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Suffit sa peine 39

Posted on 7 février 201111 novembre 2011 by Benoît Vincent

Où l’on apprend que…

§ Je n’ai jamais plus habité en un lieu comme je le faisais enfant. Aujourd’hui, je laisse passer le lieu devant, je le laisse m’entourer, mais je ne l’habite plus. Je n’ai plus ce désir de recoins, cette manie d’installer des objets comme on dessine des frontières sur une carte ou comme on pose des murailles dans la prairie. Je n’ai plus d’images à mes murs, mes affaires sont entassées dans un coin. La table et le lit sont encore un peu répandus, et seuls s’assument dans leur encombrement. Je n’habite pas chez moi.

§ J’en ai pris conscience aujourd’hui, alors que, pour mon travail, j’ai dû monter dans ces villages inaccessibles, qu’on voit toujours du bas, et de loin. J’ai dû monter tout là-haut, dans les épingles et, comme j’étais un peu en avance je me suis promené entre les rangs d’oliviers. En déambulant comme ça, je suis arrivé derrière les maisons les plus hautes du village. De belles maisons de pierre, orientées plein sud. J’étais derrière, donc surplombant leur dos, leur petite terrasse aménagée, agrémentée d’une table, d’une balancelle. Je me suis retrouvé ailleurs, dans une grande ville, une grande ville de mon enfance. Dans l’arrière-cour, dans la ruelle de derrière, dans un recoin. Pas du bon côté. Comme j’aimais à soupeser en esprit la façade officielle et la vie qui s’échappait de la cuisine qui donnait sur le jardin. Sous forme de chats noirs, d’épluchures et de rayons de soleil. De fracas des vaisselles. De fatras de vaisselles. D’odeurs suspectes. Et d’avance sur les plats à venir, de gestion des stocks et de notes de commissions. Quand la maison était sombre, seule la cuisine riait avec son extérieur ; on voyait les petits talus sur lesquels • les fraisiers, on s’amusait à courir sur les petits chemins tassés entre les rangs de courgettes, d’aubergines et de tomates ; on voyait les étendages, les grands étendages toujours chargés de blanc, et on lavait, on lavait. On entendait la cloche ; on y voyait dehors, surtout, le reste de la maison, salon, salle à manger, restait clos.

§ Ce bruit, ces vapeurs infernales, ces mélanges de fritures et de linge, tout ce blanc, tout ce blanc, tout ce blanc ; ça voulait dire, on occupe l’espace et par conséquent | le temps ; on a | des tâches, des | choses à faire. J’ai bien essayé par la suite de construire mon lieu et de l’occuper, puis sans but on se lasse. Aujourd’hui j’ai des choses à faire oui, un emploi du temps tellement plein que je n’ai même pas le temps de poser une affiche sur l’un de mes murs. Lorsque le chargé de mission me retrouva, je sortis de mon rêve. Il faisait une drôle de tête, comme un peu dégoûté, lorsqu’il me dit — me | cracha — mais vous pleurez ?

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