Un homme en lutte, en lutte contre lui-même ; cela se mesure à son sommeil, qui une revanche maximale de son corps. Une torture, surlignée par la nuit, dont la lumière noire et l’abrutissement me rendait la scène épique, fellinienne, douloureuse…
Auteur/autrice : Benoît Vincent
Couloirs
Je passe d’un couloir à l’autre. Je saute dans les métros, tentative pour aller loin, ailleurs, s’éloigner. Le métro parisien est l’un des plus méritants de l’effort, comme le souligne justement Marc Augé. Il faut des résistances Passer pour abruti ou fou Marcher longtemps, dans les couloirs. Etaler sa pudeur Passer pour mort Se retirer…
Noté la nuit • Comment disparaît le personnage
Il suit son cours puis il s’étiole, n’étant lus que la moitié de lui-même. Sa moitié réelle, le propre décidément, doucement à jamais il s’enfonce dans les petits parallélépipèdes de papier, il disparaît. C’est en quoi sa période de demi-vie est si fabuleuse, il sait qu’il va rejoindre, en s’éloignant par mitan (ou de profil…
Soudain dans la nuit le tunnel de vie
Chaque veille était comme une chance, un hasard, d’ajouter à la vie tout un réseau de tunnel et galeries entre rêve et réel, un peu comme entre deux textes nos liens. Qu’importe dans ces conditions, le fait de ne pas dormir, d’être inapte à la vie professionnelle, incapable de « travailler » le jour ?
Orpins
1. Tout pour aujourd’hui Tous les murs s’éboulaient ; après la ligne jaune, noire, du soutènement, derrière laquelle se découpait la montagne, soudain elle s’affaissait et l’étroite courbure resserrée devenait un tas informe de cailloux déjà habité de petites plantes aussi rêches que discrètes, orpins, mousses, petites fougères des murailles. Cétérach. * Voilà c’est tout….
Des fleurs
Il n’avait qu’une passion dans la vie : collectionner les fleurs, soit sous la forme de photos prises dans les campagnes lors de ses voyages, soit les pochettes de disques de jazz qu’il téléchargeait illégalement, soit les vulves de ses amantes qu’il prenait en photo lors de soirées trop arrosées. Il avait passé quelques jours…
Zao Wou-Ki
Lieu de poésie non défini …………………..main achevée Au moyen de toutes … nuits ……………….LES…….POSSIBLES
Instantanées
Sous les rues, au croisement des correspondances entre la ligne n°1, la ligne n°4 et les RER, station Châtelet, il y a un groupe de chanteurs tziganes, que j’avais déjà pris en photo il y a longtemps. Plus tard, sur le quai, un autre Rom est assis, un poste cassette à ses côtés et fait…
Descendre du train
Descendre du train et s’y remettre Fermer la boutique Déserter. Stop, repartir, souffler, repartir encore. Comme des longueurs dans le bassin. Marcher. Marcher encore, revenir, repasser par les mêmes rues, les mêmes avenues, traverser les mêmes « passages cloutés », gaz à tous les étages, le ballot sous le bras ou dans le dos, sentir le dos,…
Queue d’orage
Il y a eu du tonnerre, des éclairs, tout un bordel fumant, puis voilà, c’est la pluie, la pluie qui n’en finit plus, une pluie fine et continue, qui pénètre peu à peu tous les pores de toutes les cloisons, murs, pensées, peaux. Nous arrivons trop tard. C’est la queue de l’orage, cette longue traînée…
