La fortune du change : le groupe

juillet 14th, 2017 § 0 comments § permalink

Line-up

Nous ne retenons ici que les membres officiels, sans les sessions-men ni les auxiliaires de tournée.

1965–1967

Syd Barrett – guitare, chant
Nick Mason – batterie
Roger Waters – basse, chant
Richard Wright – claviers, chant


1967-1968

Syd Barrett – guitare, chant
David Gilmour – guitare, chant
Nick Mason – batterie
Roger Waters – basse, chant
Richard Wright – claviers, chant


1968–1979

David Gilmour – guitare, chant
Nick Mason – batterie
Roger Waters – basse, chant
Richard Wright – claviers, chant


1979-1985

David Gilmour – guitare, chant
Nick Mason – batterie
Roger Waters – basse, chant


1987-1995

David Gilmour – guitare, chant
Nick Mason – batterie
Richard Wright – claviers, chant


2005

David Gilmour – guitare, chant
Nick Mason – batterie
Roger Waters – basse, chant


2012-2014

David Gilmour – guitare, chant
Nick Mason – batterie


La fortune du change : le projet

juillet 1st, 2017 § 0 comments § permalink

Dans la lignée de Local héros, j’entreprends deux autres fictiographies de musiciens emblématiques de la contre-culture : Pink Floyd et Prince. Rien de moins. Et simultanément, pourquoi pas, c’est l’été. Je me donne l’été, justement, parce que c’est l’été, pour accomplir ces deux petits exercices qui forment à la fois deux chapitres de ma réflexion sur la contre-culture à travers son rayon le plus évident et aveuglant (le rock — au sens large car ni Pink Floyd ni Prince ne jouent strictement du rock) et deux éminents dépassements du simple formel projet initial du rock, une véritable réponse esthétique à son patent manque de conversation. Ici, juillet, Astronomy domine.

 

Donne

Pink Floyd est une drôle d’entité, car ce même nom regroupe au moins trois réalités (sinon quatre) absolument différentes, et rarement compatibles. Remarquons pour commencer qu’un seul membre est resté du début à la fin : Nick Mason, qui est par ailleurs également le biographe officiel du quatuor (un temps — très court — quintette). Les quatre autres membres sont partis ou arrivés : Syd Barrett, le fondateur, lâche en 1968-1969, David Gilmour le remplace alors, Roger Waters, le principal auteur des années de gloire, s’éclipse après 1983, et Rick Wright, chassé en 1983, disparaît en 2008 : seul Mason est sur tous les albums. Ce parcours, la présence de Mason, en un sens, le dessine par la négative ; trois ères au moins se succèdent : Barrett, Waters, Gilmour, avec un bref moment d’intense créativité collective ; entre 1969 et 1973, PF publie une série d’albums marquants, qui semblent tous pointer un objectif, toujours plus précis et saisi, et cet objectif est La face cachée de la lune. C’est sur cette période que je concentrerai mes efforts, parce que (peut-être) l’époque dite psychédélique, qui précède la période progressive, me paraît relever d’une autre fiction, de même que la période post-Waters (qui a pour malchance, en plus de l’absence de Waters, de tomber en pleines années 80, les pires que le rock — i.e. la contre-culture — ait connues) ; les quatre albums qui suivent Face cachée…, finalement, ne sont que son aboutissement, et, en un sens, l’illustrent sans le renouveler : J’aimerais que tu sois là en est l’aboutissement sonore, Animaux est la fin du groupe et Le mur… est Le mur, un « machin » indigeste et finalement décevant sur le long terme ; enfin La dernière bande (ou Le montage final), au titre évocateur, qui est largement sous-estimé, et qui aurait dû être un Mur honnête, apparaît plus comme un album de Waters que comme un album de Pink Floyd. Je ne considèrerai pas les trois albums suivants qui n’appartiennent plus à l’entité Pink Floyd.

J’ai dit par ailleurs (En paraphrasant Pacôme Thiellement) que le rock était mort dans la nuit du 12 mai 1972 au 1er mars 1973, c’est-à-dire entre Exil Grand’rue des Stones et Face cachée…. Les deux faces — si l’on veut — la face réaliste et la phase romantique, le versant politique et le versant poétique, le noir et le blanc — du rock se succèdent, et ainsi se parachèvent. On ne peut aller plus loin dans ce genre de musique. Sans le faire sortir du cadre qu’il s’était donné, en tout cas : Bas, chef d’œuvre de Bowie, Tom Waits, le hip-hop ou… mettons… Björk, sont autre chose que le rock tel qu’il s’est d’abord défini. Le punk, le grunge sont exactement cela, mais avec la nostalgie, qui est toujours payante, donc plutôt un accès vers le passé que la découverte de nouveaux territoires.

C’est donc l’une de ces fins que je me propose d’explorer, comme toujours, par les textes et le soutien dérivant de la fiction.

Note importante Ce travail est un travail de fiction, en aucun cas un documentaire ou un “biopic”.

Note Parti pris : tous les titres des œuvres (albums et chansons) sont traduits en français.

Note Le texte s’écrit peu à peu : je dessine les « pistes », elle apparaîtront (ou pas) au fur et à mesure, peut-être — sûrement — bougeront.

 

Sources

À côté des disques et des chansons, on trouve évidemment des tonnes de livres et de documentaires. Mais — comme souvent — il y a beaucoup à jeter. Je retiens toutefois la somme de Nick Mason, qui a sagement conservé tous ces documents depuis le début : Nick Mason et Philip Dodd (trad. Sylviane Lamoine, Élisabeth Luc, Dominique Mathieu, Delphine Nègre, David Thépaut-Lindbergh), Pink Floyd : l’histoire selon Nick Mason, EPA-Chêne 2005 ; le complet Mark Blake, Pigs might Fly, Aurum 2007 ; le pas si mal Daniel Griffiths éd., Pink Floyd, album by album : the definitive history. Pour les documentaires filmés, celui qui nous laisse le plus de traces reste Pink Floyd live at Pompei, qui est un concert devant aucun public + des témoignages vidéos du groupe, en pleine effervescence pré-Face cachée…. Puis il y, là encore, de nombreux morceaux en public, de l’époque. Ah, et il y a aussi les œuvres en collaboration : les ballets avec Roland Petit (Pink Floyd ballet : La rose malade, Allumez les étoiles), ainsi que les films du grand réalisateur Barbet Shroeder : More (Plus, celui-ci, le français l’a gardé en langue originale) et La vallée (Obscured by clouds, et celui, moins nécessaire, d’Antonioni : Zabriskie Point).

 

Thèmes

l’aliénation, l’isolement, le sens du collectif, la créativité, l’engagement politique, la folie, l’argent, la gloire…

 

Pistes

1. Hommes de boue
2. La couleur que tu veux
3. Libre quatre
4. Voir la lune
5. Gaffe avec cette hache, Eugène
6. Rythme cardiaque et viande de porc
7. Un de ces jours
8. Dommage cerveau
9. J’aimerais que tu sois là
10. Le grand raout dans le ciel

 

Setlists

novembre 20th, 2016 § 0 comments § permalink

Tentative de récupération des setlists de ma fulgurante carrière de chanteur de rue…

 

Setlist en cours 2015-2016

On propose un “concert” en deux temps ; quelques reprises pour se mettre dans le bain, puis les morceaux originaux, en un deuxième temps, avec quelques autres chansons françaises.

Intro(s)

  • Trad., Cade l’uliva
  • The Rolling Stones, Casino boogie
  • Slim Harpo, >Hip shake
  • Reprises, parmi :

  • Bananarama (et si), Venus
  • The Beatles, Happiness is a warm gun
  • David Bowie, Eight lines poem
  • Jacques Brel, Fernand
  • Patti Bravo, La bambola
  • Vinicio Capossela, Pena dell’alma
  • Polly Jean Harvey, Down by the water
  • Ian Dury, Wake up and make love with me
  • Ron Hirsch, Mike Shapiro, Harry Middlebrooks Jr., James Cobb, Buddy Buie, Spookie
  • Joe Jackson, Fools in love
  • Robert Johnson, Stop breaking down
  • The Kinks, Lola
  • Jona Lewie, You’ll always find me in the kitchen at parties
  • Magazine, Shot on both sides
  • Pink Floyd, San Tropez
  • Pink Floyd, Brain damage
  • Prince, When eye lay my hands on u
  • Prince, Anotherloverholenyohead
  • The Rolling Stones, Casino boogie
  • The Rolling Stones, Shine a light
  • The Rolling Stones, Sweet black angel
  • Paul Simon, 50 ways to leave your lover
  • Nina Simone, My baby just cares for me
  • Nina Simone, Ain’t got no life
  • Patti Smith/Van Morrison, Gloria (in exelcis deo)
  • The Violent Femmes, Blister in the sun
  • Neil Young, The needle and the damage done
  • Neil Young, Pardon my heart
  • Neil Young, Rockin’ in a free world
  • Chansons françaises, parmi :

  • Alain Bashung, Ma petite entreprise
  • Georges Brassens, La princesse et le croque-note
  • Georges Brassens, Le pornographe
  • Georges Brassens, Tonton Nestor
  • Georges Brassens, La ronde des jurons
  • Jacques Brel, Ces gens-là
  • Jacques Brel, Fernand
  • Thomas Fersen, Bijou
  • IAM, Elle donne son corps avant son nom
  • Les V.R.P., Leo
  • Kat Onoma, La chambre
  • Lio, Les brunes comptent pas pour des prunes
  • Rita Mitsouko, Marcia baila
  • Têtes Raides, Trumpet song
  • Hubert-Félix Thiéfaine, La vierge au Dodge 51
  • BV, Marianne
  • BV, La rivière
  • BV, Thomas
  • BV, La tour d’ivoire
  • BV, Soleil crevé
  •  

    30 novembre 2016. Saint-Lô (50)
    La rivière, BV, 2001

     

    10 septembre 2016. Genova (GE)
    Cade l’uliva, trad., XXe
    Shake your hips aka Hip shake, Slim Harpo, 1965
    Rockin’ in a free world, Neil Young, 1989
    Honky-tonk woman, The Rolling Stones, 1969
    Le pornographe, Georges Brassens, 1958
    Trumpet song, Têtes Raides, 1993
    Au suivant, Jacques Brel, 1964
    Ces gens-là, Jacques Brel, 1966
    La rivière, BV, 2001
    Elle donne son corps avant son nom, IAM, 1997

     

    En paraphrasant Pacôme Thiellement

    septembre 9th, 2015 § 0 comments § permalink

    C’est une farce. Je me suis amusé à répondre à une interview qui a été donnée à l’ami Pacôme Thiellement à propos de cinéma — mais je l’ai transcrite pour le rock. Certaines questions du coup ne peuvent être exactement les mêmes.

     

    Tu n’arrêtes pas de parler de rock. Que représente cette musique pour ceux de ta génération ?

    Pour ma génération, je ne sais pas, nous sommes les derniers arrivés dans le rock, nous avons raté le punk, et nous avons traversé l’horreur des années 80. Nous sommes donc essentiellement tournés vers le passé, comme “notre” musique, le grunge, en témoigne. Bien entendu le rock a représenté pour nous ce qu’il représente à coup sûr, une forme de consestation et d’émancipation, mais comme brouillée, feinte. Et puis le hip-hop était là aussi présent — sans parler de la soupe qu’on nous servait à tour de bras, partout, tout le temps (variété, dance, house ou techno de piètre qualité, rock fm, etc.).

    Le rock est essentiellement une musique de la mélancolie. Il est aussi triste qu’une œuvre de Rubens. En réalité le rock est l’un des tout derniers avatars du romantisme dans la culture contemporaine — et d’un romantisme qui n’est pas “pollué” par l’esprit du vingtième siècle, le second degré ou l’intertextualité propre aux années expérimentales post guerrières. Même si des auteurs (Captain Beefheart ou Frank Zappa, mais aussi dans une certaine mesure George Clinton ou David Bowie) ont assez vite mesuré les limites du rock en tant que mouvement, et l’ont souvent poussé à bout, une grande partie du rock se prend beaucoup trop au sérieux, et c’est ce qui le rend parfois si ridicule et pénible.

    A vrai dire j’aime beaucoup écouter du rock, mais je prétends que cette forme de musique est en état de coma profond depuis de très nombreuses années. Mais c’est aussi que l’on vieillit et peut-être que l’attrait pour le larsen, la bière et le vomi s’émousse avec le temps.

    Quelles œuvres te paraissent les plus riches symboliquement ?
    Il n’y a pas d’œuvre récente de poids dans le rock, donc il faut se rendre au musée ; pour tout le côté romantique obscène (sans retenue), évidemment The wall remporterait la palme (suivi de Tommy). Pour tout l’aspect, sur lequel il faudra revenir, du rock comme mouvement socio-politique et culturel, d’un côté, pile, on placerait Kick out the jams !, et peut-être Entertainment ! de Gang of Four ; côté face, caricatural, Nevermind the bollocks ou Nervermind tout court ; entre les deux Raw power (sérieusement qui a encore le désir d’aller voir Iggy Pop à poil sur scène ? C’est ça l’obscène du rock, son côté zombie inconséquent).

    Mais pour répondre plus sérieusement, les œuvres qui m’évoquent le plus de paysages (disons cela comme ça) se trouvent à la frontière du rock : la trilogie berlinoise de Bowie, l’âge d’or de Pink Floyd, quelques autres trucs progressifs, comme Stonehenge de Ten Years After, quelque King Crimson, Kraftwerk, Neu !, certaines disques de Prince, Dr John, pas mal de morceaux de Neil Young… mais là on a l’impression que je cultive le progressif et les herbes qui font rire. En réalité je n’aime pas trop le progressif.

    Quel est la musique (rock) qui a défini ton enfance ?
    Les premiers sons qui m’ont tout de suite emporté alors que j’étais à la fois enfant et en voyage ont été ceux de Pink Floyd ; la première période avec Barrett (j’avais trouvé deux cassettes sur une aire d’autoroute, The piper at the gates of dawn et Masters of rock ; j’avais dix-douze ans — je les ai gardées), puis More, dans une pièce vide et sombre de l’appartement inoccupé mitoyen au nôtre, où je m’entrainais à fumer, boire et explorer l’érotisme, disons, enfin Meddle collé de manière indélébile aux paysages de la Restonica. Mon cousin m’avait offert un disque aussi : Chunga’s revenge de Zappa. Plus tard, Sticky fingers, irrémédiablement lié à la Camargue, à un chien mort, et à l’été. Les Stones ont alors durablement accompagné le passage entre l’enfance et l’âge adulte (et je dois dire qu’aujourd’hui encore, sans être totalement fanatique, je trouve que Sticky fingers et Exile on Main Street sont les deux aboutissements du rock en tant que tel ; j’ajoute d’ailleurs que Dark side of the moon est le disque qui met un terme à toute la période du second âge d’or du rock ; rien ne sera plus comme avant. C’est pourquoi je dis que le rock est mort dans la nuit du 12 mai 1972 au 1er mars 1973).


    Quel musique te donne envie d’être un homme meilleur ?
    Je ne comprends pas cette question. On pourrait répondre, en paraphrasant Volodine, que j’ai trop de respect pour la politique pour croire que le rock ait un quelconque rapport… Plus jeune j’ai pu m’identifier à des chanteurs, aujourd’hui, je ne leur confierai pas ma voiture.


    Quel disque est un chef-d’œuvre sous-estimé ?
    C’est difficile de répondre dans le rock car il y a non seulement les hyperclassiques qui sont omniprésents encore aujourd’hui, mais il y a aussi une multiplication de niches, et de quarts d’heure de célébrités à tous les étages, et certains auteurs obscurs trouvent tout de même un public. Si bien qu’on aboutit à des folies inverses, comme avec Nick Drake par exemple.

    Pour contourner la question, grâce à certains réseaux sociaux, on trouve des choses étonnantes et peu connues ; par exemple j’ai trouvé de manière tout à fait hasardeuse le groupe Demon Fuzz ou Osamu Katajima. Ils n’ont rien à envier aux stars de l’époque.

    Et puis la plupart des disques de ce qu’on nomme improprement le post-punk sont parmi les plus intéressants que le rock ait produit : Lydia Lunch, Pere Ubu, The Residents, Gang of Four, Devo, la compilation Akron, même Jona Lewie ou Ian Dury sont plus intéressants qu’une grande partie de ce qu’on nous sert habituellement.

    Chez les classiques, on devrait mieux écouter Paul Simon, Elvis Costello, Joe Jackson, Joni Mitchell, Rickie Lee Jones, Dr John, Sly Stone, George Clinton, les Talking Heads, les Beastie Boys… Rage against the Machine cent fois plutôt que les Red Hot Chili Peppers ; Love plutôt que les Doors ; Henry Rollins plutôt que Offspring ; Talk Talk plutôt que Radiohead…


    Quel disque est à ton avis bien trop surestimé ?
    C’est beaucoup plus facile : c’est le top ten de la plupart des listes idiotes. Sergent Peppers lonely heart club band est certainement le disque sur lequel on fonde le plus d’espoir et sur lequel on forge le plus grand nombre de jugements incongrus ; à part cela des disques décrétés comme chefs d’œuvre comme Blonde on blonde, certains disques d’Hendrix, la plupart de ceux de Lou Reed, ou le Black album de Metallica, me paraissent largement surévalués, tout simplement parce qu’ils n’ont pas la force d’évocation, qui elle peut être subversive, d’autres œuvres moins collectivement saluées, ou bien ils n’ont pas trouvé la forme qui rendrait grâce à leur propos artistique singulier (et bien souvent, il n’y a pas de propos, ou il n’est pas singulier1).


    Quel disque serait une bonne B.O. ?
    Il y a de bonnes B.O. de “rockers” comme Paris, Texas, ou Dead man, mais c’est vrai que ce sont plutôt des plages réservées de musiciens uniques…

    Une bonne B.O. est peut-être ne compilation, comme l’a bien compris ce filou de Tarantino. Mais c’est très dur à faire une bonne compilation. Ça prend des lustres.


    Quel artiste te tape sur les nerfs ?
    Ceux qui y croient, ceux dont on ne comprend pas comment ils peuvent exister : Led Zeppelin, AC/DC, Tears for Fears, INXS, Guns n’Roses, Van Halen… la liste est longue !


    Pour quel musicien(ne) as-tu un amour inconditionnel ?
    Si c’est le sens de la question, je suis très très très tolérant avec Prince.


    Quel musicien a une discographie parfaite ?
    Ils ne sont pas nombreux, en réalité ils sont très rares ; mais des groupes ou artistes qui ont dépassé à la fois le clash, la mort à 27 ans et les années 80, je dirais qu’il n’y a que Paul Simon. Très peu d’albums, très peu d’erreur de goût, y compris dans les années 80. Je n’ose imaginer les Beatles ou Hendrix traverser ces années (enfin si on a vu avec McCartney).

    Sinon Pere Ubu et les Residents ne se sont guère dévoyés non plus.


    Quel disque aurais-tu aimé écrire ?
    Low de Bowie, je dirais.


    Quel musicien peut ruiner un disque pour toi ?
    On parlerait peut-être plutôt d’instruments de musique : les synthétiseurs à la Dire Straits, ou les solos de guitare des guitar-heroes (Clapton, encore un type surestimé), ou encore toute batterie à double grosse caisse, sont rédhibitoires.

    Mais les requins de studio, comme Jeff Porcaro, me sont insupportables.


    Quel disque d’horreur continue à te terrifier ?
    Brothers in arms de Dire Straits.


    Quel disque qui va bientôt sortir attends-tu avec impatience ?
    Aucun. Il n’y a plus de désir de rock nouveau en moi. Mes derniers “coups de cœur” étaient P.J.Harvey, Henry Rollins, Jon Spencer, c’est pour dire. Tout ce que j’ai écouté depuis près de vingt ans m’ennuie profondément. A part des surprises ça et là (j’ai par exemple une affection particulière pour des trucs insignifiants comme Cake ou The Presidents of the United States of America), mais rien qui ne fasse carrière, renom ou borne durable ; je crois que ce temps-là est terminé. Et puis le hip-hop, l’électro sont passés par là ; et puis il y a tout le jazz, le funk, le blues, aussi…

    Les disques que j’attends ne sont pas dans le rock (est-ce que j’attends encore des disques d’ailleurs ?). Antipop Consortium, oui. Ou même le Kronos Quartet. Et c’est déjà très vieux.

    Adult Jazz m’a bluffé l’an dernier. Et je dois dire que $o$ de Die Antwoord est un disque qui à mon sens demeurera important, malgré toute la vulgarité et la pseudo-ironie du projet.


    Quel disque prétends-tu avoir entendu ?
    J’ai écouté toutes les disques, hélas.


    Cinq disques que tu peux écouter encore et encore et toujours être surpris par leur génie :
    Je les ai déjà tous cités, non ? Low, Entertainment !, More, Gris-gris et Parade ? Ce sont exactement les disques que j’ai chroniqués (ou vais chroniquer) ici-même ! Ah, et aussi la série des Ethiopiques recèle une immense part de mon idéal musical.

    1. Avec un très grand connaisseur, Gilles Amiel de Ménard, par ailleurs ingénieur du son, nous avons cherché à clarifier notre position ici.

    Which one’s Pink ?

    juillet 9th, 2015 § 0 comments § permalink

    Choix musicaux Autrefois, aujourd’hui, je détestais les compilations. Chez les artistes les plus communs, les mieux partagés, les monstres que malgré tout on adore, on ne sauve de trop de morceaux que de sempiternelles scies. Pire encore que les « Best of », les « Greatest Hits » ; on se demande si ces monstres plaisent parce qu’ils sont connus ou l’inverse. Comme de toute façon le parcours d’un artiste est inégal, on cherche à sauver les perles, les tentatives plus hardies, les risques plus sincères. Ce sont donc ces Choix musicaux.


    floyd_five


    Tracklist

    Suivies d’une *, la version courte en un album, les indispensables [le connoisseur reconnaîtra une certaine similitude avec l’existante compilation Works de 19831].

    Which one’s Pink ? 1

    1. Echoes (1)
    2*. Up the Khyber
    3*. Have a cigar
    4*. Paint box
    5. Nobody home
    6. Vera
    7. Cymbaline
    8*. Mudmen
    9 Money
    10. Several species of small furry animals gathered together in a cave and grooving with a pict
    11*. Mother fore
    12*. Main theme
    13*. Any colour you like
    14. The final cut



    Entracte

    Which one’s Pink ? 1

    15*. One of these days (I’m going to cut you into several pieces)
    16. Lucifer Sam
    17*. Come in, number 51, your time is up
    18. Summer ’68
    19. Green is the colour
    20*. The great gig in the sky
    21. Dramatic theme
    22*. San Tropez
    23. Wot’s ? Uh the deal
    24*. Pigs
    25*. Brain Damage
    26*. Eclipse
    27. Echoes (2)

    1, 27 : Live at Pompei, 1972
    2, 7, 12, 19, 21 : More, 1969
    3 : Wish you were here, 1975
    4 : Apples and oranges, 1967
    5, 6 : The wall, 1979
    8, 23 : Obscured by clouds, 1972
    9, 13, 20, 25, 26 : The dark side of the moon, 1973
    10 : Ummagumma, 1969
    11, 18 : Atom heart mother, 1970
    14 : The final cut, 1983
    15, 22 : Meddle, 1971
    16 : The piper at the gates of dawn, 1967
    17 : Musique de Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni
    24 : Animals, 1977

    1. Voilà bien la bêtise du rock ; le site Allmusic, justement en lien, décrit cette compilatin comme « pointless » et ajoute : « it’s a disservice to Pink Floyd and an insult to their fans » ; je pense exactement le contraire.

    Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

    juin 28th, 2015 § 0 comments § permalink

    III. Dates

    Sommaire de la série

    0. Avertissements
    I. Faits
    II. Disques
    III. Dates
    IV. Noms


    ➔ 1949 premiers concerts de Jerry Lee Lewis

    ➔ Janvier 1951 l’un des premiers disques de rock est enregistré : Rocket ’88 de Jackie Brenston avec les Kings of Rythm d’Ike Turner.

    ➔ Janvier 1953 Bill Haley enregistre le premier morceau de rock blanc.

    ➔ 1954 Leo Fender créé la Fender Stratocaster.

    ➔ 19 juillet 1954 That’s all right (Mama)/Blue moon of Kentucky, premier simple d’Elvis Presley.

    ➔ 14 janvier 1956 Tutti frutti de Little Richard.

    ➔ 3 novembre 1957 Great ball of fire de Jerry Lee Lewis.

    ➔ 3 février 1959 mort de Buddy Holly, Ritchie Valens, et the Big Bopper dans un accident d’avion.

    ➔ Janvier 1961 premiers concerts des Beatles.

    ➔ 1er juin 1964 les Rolling Stones découvrent l’Amérique, l’Amérique blanche découvre le blues.

    ➔ 1967-1969 plusieurs des meilleurs albums du rock (The Beatles, The Rolling Stones, Bob Dylan, The Jimi Hendrix Experience) ainsi que de fracassants débuts paraissent (The Doors, Pink Floyd, Love, etc.).

    ➔ Février 1969 MC5 publie Kick out the jams !

    ➔ 3 juillet 1969 mort de Brian Jones, premier d’une longue série : Jimi Hendrix et Janis Joplin en 1970, Jim Morisson en 1971. Otis Redding, mort en 1967, ne fait pas partie du groupe des 27.

    ➔ 15-17 août 1969 Woodstock, avec Jimi Hendrix, Janis Joplin, Sly and the Family Stone, Joan Baez, Santana, the Grateful Dead, Jefferson Airplane, the Who, Creedence Clearwater Revival, Joe Cocker, Country Joe and the Fish, The Band, Ten Years After, and Crosby, Stills, Nash & Young.

    ➔ 6 décembre 1969 festival d’Altamont (avec The Rolling Stones, Santana, The Flying Burrito Brothers, Jefferson Airplane, Crosby, Stills & Nash and Young), et mort de Meredith Hunter, assassiné par les Hell’s Angels. Les Stones, interloqués.

    ➔ 1972 une année de très grands disques, avec les classiques de Neil Young, David Bowie, Lou Reed…

    ➔ 12 mai 1972 Exile on main street, dernier album des Rolling Stones, aboutissement du genre musical.

    ➔ 10 mars 1973 Pink Floyd publie The dark side of the moon, mort légale du rock.

    ➔ 1974-1975 premiers groupes de punk dans l’Oklahoma, l’Ohio, l’Illinois, puis New York. Puis en Grande-Bretagne et Australie.

    ➔ 1978 premiers concerts de Prince.

    ➔ 8 décembre 1980 John Lennon est assassiné à New York. Le rock entame la traversée du désert que seul vient sauver le confidentiel post-punk (Gang of Four, Magazine, Wire…)

    ➔ Août 1981 lancement de MTV.

    ➔ Janvier 1991 Nirvana publie Nevermind.

    ➔ 8 avril 1994 suicide de Kurt Cobain.

    Rock’n’roll will die endlessly

    Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

    juin 28th, 2015 § 3 comments § permalink

    IV. Noms

    Sommaire de la série

    0. Avertissements
    I. Faits
    II. Disques
    III. Dates
    IV. Noms

    Le tableau ci-dessous rassemble en plusieurs catégories les « grands noms » du rock, décennie par décennie.

    Ces catégories désignent le degré de lucidité et de cohérence avec lequel l’artiste propose son œuvre : I. Grands naïfs, 2. Paumés complets, 3. Gros branleurs, 4. Bons cyniques, 5. Adultes, 6. Ailleurs…

    Il faut cliquer pour lire !

    Sisyphe inconstant, les noms

    More ★ Pink Floyd

    juin 25th, 2015 § 0 comments § permalink

    Un texte de Sisyphe inconstant
    Pink Floyd est un drôle de groupe, outrageusement sous-estimé, à mon sens, et par ceux qui l’ignorent et le méprisent en le rangeant dans le camp des hippies, et par ceux qui l’encensent en répétant toujours les mêmes trucs, le relou The wall. J’ai aimé PF au moment précis où j’ai pris mon indépendance. Pas facile de trouver le bon disque — j’ai depuis beaucoup réécouté Obscured by clouds, ce pré-Dark side, et Dark side of the moon lui-même reste un incontournable de la vie. Animals tient le choc, plus que Wish you were here selon moi), The final cut n’est vraiment pas à jeter aux ronces parce qu’on est capricieux. La période Barrett est souvent valorisée ; hormis les morceaux propres de Wright et Waters qui se comptent sur les doigts d’une main, je la relèguerai au génie même de Barrett seul. Pour moi le Floyd c’est de 69 à 83 le quatuor avec Mason et Gilmour (on le comprend à l’écoute du disque live d’Ummagumma — et dans les pirates de 69 à 72, où se peuvent entendre d’étonnantes versions de Cymbaline et Green is the colour, deux fers de lance des setlists de l’époque — comment ils récupèrent les morceaux anciens et façonnent leurs nouvelles armes). Ainsi More, qui est le premier truc de musique inouïe que j’écoutais. Un voyage. Un voyage de formation.

    Cirrus minor

    C’est un vieil appentis sous les toits, je me l’étais approprié. Un vieux matelas puant de plumes, une moquette qui sentait la cendre froide, toutes les BD dans une grande étagère, une vieille platine disque et la musique envahit.

    C’est une cave humide, de ciment, de moellons, aucune fioritures, il y a une cuve de fuel quelque part qui empeste de ses dégueulures. J’y ai entreposé toutes mes affaires et un vieux magnétophone.

    Avant c’est un tas de ferrailles, des conduits d’aération industriels stockés derrière une usine, de zinc ou d’aluminium comme damassé par les ponceuses, qu’on avait agencé pour faire une sorte de cabane en fer. Je m’y réfugie et m’y branle.

    C’étaient mes lieux, reculés, écartés pour ne pas être dans un carcan ou l’autre, j’y venais aiguiser mon sens géographique, ou mieux, mon sens de l’espace.

    C’était mes premiers voyages, ceux où on se prend à habiter.

    Ça suivait les petites voitures, les figurines, ça suivait.

    On avait trouvé un disque, puis pleins d’autres du même groupe, et on commençait à fumer de la beuh (comment on se la procurait, je n’en ai aucune idée, je n’ai jamais mis un centime dans la matière).

    Les monstres prenaient forme, mais c’était pas plus mal, parce que comme ça on les voyait enfin, on savait contre quoi se battre. Y’en avait un sacré paquet.

    Ça faisait des touches dans la nuit, des photons projetés sur les murs. Des oiseaux, des rambardes de psychologie.


    The Nile song

    C’est du passé tout ça, mais ça remue encore.

    Toute cette colère, cette hargne où est-ce qu’on a bien pu la fourrer ? On n’avait jamais été autant en cris, des cris qui étaient une pâte molle qu’on essayait tant bien que mal à sculpter, en faire au moins quelque chose, puisque les trucs des autres ça marche pas.

    On essayait tous les vêtements qu’on trouvait. C’était facile l’escalade. Une marche entraîne l’autre. On ne faisait que monter.


    Crying song

    Des journées allongé, à regarder le plafond. Sans bouger, même pas fumer.

    Se projeter, mais sans savoir où, simplement se projeter. Enfin se laisser porter vers, plutôt, aucune violence dans ce déplacement.

    Se dériver, sans but, sans aucune volonté, la planche, comme en plein soleil.

    Et recommencer.

    Et recommencer, recommencer sans fin.


    Up the Khyber

    La colère parfois est un peu mieux ficelée, elle fait des arpèges, des sarabandes.

    Les rôles c’est-à-dire les gestes, sont mieux répartis, les voix sont tempérées, les eaux sont décantées et les couteaux aiguisés.

    Dans l’arrière chambre, on lustre et ménage les muscles, il n’en faudrait pas beaucoup pour débander tous ces arcs. La nuit est ainsi très sèche tendue noire.

    On dérape un peu, on a encore beaucoup à apprendre, on ne franchit pas tous les cols la première fois.

    On se resaisit. Tu es belle tu sais la nuit.

    Rembobine.


    Green is the colour

    La paix.

    La paix est revenu dans un de ces endroits que tu affectionnes. Un genre de bassin près d’une source, sous des arbres immenses. L’eau est poisseuse, le sol est un mélange de feuilles, de vase et de cailloux, tu ne vois pas tes pieds.

    Tu restes là des heures, jusqu’à geler. Ça viendra, tu le sens.


    Cymbaline

    Et ça vient.

    Les paysages arrivent.

    Ceux d’après, ceux de quand tu seras libéré. Libéré, enfin plutôt, quand ta cage sera plus vaste, plus diluée.

    Tu les vois ces premiers paysages de falaises, de terres ocres, la Haute-Provence ?

    Ou quelque désolation volcanique, rien en tout cas d’inquiétant. Pas comme ces pelouses sur les faîtes d’altitude (tu n’as pas encore muselé le vertige).

    Et puis c’est une autre voix, assez affable pour évoquer avec toi les vignettes du passé.

    Il ne faut pas grand chose pour faire d’un refrain un paysage.

    Une ambiance de l’ouest, on ne sait toujours pas comment dire, un désert, peut-être, mais on s’y trouve à l’aise.

    Peut-être parce que ce lieu est ouvert.

    Ou bien un temps reculé, peut-être. Peut-être ça le lien. Pas un ailleurs, ou même pas un autre temps, mais la promesse que quelque chose puisse survenir. L’ouest, le passé, c’est ça, un temps de fondation, un temps de possible.

    Un moment plein d’images, si j’ose dire. De photographies qui s’entremêlent, de bobines tressées en toute quiétude.


    Party sequence

    Un pied resté mangé par la glaise.
    Ce pied voit tout un monde disparu.
    Un monde englouti où des voiles, où des cistres, des cuivres.
    Un monde étrusque fait de vases noirs, de fruits trop sucrés, de coquillages offerts aux peaux.


    Main theme
    [l’un des morceaux les plus cohérents du quatuor]

    Pas les monstres, les demi-dieux.
    Une assemblée qui se règle à la danse de l’un, aux crachats de l’autre, des pièces en enfilade de séquences qu’on ne saurait décrire.

    Des demi-portions sans bouche apportent du vin, des fruits, des perles pour noyer des corps nus.

    Des hommes sévères observent.

    Des femmes lascives, maquillées excessivement.

    Un noir à la batterie qui chavire, tranquillement. En cadence.

    On boit, on se frotte, on remue.

    Arrivent les notables, c’est une seconde de stupeur sur la face des animaux sauvages, et le brouhaha repart.

    On n’est plus soi-même, d’ailleurs chacun porte son masque.

    Le notable est installé, avec mignons, mignonnes, robe de soirée, et porc-épic sous les pieds.

    Les flammes sont éteintes. C’est la procession de la nuit.


    Ibiza bar

    Ça remue encore, mais c’est du passé tout ça.

    On a canalisé pas mal la plaine tu vois. On a fait de petits lingots, on a fait de la rage une force motrice. On a grandi, agrandi les territoires, on se sent mieux chez toi.

    On se promène l’œil moqueur, maintenant on ne craint pas de tomber sur un serpent. En asséchant les sangs on domestique.

    Ah oui, on a bien bouffé à tous les râteliers, maintenant on n’irait plus se jeter dans des filets puants. On n’irait plus écrire avec des chiffons de suie. On a une terrasse, de là on voit la mer. Après, on n’a plus envie de descendre.


    More blues

    Silence de faucille d’or.

    Sourire sueur.

    Point.


    Quicksilver

    Enfermé dans son cristal liquide, le monstre rayure en vain.

    Le paysage se dégonfle, crevé.

    La fête est finie, c’est la nausée. Quelques hôtes chatouillent encore dans les buissons, un type doit vomir quelque part, mais le jour a déjà percé les illusions les rêves.

    Le monstre a compris qu’il fallait parcourir plutôt que s’entêter à sortir.

    COMPOSER COMPOSER il dit COMPOSER BRASSE MUE on ne comprend pas tout, lui non plus ne fait pas d’effort.

    Ce n’est pas des efforts que l’on peut attendre d’un monstre, plutôt des coups de fouets, des vents nauséabonds, des balayages, du foutre-en-l’air méthodique et méthodiquement injuste.

    Le voilà grandes pattes d’araignée, élastique corps glanduleux, sangsue large et ogre, orage vésicules muqueuses, orage velu, vermiforme tourbillon d’une blancheur d’île, mérinos décharné attaché au piloris arraché, la chaîne fait bling, bling, et autres termites ou fourmis ou guêpes ou quelconques essaims de larves grouillantes éructantes vrombissantes rongeantes ronflantes, protandre béance parcheminée d’yeux liquides (eh oui), bref, vouivre au taquet, déchiquète-livres, cliquetis d’irresponsable mécanique-catastrophe, ravage tout sur son passage, dégage, défraie, déraille, détruit, défonce,

    BREF,

    remets les compteurs à que d’chi !


    A Spanish piece

    Il y a toujours un type avec un chapeau dégueulasse qui t’attend à une taverne, qui parle dans un langage chamarré, mi cajun mi yiddish, un type mal rasé et qui pue un peu, pour te parler du cul des femmes, du cuivre des bouteilles ou d’une solution à ton problème.

    Et en général ça finit dans du papier gras.


    Dramatic theme

    Le torse haut et droit, tu sors enfin de ta cabane. Tu te laisses apercevoir. Tu fais mine d’être à l’aise, d’être familier, d’être accessible. Tu portes un galure de paille, t’installes aux terrasses, tu blagues et tu croques une pêche en lisant le journal. Tu es ridiculement affable.

    Derrière pourtant il y a un petit moment de doute, elle est encore tenace, la petite vitamine, l’étincelle noire qui creuse ta tombe et te fais avancer.

    Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

    mai 28th, 2015 § 1 comment § permalink

    II. Disques

    Sommaire de la série

    0. Avertissements
    I. Faits
    II. Disques
    III. Dates
    IV. Noms


    Les pochettes renvoient aux textes — sauf que tous ne sont pas encore écrits : ils renvoient alors à la page correspondante du site Allmusic.com

    stones, exile


    Tous ces disques ! Sont ceux que j’écoute le plus, sans doute ; ou, si je ne les écoute pas beaucoup, ceux dont je ne voudrais pas me séparer ; ou, si je ne les possède pas physiquement (en réalité je n’ai plus de disques), ceux que je voudrais avoir chez moi.

    Je vais tenter une expérience qui me trotte dans la tête depuis des années et des années. Parler des disques qui me bouleversent mais non pas exactement comme un critique ou un musicien (que je ne suis pas, ni l’un, ni l’autre), plutôt en tirant les impressions, le style, l’atmosphère vers des formes littéraires…

    Au premier coup d’œil, ces disques, dont la liste est (à peu près) tirée de ma propre page Médiathèque, n’appartiennent pas tous au rock. Alors pourquoi la reprendre telle quelle ? Nous verrons bien.


    Comment procéder ? Voici :
    1. Parcourir l’exposition de pochettes avec les yeux ; se laisser prendre par les couleurs et les formes, les graphismes et les images, se laisser porter par leur ineffable poésie.
    2. Toutes les pochettes sont cliquables et renvoient pour l’instant vers le site d’Allmusic.com, sauf exceptions rares (disques qui n’y seraient pas référencés). Au fur et à mesure de l’avancement du projet — que je prévois au long cours —, certains de ces albums seront “visités” par la littérature.
    3. Déposer les a priori sur le rock, chose difficile, dans un monde dominé par les émotions.


    Albums revisités.
    0. Exile on main street, The Rolling Stones, 1972. [C’est une vielle chronique, encore bien trop sérieuse pour être honnête. A revoir]
    1. Gris-gris, Dr John, 1968.
    2. Neu !, Neu !, 1972
    3. Parade, Prince, 1986
    4. The tragic epilogue, Antipop consortium, 2000
    5. Low, David Bowie, 1977
    6. More, Pink Floyd, 1969
    7. Entertainment !, Gang Of Four, 1979

    Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

    mai 28th, 2015 § 0 comments § permalink

    I. Faits

    Sommaire de la série

    0. Avertissements
    I. Faits
    II. Disques
    III. Dates
    IV. Noms


    (Cliquer sur les phrases soulignées pour lire.)


    A. Le rock est mort, c’est un fait établi.

    B. Le rock n’existe pas plus que l’adolescence.

    C. Le rock n’est pas un geste révolutionnaire.

    D. Les musiciens de rock sont nuls.

    E. Il n’y a pas d’œuvre majeure du rock.