Skip to content

Menu
  • La maison
    • Benoît Vincent…
    • 20 ans d’Ail !
    • Index
    • Finie la serendipité, vive la folksonomie
    • Thèque
    • Liens
    • Sur le logo
  • Publications
    • Paramar | avec Emanuela Schiano di Pepe
    • Synovie (Rhizes – Pholques) | Avec Laurence Morizet
    • Féroce
    • La littérature inquiète
    • L’entreterre
    • Un de ces jours
    • GEnove. Villes épuisées
    • Local héros
    • Farigoule Bastard
    • Pas rien
  • Textes
    • Fragments
    • Continue poésie
    • Critique chronique
    • Notes cénologiques
    • Pistes et sillages
    • Polémiques
    • Secrétaire
    • Vademecum
  • La littérature
    inquiète
  • Chantiers
    • Travaux en cours
      • De par la ville de par le monde
      • Résidences
      • L’affaire Panitza
      • Bobines
      • Vorace
    • Général Instin
    • Travaux non édités
    • Musique
  • Rencontres
    • Agenda
    • Résidences de création
      • Conversation Générale
        avec Emanuela Schiano di Pepe | CHBD 2024
      • Archivive | IMEC 2024
    • Ateliers
    • Contact
  • ĐeĦors >>>
Menu

Suffit sa peine 71 • Le débat des cantonales

Posted on 11 mars 20117 octobre 2011 by Benoît Vincent

Où l’on apprend que…

§ Je vous rends comme j’ai reçu Il a dit, clôturant par cette sentence un rien solennelle son intervention dans le débat des cantonales. A cet instant, rien n’aurait pu présager des évènements qui allaient se dérouler les moments qui suivraient.

§ Le public s’est levé comme un seul homme, assommé par la longueur de la soirée ; les candidats se sont félicités, encouragés, les animateurs ont commencé à ranger les chaises libres, tout est rentré dans l’ordre. Un hypocrite sourire s’est substitué aux rares vagues de friction passée. Le pseudo-débat qui venait de se dérouler a conforté les uns dans leur opinion, échauffé certains dans leur maigre revendication, dehors les fumeurs fumaient, les voitures dansaient maladroitement, il commençait à pleuvoir quelques gouttes qui eurent tôt fait de disperser les groupes qui s’attardaient sur une colère, une stupeur ou un bon mot qui devenait faribole, déjà obsolète. Les trois candidats ayant démontré que, sur le fond, il n’y avait pas de désaccord essentiel, les honneurs étaient saufs et, en cette veille de week-end, ils partageaient déjà le sort des eaux pluviales ; destinaient au caniveau les ors froissés de leur nuisible programme ; riaient ensemble de leurs pactes futurs, de leurs trahisons passées. Je rangeais les chaises aussi, chassant ainsi les inévitables sangsues qui envisageait de me rompre les couilles par leur présence, leurs cigarettes roulées ou leur mauvais paletot. Je tenais de l’œil l’homme du sud, de la terre, dont les mots avaient éconduit la parole publique (celle des mots enregistrés, vomis, surannés) ; il restait dans un coin de la salle, regardait dehors la fausse chaleureuse ronde des trois supposés ennemis. Pour lui n’en faisaient qu’un. Il portait sur le visage la triste face de n’en plus pouvoir. Je sus plus tard qu’agriculteur engagé politiquement, il portait sur la tortue de son dos le sort d’une famille nombreuse et nécessiteuse. Il était aussi au bout du goulot.

§ Un conseiller municipal hargneux, à la grande barge aboyant et mauvais d’haleine comme de cœur, vitupérait pour trois connards de ses amis, répétant que la démocratie participative était une connerie et qu’on n’avait pas besoin de couillons pour nous dire ce qu’on avait à faire quand on était élu. Il était relativement soutenu, parce qu’une grande langue a besoin d’étais, et qu’on cède aussi en groupe, le soir, la nuit, ailleurs que chez soi. C’est allé vite alors. L’homme de terre a sorti une arme, qu’on n’aurait ni soupçonnée ni crue si non vue, et il a tiré dans le tas, le conseiller municipal beuglant, les trois candidats, leurs trois remplaçants qui se tenaient un peu à l’écart, méfiants, les animateurs, les bénévoles, quelques personnes. Quatre morts, neuf blessés graves. Un parterre éclaboussé de sang des uns et des autres mêlés… Une pluie rouge. Une pluie devenue rouge.

< Précédent • Suivant >

Partager la publication "Suffit sa peine 71 • Le débat des cantonales"

  • Facebook
  • X

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Livres

Benoît Vincent - Féroce - Bakélite 2024

Benoît Vincent - La littérature inquiète - Publie.net 2020 Benoît Vincent - Un de ces jours - Publie.net 2011, 2020 Benoît Vincent - L'anonyme - Publie.net 2010, 2020

 Benoît Vincent - Farigoule Bastard - LNA 2015 Benoît Vincent - GEnova - LNA 2017

Benoît Vincent - Un de ces jours - Publie.net 2018  Benoît Vincent - Local héros - Publie.net 2018

Général Instin - Climax - LNA 2015  Général Instin - Spoon River - LNA 2016

Articles récents

  • RIP Hélène Sturm 16 février 2026
  • RIP Francis Hallé 1 janvier 2026
  • La nature est politique 10 août 2025
  • Vorace §77 1 août 2025
  • L’attrait des larmes 4 juin 2025
  • Instances et régimes de réalité
    (Notes cénologiques 6)
    19 avril 2025
  • Objet de culte 16 avril 2025
  • Fragment 6 avril 2025
  • Fuck news 3 avril 2025
  • Fragment 2 avril 2025
  • Fragment 1 avril 2025
  • Fragment 31 mars 2025
  • Vive la guerre ! 6 mars 2025
  • Films 2025 6 février 2025
  • RIP Marianne Faithfull 31 janvier 2025
  • Le — prologue 18 janvier 2025
  • RIP David Lynch 15 janvier 2025
  • Dans cette maison, sur ce matin 25 décembre 2024
  • Stufo dell’America 23 novembre 2024
  • Vorace §83 21 novembre 2024
  • Vorace §82 21 novembre 2024
  • Organon général 29 octobre 2024
  • Archivive — conclusion 25 octobre 2024
  • Archivive — sous nos yeux 24 octobre 2024
  • Archivive — fleurs 21 octobre 2024
  • Archivive — le souterrain numéro 7 19 octobre 2024
  • Archivive — on n’en sort jamais 17 octobre 2024
  • L’odeur d’un cri 13 octobre 2024
  • Archivive x Conversation générale — note croisée du soin et de la vie 9 octobre 2024
  • Archivive — chassez le naturel 26 septembre 2024
  • Archivive — L’IMMOBILITE 26 septembre 2024
  • Archivive — détour paysage 24 septembre 2024
  • Archivive — patrimoines ? 24 septembre 2024
  • Cartographie des habités — note d’intention 22 septembre 2024
  • Archivive — archimorte 20 septembre 2024
  • Archivive — deux ou trois mots sur la critique 20 septembre 2024
  • Archivive — catalogue du catalogue 20 septembre 2024
  • Vorace §14 25 août 2024
  • Vorace §43 16 août 2024
  • Vorace §95 8 août 2024
© 2026 | Sur une base de thèmes préconcus