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Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

Posted on 28 mai 201524 avril 2023 by Benoît Vincent

I. Faits

Sommaire de la série

0. Avertissements
I. Faits
II. Disques
III. Dates
IV. Noms


(Cliquer sur les phrases soulignées pour lire.)


A. Le rock est mort, c’est un fait établi.

A1. Quand il a posé son médiocre discours théorique, le rock est mort. Il est mort en 1958, lorsque Elvis et Little Richard l’abandonnent, puis à nouveau en 1962-1963, lors de la bataille Stones-Beatles, puis encore en 1965 lorsqu’ils se réconcilient, en 1969 à la mort de Brian Jones et avec Woodstock, en 1970 avec Altamont, en 1973 avec Dark side of the moon de Pink Floyd, en 1979 avec l’explosion du punk, en 1980 avec l’implosion du punk, en 1984 avec Jump de Van Halen, en 1985 avec le Live Aid, en 1986 avec l’invention du CD et la sortie de Brothers in arms de Dire Straits, en 1994 avec la mort de Kurt Cobain, etc.
A2. Le rock n’en finit pas de mourir. Les renouveaux ne sont jamais que des rémissions et les nouveaux prétendants sont des copies des anciens. Fatiguer fatigue.
A3. Depuis des décennies, le rock n’intéresse plus personne, à part quelques fans égarés ou nostalgiques. La majorité des habitants de la planète n’écoutent plus de rock depuis 1965, selon les chiffres de l’ONU.

B. Le rock n’existe pas plus que l’adolescence.

B1. Le rock pète plus haut que son cul

B1a_Le rock est avant-tout un projet machiavélique. Bien sûr il a existé de tout temps une musique populaire, peu exigeante, destinée à la danse, à la drague ou à la défonce (un journaliste cool aurait dit “aux trois D : …”). On n’en a pas fait des caisses comme avec le rock.
B1b_Le rock vient de là, lui aussi, un mélange peu ragoutant de blues, de marche irlandaise, de swing mal fagoté. Il aurait pu continuer comme ça des siècles durant (c’est d’ailleurs peut-être sa forme la plus cohérente et celle qui fonctionne le mieux — pas un hasard que les “révoltés” du rock fustigent les anciens pour un soi-disant retour à l’essentiel), mais il a fallu que non.
B1c_Pire, le rock se croit aujourd’hui une forme canonique de l’avant-garde révolutionnaire, ce qui constitue une double illusion et une double usurpation : il est un objet tout ce qu’il y a de plus bourgeois, et il ne parle plus aux jeunesses du monde.

B2. Le rock est un produit commercial

B2a_Lorsqu’ils en ont eu l’occasion, entre une essai nucléaire et une frappe éclair sur le tiers monde, les maîtres du monde se sont rendus compte de l’existence des sympathiques bruitages qui allaient devenir le rock. Ils ont donc conçu une machine promotionnelle commerciale implacable qui encapsulerait définitivement ses borborygmes et ses coups de rein, machine qui nécessiterait de chambouler le corps social traditionnel.
B2b_En effet, on avait vendu à Monsieur des voitures, des cigares et du whisky, avec du sport et de la politique pour la distraction, à Madame des maisons en kit, de l’électroménager en veux-tu en voilà, et de la presse féminine pour agrémenter (et soutenir financièrement) le tout ; même le chien et le chat avaient leurs commerces spécialisés. On avait déjà attaqué le royaume de l’enfance avec les jouets bientôt franchisés (GI Joe en tête), les comics et les films de Disney ; ne restait qu’à sursaturer le tout avec l’invention d’un nouveau public-cible qu’on allait créer de toute pièce, à qui on pourrait à la fois vendre alcools et cigarettes, mais aussi de la révolte et du rêve — c’est-à-dire de l’imaginaire, qui est l’arme la plus puissante. On créa alors le concept fumeux d’adolescence, à qui l’on confia les rennes de cette musique simpliste, laquelle se consomme d’ailleurs mieux avec tout un dispositif de vêtements, d’objets et de substances également rentables.

C. Le rock n’est pas un geste révolutionnaire.

C1. En soi, l’œuvre de rock n’est pas à l’avant-garde.

C1a_Le rock est une resucée du passé. Sans cesse tourné vers lui, dans la posture nostalgique de l’adolescent, le rock ne cesse de revenir aux mêmes fondamentaux, qu’on peut singulièrement décrire comme la grille basique du blues : progression en cercle de trois accords I – IV – V.
C1b_Le rock n’est pas respectueux du passé. Dans son travail de ressassement sénile, le rock peut également être sujet à des ruptures d’Alzheimer : il oublie l’un des accords, ou bien il ne cite pas ses sources. Il est avant tout (un peu comme le roman, peut-être) le grand recycleur et ne peut, par conséquent, jamais se satisfaire.

C2. Comme phénomène socio-culturel, le rock n’est pas une arme révolutionnaire.

C2a_En tant que produit capitaliste, le rock ne veut pas la révolution. Pour vivre, au contraire, il a besoin des structures marchandes du libéralisme. Toute l’économie du rock, depuis les instruments, jusqu’aux tournées, en passant par l’imagerie et l’équipement un peu ridicules qui le caractérisent, le rock est avant tout du commerce.
C2b_Le propos politique du rock est simpliste. Ses représentants les plus engagés ne sont jamais que d’habiles thuriféraires alternatifs, dont on sait bien qu’ils ne posent aucun acte fondateur politique digne de ce nom.

C3. L’imaginaire du rock est un ramassis de clichés erronés et fallacieux.

C3a_Le rock est l’une des armes les plus efficaces imaginée par le capitalisme.
C3b_En tant qu’il parle aux “trippes”, à la sauvagerie de la personne, il a une nette tendance fascisante. Il affectionne la virilité (le machisme) et la brutalité, il aime le grand spectacle et le décorum, il favorise la compétition, il emblèmatise le chef et galvanise les foules. The wall, depuis sa genèse jusqu’à son succès, en est l’effarant exemple-contre-exemple-exemple.
C3c_Comme entreprise politique, il se positionne très précisément comme un représentant social-démocrate alternatif, soit l’une des déviances capitalistes les plus communes et les plus dangereuses au monde. Demande-t-on a des ados de faire de la politique ? Non.
C3d_En plus il pollue grave (camions, avions, plastique, substances diverses dans les égouts de Paris et les eaux de la Riviera).

D. Les musiciens de rock sont nuls.

D1. Ils ne savent jouer rien d’autre que de la guitare.
D2. Ils ne savent jouer rien d’autre que des accords majeurs, mineurs et septième. Les accords de cinquième du heavy-metal sont une exception notable, mais elle est due au fait qu’ils sont largement plus faciles à jouer.
D3. Il n’y a pas d’invention musicale propre au rock qui n’ait déjà été éprouvée au mieux dans le blues, au pire dans la musique classique la plus poussive. Pensons aux envolées lyriques de Queen ou de Dire Straits.
D4. Les paroliers sont piètres poètes. Aucun texte de rock ne peut être lu sans explosion de rire ou charitable compassion. Pensons aux efforts de Queen ou de Dire Straits.

E. Il n’y a pas d’œuvre majeure du rock.

E1. Les disques les plus audacieux dérapent vers autre chose que le rock.
E2. Nommez-moi cinq disques dont on peut sans sourire affirmer qu’ils seront écoutés en 2115. Les œuvres emblématiques seraient les plus bêtes : MC5, Ramones. Dès qu’il veut faire branché, arty, ou poète, le type se prend les pieds dans le tapis (pensons un peu au Velvet Underground).
E3. Allons voir : les œuvres assimilées au rock, ou qui en dérivent.


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