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Lasagnes • Chapitre 16

Posted on 21 juillet 201421 juillet 2014 by Benoît Vincent


Chapitre 16


Dans ce chapitre, il est proposé de donner la parole à T., mais cette entreprise est d’autant plus périlleuse que personne, ô grand personne, n’a pu l’approcher réellement. Des allégations, tout au plus, ce sont les phrases qui suivent. Ou des fantasmes ou des désirs, mais dans ce cas, c’est à la fois une erreur et un échec.


J’ai ouvert quatorze fois les yeux et puis je me suis rendormie.

Je ne t’ai pas vu quatorze fois. La plupart du temps, je voyais l’Autre. L’Amour, mon Amour, mon Vraizamour, mon Grantamour. Toi, tu sais, tu ne comptes pas plus pour grand’chose. Tu es distrayant c’est vrai, et tu es très beau surtout quand tu pleures et que tu te retiens de pleurer et que j’ai l’élégance de désigner la fatigue comme responsable. Oh comme tu m’as faite rire. Mais c’était avant tu sais.

Ce que tu croyais être, j’espère ne pas t’avoir dissuadé de continuer à y croire. Mais ce que tu crus devenir, je te garantis que je ne t’ai pas encouragé à y croire. Tu pensais me prendre, tu pensais pouvoir m’extraire de cette condition, de cette boue où je réside. Ce n’est pas de la boue, tu sais, c’est au contraire de l’or. Ou du plomb, de l’or changé en plomb. Je pèse huit-cent quatre-vingt quinze kilogrammes tu sais. Tu crois m’avoir, mais plus tu m’approches, plus je t’échappe. Ce n’est pas que j’en sois tellement responsable. Comment veux-tu que je m’extirpe pour épouser le réel ?

Tu dis toi-même que ce réel n’existe pas, et tu continues de m’écrire. Je ne te suis plus. Pas. Je ne t’ai pas suivi, du reste, jamais ; j’étais là, un égarement, un relâchement, tu as cru dormir à mes côtés, tu as cru me serrer contre ton torse velu. Oh que tu es velu.

Un instant, un instant de négligence et ç’aurait pu être pire tu sais.

Tu sais quand je suis passée par-dessus toi pour aller vérifier que la porte d’entrée était bien verrouillée. Eh bien là, à cet instant précis, je sentais ton érection, je te plaquais les bras, j’aurais pu, oh. Tu m’as dit Ne fais pas ça tu l’as dit n’est-ce pas ? Tu l’as dit ou tu ne l’as pas dit ? Tu l’as dit. Et ce disant, tu nous as sauvés, tu ne te rends pas compte.

Non ne réponds pas, ne parle pas. Ne fais pas l’enfant. Ne vient pas gâcher tout ça. Ne viens pas gâcher la nuit que nous avons épargnée et accomplie. Tu l’as dit toi-même, ton portable et le mien entre nos deux corps, On vient d’inventer l’amour courtois deux point zéro, ou quelque chose comme ça.

Oh tu m’as fait rire. Oui. Avant.

Je me suis ressaisie. Rattrapée aux branches. Ç’a été moins une. De justesse. J’ai failli venir m’incarner dans ton monde. Mais j’ai tenu bon. J’ai tenu le choc.

Je ne t’apporterai rien de bon tu sais. Je suis un fardeau. Un fardeau léger, intangible, multiple, mais un fardeau.

Je suis une plume, celle de trop. Celle qui fait déborder le sac de plomb. Ne regrette rien, surtout, car ce qu’on a vécu restera gravé dans nos cœurs. A jamais. Et où qu’on aille, quoi qu’on fasse, d’où qu’on parle.

Tu ne peux pas savoir le bien que tu m’as fait en me forçant à dormir et en me faisant rire. Avant.

Aujourd’hui (?) je te laisse, tu me quittes. On verra bien quel croisement on opérera une autre fois, dans cette vie ou une autre, c’est toujours ça de pris.

C’est toujours ça de pris sur la Vie.

Va, bête velue, va voir ailleurs. Va voir ailleurs si je n’y suis déjà plus.



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