Je me suis enfin étendu ; la fatigue m’a fermé les yeux, cloué les membres, rivé le corps, vidé l’âme. Mais voici: Je n’étais rien, cependant je ne me sentais plus seul. C’est une approche qui s’annonce, je la devine, je l’approuve ; elle est en moi qui suis en elle. Immense, profonde, elle me…
Auteur/autrice : Benoît Vincent
4 juin
Aujourd’hui la mer est bleue.
Ouvèze pause
Danse agrions contre l’eau contre eux-mêmes, combats, élances dans le courant Danse des bleus en escadrille Puis chasse, réciproque, piquet, seul, avec vert. Un autre vert — présentations, abdomens, mais bleu a choisi et vert capitule Positionnement sur l’aulne Aimé de bleu qui plaque puis accroche, tordre le corps Puis vert tord et accroche à…
Amore mamma scheggia
1. Amore mamma scheggia nel fianco e sul seno un ronzio: è lacrima di dolore e delizie ‘Talia soddisfatta per la strada colmo di bucce e trucioli « li ho cresciuti io! » Non può lamentare i muri di canto ma lascia una sfregia nell’ogni mano accennata. 2. E’ Sicilia quando un’isola l’altra una lingua…
Echauguette et guet-apens
1. J’aime bien l’indo-européen, comme concept (je parle de la langue). Ça permet de justifier l’injustifiable. C’est une espèce de carte joker, dans un jeu trop serré. C’est une forme élaborée, sophistiquée, du sophisme du silence, comme un sophisme de l’absent (ad absentem ?) : une preuve par le vide. Ceci étant dit, je ne…
9 mai
Aujourd’hui la mer est piquante. Je m’enfermai tout le jour avec Chosta. Qui en avait à me raconter. Il en revenait. Il était plein de la steppe et de sa boue. Des loups, des bouleaux et des pins, et la raspoutitsa aux basques. Qu’est-ce que tu crois, moi le latino et lui le soviétique ici…
7 mai
Aujourd’hui la mer passe à côté de moi, comme une troupe de femmes, ou un banc de poisson, une nuée d’étourneaux. Je longe, sentier marin, le maigre ressac et la forte falaise. Le sentier est leur union mais il est étroit et pendu dans le vide. La mer est calme et argentée d’écailles La falaise…
Balaye le vent
On aurait voulu ne pas avoir à s’exposer, on pensait s’être retiré des affaires, on désirait rester étranger, on imaginait garder pour nous, on mimait l’indifférence… mais non, en vain, finalement. La stupidité des chefs d’ici, qu’on ne peut justifier à la raison que par la cupidité, qui s’appuient sur le cadavre démocratique de…
16 avril
Aujourd’hui la mer s’est retirée. Assis dans le vent, sur le promontoire, à scruter le vide je me rends compte, par le jeu des lumières du couchant : la mer la mer la mer s’est retirée ce n’est pas la mer cet argent qui m’éclaire c’est le glacis du fond de la mer En regardant…
Orwell st
Orwell devrait avoir des rues, des villes, à son nom. Ceci n’est pas une rue. Ceci n’est pas une ville. Eh bien, nous voilà rendus au pied. Place Orwell, impasse Orwell. Au pied de la falaise. Qui pense qu’elle s’élève au-dessus de nous. Qui pense qu’elle s’ouvre au-dessous. Deux qui qui ne s’entendent pas. Ne…
