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On, nous (et eux)

Posted on 9 août 200724 avril 2023 by Benoît Vincent

Tu as des encoches comme des coins fichés dans la gueule : ce sont les moments de seul, les moments de je, dans lesquels la parole se fait plus agile. On avait dit au début, qu’on ne se refuserait rien. Or sept mois ont passé. A part quelques pirouettes, quoi de neuf, je veux dire de sensible, de concret ? Quel véritable danger ?

Tu es devant des gouffres, et tu ne sautes pas ? Alors ce ne sont pas des gouffres. Tu es devant des choix, et tu ne choisis rien ? Alors ce ne sont pas des choix.

J’étais à Grenoble, Isère, avec C. C. était venue, mais à cause du défaut d’A., qui était trop fatiguée. Echange. C’était l’anniversaire de KR, on espérait toujours qu’il débarque de derrière le rideau, souriant, enroué, ultime.

Passé le temps du rêve, nous avons discuté. Je ne sais pas si C. s’est tout de suite rendue compte de la manière dont nous avons parlé. Ce devint une autre langue. Un peu comme les raclements de voix des Gênois ou des Mongols deviennent une autre voix.

Accompagné par C., je t’ai rencontré.

Et maintenant ? Qui maintenant ? Maintenant quoi ?

La différence entre « ON » et « NOUS » chez F. est très sensible. Il y a là aussi les deux voix, qui s’opposent à leur « EUX » à tous les « ILS ».

« On » c’est quand on est de l’autre côté, qu’on se place à la place de « EUX », des « ILS », dont on peut être soit l’exact contradicteur, soit le référent. Comme KR. Par exemple.

« Nous, c’est quand on tente de montrer que « JE » n’est pas si important, recourt à des artifices communément partagés.

Je suis très sensible à la syntaxe de F., qui est chaque jour plus acérée, et chaque jour plus juste – juste car elle colle de plus en plus à elle-même.

Mais quel est le sens de tel texte ?

Mais quelle importance ?

Avec des pas de côté comme l’expérience tumultueuse ou les biographies de personnages du rock (qui n’ont pas besoin de ça), F. trouve, étrangement, une réelle voix, unique, sensible, personnelle.

Est-ce à dire qu’il s’éloigne et du roman et de la littérature ? Justement : NON. Ce faisant, son chemin faisant, il se trouve une vraie, une juste écriture. ON et NOUS s’assemblent pour déporter tout ce qui fait ILS et EUX un peu pesants.

J’ai lu de drôles de livres dans ma vie, mais par exemple Le dépeupleur, Ailleurs et Tumulte, plus quelques autres (tel de Vila-Matas, tel de Quignard, tel de Borges), me sont viables, me sont nécessaires.

Ai-je répondu à votre question ?

Mais je reconnais aussi que le temps, qui est une certaine rigueur, me manque largement pour délivrer ce genre de phrases, pour arrimer ces expériences aux mots, fussent-ils écrits sur une feuille de vélin ou à travers les pixels d’un écran. Or la récente redécouverte (on ne fait que relire les quelques textes qui nous ont marqués gravement – idem pour les musiques) de Roger Waters, même de Fabrizio de Andrè, m’engage, comme par contrat, comme pour répondre de, à confronter encore mieux, encore plus, ou mieux : encore plus vrai mon être propre (tout ce qu’on a lu des philosophes), c’est-à-dire la vie, à la littérature, c’est-à-dire une rotation spéciale, une envie décalée, une transgression du réel fondamentale, qui ne peine guère à nous en montrer les ficelles, les facettes, les incohérences.

Pourquoi travaillez-vous ? Et pour qui ? Pour satisfaire quel besoin ? Voilà la question qui fait terrain. Eh bien non. Je ne travaille pour aucun « EUX », aucun « ILS », ni même pour « ON » ou « NOUS ». Je travaille pour « JE ».

Parfois je sais que je pourrais faire mieux, mais compte-tenu de mon inaltérable silence intérieur (RIEN NE VIBRE), je sais aussi que cela vaut bien ceci : c’est-à-dire trois fois rien, pas même une note sur une partition.

Je suis juste bon à ramasser des pierres, à déplacer des colis. J’y trouve un plaisir indicible. Ne rien faire, ne rien être, ne rien devenir. Attendre paisiblement la mort, non pas rien faisant, mais faisant rien, rien qui vaille, rien qui nécessite un quelconque investissement, ou un déplacement, ou un risque. Je suis « NOUS », je deviens « ON ». Je me laisse porter par le texte qui fait de moi ce qu’il veut.

Peut-être lorsque cela fera jaillir une larme réagirai-je et trouverai-je un excipient appelé écriture. Pour l’instant je me limite, surtout au vu des grands, comme F. ou d’autres, et des médiocre, tout le reste, la plus grande partie. Limité, j’existe.

Donnez-moi de l’étendue, et je me raréfie. Donnez-moi de l’air libre et je m’évanouis.

Pulvérisé. Ecrabouillé. Je suis comme la rouille de mes chaînes.

Nous nous suffisons.

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