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Suffit sa peine 28

Posted on 27 janvier 201111 novembre 2011 by Benoît Vincent

Où l’on apprend que


à Claro


§ Le corps est un machin vachement bien foutu. Et qui se défend bien. Je m’émerveille toujours de ce que, lorsqu’il est meurtri ou blessé, les morceaux concernés cicatrisent, et retrouvent leur forme initiale. La cicatrisation, la rémission, la plastique de la rémission.

§ On pourrait imaginer que les membres&organes, déformés par le choc, l’hématome ou la douleur, ne puissent retrouver leur bel agencement primordial, que leur lente harmonie se rompe. Que le corps flasque, s’efflasque, s’affale à terre comme une flaque. On pourrait imaginer que les cellules, ayant oublié (ou jamais connu) leur dasein profond, leur carte d’identité, s’amusent à poursuivre un dessein original et inédit. Des doigts pousseraient au lieu des cicatrices, ou des nez, ou des membres minuscules dont la forme nous serait familière et que pourtant nous ne pourrions rattacher à aucun nom, à aucune fonction. Derrière un eczéma, un chantier d’organes ! Derrière un prurit, un atelier de membres ! Derrière un herpès, une promesse de corps ! Les gens se repèreraient à leur surface plus ou moins rugueuse, on en déduirait leurs malheurs, leurs batailles, leurs accidents. De véritables sagas naîtraient de la lecture des peaux et des corps, et de nouveaux mythes séjourneraient chez nos voisins monstrueux. Le plus infime deviendrait le plus insigne. Le plus médiocre, le sujet permanent des affres de la vie, ceux qui s’adonnent à bousiller leur parcours sur cette terre, les alcolos, les pédés, les honteux | les lépreux, les venimeux, les moches, les malnutris, les déficients | ceux qui cognent et se cognent, ceux qui égarent et s’égarent, ceux qui touchent et se touchent | les émétiques, les erratiques, les étiques | ceux qui subissent continuellement, les classes populaires, les nids de poux, les plis de coups, les dégueulasses, bref tous ceux pour qui le corps n’est ni outil esthétique, ni lieu d’intime exercice, ni argument pour la rencontre et le dialogue | tous ceux pour qui le corps est entrave | Ceux dont le corps est embâcle | Ceux dont le corps embâcle, ne le projettent pas dans le monde comme chance mais comme balafre, ceux qui sont bûches, des cicatrices individuées, de sanguinolents sourires | Tous ceux-là deviendraient. Des dieux.

§ Mais non. Les commissures, miraculeusement, restent en place. Se redessine la ligne qui sépare la lèvre de la joue, range la muqueuse et le duvet, lèvre rosée humide contre joue avide de pilosité. Depuis la nuit des temps, les organes et les membres se spécialisent. Le corps agit en nous sans qu’on n’en sache rien, sans qu’on ne maîtrise rien. A peine ne serait-on pas mis dehors. Les aiguilles sont incessantes, précises, obstinées. Le corps tricote. Le foie comme les cheveux, les seins comme les ongles, la cervelle et les sexes se répartissent les tâches, équitablement, harmonieusement, inconsciemment, comme une usine absurde, et les ouvriers mimant je ne sais quelle imbécile utopie communiste. Nos commissures retrouvent leur place, derrière l’herpès, le bouton, et c’est à peine si les mots, aussi crus et contondants soient-ils, que nous y soufflons, abrasif ramonage, peuvent distraire les humections de l’une, les libations de l’autre, au moyen de cette foutue machine qu’on appelle langue.

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