Je revois Sollers, le texte – que j’ai laissé ci-dessous – n’étant pas du tout juste. J’ai eu le loisir de lire le numéro 100 et les numéros 101-102 de L’Infini fêtant tous les deux ou trois le centenaire de la revue. Revue dont on ne sait plus très bien si elle est à la…
Auteur/autrice : Benoît Vincent
Désapointement
Il n’y a pas de nom à ce qui se tait, parle en se taisant, forcené inaperçu. Longtemps jamais. Mélange insoluble.
Ceci est un rêve
Une balle posée sur la table roulait Essai satisfaisant à plusieurs reprises Nous étions dans l’expectative C’est un rêve Tous attendent Puis soudain il faut se rendre à l’évidence L’immeuble s’échoue Nous n’avons pas le mal de mer Et nous ne paniquons pas Tout le navire sombre Puis tout s’arrête C’est un rêve Puis tout…
L’opticien
Tenu secret, dans l’alcôve aux poutres vierges Presque aveugle lui-même à force d’user ses yeux Le juif n’errait plus, mais polissait des lunes de verre… O vous qui m’avez chassé jusqu’au timbre du nom A ne plus observer les insectes dans la lumière Et mépriser les mauvaises herbes qu’on piétine Il y a un personnage…
Dissoudre
Les choses passent. Comme passent les choses ! « Parvenir à se dissoudre », c’était la rengaine d’une chanson un peu facile… mais parfois, printemps faisant, je parviens à des états d’extrême asthénie, des moments d’une profonde indifférence à tout. Et ce n’est ni l’ennui, ni le dégoût, ni l’angoisse, soyons clairs, non, c’est un état proche…
Le cheminement
Quand commence-t-on de lire, et quoi ? Cette proposition de François Bon1 permet de poser le nécessaire parcours qui nous a constitué comme lecteur, c’est-à-dire comme bibliothèque (avec son lot de fantômes, de pilon, de ravageurs). Quant à moi, je ne suis pas un grand lecteur. Je n’ai pas lu beaucoup et, pire, je ne…
Chaque texte le dernier…
Chaque texte le dernier, comme si se fut inscrit, comme un paraphe dormant, sous chacune de ses failles, au pied, le précepte faussé. Je n’écrirai plus. Comme si, roulant sur la marge, comme un feston de silence, abasourdi ou inquiet, le texte portait en lui le jaillissement de sa limite, entendue comme gouffre pariétal, là…
Le premier cri
Comme chaque nouvelle saison, le poète natal, bu jusqu’à la lie, recrache dans l’air devenant bleu – mais bleu pas encore tout à fait – ce cri mémoire, ce cri brèche, ce cri déchirure et anxieux ! Le martinet noir est revenu, dans sa toge de deuil, il ramasse nos espoirs étourdis, alors qu’à présent…
L’eau est froide
L’eau est froide quand « tu la rentres », c’est un mur transparent ou bleu turquoise, selon. La roche grise, les cailloux blancs de Lez t’éclaboussent tout autant. Mais c’est en pensant à la yeuse qui surplombe (tu disais toi-même qu’avec ses deux racines dans le vide « elle avançait ») que tu te laisses prendre par le courant…
Le voile
Il semble que l’œuvre soit comme un drap froissé, jeté sur un relief quelconque – mince pellicule. Les points les plus hauts (les à-pics les plus vertigineux), épineux le déchirent : ils portent les noms des influences plus grandes, des noms les plus lus, les plus écrits. Nous confrontons nos sources, mais nos sources nous…
