L’appartement était spacieux, assez vide, et blanc sur tous les murs. Le plancher était orné de fine marqueterie. Il y régnait une chaleur épouvantable. A peine entrée, Maud se dévêtit. En plein hiver, sa nudité était moins insolente que la chaleur. Nous avons pris un verre ; moi, de l’eau. Elle, de l’alcool, mais de…
Auteur/autrice : Benoît Vincent
Cyber/Liber 1
Mise à jour 2012. Comme on s’en rend compte, nous sommes ici sur la partie “blogue” d’un site plus vaste ; on pourra donc en conclure caduc le propos qui suit. Ou pas : certaines choses restent pertinentes, d’autres bien sûr ont profondément et rapidement évolué. Et moi-même, et mon attention avec. On pourra dire…
Ecrire #
Il y en aura plusieurs, j’en suis persuadé, alors d’emblée je mets ce numéro. Ecrire. Une page d’écriture pour laver du jour. Lessiver le quotidien, les poussières, et même le jour, je veux dire en cela les éclats du jour, les ombres, les cassures, les douleurs qui se ramifient avec le jour. Une page d’écriture…
Disques
Je pose le disque de l’Idiot sur la platine. Ou bien un Charles Mingus. Je roule une cigarette de tabac pur. Je ferme toutes les lumières sauf une. Mais loin, dans un coin, derrière. Comme une voiture qui gravit une colline mais juste au début, là où les phares pourtant puissants éclairent en vain la…
Envie d’éclats dans le dos
La route qui menait aux Ravières était longue, étroite, sinueuse. Elle l’était d’autant plus, longue, sinueuse et étroite, que je n’avais ni envie de conduire, ni envie de rejoindre les Ravières. Ni rejoindre Malo. Pour ce que j’en savais, ça s’était mal passé à la Chambre et Philippe lui était encore rentré dans le lard….
Essai de topologie
Des lieux sont nombreux, où le texte peut s’engager. Hormis le livre, il y a la toile. Il y a encore le mur, d’une certaine mesure la carte, il y a encore le corps. Je recherche ces lieux, hagard, comme un fou-furieux. Je suis accroc au tissu. Tout partira(it) peut-être de ça, y compris ce…
RIP
Parce que Lacoue est mort, on avait dénudé les murs.
Sur les portes
A l’époque, on avait des portes, qui étaient des espèces de cloisons qui glissaient sur les murs ou qui offraient une ouverture dans un mur, afin de laisser passer un homme. On les distinguait des ouvertures en hauteur qu’on appelait « fenêtres » qui servaient juste à laisser passer soit le regard soit la lumière. On raconte…
Magie des lieux
1. Là où le pic donne son écho, dans le pépiement des passereaux déchiré par la strie de la buse. Les oiseaux donnent le ton et indiquent l’altitude. Le brouillard au fond étouffe les rumeurs. Et en haut quelque brume dissimule les sommets de Couspeau. Une cloche alors marque le temps et l’arrête. Le Poët-Célard…
Le rêve ou le mensonge
On avance, on avance, on avance, on avance, on avance, on avance, on avance, on avance. Il nous faut bientôt choisir, plaire, convaincre, choisir. Lui, plutôt qu’elle. Elle, plutôt que lui. Lui, contre elle. Elle, contre lui. On était nombreux, tout de même, à se demander ce que, à ce demander où, à se demander…
