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Des plantes et de la botanique [résidence Instin à Montpellier, 7]

Posted on 19 avril 201312 juin 2013 by Benoît Vincent

Depuis le mois de décembre, à l’initiative de la Panacée de Montpellier, je suis en résidence avec trois autres membres du Général Instin : Patrick Chatelier, auteur et initiateur du projet, Eric Caligaris, musicien et plasticien et Sylvain Périer, SP38, affichiste. Notre mission : occuper un espace sur le site élaboré par Eli Commins et le centre d’art, Textopoly. Cet espace, Espace Autonome Instin, est une perception flou, instinienne, d’un modèle de ville, inspiré par la visite de l’ancienne Ecole d’Application d’Infanterie, à présent désaffectée et en attente d’un nouveau destin municipal (école, logements étudiants, tram). Nous visitons la ville avec des yeux hallucinés, nous brouillons les pistes, nous mélangeons les itinéraires.


Sommaire

  • 1 Instin végétal
  • 2 Le climax
  • 3 Le lieu botanique

Instin végétal


Je suis entré dans Instin par mégarde, pratiquement, en discutant avec Patrick Chatelier le long du bassin de la Villette. A ce moment-là je venais de rencontrer Francis Hallé, dont la lecture du petit livre Eloge de la plante, m’avait fait forte impression. Ce devait être en 2008 ou 2009.

Je n’étais pas encore versé totalement dans la botanique, je peinais à reconnaître les formes, à assimiler les noms, à saisir les bribes de ce qu’aucune école ne dispense plus, courant à la traîne soit derrière René Roux, soit derrière Luc Garraud, soit derrière Philippe Julve, en cherchant avidement à ne rien perdre de leur savoir, et sans doute en vain.

J’ai pris avec beaucoup de sérieux ma première contribution à Instin, je me rappelle l’avoir écrite en partie à Gênes, à l’auberge de jeunesse, en surplomb vertigineux sur la ville.

La première idée venue, que la vie resurgit toujours, sur la pierre, est bel et bien la première. L’installation du vivant de manière discrète et toutefois inexorable. Ces organismes, fascinants, également les premiers végétaux apparus sur terre, mais également lieux communs d’une certaine poésie, mousses et lichens, offraient un rapprochement intéressant.

A ce moment-là, je n’avais pas encore entrevu le parallélisme entre la plante comme ayant surgi de terre, ni toute la symbolique racinaire. Il y avait bien sûr, dans un coin d’écriture, un vague pressentiment de réintroduire ici du rhizome ‘à la Deleuze’, mais non seulement je ne savais pas bien comment faire intervenir cette machinerie complexe et surtout je ne voyais pas en quoi cela pouvait concerner Instin en tant que tel, je parle de l’écriture, comme cela pouvait aider à cerner la figure, là où c’est toute la geste collective qui portait ce type d’agencement.

Et précisément, ce qui me semblait pouvoir être questionné alors dans le végétal au regard du Général Instin était précisément cette idée du collectif, d’un organisme qui ne ferait pas appel à l’individu, et plus encore, qui mettait en doute jusqu’à l’existence de l’espèce c’est-à-dire, peu ou prou, la forme d’une identité.

Se superposaient alors ces questions aux figures (aux formes) et de l’armée et de la végétation. De la végétation comme armée et du végétal comme guerre permanente : occupation de terrain, réseautage, stratégie.


Le climax


Le climax est, en écologie, et plus précisément en dynamique écologique, le stade d’équilibre arrivant au terme d’une série de végétation qui aura vu, sous nos climats et généralement (c’est-à-dire hors accidents structurels ou conjoncturels : vent, falaise, incendie, etc.) une terre nue passer de la population de mousses et lichens aux végétations annuelles, puis aux végétations herbacées vivaces, puis aux chaméphytaies (landes, garrigue, buissons, fourrés) où dominent les arbustes (les chaméphytes), pour arriver finalement à la forêt. Chez nous le climax est la forêt.

Lorsque nous nous sommes penchés, au sein du collectif Instin, à l’écriture collective, Climax s’est rapidement imposé comme titre possible. Le climax est ce qui arrive, non pas un à-venir idéal ni même salutaire (au sens où le seraient par exemple Jésus ou l’Armageddon, la fin de l’histoire, la révolution ou les extra-terrestres), mais bien au contraire : dans un rapport de force, une friction, un perpétuel équilibre. Climax désigne donc tout autant l’aboutissement que sa préparation et, si l’on revient au végétal, Climax est la dynamique végétale même : inexorable, multiple, agressive, insaisissable.

Le végétal devenait donc un véhicule (ou mieux, une forme même) idéal pour l’écriture d’Instin, mais comment approcher de cette écriture végétale ?

C’est bien toute la question, et je ne saurais y répondre avec précision. Je connais un tentative réussie d’écriture végétale, pariant sur la contamination. On peut la trouver dans le fameux Anastylose, livre lui aussi collectif, mais indépendant d’Instin (même si on peut trouver des similitudes avec certaines branches de la geste).


Extrait d'une page fleurie d'‘Anastylose’

Reste encore à vérifier par l’épreuve du texte cette écriture végétale et, sur ce point, je ne suis pas certain que l’on ait réellement trouvé notre forme (moi du moins). C’est ce que l’on travaille. On peut évidemment insérer des inventaires botaniques ou faire référence à des choses proprement botaniques pour déstabiliser le lecteur, mais cela reste un genre d’appendice qui n’intéresse que très peu l’écriture même.

On remarquera toutefois qu’à défaut d’avoir trouvé ‘en solitaire’ le moyen de rendre ça, le travail collectif, lui, porte en lui-même cette dépossession du propre, du nom propre, coutumière au végétal.


Le lieu botanique


Chose surprenante, chose non prévue a priori, cet intérêt pour le végétal dans le cadre instinien a, comme à l’accoutumée, déporté le propos du particulier au général et, à Montpellier même, a trouvé une possible expression au sein du lieu même de la botanique.

Montpellier est une ville où la botanique est à l’honneur : l’Institut botanique mondialement célèbre, avec son Jardin des Plantes, a permis le développement d’une école fameuse de botanique tout au long du XXe siècle, c’est-à-dire jusqu’à ce que la botanique ne disparaisse des cursus universitaires (ce qui est aussi un fait notable pour le GI).

Outre une longue histoire de la médecine et de la pharmacie qui a amené Rabelais dans les couloirs de la Panacée par exemple (qu’on se représente la collusion de références !), Montpellier est également célèbre pour deux botanistes (au moins) : Charles Flahault et Josias Braun-Blanquet ; le premier est le fondateur de la phytogéographie1, le second celui de la phytosociologie2. On croise également à Montpellier des références mondiales comme de Candolle, ou encore l’abbé Coste, le rédacteur d’une des premières flores systématiques de France (toujours très utilisée de nos jours).

Cette présence très forte de la science botanique a pu également orienter notre travail. La visite, nécessaire, de l’herbier de botanique (et nous remercions ici son personnel) a également contribué a ancrer notre propos dans cette relation. Cet herbier, le deuxième d’Europe et de France, rassemble 3,5 millions de parts sur plusieurs étages, dont la plupart des herbiers historiques des personnages que je viens de citer.

La présence du Général Instin à Montpellier3 a bien sûr nécessité que l’on dépiaute une ou deux de ces parts afin qu’il puisse y apposer sa signature.

En effet qu’est-ce qu’un herbier ? Un assemblage de plantes mortes, ou une forme, elle-même, avec ses feuilles et ses mots, d’écriture végétale, une écriture qui comme le GI, touche à la fois à la collection, au lexique, à la mort, à l’histoire, et à la mémoire.

Le Gi s’est échappé et a colonisé les allées, les escaliers, les étagères de l’herbier de Montpellier. Il s’est réfugié à proximité, ancien hôpital Saint-Charles ou Jardin des Plantes et, si vous observez attentivement ses traces dans la ville, vous trouverez toujours Sonchus oleraceus, em>Parietaria judaica, Piptatherum miliaceum ou Fumaria officinalis qui lui font haie d’honneur, haie discrète et silencieuse, certes, mais résolue ; c’est la guerre et nos troupes avancent.


±


INSTIN x TEXTOPOLY 0. Instin x Textopoly : présentation • 1. Le séjour • 2. Première visite à l’E.A.I. • 3. Le Septième Ciel, ou la folle machine fiction collective • 4. A.monument • 5. Préparation des ateliers d’écriture • 6. Des plantes et de la botanique • 7. Cimetières • 8. Du fait militaire • 9. Ailleurs (Sète, Cette, 7) • 10. Textopoly, petit précis de l’utilisateur

  1. Qui étudie « la répartition des végétaux à la surface du globe et les causes de cette répartition ainsi que les relations existantes entre les espèces ou communautés végétales d’une part, les caractéristiques géographiques, mésologiques (climat, sol) et biologiques (ensemble des organismes vivants) d’autre part » nous dit Wikipédia. ↩
  2. « Son objet est l’étude synthétique des communautés de végétaux spontanées, pour les définir et les classer selon des critères floristiques et statistiques, caractériser leur structure et leur organisation, leur origine, leur genèse, leur déterminisme et leur évolution ainsi que leurs habitats. » toujours d’après Wikipédia ↩
  3. La biographie du véritable Hinstin nous indique qu’il a été en garnison à Montpellier. ↩

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