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Les procès verbeux (5)

Posted on 6 août 20134 octobre 2021 by Benoît Vincent

Capture d’écran 2013-08-06 à 16.09.10

Les Procès verbeux sont des statuts publiés sur Facebook, au fil des jours, sans queue ni tête, numérotés et rassemblés régulièrement par vingt. Pas de quoi s’exciter, peu ré-écrits, je les livre tels quels.

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81_ Le mongolien qui aide à vider l’armoire de la remorque s’arrête lorsque passe le cantonnier qui rentre du boulot. Fasciné par le fluo de sa vareuse, le contemple longuement, son héros.


82_ Le plat de pâte de ce soir sera-t-il meilleur que celui de ce midi ? Ou celui-d’hier au soir ? Ou celui d’hier midi ? Ou celui de demain ? C’est une force ça, tu disais, garder toujours à peu près épaisse l’envie de la rengaine. (C’était pareil pour tout le reste.)


83_ Le cantonnier en vareuse fluo regarde à peine la maison qu’il longe, celle qui a brûlé tu sais, et de laquelle il n’a pas pu sortir sa mère, qui criait.


84_ « Rien ne le passionnait tant que d’observer le ballet agonisant des artisous tombés de la croûte de fromage dans son assiette. Les petites bêtes, élevées (comme les vaches) pour garantir le goût patrimonial de la tomme, lui rappelaient tellement l’agitation des villes, des gens, du monde. On se marchait dessus sans élégance. On allait chacun sa direction sans projet. La plupart du temps on se mêlait les uns aux autres sans savoir pourquoi, ragaillardis par cette chaleur grégaire, assommés par le contact de nos corps mous. Puis il croquait tout cela avidement, comme un enfant ou un dieu, rien à branler, c’est moi le déluge. »


85_ Le vieillard, assis à la terrasse qui fait face à mon entrée, est le seul qui m’a vue sortir, qui m’a repérée. Il s’emmerde copieusement avec deux ou trois spectres de sa famille, des héréditaires qui ne le cajolent par pour sa conversation, sa barrette du mérite ou les voix froissées d’hier qu’il a gardées dans son ventre. Lui m’a vue sortir, n’a rien perdu, pas une goutte, le seul ici encore connecté à la vie, au monde, à ce qui tant soit peu remue. Saligaud, rien perdu.


86_ Quand il ouvre la boîte de thon à l’huile Bom (« atum posta em óleo vegetal »), même dans son studio de Choisy, c’est tout ce qu’il a pu trouver, il se voit se revoit à Manarolo, l’été, la jeunesse, la mer noire, les fleurs d’agaves comme palmier, rien à faire, juste attendre tout le jour que rien ne se passe, une partie de scopa et un verre de vin blanc.


87_ Puis tu poses dans cette enveloppe la lettre, puis l’enveloppe dans la boîte, la boîte à oublis, la boîte à secrets, la boîte comme le sommeil ou la nuit.


88_ Parfois doux comme une chanson de Paul Simon peut être douce, mais douce et cynique ou douce et amère ou douce et maligne, parce qu’on peut être gentil aussi, sans être con, voilà tu m’avais dit ça.


89_ Le propriétaire est passé, et il a arraché toutes les plantes au pied du mur, et il y en avait un paquet. C’est la maison du botaniste, aussi. Les laitues, les laiterons, les pariétaires, les cymbalaires, c’était joli. Bah, ce qu’il ne sait pas c’est qu’en agissant ainsi, il prépare l’arrivée de la forêt, des plantes de plus en plus difficiles à arracher. Déjà un sureau, un troène ; puis bien vite un érable, bien ancré, puis un chêne ou un hêtre, qui sait, tu seras bientôt dans la forêt.


90_ Toi tu disais Je ne vois pas bien l’intérêt de posséder deux mains si, dans chaque situation ou presque, l’une ne peut pas se débrouiller sans l’autre.


91_ Le propriétaire est passé : car la propriété est passée.


92_ « Je retrouve ses lares et pénates, c’est-à-dire le scorpion et le petit-duc, c’est-à-dire la solitude et le désir. »


93_ Il pouvait devenir fou à la seule idée que, sur les moissons de cigales en pleine sieste, le voisin du dessus vienne percer ce froufrou avec les « tic, tic » de ses ongles de pied, qu’il coupait par la fenêtre.


94_ Elles m’ont demandé de les aider ; elles avaient dû changer de chambre à air, et ne parvenait pas à la remettre dans la roue. Elles étaient parties de Dijon. Elles étaient hollandaises, toutes les deux. Pas très jolies, mais enfin on a réussi à replacer la roue avec sa chambre. L’une d’elle n’avait pas de main gauche. Elles allaient aux Saintes-Maries-de-la-Mer.


95_ Pour évincer l’ennui pesant qui garnissait sa vie pendant les vacances estivales, il avait mis au point, en moins d’une journée, une chorégraphie pour cuisine sur la musique de The wall de Pink Floyd.


96_ Le vent qui rabat les essences de lavande dans les rues, la suspension progressive des cigales dans les arbres, la montagne qui disparaît dans les nuages : c’était l’orage.


97_ La jeune fille a lu près de mille pages en trois jours, et lui n’en a pas écrite une entière.


98_ Le botaniste a rangé son herbier, et s’est rendu compte qu’il n’a jamais pris qu’une seule plante, toujours la même, éparpillée sur des dizaines de planches. Toujours une seule. Enfin parfois elle change, mais généralement elle est la même. 517 fois la même plante, en fleur, en fruit, en pousse, en paille, une seule plante, une seule et même plante.


99_ « J’attache le chat de Schrödinger au ruban de Möbius, et réciproquement. »


100_ Le seul fait que personne ne démente que le réel existe joue sacrément en sa défaveur.


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