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Le Magasin (7)

Posted on 19 décembre 201229 octobre 2024 by Benoît Vincent


J’ai rêvé une nuit du Magasin. Un monde en soi, un contenu. Comment cela est agencé. Ce qu’il s’y passe. A quoi ça sert. Des phrases simples, des situations d’autant. Cartographier le lieu ne suffit plus : ici questionner l’habiter.


Ce qui amuse beaucoup les Arques ici (ah oui, les Arques, je n’en ai pas parlé encore) ce sont les combats de nus.

Ils ont repoussé les caisses, les planches, les parois peut-être (comment ?), ils ont soufflé les débris (leurs grandes souffleuses, à quoi pouvaient-elles servir, jadis ? ici : pousser les débris) dans les coins, et parfois non, ils les ont laissés en l’état, pour les pieds, ou ils les ont poussés au centre de la piste.

Ils l’appellent la piste, et disent très fort en se tapant sur les jambes, en se frappant aux épaules, « La piste ! La piste ! Entrez en piste ! » et de pauvres malheureux entrent dans le cercle à peu près de la piste.

Ils sont oui, tirés au sort. Ils sont oui, n’importe qui. Dans une alcôve ils te prennent, au détour d’un couloir plus ou moins sombre — mais ils ne se cachent guère. Ils déboulent et c’est un grand fracas de ferraille, des éclats de voix brillantes, et ils gueulent comme des chiens « C’est toi, c’est toi, c’est qui es choisi(e) ! » Ils en ont fait une petite rengaine et lorsqu’on l’entend résonner au loin depuis les coursives, les sangs se glacent, littéralement. C’est ton secteur, c’est ton quartier, c’est ton îlot, puis c’est ton arpent, et jusqu’à la niche où tu te terres.

De nuit bien sûr, des nuits récurrentes, une série mathématique de nuits, implacable, dont certains ici s’échinent, à grand renfort de conjectures, de papier millimétré et de compas de fortune, à dessiner la courbe hésitante et hasardeuse. En vain, certainement, mais certains pensent qu’une logique sous-tend la griffe sauvage qui te prend, de nuit, une nuit, parmi d’autres, et te jette sur la piste.

(Les parois, comment les bougent-ils, à chaque fois la piste apparaît puis disparaît, elle est mouvante et organique, on ne sait plus, après le combat, où il a eu lieu. Les traces de sang, les traces des coups et blessures, les morts (il y en a), tout cela, évanoui, à l’aube électrique que seule l’agitation suscite, on marche sur des cris effacés, des corps épongés ou soufflés.)

Les malheureux, souvent des malheureuses, souvent les deux en même temps, parce qu’il faut bien que se perpétuent les règles du pouvoir et les réflexes de la soumission. Ils/elles sont : attaché(e)s, retenu(e)s par le cercle extérieur de la piste, surmonté de fers portant rambardes du même, torsadé et rouillé, ou des sangles sont nouées et, par un ingénieux système de poulies et cordelettes fines fines (elles sembles si délicates, si fragiles), la longe est contrôlée par les agents qui permettent l’empan — et le délai.

Parce que les règles sont simples. Nu(e)s, les opposants sont donc enchevêtrés, par un harnais ou un collier (il y a des adaptations), des entraves aux pieds et n’ont qu’une action à réaliser : saisir l’adversaire et le mettre à terre ; des variantes existent, allant des sévices sexuels aux tortures imposées. S’ils refusent ils sont battus, électrocutés, meurtris ou tourmentés selon le bon plaisir du maître. La mort n’est pas une punition, elle est la victoire imposée à l’autre.

On dit qu’il y a des compétitions, qui opposent les quartiers entre eux, mais la plupart de ces règlements nous apparaissent abscons. Les tournois peuvent agiter un quartier quelques nuits d’affilée, mais c’est plutôt rare.

Et puis certains combats sont très doux, très sensuels, entre femmes par exemple, traités comme de simples objets de désir ; d’autres sont barbares. Insérer un animal dans un orifice, c’est très à la mode en ce moment ; arracher ce qui dépasse (généralement à l’aide la tenaille) ; soutirer toutes sortes d’humeur par le cri et la main ; invaginer ; et aujourd’hui, ce qui semble poindre comme nouvelle lubie : provoquer des accouplements impensables (les animaux comme les enfants ne sont pas épargnés).

Et qui a participé et vaincu, on ne le voit plus jamais. Devient-il un jouet de l’Arque ou Arque lui-même ? Nul ne le sait. Il n’y a pas de mémoire pour ces jeux, aussi n’y-a-t-il pas de légende qui nous fasse espérer qu’on quitte un jour ces traditions — tout comme rien ne nous engage à imaginer qu’on sorte du Magasin.


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