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Le Magasin (8)

Posted on 21 décembre 201229 octobre 2024 by Benoît Vincent


J’ai rêvé une nuit du Magasin. Un monde en soi, un contenu. Comment cela est agencé. Ce qu’il s’y passe. A quoi ça sert. Des phrases simples, des situations d’autant. Cartographier le lieu ne suffit plus : ici questionner l’habiter.


__ C’est commencer qui manque. Je ne sais plus comment, comment commencer.

__ Partout ici, il y a des caisses, des cagettes, des casiers, tous divers et variés. Ça forme une belle collection d’intérieurs, plus ou moins étanches et plus ou moins verrouillés. Ce que ces boîtes contiennent, en vérité, personne n’en est très certain. Et c’est souvent pour elles, ou celles, plus secrètes, que celles-ci semblent désigner comme un pincement du réel, comme un panneau disant : VOUS TRANSPORTEZ DU MATÉRIEL, RAPPELEZ-VOUS QUE VOUS TRANSPORTEZ DU MATÉRIEL.

__ Je suis moins dérangé par l’aridité industrielle de notre véhicule, par son continuel remous d’acier, par les palettes de silence très épais, très vide d’air, si je puis dire, qui alternent avec les périodes d’intense agitation, ou les uniformes se mêlent aux panoplies et que tout le monde avance, cahin-caha, plus ou moins contre son voisin, épaule contre épaule, hanche contre hanche, plus ou moins en dépit de lui, plus ou moins obligé, plus ou moins décidé, vers des tâches qui peu ou prou se ressemblent. Remplir des fiches et cocher des croix, vérifier des chargements, les porter, les déplacer, les déposer ici ou là… Passer du F36 ou F98, dégager une zone d’arrimage, condamner une quarantaine provisoire, amonceler les bordereaux que personne peut-être ne lit plus, blaguer, debout sur le quai avec un chauffeur aux cernes violacés, mater les filles qui passent, un faux-air de sérieux derrière les lunettes. Je suis moins mal à l’aise par l’ensemble de ce quotidien pâle et rébarbatif, et sans doute les raisons qui nous poussent à faire tout ça, que par cette zone d’ombre, ce très malléable terreau où ma conscience, ma mémoire, semble prendre racine.

__ Il y a bien une ancienne et confuse impression, un paysage, une profondeur, non, un geste, une manière de… une attention, non, un laisser-aller… non plus ! Un.. comment dire ? Une…

__ A quelle sorte de geste appartient-elle, la prolifération ; la colonisation, la contamination ? Nous sommes un jet, un vecteur, des pionniers, envoyés par le désir ou l’effroi vers de nouvelles terres vierges ? Nous sommes des zooïdes peu concernés par leur destin, et notre flagelle nous pousse et aiguillonne jusque vers notre fin ?

__ Mais où sont-ils, ceux qui ont dit ALLEZ MONTEZ LA-DEDANS, VITE ! DÉPÊCHONS ! DÉPÊCHONS ! Étaient-ils tous harnachés comme des soldats ou vêtus d’habits de toile épaisse et retombants comme les joies ou les coups. Étions-nous conscients ou drogués, étions-nous volontaires ou contraints : c’est un brouillard qui épouse toutes ces questions, et ce brouillard est visqueux et enraye jusqu’aux mécanismes de ma pensée… de la mémoire.

__ Il paraît qu’il existe un livre, un livre unique, perdu dans ce vaisseau, qui décrit les évènements, qui raconte une histoire, qui sait, ou bien ce sont les plans du Magasin, ou bien encore des listings de noms, des suites binaires, des idéogrammes indéchiffrables, des vérités codées en 1 0. Toutes les versions sont possibles. Ce peut être un bordereau perdu dans la liasse de ses frères, une longue maigre feuille froissée mal déchirée, comme un visage de verre, comme une vitre émaillée, comme une promesse proscrite.

__ Des églises ici ? Non, toutes : bannies. Pas de religion, pas de foi, il n’y a que le Mécanisme des Arques, la Machine, la Matrice, chacun en connaît un surnom. Les sectes, parce que bien sûr certains de nos passagers ont porté avec eux des récits de leur contrée, de vieilles légendes surannées, les sectes se reforment, nuitamment, mais ne durent jamais, les Arques veillent bien trop au grain. Il est d’ailleurs difficile de faire autrement, car comment faire sans nuit ?

__ Ce qui manque ce n’est pas le commencement ou la fin ; c’est la Nuit. Ce qui nous manque, je le sais à présent, je le comprends, c’est l’Oubli. C’est parce que nous n’effaçons rien, jamais, que nous ne savons rien. C’est parce que nous ne nous arrêtons jamais que nous ne voyageons plus, à dire le vraie, mais sommes déportés, contre notre gré, à la dérive.

__ On parle de l’Avarie, la grande Avarie, qui a nécessité une restructuration du véhicule, et la prise en main des commandes par les Arques, l’exil des Orbes et la destruction des Euthes. Là il a fallu stopper, un instant, le mécanisme. Depuis ce jour lointain (je ne l’ai pas connu, pas que je sache en tout cas), notre avenir est mélancolique.


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