Poème debout

mai 22nd, 2016 § 0 comments § permalink

J’ai croisé deux fois Olivier Besancenot
cette semaine.
La première fois dans mon métro
j’ai croisé Olivier Besancenot,
la deuxième fois dans ma rue
j’ai croisé Olivier Besancenot.

Et Senghor dans un boui-boui des Batignoles.

Debout.

La nuit errante

avril 30th, 2016 § 0 comments § permalink

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La nuit est politique qu’elle le veuille ou non. Si elle ne le veut pas, elle meurt. Si elle le veut, elle doit se mettre en chemin. La nuit ne doit pas seulement barrer la route, elle doit avancer sur d’anciennes qu’elle réinvente ou de nouvelles qu’elle se fraye dans l’inconnu.

La nuit retue

avril 23rd, 2016 § 0 comments § permalink

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Ecoute à la nuit son résidu de cendre
Ecoute à la nuit le serpent fini
Ecoute à la nuit un reste de soupe
Et retiens en cadence les relents de la nuit.

La nuit tue

avril 17th, 2016 § 0 comments § permalink


Nous en appelons à la nuit.
Qu’elle couvre de silence le brouhaha et le sang.
Nous en appelons à la nuit.
Qu’elle plonge dans le noir la violence et les mots.

Rien, rien ne sort de la nuit qui ne soit assagi.

J’en appelle à la nuit qui dénude les fauves mais
leurs crocs •
repose et les esprits
dépose et les tracts.

Oubliez le trop de li li litanies
oubliez les fi fi figures

faites fi des matraques et des coups
de langues, des bavardages.

J’en appelle à la nuit qui apaise les douleurs,
masque les peaux,
trouble les frontières et brouille les corps.

Ne mangez pas
ne dormez pas
ne soyez pas bavard.

J’en appelle à la nuit, la nuit taiseuse,
j’en appelle à la nuit, la nuit taisue,
j’en appelle à la nuit tue
la nuit sans bruit.

Ne voyez-vous pas déjà
les jambes du jour
trahissent

Ne laissez pas la nuit vous éblouir !

 

Contre ceux qui sélectionnent, adoubent ou récusent, contre ceux qui saccagent, et pas seulement les vitrines, mais les esprits par des discours fleuris mais sans idée, contre ceux qui bavardent, et pas seulement les vitrines, mais les actions par des mains secouées mais pas brandies, contre la “gauche” molle, et contre la “droite” dure.

Poème

mai 31st, 2015 § 0 comments § permalink

Au lieu-dit
nous
l’échappée

il y en a
aussi
pour les

sceptiques.

MONK (11-15)

mars 18th, 2014 § 0 comments § permalink

theloniousmonk

Des poèmes retrouvés dans le piano de Thelonious Monk.

*

11_

Dimanche je
pisse dans un violon

Dimanche j’ai pissé
dans un violon



*


12_

La mère fait cuire des galettes
de pain et se brûle
la main pour ses petits

A peine un peu
de farine et d’eau

Qui fument
et enfument
la maison.

A peine un peu d’eau de farine
qui brûlent.



*


13_

Jack qu’est-ce que tu fais
Jack qu’est-ce que tu veux ?

Tu crois que c’est facile pour moi ?

Jack qu’est-ce que tu dis
Jack qu’est-ce que tu veux ?

Tu crois que c’est facile pour moi ?

C’est pas facile pour moi
C’est pas facile pour moi
Non,
c’est pas facile pour moi.



*


14_

L’autre est un singe blanc
Il mime un dragon, un fou
un nègre

Avec ses lunettes qui
lui font comme deux
fenêtres, deux phares qui
secouent

Les autres

Personne ne dit rien
ou bien n’importe quoi

Je préfère me concentrer
tout doux tout doux

Les doigts sont précieux
Faut pas les gaspiller

Dans les lunettes qui
lui font comme deux
fesses humiliées [demeant]

Denigrées



*


15_

Je me rappelle très bien
qu’il y a longtemps
j’ai tué des chats
j’ai jamais oublié

Ceux qui disent le contraire
sont des menteurs
des singes blancs
ou des oublieurs [forgotteners]


Sentaient pas bon


Keith (5)

mars 18th, 2014 § 0 comments § permalink

Une série de textes waiting on a friend.


• 5 •


keith02


Ptain c’est qui cte nénette sur cmatelas déglingué ? Où c’est quthabites chérie, qu’est-ce que tu fous là ? Ptain on est quel jour et j’avais pas un truc à faire moi aujourd’hui ? Passmoi la sacoche, là, non, celllà, là, lààà, ptain, tfais chier, où c’est qujdois aller moi djà ?

Oh merd’ c’est la merd’ ptain, jcrois bien quyavait répète aujourd’hui, tu peux pas tpousser un peu non, où c’est qu’elles sont mes grolles. Passmoi la veste, là, non, pas celllà, celllà, ptain, mais tu vas tbouger les miches non ?

Oh merd’ c’est la merd’ ptain, jcrois quchuis encore défoncé, l’aut’ pute elle va gueuler, va pas falloir que jla ramène, aujourd’hui, bordel, jvais pas la ramner, jvais mplanquer discrétos derrière le manche,

Et puis va pas falloir m’emmerder.

Jmets l’œil du chien mort.

Du chien, ptain.


—––
KEITH
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Keith (4)

mars 18th, 2014 § 0 comments § permalink

Une série de textes waiting on a friend.


• 4 •


keith05


Si même on avait oublié
qu’ils étaient tout à toi,
les Que ça saigne ! et compagnie,
on aurait encore à ne
pas s’égarer :
le filiforme de ta voix.

Dormir
Dormir ce soir
Avant qu’ils ne te fassent courir

Si même on oubliait
qu’ils étaient tout à toi,
les Doigts collants ! et compagnie,
on aurait encore à ne
pas oublier
le tungstène de tes os.

Jusqu’à la moelle
Heureux

Heureux Voleur dans la nuit
Perdre contact

Si, pff, on oubliera
qu’ils étaient tout à toi,
tout à toi,
tout à toi,
les Exils, les Banquets,

Les quatre pylônes
où tu branchais ton engin
Les quatre routes
ou tu croisais le fer

La bentley la villa d’azur
la fille
aux petits seins nus
les potes les bouteilles
éraillés déraillés
consumés sur les gradins
de l’escalier de la joie
de la timide jeunesse de feu
et du mors de fer
le chien rouillé…

Le chien rouillé qui dort
en toi.

Tout à toi
Tout à toi

Tout à toi
Putain

C’est toi
Qui a l’argent.


—––
KEITH
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MONK (6-10)

mars 10th, 2014 § 0 comments § permalink

theloniousmonk

Des poèmes retrouvés dans le piano de Thelonious Monk.

*

6_

je regarde derrière
par le rétroviseur

je regarde derrière
ce qui vient



*


7_

Pourquoi éludes-tu les faits ?
dit Max Roach,
Pourquoi refuser l’évidence ?

Max ramasse les notes qu’il a fracassées
sur son matériel avec
ses bras de singe

Max balaye sous ses fesses
le reste de musique qu’il
vient de désintégrer

Max change le plomb en eau
Max est un magicien

Max est un poisson d’argent [silverfish]



*


8_

J’ai vu un ours
un jour
dans un cirque
et je lui ai
serré la main

J’ai vu un chien de prairie
un jour
dans un concert
mais je ne lui ai
pas adressé la parole

J’ai vu un épouvantail
un jour
dans un marché
et je lui ai
embrassé le pieds

J’ai vu un ours
un jour
dans un uniforme de [illisible]

et je l’ai dansé



*


9_

La terre merde quand
la mer s’étire.



*


10_

Tabouret, parapluie, pressing, douche, fa dièse mineur
bleu, blues, une femme avec une cuillère
tout ce qui brûle et glisse et résonne sec
tout ce qui ne se vend pas ne s’échange pas ne se vole pas
tout ce qui ne brille pas au contraire
tout ce qui dérape
dans les sons et les couleurs
comme le soleil
comme la mer
comme je

MONK (1-5)

mars 6th, 2014 § 2 comments § permalink

theloniousmonk

Des poèmes retrouvés dans le piano de Thelonious Monk.

*

1_

La terre s’enterre
La mer s’emmerde



*


2_

C’est comme passer en revue [hitchhiking] ses morts
Plonger dans le passé,
en revenir
Billet A/R
Interdit de fumer — interdit de cracher

Rouler dans le train de l’enfer
Diable est le conducteur,
Péché le machino,
et Plaisir le chef de train.
NEXT STATION !



*


3_

La pluie, la pluie, les gouttes de pluie
La pluie, les pluies, les gouttes
L’eau

La pluie, l’eau, sur le bois, l’eau
Eau ! Eau ! Eau !
Pluie, eau, qui viens
peux pas arrêter
peux pas contenir

Les mains mouillées
de pluie d’eau de pluie

Tu es où ?
Tu t’es cachée où

Blanche et noire pluie
de gouttes de pluie
d’eau de pluie
de pluies !
de pluies !
de pluies !



*


4_

Pas sûr qu’j’t’emmène aux bons endroits, chérie
Pas sûr qu’j’te ramène
d’ailleurs

pas b’soin d’ça
chérie
bas b’soin

aim’rait mieux m’couper une main
que t’oublier là

aim’rait mieux m’couper une main
que t’laisser seule

aim’rait mieux m’couper une main
m’couper une main



*


5_

Vers minuit
vers minuit quand la nuit
entoure tout

c’est là que les morts viennent
avec les souvenirs

la tête oh

déjà dîner c’est triste
vers minuit c’est pire

la tête oh

je lâche
la bride
vers minuit
je me
déchire



Quel état j'erre ?

Vous avez brownie le motag Poésie chez Ambo[¡]Lati.