilos, Laurent Sauerwein, Anne Savelli, Christopher Selac, Joachim Séné, Lucien Suel, Jérémy Taleyson, Mario Urbanet, Voxfazer.

L’ibis rouge de Gênes

décembre 29th, 2011 § 0 comments § permalink

 

Les photos proviennent de l’exposition sur le nouveau document d’urbanisme (Piano Urbanistico Comunale), qui se tient depuis juillet et jusqu’en janvier à la « Loggia della mercanzia » ou « delle banchi ».

 

La ville de GEnova est un modèle de ville, une maquette à l’échelle :1, un plan en trois dimensions, une carte borgésienne collant au réel, l’enveloppant, le mimant, l’embrassant. Habitués à une certaine dimension du pouvoir, et taquinant l’absolu, les Génois ont ainsi bâti une ville-monde, avec toutes ses dimensions. Rien qui ne manque à la panoplie urbaine, des bus aux taxis, du métropolitain au funiculaire, du théâtre (Stabile) à l’opéra (Carlo Felice), du musée d’art ancien ou d’art moderne au muséum d’histoire naturelle. Il y a une galerie couverte comme dans les villes du nord (galleria Mazzini), mais elle ne mesure que quelques dizaines de mètres. Il y a un métropolitain comme dans toutes les capitales mondiales, mais il comporte moins d’une dizaine de stations. Il y a une rue commerçante et une place fasciste, il y a des faubourgs et des arrière-cours, il y a un port, un aquarium, un lido ; un stade olympique, un luna park, une centre des congrès, des piscines, un cimetière monumental, un port et un phare, tout un assemblage composite et hétéroclite de quartiers aux fonctions, aux populations, aux architectures diverses.

A vrai dire, il est fort probable que chaque ville italienne cherche à se doter du maximum d’items du catalogue urbain, parce que telle est la ville italienne, telle est la volonté du peuple d’urbains que sont les Italiens. La nature est maltraitée ou domestiquée, comme dans la rocaille ou le parc du XIXe siècle. Les déchets sont partout, dans les rues comme sur les routes, dans la mer, rendus au lido fatigué dévorés par le sel et l’eau. Dans le moindre recoin un peu éloigné, il y a des traces humaines, et toute implantation nécessite son lot d’asphalte et de bars.

Mais à GEnova, ce caractère est d’autant plus visible que l’espace nécessaire à son expression est restreint, et manque. GEnova est une ville bâtie sur le manque d’espace. De l’espace en son défaut. Alors l’architecte, avec le poète peut-être, laisse aller son imagination, dont l’artefact s’ajoute au monde. Un véritable itinéraire à GEnova, un itinéraire qui se voudrait complessif et démonstratif, te ferait passer d’une ville à l’autre, d’une atmosphère à l’autre, depuis les quartiers résidentiels d’Albaro en passant par le lungomare, les grandes avenues commerçantes, le gigantesque dédale du centre historique, les villas ligures de Nervi ou Pegli, l’Italie industrieuse du port, les résidences populaires d’Oregina et Lagaccio.

A l’exception — notable — de l’époque romaine (le manque de Rome marquant un autre trait essentiel de l’histoire, du mythe, de la société génoise), très difficile à lire directement à même le sol, toutes les époques, tous les styles sont juxtaposés, ou plutôt superposés, mais non pas comme un palimpseste comme à Rome (justement), plutôt à la manière d’un cahiers d’épreuves, de coupons, d’échantillons. Il y a une ville pour tous et tout, et tout, de la même manière, participe à l’idée de ville.

Un idée de ville, un idéal de ville, voilà ce qu’est GEnova, un catalogue d’intentions urbaines. Sur le Porto Antico, à côté de l’aquarium, il y a une boule de verre, flottant sur les flots : la biosphère accueille dans le diamètre d’un double décamètre, une portion de jungle tropicale. Y croissent bananiers et caféiers, et on peut y voir amphibiens et reptiles aux couleurs chatoyantes. Un ibis rouge marche le long de l’équateur, sur des espèces de tapis prévus à cet effet. C’est la ville de GEnova, rassemblée dans une boule de cristal, un aleph, portion arraché au monde, totalité finie et pourtant extraite, dedans/dehors mêlés.

Lorsqu’il observe les mouettes et cormorans vivotant des décharges humaines, mais libres de leur mouvements, à quoi rêve-t-il, l’ibis rouge ? Peut-être les plaint-il de ce trop d’espace, de ce trop d’espace humain auquel ils doivent se confronter. Lorsqu’il observe les petits poissons du port, ces milliers d’aiguilles, de cuillères ou de faux, ballotées par le rythme des ferries, est-ce qu’il leur envie leur régime de plomb, ou de pain que des enfants capricieux jettent en surquantité dans l’eau devenue miroir pour la ville où se refléter ?

Ajout le 30. Je marche dans les rues de GEnova avec ce texte en tête, quand me vient l’idée d’une représentation singulière. Cette sphère est la représentation d’un espace impossible, et pourtant pas si éloigné de notre expérience sensible de l’espace (de notre monade personnelle, si j’ose dire). C’est un tout, une forme ronde, parfaite, complète, intègre — arrachée au monde, de lui séparée : un tout qui ne serait qu’une partie, avec de multiples conséquences : l’impossible relation entre le tout et la partie ; l’aspect total de toutes les parties individuellement ; l’impossibilité du tout ; le kyste ou le cancer, ou la bulle, ou la gigogne, etc. Les idées fluent, alors, à mesure que se déroulent sous mes pas la ville ligure : que le palais génois (devrait faire objet d’un texte à venir) est une ville miniature dans la ville excessive ; que pour un urbain, quel qu’il soit, un Italien et un Génois en particulier, l’expérience de la ville est l’expérience de la réalisation, de l’efficacité ou de l’efficience, qu’en vérité — et c’est bien entendu très différent à la campagne — que tout soit possible confère un être-à-la-ville singulier ; etc.

La théorie est un idiome (entretien avec Laurent Margantin)

octobre 3rd, 2011 § 0 comments § permalink

J’ai donc réalisé un entretien avec Margantin, du site Œuvres ouvertes, pour « Une autre rentrée littéraire » mis en ligne par Actualitté, et dans le cadre de la série sur les auteurs dits « Publie.net ». Très fiers pour cela d’être aux côtés de (ordre chronologique des entretiens ; sur le prénom leur site internet ; sur le nom, leur entretien) : Christine Jeanney, Daniel Bourrion, Guillaume Vissac, Joachim Séné, Pierre Ménard, Mahigan Lepage, Josée Marcotte, Lucien Suel & Sarah-Maude Bauchesne.





Tu as publié 4 textes chez Publie.net. Peux-tu dire dans quel ordre ils ont été conçus et s’ils ont été l’objet de mises en ligne partielles auparavant ?

J’ai effectivement publié quatre textes chez Publie.net. Deux essais, l’un sur l’œuvre de Maurice Blanchot, l’autre sur celle de Pascal Quignard ; un court récit, Trame ; enfin un second récit, Pas rien, qui vient de paraître à l’occasion de la rentrée numérique.
Lorsque Publie.net est lancé, je réponds au mail amical de François Bon sur le champ, et lui propose d’une part les deux essais, d’autre part un trio de textes qui, pour une raison qui m’échappe encore, me semblent former une trilogie : L’abandon, L’accident, L’étendue. Il accepte les essais — pas les récits.

L’anonyme et Le revenant sont deux monographies qui ouvraient un travail de doctorat — depuis abandonné — sur le thème de l‘inquiétude (2000-2003). J’avais remis des textes à peu près similaires (quoique moins longs) à mon directeur de thèse qui m’avait dit qu’ils seraient difficilement défendables lors de la soutenance — trop écrits, m’a-t-il dit. Je lui ai répondu que, étant insoutenables devant un jury d’universitaires, et dans le contexte matériel plus que difficile de l’époque, je préférais arrêter les frais. J’avais toutefois poursuivi le travail, et le continue encore. Deux morceaux ont été publiés dans des revues universitaires : Les Lettres Romanes pour le Blanchot (grâce à Christophe Halsberghe†) ; une minuscule revue d’archéologie de Bari pour le Quignard, Aufibus. Ces deux textes sont peut-être les plus importants de ces 600 pages.

Trame est très circonstanciel. Le texte a été écrit lors d’une nuit que j’ai passée avec mon père, mourant, à l’hôpital. Ce fut également la dernière. Il est donc daté (8-9 décembre 2007) ; je me rappelle bien : Stockhausen avait disparu quelques jours plus tôt et Pierre Henry cette nuit-là aussi. J’avais à écrire et n’ai trouvé que de ces grands carrés d’ouate (que je ne parvenais pas même à nommer) dans la salle de bain. Les infirmières m’avaient installé un lit de camp. J’ai traîné dans les couloirs, aux urgences, devant la télévision même, en mélangeant ces idées. Quand je l’ai proposé à François, il a également accepté tout de suite. Nous préparons une nouvelle version ePub, dans les jours, les heures qui viennent. Il était inédit.

Pas rien est un texte que j’ai écrit alors que je résidais à Gênes dans le but de rédiger GE9. L’idée, que je ne pense pas encore avoir réussi à effleurer, était de donner voix à une femme qui perdrait sa langue — le langage qui pouvait représenter le carcan masculin, de la vie matérielle, de la convenance ou de la coutume. Je me suis laissé entraîner par les mots, un peu comme dans Farigoule Bastard, et probablement j’ai été trop résistant. C’est un récit halluciné. J’ai dû l’écrire en 2008 ou 2009, envoyé à François en 2010 après réécriture. C’est avec surprise que je l’ai vu dans la liste des “nominés” de la rentrée 2011. J’étais alors loin de ce texte, que j’ai peiné à défendre, tout en étant très sensible et très ému aux lectures de Brigitte Celerier, Guénaël Boutouillet et Pierre Ménard. Ce sont des avis qui comptent pour moi. Inédit également.

Je dirai que ces trois textes proviennent de contextes très divers et, me concernant, très exceptionnels. J’écris presque quotidiennement dans des carnets et aujourd’hui dans un blogue. Ces trois-là sont plus fugitifs : peut-être la raison de leur présence chez Publie.


Sur ta page Publie.net il est question d’une oeuvre que tu as composée en ligne sur la ville de Gênes. Peux-tu nous en dire quelques mots ?

J’ai effectué un voyage à Gênes, par hasard. Je connais bien l’Italie, je connaissais mal Gênes. M’y étais seulement arrêté, par hasard, à l’occasion du G8 de 2001. La ville m’a bouleversé : l’espace, son espace, à ce point contraint, obligeant des trouvailles urbanistiques, permettant des ombres, autorisant des errances ; les tunnels et viaducs ; les escaliers, les rues, les habitants ; la montagne ; le port ; la mer.

J’ai souhaité écrire sur la ville. Avec le temps, j’ai vu qu’il me faudrait du temps, du temps pour cet espace. Mais enfin je m’en explique ailleurs. J’ai effectué deux « résidences » sur mon temps de vacances dans la ville pour amasser du matériau et structurer mon itinéraire. La première dans l’ostello per la gioventù, qui domine toute la ville. La seconde au cœur même du centre historique, tout en bas.

Cette expérience de l’espace, je l’ai confrontée aux vicissitudes de la ville : les prostituées, le port, le palais ducal, les évènements de 2001, ceux de 1960, ceux de la République Maritime, Christophe Colomb, Marco Polo, les chansons de Fabrizio de Andrè, dont j’ai traduit un petit choix ; mais aussi à la cuisine, aux légendes, au patois, aux petits riens qui, tous ensemble, forment une ville entière, un urbanisme, un organisme.

Je souhaite vivement en faire un livre, mais de nombreuses contraintes techniques apparaissaient — que la mise en ligne numérique permettait, souvent, de résoudre. J’ai donc effectué cet été une première mise à disposition textuelle (une version bêta), avec les liens et la forme polyphonique du livre. Les curieux le visiteront. Quelques nouvelles fonctionnalités pourront être intégrées, certains passages « multimédia », de l’hypertexte, de l’Ajax/Javascript. Nous travaillons à la version papier. Je ne peux en dire beaucoup plus, vous me pardonnerez.


Question à laquelle tu devais t’attendre : tu es un lecteur de Blanchot et de Quignard, dans quelle mesure ces auteurs nous apportent quelque chose dans notre réflexion actuelle sur le livre ou l’au-delà du livre ?

Je m’y attends car j’ai écris un petit texte sur Après le livre de François Bon qui s’inscrira en partie dans les différentes lectures d’auteurs que forment La littérature inquiète, titre du recueil (et du site) qui regroupe L’anonyme, Le revenant et les prolongements de cette recherche sur le lir&crire.

Blanchot, Quignard : ces deux auteurs sont en effet importants, dans leur relation, et dans leur position. Ils nous concernent. Blanchot a développé une approche très singulière de l’œuvre et de l’espace littéraire, bien connue aujourd’hui (L’espace littéraire, Le livre à venir, L’entretien infini) ; Quignard a beaucoup réfléchi, dans ses traités notamment (les Petits traités et Dernier royaume toujours en cours), à la lecture.

Tous deux ont travaillé sur le lire, aussi, non pas temps du point de vue de la réception ou de l’histoire littéraire, mais comme processus inhérent au texte même.

A leur contact j’ai cherché — je cherche encore — à formaliser ce terme que j’ai proposé alors du lire-écrire. La littérature n’existe que dans ce double mouvement : qui lit écrit ; qui écrit lit. Depuis je trouve dans de nombreux textes, de nombreux blogues, cette idée du lire-écrire. C’est une idée commune (je ne dis pas que j’en suis l’inventeur). Cela me réjouit. Toute théorie est un idiome, le partager définit une communauté — c’est aussi ce que disent les deux auteurs.

La question est : il y a le texte / peu importe le support.

Gilgamesh, les Védas, le Roman de Renart ou Chrétien de Troyes, Pétrone et Martial, Sei Shōnagon, la littérature persane ou chinoise classique, l’Odyssée, le Milione rédigé dans la prison de Gênes : toutes ces œuvres essentielles, que seraient-elles si elles avaient dû attendre le livre ? Le livre a permis leur diffusion, mais le texte a toutefois tenu durant des centaines d’années, même avant l’impression mécanique.

Il y a eu une littérature avant le livre. Il y a en aura une après.

Il y a une littérature hors du livre : chez les copistes et dans les têtes (le par-cœur), dans les revues (c’est un point important de la relation Quignard-Blanchot), dans les chansons, dans la poésie orale ou sonore, sur scène. Et peut-être même dans la rue, dans les tracts, dans les sms et mms de nos adolescents dont on se plaint qu’ils ne lisent plus — même s’ils ne font que ça — et parce qu’ils auraient inventé une langue à eux, ils ne proféreraient qu’inanités ou insanités ?

L’industrie, le commerce, du livre, comme entreprise dont l’objet est le revenu, comme l’industrie du disque, est très effrayée par la « dématérialisation » de l’œuvre — pour qui c’est la dématérialisation du produit qui est en jeu.

Mais rien n’indique, au niveau historique, que le texte ne puisse se passer du papier, tout comme rien n’indique que le livre disparaîtra. On entend les avis de chacun : un libraire me dit : « toucher au livre, ce n’est pas toucher au disque : c’est toucher au savoir même ; toucher à la culture même ». La charge symbolique est très forte — sans doute en partie à juste titre. On peut entendre ces peurs, on peut ne pas les ignorer. Mais il y a confusion généralisée entre le support et le texte. La plupart des livres ne portent aucun texte (voyez comme sont devenus inutiles les manuels scolaires, les dictionnaires ou les livres de recettes de cuisine, le plus souvent) ; même les livres dits de littérature, s’ils portent un texte, portent rarement une voix : le roman en est la preuve. Le roman, pour exister au XXIe, devrait être tout autre qu’un roman balzacien. Le texte se survit, peu importe son support.

En conséquence de quoi il apparaît que notre usage d’internet, dans sa complexe interaction, mêlant correspondance privée, usages techniques du web, notations quotidiennes presque triviales sur Twitter, jeux de mot sur Facebook, mais aussi transferts de liens, passages d’autres univers… tout ce que permet en somme le lien hypertexte, internet redéploie l’écriture : redistribue les cartes. C’est un grand espace qui s’ouvre enfin.

Le dispositif à l’œuvre n’est plus, ne peut plus être celui de l’industrie marchande incarnée par la FNAC, Gallimard ou la loi HADOPI. Ces noms sonnent comme affreusement datés.

Il faudra du temps, car les gens sont peut-être aussi un peu démodés. Ils veulent peut-être encore des points-FNAC pour faire des cadeaux à Noël. Le dernier coffret collector avec bonus et making-off de Montaigne, je le touche à combien ? Restons sérieux.

Quignard nous aide car il démontre très simplement, avec la langue châtiée dont il est coutumier, que le livre est ce « petit bâtiment qui n’est pas universel », qu’il peut disparaître. Bon quelque part dit qu’il porte en lui la rupture, c’est vrai. (D’ailleurs la littérature n’est-elle pas cette langue qui se heurte à la langue ?)

Il y a eu la tablette, le rouleau, le codex, le livre ; aujourd’hui l’écran. Les carnets, les enveloppes que l’on retourne pour des annotations, les marges, les paperolles de Perros, tout cela, où prend forme, où prend corps la littérature, ne disparaîtra pas.

Blanchot quant à lui, dans sa réflexion sur le fragment, avait entrevu la gravité de l’écrire, qui ne se résout pas à une simple feuille de papier (héritage du coup de dés). Il y a une formule, à la fin de L’entretien infini, que j’ai dû citer vingt fois et que je citerai encore ; je trouve cette formule non seulement excellente, mais pertinente, et à ce point profonde qu’elle est encore utile, pour nous usagers du web, mais aussi explorateurs de ses espaces, à nous accompagner dans cette tâche. N’est-ce pas une vision du web (il parle des textes du recueil), en 1969 ?

…appartenant à tous, et même écrits et toujours écrits, non par un seul, mais par plusieurs, tous ceux à qui il revient de maintenir et de prolonger l’existence à laquelle je crois que ces texte, avec une obstination qui aujourd’hui m’étonne, n’ont cessé de chercher à répondre jusqu’à l’absence de livre qu’ils désignent en vain.


Quaderno di Genova • les photographies

septembre 5th, 2011 § 1 comment § permalink

Très tôt il y a eu dans GEnove l’idée d’incorporer des photographies, non dans un souci d’illustration — sur ce point nous sommes clairs — mais comme texte, comme sens égal au texte. De même, si possible : chansons, poèmes, recettes de cuisine, légende, faits historiques, etc. Un ratissage photographique a donc été effectué au Canon Powershot A530, petit APN dont la santé s’est dégradée lentement durant la période. (Aujourd’hui il ne tient plus la charge.) Près de 5000 photos ont été faites, et en 2010, lors d’un transfert de données vers nouvel ordinateur, une erreur de manipulation les a toutes effacées. Celles de cette année ont subi le même sort, suite à une panne informatique (encore une centaine) et seules celles téléchargées sur Facebook sont conservées. Pierre Gaudin me dit Ce ne doit pas être un hasard. Et effectivement ce n’est pas si mal. Ne sont sauvées que celles qui avaient été compressées (pour le net) et publiées lors d’un journal pas encore inséré ici (c’était ancien site). Restent donc à peu près 300 photos. Que voici.




Quiproquos 1 — C’est pas rien

août 28th, 2011 § 0 comments § permalink

François Bon et les éditions Publie.net me font l’honneur de publier un texte, un récit, intitulé Pas rien et, paradoxalement, j’ai beaucoup de difficultés à le… « défendre ».

C’est grave, ce qui arrive. Et c’est très hasardeux, aussi. C’est malentendu et concours de circonstances. J’aimerais revenir un peu sur elles, et exprimer mon sentiment très partagé.

1. Ce texte est ancien, très ancien. Je me rappelle l’avoir entamé à Levanto, à la marge des Cinque Terre, au sud de GEnova, en 2008. Je l’ai écrit d’un trait oui — nom de la collection — et très peu retravaillé. D’emblée il est entré dans la ronde d’autres récits écrits dans des circonstances similaires et tournant autour des mêmes thèmes : L’abandon, le mythique premier « livre », en 2004, et L’étendue en 2006. Si les dates passent, l’écriture s’enfonce. Je ne pense pas avoir conservé les mêmes ambitions, et je ne suis pas même sûr d’avoir conservé le même mouvement d’écriture. Le contexte aussi est différent.

2. Ce texte est d’un classicisme désarmant. La recherche stylistique y est nulle et surtout il n’y a pas, en lui, de prise de risque. Or la littérature est maintenant pour moi un excès, un excédé du langage, un resserrement ou un étirement qui force un peu les bornes, qui brise doucement le carcan. Avec la mesure nécessaire, sinon c’est avant-garde gratuite, il s’agit de pousser, repousser les mots et trouver aise. En le reprenant, sachant que François l’avait accepté (alors qu’il avait été présenté avec L’abandon, qui a été refusé partout), j’ai essayé quelques ajustements, mais il aurait fallu tout récrire. Dans le même temps, ce trio de textes est ainsi fait, construit ainsi aussi, dans leur brièveté et leur discrétion. [2,5. Ce texte par exemple ne souffre aucune fonctionnalité conférée par le format Epub. C’est du texte, un point, et c’est tout.]

3. Il reçoit son ISBN en début d’année 2011 (voyez son numéro 415, alors que Publie va publier son 510 !) et après délais responsables toute part, j’apprends qu’il sera dans les trente de la rentrée de Publie.net ! Il n’est pas du tout pensé pour ça, pour être comme ça affiché, jeté en pâture. C’est presque texte de jeunesse, en tout cas une petite dérive, une aventure textuelle, simple, une vire ou une sente dans le roncier de l’époque, qui mélangeait les restes de la Littérature inquiète et les débuts de GEnove, deux gros morceaux.

4. Gros morceaux, et le plus gros : GEnove, que je viens de publier, justement, en version Bêta, et littéralement telle : c’est-à-dire que la version Alpha est passée, et que nous en sommes à un mode de relecture avec correction de bogues (ici essentiellement des coquilles et des fautes). Ce texte nécessite l’ajout de quelques fonctionnalités (liens internes, puis ajax/javascript, encapsulages divers, etc.) et une large réécriture « in progress » (certains passages sont simplement allocation d’espace et quelques idées force). Gros morceaux d’écriture recherchée, gros morceaux à défendre oui, très loin, dans l’esprit et la lettre de Pas rien. Il se trouve qu’ils paraissent concomitamment. Et qu’assurément, GEnove n’aura pas le relais dont bénéficiera Pas rien.

熊 — D’où le malaise, le malaise propre à l’écriture, et à la publication. Sous le feu, et l’auteur s’efface, fondu dans le livre, alors comment faire pour le porter tout de même.

Hier je regardais un débat entre Jean-Luc Mélenchon et Frédéric Fisbach à Avignon sur l’art et la culture, passionnant. Et il disait, Mélenchon, à propos de l’ordre « globalitaire » (sic), ce qu’il cherche : « Il faut douter de soi pour que ne vous ne soyez jamais créateur et producteur de votre propre histoire ». Ça a tourné, ça, pourquoi ? Pourquoi ce dégoût, ce taedium, tiens, de la chose rendue publique ? La littérature c’est peut-être aussi dans le moment de son écriture qu’elle nous concerne, et le reste n’est pas tant important.

Quiproquos, j’y reviens. Je pense prendre le temps de revenir sur les postulats droits d’Arnaud Maisetti sur l’espace littéraire, ou L’espace littéraire. Mais quiproquos aussi, personnels, sur le livre à venir, ou Livre à venir. Il aurait fallu laisser ce livre à venir pour un espace littéraire autre ; on se serait trompé, dans un futur proche, déjà, encore déjà, sur la littérature que je chercher à capter et donne à lire. Et alors que le nom approche, que le nom se précise, il pourrait ne pas désigner ce qu’il désigne.

Je finirai sur note de François Bon dans un courriel pour relecture pdf.

Le texte fonctionne bien, mais début un peu lent, tu prends plus confiance après.

Oui, début lent, avec contraintes folles : dans le peau d’une femme, sans céder au textuel gratuit, tenir la langue ferme, cloutée en mâchoire, et maintenir aussi tension propre à ce qui sépare — sans fondre dans le séparé. Tâche inaccomplie je crois. Mais une chose sûre : que « plus confiance après ». C’est d’ailleurs peut-être pour ça qu’on écrit des lignes et des lignes, des pages et des pages. C’est qu’à chaque fois on s’approche de dire moins-dire mieux. Dire sans échafaudage, dire sans maquillage. Dire, quoi, comme si disait le livre — et parlait seul, sans auteur, sans nom. Alors peut-être est-ce l’ambition de la narratrice, à l’écart de toute folie, à l’écart des mots même.