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Demain c’est loin

Posted on 10 août 200727 février 2011 by Benoît Vincent

Je suis là ; il est 00h48. Je me lève à 5h21 (je ne laisse jamais de chiffre « rond » au réveil) pour faire le marché de C. Conduire, décharger, vendre, dire des prix et des blagues, recharger, conduire, fatigué.

Je suis nu. Combien c’est rare d’être nu. Comptez par jour vos moments nus, vous verrez. Ne rien avoir sur la peau, avoir la peau comme seule peau ; comme bouclier.

Je n’écrirai pas des livres de 300 pages, voilà ce qu’être nu m’apprend. Je suis nu.

Où ai-je froid, cela dit les points sensibles ? Aux flancs, aux pieds, au dos. Voilà. Qui a jamais eu froid ?

Etre nu, cela me rappelle insensiblement les époques de grand travail, par exemple, plusieurs mois, un peu plus de deux ans, à travailler pour une boîte de TP (travaux publics) et surtout les dernières semaines : plein été, plein cagnard, à faire « des emplois », c’est-à-dire, le travail manquant, certaines équipes affectées à boucher des trous avec du goudron, avec cuve bouillante, camion et tout, sur routes peu fréquentées (les routes non enrobées). Tout ce qui me reste de ce moment, c’est le souvenir de Jean-Pierre, le chauffeur, qui nous donnait parfois la main (il n’était pas obligé) et qui passait le concours pour entrer à la DDE, mais aussi le lancer de gravier (sur le goudron bouillant : mais le goudron bouillant c’est 70°, l’enrobé c’est plus de 150° : cela fait une différence, même en été, sous la cagne) : toute une technique à la pelle, pour étendre d’un geste le gravier sec sur le goudron bouillant : les premières semaines échec total (éviter de faire de gros pâtés), et enfin, autre souvenir, un corps bronzé comme jamais, comme disait la vieille : « on dirait un Arabe ! »

Dire ces souvenirs en amène d’autres, tous les souvenirs de Izeaux Entreprise à Izeaux, commune d’Isère. L’horreur complète. Quand je revois les têtes de mes « collègues », Jacky, qui allait faire ses courses au Lidl et disait littéralement « Lidle » au lieu de « Lideul », de Roland, que j’ai envoyé chier un jour qu’on nous a fait travailler sous la pluie battante (lotissement de St Etienne de St Geoirs) : un vieil homme, vieux garçon, dont le neveu avait été mon chef d’équipe longtemps (une merde à qui je me suis longtemps fié, car une merde conne, pas une merde vicieuse comme un certain Norbert, conducteur d’engin, mauvais et jaloux), chiffe molle qui ne connaissait rien d’autre que ça, le TP, quand même il n’y trouvait pas son compte : inapte dans la vie, inapte au bonheur. Puis tous les autres, le patron qui se couchait devant les élus, les jeunes qui venait faire là leur taf de retraite, les amoureux des lotissements, les amoureux du tuning, les amoureux du quad. Un gros tas de merdeux, et moi là-dedans qui ne sait pas où je vais, avec enfant en bas âge et territoire inconnu et affaires de famille à régler au plus vite, sans recours à aucune « psy »-quelque chose et toujours devoir bouffer et faire bouffer.

Voilà, je suis toujours nu, c’était une page de ce qui me vient quand je suis nu, qu’il est tard, et que je me laisse prendre. Il est maintenant 01h01, il me reste moins de quatre heures à dormir, mais qui verra cela un jour ?

En tout cas, se laisser prendre, au filet de ses mots, n’est-ce pas là le seul chantier viable ?

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