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A.monument [résidence Instin à Montpellier, 4]

Posted on 8 mars 201321 avril 2013 by Benoît Vincent

Depuis le mois de décembre, à l’initiative de la Panacée de Montpellier, je suis en résidence avec trois autres membres du Général Instin : Patrick Chatelier, auteur et initiateur du projet, Eric Caligaris, musicien et plasticien et Sylvain Périer, SP38, affichiste. Notre mission : occuper un espace sur le site élaboré par Eli Commins et le centre d’art, Textopoly. Cet espace, Espace Autonome Instin est une perception flou, instinienne, d’un modèle de ville, inspiré par la visite de l’ancienne Ecole d’Application d’Infanterie, à présent désaffectée et en attente d’un nouveau destin municipal (école, logements étudiants, tram). Nous visitons la ville avec des yeux hallucinés, nous brouillons les pistes, nous mélangeons les itinéraires.

Sommaire

  • 1 Amonuments
  • 2 Cartes
  • 3 Liste des lieux d’intensité

Amonuments

L’une des grandes tâches de cette résidence, c’est l’appropriation d’une ville que, pour ma part, je connaissais mal. Située toutefois dans mon secteur géographique, ayant pas mal d’amis et de relations professionnelles sur place (salut Rolland, salut Fanny), je n’ai parcouru la ville de Montpellier que dans des excursions très particulières, soirées, visite d’amis, journée de formation. Je ne suis venu qu’une fois en voiture, et je me suis allégrement perdu, et m’étonnant de l’expansion effrénée de la ville sur ses terres notamment agricoles, et ce déversement d’architecture.

Venu avec mes camarades en ville, ces quatre semaines d’itinéraires, de dérives, de trajets et de pérégrinations, même à travers un œil instinien, m’ont permis de voir et de comprendre Montpellier. Nous avons très vite, également, choisi de travailler plus précisément sur un lieu particulier compatible avec la figure du Général Instin, à savoir le monument.

La visite liminaire dans le parc Montcalm, à savoir la zone militaire déjà ouverte au public, et qui était le lieu d’entraînement de l’Ecole, nous a permis de voir des “installations” fonctionnelles telles que stade, piscine, et parcours du combattant (“piste d’audace” dans le jargon militaire). D’autres bâtiments, rendus également au public en tant que logements (étudiants, CROUS) ou transformés (gendarmerie, mais c’est toujours l’armée), ceignent le parc, ou plutôt lui sont invaginés, séparés par des clôtures, de sorte qu’on ne sait plus, ici ou là, si on se trouve dehors, ou dedans.

Ces installations, qui sont des pans de murs, des morceaux d’habitations, des constructions à franchir, ont été assez vite dénommées stèles et incarnaient — à ce moment-là nous n’avions pas mis le pied dans la caserne proprement dite — le type de monuments désuets, désaffectés, défonctionnalisés (ces stèles étaient elles-mêmes protégées d’accès par de hautes clôtures) sur lesquels nous bâtirions notre travail.

Des monuments renversés, donc. Le contraire même d’un monument. Je retranscris un mail envoyé en janvier :

Un anti-monument, ce pourrait être un lieu pour l’oubli.

(Oublier quoi ? Un amour déçu, l’état d’entre-deux, une errance, la mémoire, le trop de mémoire, la mort, la mort reçue, la mort donnée…)

Si monument vient de monere (se remémorer), oublier pourrait être traduit par deserere qui donnerait un étrange et évocateur *deserentum, le *désérent.

Ou, avec le H, opportunément réapparu, le déshérent (déshérence : Disparition de la continuité d’une organisation).

Ces brèves notations sont aujourd’hui encore plus pertinentes. Nous travaillons sur l’espace et plus particulièrement sur un territoire, c’est-à-dire un territoire habité. Une manière d’habiter un territoire, c’est d’en prolonger l’histoire, c’est-à-dire de réaliser une espèce d’étendue temporelle, ce qu’on appelle mémoire.

Cartes

Nous avions un outil à disposition : la base BD-Ortho, diffusée au public dans un souci (légal) d’open-data, et accessible via le site internet public national Géoportail. La ville de Montpellier, et nous l’avons découvert en visitant l’un de ces lieux nodaux que je vais citer ci-après, possède son propre système d’information géographique, le site Delta.

Une carte n’est pas a priori destinée à être un outil mémoriel, mais il le devient, comme une photographie, un livre ou un graphe. En consultant ces cartes — et en les superposant, ce que nous permettent les outils incroyables que nous avons aujourd’hui — nous faisons surgir le passé, nous pouvons nous déplacer dans le temps.

Je me demande à présent si le geste que nous allons réaliser, celui d’occuper un espace de Textopoly en nous inspirant de l’EAI ou de la ville de Montpellier, et ce au moyen de cette superfiction qu’est le GI, n’est pas une manière de saisir un instant et de le fixer, c’est-à-dire de construire un monument : non pas un monument du souvenir ou de la célébration, mais un espace de mémoire et de poésie — et c’est en quoi c’est un anti-monument ou un déshérent.



Capture d’écran 2013-03-31 à 00.53.58


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En observant bien la photographie aérienne de la campagne aérienne 2000-2005, disponible sur Géoportail, on découvre précisément le retour inopiné du H d’Instin évoqué dans le mail cité ci-dessus. C’est évidemment une signalétique pour un hélicoptère ; ce signe, comme les cercles de culture, ne se lit bien qu’en prenant de la hauteur et reste invisible (ou presque) pour le piéton.

C’est notre amonument. C’est lui que nous avons voulu saisir, dans notre restitution sur Textopoly, et j’irais même jusqu’à proposer ceci que toute la fiction instinienne désigne en réalité un centre aveugle ou aveuglant qu’il va nous falloir à présent éprouver : celui de la fiction historique.

Capture d’écran 2013-03-31 à 01.01.25

Nous nous sommes donc rendus dans des lieux qu’on pourrait appeler nodaux, c’est-à-dire des lieux de croisements ou, mieux encore, des lieux d’intensité. Ç’a été une question très tôt posée et, à l’heure actuelle, je n’ai pas encore trouvé la réponse idoine ; mais rendre sur un objet bidimensionnel comme Textopoly (mais comme dans un livre, du reste) une concentration de forces, de désirs, d’enjeux divers, comment faire ? C’est l’intensité, la vibration plus forte, le rayonnement soudain d’un morceau de réel. Il semble que l’amonument puisse être un moyen de le rendre, c’est-à-dire la fiction instinienne.

Liste des lieux d’intensité

La Panacée
Le Peyrou/Les Arceaux
Le Jardin des Plantes
L’Hôtel de Ville
L’EAI
Le Polygone
Antigone
Odysseum
Sète
La Paillade
Le Lunaret
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.
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±


INSTIN x TEXTOPOLY 0. Instin x Textopoly : présentation • 1. Le séjour • 2. Première visite à l’E.A.I. • 3. Le Septième Ciel, ou la folle machine fiction collective • 4. A.monument • 5. Préparation des ateliers d’écriture • 6. Des plantes et de la botanique • 7. Cimetières • 8. Du fait militaire • 9. Ailleurs (Sète, Cette, 7) • 10. Textopoly, petit précis de l’utilisateur

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