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Suffit sa peine 25

Posted on 24 janvier 201111 novembre 2011 by Benoît Vincent

Où l’on apprend que…


§ Je ne vous comprends pas toujours.

§ Vous vivez dans un pays libre. Vous avez des droits. Vous avez accès à tous les plaisirs et les loisirs qu’un homme décemment constitué peut souhaiter dans la vie. Vous avez des revendeurs de télévision d’écrans plats et coins carrés à toutes les sorties de vos villes. Vous avez des restaurants partout. Vous avez de la viande, du lait, du pain, des frites à profusion. Parfois même à volonté. Vous avez une agriculture subventionnée par nos soins grâce à la PAC ; vous avez même une culture alternative, biologique, pour satisfaire les plus exigeants (les plus excentriques aussi) d’entre vous. Vous avez la téléphonie mobile. Vous avez la TNT. Vous avez un logement relativement décent, en tout cas toujours en meilleur état — et de loin — que celui de vos grands-parents (rappelez-vous qu’ils vivaient dans la bouse et se chauffaient avec leur troupeau dans la cuisine au sol de terre battue). On vous a construit des autoroutes, des gares, des aéroports. Vous vous déplacez à vive allure partout, parfois pour des motifs obscurs, mais vous le faites. Vous avez des grandes surfaces habilement réparties sur toute la surface du territoire. Vous avez droit à l’hôpital et aux médecins, mêmes les plus pointus, pour presque rien, pour changer une hanche à soixante-dix ans ou poser un bridge à quatre-vingt. Vous avez eu des disques vinyle, des livres, des DVD, des Blu-Ray, des vidéodisques, des vidéocasettes, des musicassettes, des compact-disc, des ipods et des ipads, des mangas, des VOD, bref de la culture sous tous formats. Culture à tous les étages. Nous vivons en paix. Vous votez. Vous pouvez dire les pires insanités sur n’importe qui et même sur votre Président et sur Sa femme sans être inquiétés. Sans parler des nombreux élus qui vous garantissent une démocratie panoptique. Vous chiez sur le Président du Sénat et ses sénateurs, comme vous chiez sur le Président de l’Assemblée comme sur ses députés. Vous méprisez à peine les Conseillers régionaux et ignorez totalement les Conseillers généraux. Vous avez gardé vos maires, qui sont trente-six mille. Et leurs conseils décatis et serinés. Vos enfants mangent à leur faim, font du sport, et parfois de la musique, ils finiront leur études brillamment tout en ayant pu manifester bruyamment leur opposition à notre politique. Vous avez généralement un travail, qui vous apporte reconnaissance et égard, ainsi qu’un salaire supérieur aux tâches réellement effectuées (entre photocopieuse et machine à café) qui permet de relancer la roue de votre bonheur mensuel et soutenir notre dévorante économie. Nous vous avons offert le bonheur en abonnement. A chaque nouvelle acquisition (une part de ce grand gâteau), vous recevez même dorénavant des smiles que vous collectionnerez comme vous collectionniez, enfants, les cartes des joueurs de football — qui font la renommée de notre nation à l’étranger, ou les timbres — qui sont un peu une publicité pour notre patrimoine artistique. Ils serviront de points de retraite. A force de démocratie et d’abnégation, de travail et d’émancipation, nous vous avons offert un monde de paix et de beauté. Vous êtes sortis de la caverne. Peut-être même avez-vous une femme, qui assouvit loyalement de naturels besoins.

§ Et vous vous lamentez continuellement. Ou pire : vous prenez vos aises au point de vous défenestrer, à même pas dix ans.

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