Elise, Elise Aucun rosier ne peut te contenir Toi dont le nom est une épine Tandis que toi – je me souviens de vous Elise, Elise Tes fruits sont mûrs Elise Oui les grands pas arrivent Sur la table je toque comme le mistral
Auteur/autrice : Benoît Vincent
Pascal Quignard
On voit Pascal Quignard. C’est la voix qui tremble. Une voix qui semble s’essouffler, et dire, dans un dernier souffle. Une voix belle et grave, qui pose des bornes, simples et inédites, cailloux semés sur le chemin de la littérature. On n’ose pas lui parler, mais qu’aurait-on à lui dire. Et que faire dédicacer ?…
Placard vide
Ces textes, sons, mots, idées, images, qui, conservés quelques jours en mémoire pour plus tard, quand on prendra le temps de les traduire physiquement. On se réveille en pleine nuit : on vérifie, c’est bon, tout va bien, ils sont encore là. Puis quand finalement on prend le cahier et le stylo, on ouvre tout…
Une fête dans la Drôme
D’abord le site est excellent. Sur un petit poët, une ancienne ferme de pierre, entourée des blés coupés, puis cernée de forêts. La bâtisse, immense, est rénovée avec gout. Plusieurs espaces sont imbriqués, et on découvre, surpris, des terrasses, des alcôves, des patios, des granges ouvertes pour la pierre, des grenier dédiés à la sculpture….
Eté, 6
(Il faudra venir encore jusqu’à ce que soit mis au jour l’essence de l’été.) 1. Il y a aussi que rien ne semble cesser, l’été, il n’y a pas de pause, la permanence des choses empêche de se retrouver. Tous les jours se ressemblent, le soleil et la chaleur font une corde vertébrale, en fil…
Eté, 5
Texte publié, légèrement modifié, dans Po&sie, 158-159, 2009. I. L’été, chaque été, te retrouve plus lucide, l’œil plus aiguisé parce que le nom est propice à et est proche de / la mort. Le soleil mord toute choses qui en retour semblent n’exister que pour traduire et justifier sa puissance. Les cigales frémissent puis…
Pliure
Imaginer ces espaces comme les livres qui comportent une page pliée au façonnage et qui se retrouve à la découpe ainsi. Quand on la déplie, on découvre un polygone complexe, qui excède la page et sur lequel parfois on écrit.
Ecrire
Peu importe ce qui est écrit, l’important c’est d’écrire. Ecrire est important pour ne pas perdre le mot ou la nuit, le filon, la veine. Ecrire comme d’autres passent leur temps à posséder, diriger, manger, séduire, parler, baiser, travailler, marcher ou vivre. Ecrire pour dire qu’on est vivant – encore un peu. Ecrire pour dire…
Eté, 4
Tous les regrets, et toutes les joies, celés, enfouis, engoncés depuis le midi brillant et les travaux fastidieux de l’enfance. En allant dans les jours qui déclinent. Aussi sûrement, se révèlent. Eclatent. Eclosent. Eclaboussent. La tâche silencieuse alors commence, comme s’estompe le brouhaha laborieux. Je suis une fleur qui se fane. Ou ces grandes fleurs…
Ecrire 17
Peu importe ce qui est écrit, l’important est d’écrire. Ecrire pour ne pas perdre le mot, la veine, le filon. Ecrire comme d’autres labourent, possèdent, mangent, parlent, boivent, marchent ou vivent. Ecrire pour dire qu’on n’est pas mort — pas encore. Ecrire pour dire qu’on se tient, qu’on fait un, qu’on y croit. Ecrire pour aller…
