Le soir l’été la vie reprend vers 17h ; les magasins les cafés rouvrent, les gens sortent, jusqu’au repas, on pousse la chaleur au dehors de l’île…
Auteur/autrice : Benoît Vincent
Chez mon voisin, postface alternative
Un soir la femme handicapée vient frapper à la maison. Rien ne bouge. Plusieurs heures après elle revient, puis revient encore. Après une semaine, elle demande aux autres d’ouvrir, ce qu’ils font avec une hache. Le chien est là, morveux ; il a bouffé le voisin qui l’assaillait.
Lu sur un panneau
CYCLISTES : PIED A TERRE
Kafkaland
Espèce d’espace agencé de cellules L’effroi et Kafka marche Et les traces de Kafka s’effacent Traces de Kafka Kafkafard intenté en cellule Froid de Kafka trace Et chasse le fard de Kafka Chasse au Kafka Kafkaland arpentées les cellules L’effort sous chaque pas de K. Dans l’espace sans phare de Kafka Sans phare de Kafka…
Fait divers
Une rue qui est vide. Là-dessus, un banc, qui est vide aussi. A côté du banc, une porte fenêtre, ancienne, bois décati, verre poli ondulant la lumière ; guise de napperon à la fenêtre, mauvaise broderie. Noire, cause mouches. Dedans : une radio, ténue, fil grésillant, égrène des résultats de courses, lévriers, cheval, coureur cycliste,…
Une époque de fous
Nous avons quitté, il y a fort longtemps, une époque de fous. En effet, si l’on essaye de se replacer dans le contexte de l’époque (gaullisme triomphant, communisme partout, église puissante, etc.), la présence ou l’existence des œuvres de Maurice Blanchot, de René Char et ses alliés substantiels, d’Henri Michaux, de Samuel Beckett, fin des…
Vaucluses
Arraché à la terre et surgi des eaux que rien n’arrête, il est un pays qui s’étale, dont on peine à saisir le grain si on ne l’aborde que de face. Non, il faut tailler de biais, taillader en travers, départir ces montagnes, venues du Ventoux et qui se commémorent jusqu’aux Alpilles bienfaisantes. Passer là…
Un œil
A quoi sert un œil sans lumière ?
Ouvèze
Château abandonné aux visages Vallées oubliées des époques Humbles lavandes étalées au soleil – sur couverture grossière Masques lavés, mains tendues, lavoirs Et grandes fleurs poussives vers leur dernier effort
Pays de Char
Le géant impose et entre ses mains croit un pays nouveau Pays de juste mesure, quoiqu’inadapté à la main de l’humain Pays froid et coupant comme une faucille Réseau aveugle des collines d’argent Station de bardane Appétit des rivières, et des pierres le rosier Soif étanché d’ouvrages révélés, signé du coin de l’homme soûl Poinçon…
