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Une ville comme un livre comme une ville

Posted on 19 septembre 200724 avril 2023 by Benoît Vincent

Faire un livre comme une ville, avec ses quartiers, ses monuments imposants, ses ghettos, ses pauvres rues étroites, ses bruits, ses odeurs, ses femmes, son histoire empilée ou évacuée comme gravats, ses déchets, ses impasses, ses lieux, ses lieux intimes, ses lieux publics, ses lieux aveugles, ses non-lieux, ses souterrains.

En profiter pour dire aux autres qu’il existe de ces livres, comme Un livre blanc, de Philippe Vasset, qui vient de sortir, où les cartes sont percées de zones blanches que le texte ne cherche même pas à épuiser ; penser à Georges Perec, Marc Augé, et penser bien sûr à toutes ces cartes étudiées jadis dans mon mémoire Maison maudite ! : celles de Calvino, Butor, Michaux, Artaud, Deleuze, Foucault, etc. Leur rendre cet hommage là. Insérer même un morceau de ce texte (le temps de le retrouver, pardonnez-moi, revenez-y). Par exemple avec ces géographies photographiées sur les lisses façades ou les pavements torturés.

Désigner des béances dans l’espace (repenser à ce texte écrit pour Jean-Luc Nancy, y faire référence, le remettre à jour : Trous), mais se refuser à commenter, à décider ce qu’il en est, et comment on s’en départit, ou on s’en accommode.

C’est ici, dans ce non-lieu (rejouer l’hétérotopie) qu’est internet, déserté par les écrivains (sauf exceptions rares), où est possible justement la pensée du rhizome (fameuse citation, partout répétée :

Il n’y a pas de différence entre ce dont un livre parle et la manière dont il est fait. Un livre n’a donc pas davantage d’objet. En tant qu’agencement, il est seulement lui-même en connexion avec d’autres agencements, par rapport à d’autres corps sans organes. On ne demandera jamais ce que veut dire un livre, signifié ou signifiant, on ne cherchera rien à comprendre dans un livre, on se demandera avec quoi il fonctionne, en connexion de quoi il fait ou non passer des intensités, dans quelles multiplicités il introduit et métamorphose la sienne, avec quels corps sans organes il fait lui-même converger le sien. Un livre n’existe que par le dehors et au-dehors. Ainsi, un livre étant lui-même une petite machine, dans quel rapport à son tour mesurable cette machine littéraire est-elle avec une machine de guerre, une machine d’amour, une machine révolutionnaire, etc… (10-11)

Le livre a cessé d’être un microcosme, à la manière classique, ou à la manière européenne. Le livre n’est pas une image du monde, encore moins un signifiant. Ce n’est pas une belle totalité organique, ce n’est pas non plus une unité de sens. Quand on demande à Michel Foucault ce qu’un livre est pour lui, il répond : c’est une boîte à outils. Proust, qui passe pourtant pour hautement signifiant, disait que son livre était comme des lunettes : voyez si elles vous conviennent, si vous percevez grâce à elles ce que vous n’auriez pas pu saisir autrement ; sinon, laissez mon livre, cherchez en d’autres qui vous iraient mieux. Trouvez des morceaux de livres, ceux qui vous servent ou qui vous vont. Nous ne lisons plus, mais aussi nous n’écrivons plus à l’ancienne manière. Il n’y a pas de mort du livre, mais une autre manière de lire. Dans un livre il n’y a rien à comprendre, mais beaucoup à se servir. Rien à interpréter ni à signifier, mais beaucoup à expérimenter. Le livre doit faire machine avec quelque chose, il doit être un petit outil sur un dehors. Pas représentation du monde, ni monde comme structure signifiante. Le livre n’est pas arbre-racine, il est pièce d’un rhizome, plateau d’un rhizome pour le lecteur auquel il convient. Les combinaisons, les permutations, les utilisations ne sont jamais intérieures au livre, mais dépendent des connexions avec tel ou tel dehors. (71-73)

Voilà bien un programme : outre les impasses du Livre blanc (propre au sujet même du livre, et aussi mis en ligne sur Un site blanc, réalisé avec le collectif l’Atelier de Géographie), qui sont jouissives, et sous ou à côté des diverses « utopies » (comme celles, magnifiques, exposées sur le site Atopia – ces deux sites : alliés nécessaires pour le cheminement), il est aussi question d’un genre de « déprogrammation » (de la littérature) à la Pascal Quignard :

[…] le sentiment que l’art en général et la littérature en particulier feraient bien mieux d’inventer des pratiques et d’être explicitement programmatiques plutôt que de produire des objets finis et de courir après les tout derniers spectateurs pour qu’ils viennent les admirer (Vasset, 54).

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