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Cyber/Liber 2

Posted on 6 août 200724 avril 2023 by Benoît Vincent

Mise à jour 2012. Comme on s’en rend compte, nous sommes ici sur la partie “blogue” d’un site plus vaste ; on pourra donc en conclure caduc le propos qui suit. Ou pas : certaines choses restent pertinentes, d’autres bien sûr ont profondément et rapidement évolué. Et moi-même, et mon attention avec. On pourra dire aussi que, pour quelqu’un qui récuse la petite boutique familiale, c’est un double échec ou au moins un double revirement. Sauf à considérer le blogue comme un journal à voix haute, ou même un rassemblement de textes ; ce n’est pas précisément ce qu’on appelle un skyblog ici. Ou ailleurs : c’est-à-dire partout à présent que le blogue est la forme surdominante de l’écriture sur internet, avec Facebook et Twitter, notamment. (Il y a donc à ce texte une première partie, puis ces questions se retrouvent dans Du matériel comme programme).


J’ai laissé passer six mois après le premier texte, non pas pour voir venir les nouvelles technologies ou leur usage, mais parce que des idées trop neuves et clinquantes peuvent lasser, vite.

La première partie faisait référence aux techniques propres de l’internet et se désolait un peu du manque d’imagination, et du peu de lien entre fond et forme.

Je reste ici sur le fond.

Toute manifestation artistique organise un compromis, entre ce qu’elle donne à voir ou sentir, et puis ce qui est en fait énoncé, parfois proche du rien ou du vide (ce qui n’est pas totalement pareil).

6. De la littérature Est-ce que internet doit jouer un destin dans ce qu’on peine à définir et qu’on nomme littérature ? Est-ce que l’avenir de la littérature passe par internet ? Et qu’est-ce qu’internet ou du moins les nouveaux médias, les TIC, peuvent proposer à la littérature de neuf ? Qu’y a-t-il de neuf dans la littérature et la littérature s’accorde-t-elle seulement avec l’idée du progrès ? Certains peut-être le croient-ils. D’autres, résolument non. Ce qui me semble le plus intéressant, quant à moi, et le plus concret, c’est précisément le lien étrange que tissent entre eux, littérature, entendue comme entité floue, internet, entendu comme support un peu magique, et roman, entendu comme personnage même de notre contemporain.

Ce qui est certain, pour moi, c’est la disparition du support en tant que tel, comme cela s’est (presque) produit pour la musique ou la vidéo : voyez les jeunes qui vous entourent ; les mieux lotis avec un iPod n’ont plus de disques, n’achètent plus de disques, n’achèteront plus et jamais de disques.

Alors le livre, devenu objet de vide grenier ? Objet de collection ; passion de vieillard ? Sur ce, je ne puis répondre. Parce qu’il nous manque à décider pour toutes : est-ce que la littérature est forcément liée au livre ? Nombreux pensent que oui, mais que dire par exemple des chansons, d’une chanson telle dans le champ de la chanson française, et qui vit ou survit ou revit sans 45 tours, sans single, sans CD : c’est le phénomène YouTube ou DailyMotion, et plus encore, c’est le formidable souffle de création de MySpace…

Passe ici la méfiance habituelle des professionnels du livre, semble-t-il. L’ordinateur, bien qu’essentiel dans tout le travail de création d’un livre, depuis son écriture, à sa mise en page, à son édition et à son impression, sans doute à sa distribution, sa promotion, sa vente, sa vie et sa mort, son archive, l’ordinateur n’est pas vu autrement qu’un outil et internet l’un de ses logiciels. Alors qu’il semble aussi, en même temps, que l’internet n’est pas seulement un support technique, mais un monde virtuel, à la fois un risque à l’illusion, mais aussi le mythe d’un partage des savoirs, des arts, des techniques, gratuit, universel, immanquablement anonyme.

7. De l’espace des sites Alors littérature et internet ? Oui, le ménage est possible, dans la mesure où l’on accepte que la littérature n’est pas irrémédiablement liée à un média, d’une part, et qu’internet n’est pas seulement un média, d’autre part.

Internet possède son espace propre : fort peu compatible d’ailleurs avec le monadisme des auteurs : réseaux, transferts, échanges, etc. et le jour n’est pas venu d’un roman collectif global, anonyme et désintéressé.

L’espace d’internet est à la fois virtuel et possible ; il permet toute création et la liberté est immense ; mais on se rend bien compte que sont archirares les sites ou les créateurs qui exploitent cette tridimensionalité (texte-son-image). Sans doute y a-t-il un frein technique, mais aussi se pose tout le problème du droit, du droit d’auteur, qui est moins que tenu au clair sur la toile. Et je crois aussi, sauf quelques-uns, l’impossible vieillerie des écrivains ; et que je conçois, et que je respecte. A la manière de Brassens chantant qu’ « [il est] foutrement moyenâgeux », l’écrivain imagine qu’une feuille de carnet, un vieux bic noir, suffisent à leur art. Et bien sûr ils n’ont pas tort. Parce que notre matière est le mot seul, peu importe et son support, et son usage, à la limite, et sa forme esthétique.

Mais je rappelle les grandes nouveautés de ce genre de support informatique : feuille de style (CSS), mise à jour (RSS), et surtout hyperlien (dont podcasting ou streaming). Peu à peu, on peut faire fi de la présentation, formatée à mort, et se concentrer sur le texte (c’est le Php et son mauvais pli : les blogues) ; mais on peut aussi trouver une position mitoyenne, auquel cas l’on n’a plus affaire à un écrivain, mais à un designer ou à un esthéticien. Car il faut gérer son et image, en plus. Or si tout est possible de ce fait, rares les sites qui mêlent dans un tout créatif les trois « supports » (son, image et texte). A moins qu’il ne s’agisse d’illustration. J’ai ce problème. Je rappelle ici un texte de Pascal Quignard, petit traité des Petits traités, Sur les rapports que le texte et l’image n’entretiennent pas : « Le propre des signes écrits est de ne pas montrer ce qu’ils désignent ; ils signifient ; ils règnent dans l’immontrable » (p.132). « En d’autres termes, les significations que les lettres couchent par écrit sont incommunicables aux représentations que les images dressent devant nos yeux » (134). « Quand l’un est lisible, l’autre n’est pas vu. Quand l’un est visible, l’autre n’est pas lu. » (134). « Le livre est la seule icône aniconique » (135).

Il s’agit donc de ne pas céder à l’illustration, l’exemple, la décoration, l’ornement ; mais le public est-il prêt à recevoir un tel texte multidimensionnel, duquel le texte ne serait pas le premier venu.

Enfin une question se pose, fortement : ce mélange des trois, internet peut-il seul en assumer la paternité ? Cette « nouveauté » ne s’appelle-t-elle pas déjà CINEMA ? Il faudra être clair.

8. Du roman Je parle « roman », je parle du roman parce que voilà : François Bon dit : « roman non merci », pour sa collection « Déplacement ». J’entends cette injonction, mais je me demande aussi si nous ne vivons pas une époque où le soi-disant « roman » est figé dans une forme d’il y a un siècle ? Quand le roman, pour Quignard encore, par exemple (voir son texte dans le Débat, republié dans Ecrits de l’éphémère), c’est le mélange, la satura, le pot-pourri, le lieu des choses honteuses et cachées, des sordidissima : ce n’est pas assurément le roman tel que nous le lisons (quand nous y parvenons) aujourd’hui.

Or je dis et je maintiens que l’internet peut être une forme loisible et même favorite du roman, justement par le mélange des trois dimensions, d’une part, l’hyperlien d’autre part, et le côté à la fois gratuit (anonyme, populaire ?) et transgressif (parce que gratuit) d’internet.

9. De l’autofiction et de l’autobiographie Or ce à quoi on assiste, dans le « blogue », c’est à l’étalement de ses petites passions personnelles, et tous les dérapages que cela induit : les douleurs, les ouvertures, les crachats, les pleurs, les larmes, les giclées de soi sur un écran impudique. Je n’ai rien contre personne, mais cela ne m’intéresse pas. C’est pourquoi il faut encore une fois le répéter, pour finir, car ces sujets reviendront encore et encore : mieux vaut l’autobiographie que l’autofiction qui, concept fumeux, n’engage que le vide, le soi dépouillé, pour faire joli, pour faire vendre, pour exister.

Or, et ce sera mon dernier mot pour ici, l’autobiographie n’existe réellement que dans une forme écrite qui n’est pas le journal, qui peut se servir du journal, mais qui doit, et je crois que je la confonds alors avec le roman, transmuter ses soucis propres et qui n’intéressent que soi en une émotion impersonnelle ou transpersonnelle, universelle. Ne rigolez pas : nous pleurons devant certains romans chinois ou argentins ou libanais ; c’est que l’homme, malgré toutes ses modes et ses drapeaux, n’est qu’une seule et même espèce.

La mort est pour tous au bout pour faire pièce au final.

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