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Défense d’écrire

Posted on 5 mai 201130 avril 2023 by Benoît Vincent

Par hasard, ou presque, je suis à Paris, lorsque Paris est toutes lettres. Peu de temps accordé à l’évènement, mais comment ne pas se rendre à la Défense si François Bon y tient salon numérique dans le cadre d’une immersion d’une semaine en ce lieu-non-lieu. Alors c’est rapide, mais c’est à l’image de l’indigence de ma marche ce jour-là ; c’était le 5 mai.


1.
Marguerite Duras disait que la Grande Arche était une espèce d’église vouée au ciel vidé de ses dieux. &symbolisait le grand vide, le grand trou •

Trente ans après que représente, dans la ville, tel monument ? Le temple du fric facile des yuppies déguisés ? L’échec d’une politique urbaine ? Ou un semblant de friche, un éclat génial échu de l’à-venir, pour une ville à réinventer, à réécrire, réinvestir ?

2.
D’ordinaire ce sont les cimetières, et les morts donc, qu’on adosse ainsi aux courbes du bourg ; que cela fasse tout à la fois de ban et de ligne défensive.

Qui sait à quels dieux morts le Grande Arche peut-elle être la pierre funéraire ?

3.
Ils avaient voulu renverser la ville, renverser les ordres, les trajets et les espaces de la ville. Quelques architectes ambitieux, trop nourris de moderne, qui lisaient trop Calvino ou Tel Quel, se vengent de l’indigence louvoyant avec un auteur démagogique qui avait compris que le pouvoir, pour exister, doit signer de sa griffe le béton et l’acier, le bois et l’eau. Que pour être lu, le pouvoir doit être lisible, et qu’à l’écrire, on n’a jamais trouvé mieux que les murs de la ville.

4.
Entendu :
— C’est pire que post-moderne.
— C’est moche.

5.
Défense d’écrire.
Trop peu de temps, trop de pas perdus, et peut-être aussi un souci d’échelle. Quitte à enfoncer des portes qui s’ouvrent seules, l’impression que ce n’est pas une ville à taille humaine, à hauteur d’homme.

Plus tard dans la ville (vers le M° Jaurès), je montre à ma fille les petits bonshommes qui posent des pavés et des bordures, à la broche, à la pioche, ces petits bonshommes qui alignent des kilomètres de pierres, pèsent des tonnes de rocailles, à bout de bras, à bout de doigts, un homme trop vieux enseignant comment scinder les pavés, comment taper juste avec la massette de sorte que la pièce s’insère justement à l’endroit choisi, ou encore aussi ceux qui, derrière, déposaient l’enrobé fumant, en plein cagnard, et je regardais cela et expliquais à ma fille la position des éléments, la règle du ballet finement millimétré jusqu’à la pause cigarette, ou la quille, l’homme trop vieux n’avait plus de bassin, marchait à peine, pelle emplie de sable à ramasser dix mètres trop loin, enjamber les bordures, et le bruit permanent des machines, et l’odeur permanente de gazole, qui s’instille jusque sous la peau…

A la Défense, je ne sais plus l’objectif de pouvoir désigné, mais je ne sais pas non plus où sont ces bonshommes qui ont bâti ce monstre, peut-être à leur corps défendant, sûrement à leur corps défendant, peut-être certains habitent-ils encore Courbevoie ou Nanterre ou Puteaux. Le nom même de ces villes, trop humaines, a été englouti par le ciment, le ciment, le ciment, le ciment, le ciment, le ciment.

A la Défense, je n’ai pas le droit d’écrire, c’est trop grand, ça ne rentre pas — ni l’œil, ni le stylo, ni l’idée.

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