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Les procès verbeux (4)

Posted on 16 janvier 20137 août 2013 by Benoît Vincent

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Les Procès verbeux sont des statuts publiés sur Facebook, au fil des jours, sans queue ni tête, numérotés et rassemblés régulièrement par vingt. Pas de quoi s’exciter, peu ré-écrits, je les livre tels quels.

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61_ Comme je travaillais dans les coupes de bois et va savoir, soit le soleil, très doux et huileux aujourd’hui, les brumes d’après-midi qui caressaient tout le paysage ou que je me rende compte que de là on portait comme un faucon sur toute la vallée et même le Rhône et l’Ardèche, alors que tu sais bien qu’on n’est pas très haut, eh ben j’ai tout lâché, les buches, la tronco, tout ; je suis descendu, comme appelé, comme happé. J’ai marché tout l’après-midi jusqu’à la rivière. J’ai mis un pied dedans, puis les deux. Je voulais tout, tout arrêter…


62_ Tu sais je me bordais dans ces paroles, et rien ne m’atteignait. J’avais passé ce cap-là tu sais, où ce n’est plus seulement du désir. Et je m’enroulais comme un chat.


63_ Du jour où la bagnole a lâché, je me suis retrouvé comme un con, chez moi, tout seul. Tu penses, rien que pour l’amener au garage ! Je suis resté comme ça deux mois, deux mois putain ! Deux mois sans boulot, sans voir personne, sans bouffer. Deux mois comme un eunuque, putain.


64_ « Mais tu vois peut-être que si les gens prennent pas la parole qu’on leur offre c’est qu’ils ont rien à dire. »


65_ Et toi qui disais On s’accroche à pas grand chose tu sais pour tenir ; une étoffe, un rayon de lumière, l’idée du plaisir solitaire…


66_ Et moi qui disais Mais le réel lui se rappelle bien à nous, s’accroche, comme de grosses graines de bardane. Vulgaire et sec. & vulnérant.


67_ Le chien, fin connoisseur d’étrons et grand amateur de la merde des autres, regarde pourtant toujours son maître avec pitié — qui ramasse les siennes avec un sourire satisfait.


68_ Le chat, quand il est parvenu a embrocher la bonne grosse mouche noire (celle qui n’a qu’un souhait : se tirer de la maison), quelque chose le pousse à la gober ; et là il se rend compte que c’est aussi dégueulasse qu’imbécile ; mais il ne peut plus s’arrêter ; car il ne représente plus seulement son petit monde coquet à présent, il est l’Histoire des chats, il est tous les Chats, dans leur glorieux apparat de chasseur séculaire.


69_ L’illusion du livre total n’a d’égal que le rêve d’une bibliothèque complète.


70_ Le chat ressemble fort au Parisien. Totalement adapté à son environnement quotidien il devient aussi sot que ridicule dès qu’on l’en extirpe.


71_ Seul un chat innocent et espiègle est à même d’ouvrir la porte du coffre-fort.


72_ Le monde n’est pas réductible à une formule mathématique, depuis que les mathématiques nous cassent les couilles, ça se saurait.


73_ Au contraire le monde est complexe, comme les hommes ou les livres, et c’est pour ça qu’il existe encore et des hommes et des livres.


74_ J’aurais tout fait pour enregistrer ce larsen — mais c’est aussi de savoir que la pluie échappe.


75_ Une fois que tu as compris que toute entreprise scientifique modèle le réel qu’elle prétend objectivement connaître ou découvrir.


76_ Et quand tu prends conscience que le langage est une membrane pour toute chose, de sorte que le monde n’est qu’une collection de pelures, un mille-feuille, un magasin de préservatifs, une garde-robe.


77_ On se retrouverait les uns chez les autres, heureux d’ouvrir une bouteille de vin très sec, un air de sentoline flottant dans le roulis des vagues ; une légère musique atonale en fond, sur des tapis bouclés aux couleurs extravagantes ; dans des habitats dessinés par Niemeyer ou Franquin ; et presque nus, on adorerait se souhaiter la nouvelle année.


78_ L’égouttoir en inox est la chose au monde la mieux partagée.


79_ Et parfois c’est un tout autre destin pour le chat : qu’il s’emmerde grave.


80_ Steak de cheval et sol invictus.


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