
Cette guerre, qui n’a pas été diplomatiquement évitée a tout prix par les Occidentaux, qui a été encouragée par certains, et dont certains, nommément, ont tiré des profits personnels notables, pourrait aujourd’hui s’étendre, par la folie des mêmes, au continent, voire pire.
Ces « responsables » dont le dessein est obscur pour ne pas dire morbide, et dont les aspirations s’égarent loin de tout humanisme, n’ont pas saisi que, du jour où l’ordre occidental décidé à Yalta a volé en éclats, après 1989 et 1991, le monde s’est multipolarisé.
La puissance économique de la Chine, la supériorité tactique et stratégique de la Russie, le réveil de l’Afrique, les crises a répétition du Proche-Orient, le renforcement des Brics, en étaient pourtant des signes avant-coureurs.
Ce que les USA ont finalement saisi et décidé représentent pour les Européens une trahison — alors même que leur subsistance au pouvoir avait été le fait de ses anciens maîtres (Jean Monet contre de Gaulle).
Comme à chaque fois que ce que ses critiques nomment Occident collectif se trouve acculé dans ses retranchements idéologiques (fin de l’État et hérésie de la nation, délire transhumaniste, exploitation des peuples et des ressources, mantra de la croissance, haine du peuple, détournement des luttes d’ « éveil » à des fins idéologiques, en réalité encore plus auto-centrée et coercitive), et que les structures postdémocratiques (OTAN, ONU, OMS, UE), évidemment hors-sol, justement vacillent, ses chefs illuminés, animés de leur nihilisme assourdissant, fuient en avant, et poursuivent leurs efforts jusqu’à briser leur jouet.
Symptomatiquement, tel président, se rêvant chef d’état major, après avoir poursuivi le démantèlement de l’État et du service public, massacré sciemment son peuple, ruiné le pays, bafoué la constitution, dissout sans raison valable l’Assemblée, réarme nucléaire, sans aucune raison géopolitique sérieuse, et se prépare à un emballement qui pourrait muter en escalade. Il prépare les esprits en distillant la défense agressive dans tout le discours.
Il s’agit de prendre acte du monde nouveau où nous atterrissons comme depuis un rêve où nous languissions. Pour ce faire il faut de toute urgence désarmer ces discours et apaiser les velléités bellicistes. Si l’ONU, l’OTAN ou l’UE sont condamnées à disparaître, et si cela est un fait historique, cela n’empêche nullement de repartir sur la base d’États démocratiques, justement dotés d’un Peuple et d’une Constitution et, confiant dans le poids du droit international, hérité de notre histoire, accepter la reconnaissance réciproque de cultures et civilisations autre que la « Lumière » universelle et éternelle de l’Occident devenu crépusculaire.
