Je suis nouvelle, pleine ou rousse Chaque fois me lève Où le vent me pousse Autrefois les hommes savaient mon importance Autrefois suivaient avec inquiétude les courbes de ma danse Aujourd’hui seules les femmes me sont restées fidèles Aujourd’hui seules les femmes Quelques gouttes de sang Vient souiller leurs dentelles Ô ténébreuse Ô gibbeuse Ô…
Auteur/autrice : Benoît Vincent
Éphémère
Arrivé sur le soir un peu tard Laissé le barreau sur la chaise Appris du désert la patience Et des braises leur matière Je voudrais être un brin solide Des allumettes dans la gorge J’aimerais avoir de l’allure Et le bon goût d’une averse Ô parvenir à disparaître — avoir le goût de s’évanouir Marcher…
L’étendue
L’étendue serait comme un second morceau du triptyque dont L’abandon et Pas rien ont été les pendants. Seul le dernier volet a été publié, avec une somme de malentendus, chez Publie.net. On propose ici les deux autres, en pdf libre, pour rigoler.
Ecrire
Ecrire, non pour boucher les trous, mais les disséminer. Les mettre en œuvre, les mettre en scène. Mineur / dissémineur. Comme deux mains en porte-voix. Emballage au cri. Numérote tes acabits. Ça va chauffer. Ça va donner, gaffe ! Ça va raquer, gare ! Ça va toquer, roquer grave ! souquer zouker ferme ! Attends…
Soubresaut
Appartement aux huisseries nobles, aux boiseries finement ouvragées, marqueteries en plein chaos des frontières bigarrées. Ce qu’il s’y passe : mon apparente placidité mon indifférence même, contient l’insurrection qui monte. Un soulèvement. Un haut-le-cœur. Je dégobille le secret non loin d’une cabane du marché Vernaison.
Le chien
Je suis un chien colérique instantané et je ne crache pas sur la marchandise. Vous pouvez mener à moi, vous pouvez mener à moi toute chienne qui le souhaite. Je suis un chien sale élastique envieux. Et je bouffe du trottoir. Vous pouvez mener à moi, vous pouvez mener à moi toute chienne qui le…
Fragment 2184
Fermier retenu par les brides du vent alors que la maison, par son mitan, éclate? J’en viens au plus servile, le domestique. Devant les longues jambes décrètent un territoire mais que prônent alors les mains ?
Une écriture de garrigue
Une écriture de garrigue. Une écriture naissante qui est avant tout la promesse d’elle-même.
Le pain du four
Lorsqu’il sort du four, ce n’est pas que le pain est chaud. Il est brûlant, bouillant, il exhale une fumée elle-même brûlante, et il n’y a guère à compter sur la croûte pour affronter la mie et réciproquement. C’est un tout intouchable, immangeable, incorrigible. Une brique braille, une poignée de verre pilée. Un hérisson d’étoiles….
Un peu d’ail
Ecrite en 2003 à Pont-de-Barret. Jouée à de nombreuses reprises en 2010-2012 avec La Douce-Amère et BISRepetita. Enregistrée par Gilles Amiel en une fois, plus ou moins improvisée pour l’EP éponyme, Un peu d’ail. Un peu d’ail et tu danses Un peu d’alcool frelaté Un peu de vent, un peu de chance Un peu…
