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Lasagnes • chapitre 2

Posted on 18 septembre 201323 décembre 2013 by Benoît Vincent


Chapitre 2


CF est langoureusement perdu dans les méandres de la VH, son regard figé en un point de la mer, comme arraché très lentement un tissu d’un barbelé. C’est la montée vers les hauteurs résidentielles, ces spaghettis (ou ces viscères) jetés à qui mieux mieux sur les montagnes, contraignant bus et humains à d’infinies précautions physiques et à de très nombreux changements de points de vue (désorientations) — à l’exception de la mer.

Son barbier en effet est tout en haut, plus proche de n’importe quelle créature divine que n’importe quel autre habitant.

C’est l’œil enchevêtré comme un œuf lâché dans les ferrailles des grues sur le port, toutes petites à cet instant, que vibre le cellulaire de Carlos Futuna.

Rebaptisé par ce dernier “Spin” pour une raison que Spin — légalement onorevole Siro Marstrutto — lui-même ignore, le journaliste savait déjà que le traducteur était revenu. Comment, on ne le sait pas, ses sources étant tout aussi nombreuses que discrètes. Des ombres égarées parmi la plèbe de la Ville Humide.

Son œil récupéré par l’écran, Carlos Futuna lit ces mots : Salut l’Ancêtre. Grand pastis Magasins. Tu me contactes. SM. L’ami savait en effet l’intérêt de CF pour les histoires glauques qui mangeaient le ventre de la ville basse (v.b.) et surtout qu’il n’avait pas peur, lui, pour des raisons apparemment littéraires, d’aller capturer des faits directement sur le terrain, allant jusqu’à mettre en scène de véritables rôles pour les besoins de l’enquête. Cela pouvait l’occuper des jours, et les compte-rendus qu’il faisait lors de soirées passées sur la terrasse du journaliste, passablement mouillées de grandes rasades de Nero d’Avola, permettaient à ce dernier d’écrire de bons articles, peut-être les meilleurs.

Marstrutto travaillait pour un journal indépendant en ligne souvent pionnier en matière de révélations de scandales politico-financiers. Le contexte industriel du port regorgeait d’histoires sordides dont une armée de journalistes, ou plutôt une poignée de journalistes secondés d’une armée de stagiaires précarisé(e)s faisait ses choux gras.

Le bus cahotait, semblait crachoter ses glaviots de passagers, mais chaque station comportait son lot de nouveaux venus, laborieux commis, ménagères chargées de cabas, étudiants en goguette, vieillards sapés de dimanche, tandis que Carlos Futuna éteignit le téléphone. Il était tout à sa barbe.

Il descendit un arrêt avant car il voulait marcher un peu, au risque de détremper encore sa chemise blanche, et contempler d’ici la ville, il n’avait pas eu le temps de mettre encore les pieds ici. Il y avait également un petit bar-tabac-lotto où deux serveuses, enfin surtout une, lui plaisaient. Il pensaient qu’elles étaient lesbiennes, toute la journée dans cet estanco à se contempler les piercings et tatouages, mais on ne sait jamais. Et puis rien empêche, le désir est aveugle.

« Salve.
— Ciao !
— Capucc’.
— Un cappucino !

— E ‘na focacc’.
— Ma prego ; prendi pure. »

Le journal ne parlait pas de fait-divers particulier concernant le port, les informations de Spin devaient être de toute première fraîcheur. Il lisait machinalement en gobant les cuillères de crème de lait, et finit comme à l’accoutumée par son horoscope dont la meilleure phrase (tous signes confondus) semblait avoir été écrite pour lui : Non tutto è da rifare. Bien. On peut garder quelques trucs pas mal, mais tout le reste est à balancer aux orties. Ça tombe bien, ce n’est pas ce qui manque par ici, les décharges sauvages, les friches ou les poubelles.

Comme son esprit voguait librement, CF se dit très sérieusement et avec aplomb qu’en ce qui le concernait la question n’était pas

Pourquoi quelque chose plutôt que rien ?

mais plutôt

Pourquoi rien plutôt que quelque chose ?

Car il est vrai que Carlos Futuna est insatiable. Après une deuxième striscia de focaccia, Carlos Futuna salue les deux jeunes femmes, se demande s’il fait un clin d’œil à la plus menue des deux, puis se rappelle qu’il ne sait pas bien faire les clins d’œil, alors il sourit et le résultat est une grimace. Fort mécontent il quitte le bar-tabac-lotto et retrouve le barbier qui lisait justement le même journal local, enfin surtout son horoscope. Lorsqu’il entra, il dit pour le saluer : Sai che non tutto è da rifare ?

Carlos Futuna fut pris d’un grand, d’un moiteux, d’un exorbitant vague à l’âme.



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