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Le Septième Ciel, ou la folle machine fiction collective [résidence Instin à Montpellier, 3]

Posted on 22 février 201321 avril 2013 by Benoît Vincent

Depuis le mois de décembre, à l’initiative de la Panacée de Montpellier, je suis en résidence avec deux autres membres du Général Instin : Patrick Chatelier, auteur et initiateur du projet, et Eric Caligaris, musicien et plasticien. Notre mission : occuper un espace sur le site élaboré par Eli Commins et le centre d’art, Textopoly. Cet espace, Espace Autonome Instin est une perception flou, instinienne, d’un modèle de ville, inspiré par la visite de l’ancienne Ecole d’Application d’Infanterie, à présent désaffectée et en attente d’un nouveau destin municipal (école, logements étudiants, tram). Nous visitons la ville avec des yeux hallucinés, nous brouillons les pistes, nous mélangeons les itinéraires.

Le Septième Ciel, ou la folle machine fiction collective


Je suis arrivé à Montpellier le premier, quelques minutes seulement avant Eric Caligaris et Patrick Chatelier. Nous venions de trois régions différentes et avions pris trois trains différents. Nous sommes accueillis par Ivain Auban, qui sera pour tout le séjour notre guide, notre aide de camp, notre hôte dévoué et débrouillard.

Ce premier séjour est une approche prudente de la masse de matériaux que nous soupçonnons nous attendre. Une ville entière ! Une ville en plein chantier, en chantier permanent — c’est d’ailleurs le fond des premiers mots que nous échangeons avec Ivain. C’est une ville de passage, ou le passage d’une ville et, m’appuyant sur mon expérience passée, Montpellier est une ville constamment en travaux, où l’on se perd aisément, et qui enfle, enfle de tous côtés depuis au moins quinze ans que plus ou moins régulièrement, j’y viens.

Eric avait repéré, avec l’aigu qui caractérise son œil, ce projet de requalification de l’ancienne caserne de l’Ecole d’Application d’Infanterie, et s’était plongé dans les différentes copies rendues par les prestataires retenus en première session pour la suite des travaux. Le site internet dédié au projet s’intitulant modestement (comme il est de coutume ici) Réinventons la ville. Nous ne savions pas réellement que ces trente-cinq hectares allaient influer durablement sur notre travail et, a priori, le parcours de différentes propositions des six cabinets et studios encore en lice, lesquelles s’inscrivaient dans une démarche citoyenne et participative, étaient déjà un terrain de jeu appréciable.

Dans un premier temps, nous avons donc imaginé réaliser notre proposition à nous, originale, ce qui conférait un degré de complexité supplémentaire pour la figure du GI qui devenait studio d’architectes. Cela ajoutait en effet un niveau de lecture supplémentaire.

C’est à ce moment-là que la machine s’emballe.

Impressionnés sans doute par le déroulement des choses et la tâche qui nous échoit, émulsionnés par le projet, nous imaginons en effet proposer à la municipalité un septième projet, le Septième Ciel. Nous avons confiance dans la fiction, dans la figure du Général Instin, comme protégés par son aura bienveillante et comme dispensés de remise en question ou encouragés dans un projet un peu radical.

Nous avons confiance dans la figure du GI mais nous avons mis le doigt dans la machine fictionnelle. Une figure est un déploiement possible, un ensemble de plissements, des paysages agencés les uns dans les autres ; la machine, elle, est implacable, répétitive, inorganique.

Rappelons que nous sommes encore avec un projet instable, furtif, peu ou pas élaboré, en tout cas pas dans ses détails. La parole, l’élan du schéma, les notes prises à la va-vite, les éclats de lumière que nous avons probablement reçus comme des échardes dans nos pérégrinations, et c’est l’escalade.

Nous rédigeons un premier projet, et nous sommes happés par une forme un peu ridicule, une parole potache, là pour dissimuler le manque de structuration voire de contenu de notre travail. Ces pages ont été rédigées à la va-vite, avec deux ou trois bouts de ficelles fictionnelles — en réalité des liens très fort où la singularité et/ou la cohérence du créateur s’est (ou se sont) faite(s) renverser par la puissance de la fiction, la sirène de l’imaginaire (c’est un pléonasme) qui prend plutôt la forme d’une décharge hormonale que celle d’une chimère séduisante.

Nous avons touché là un aspect essentiel du geste créatif, qui n’aurait sans doute pas été possible sans ce dispositif particulier qui est la conjonction de la figure instinienne et de qu’il porte comme parti pris esthétique, du territoire même de la ville nommée de Montpellier, et de l’espèce d’urgence qui est le contrepoint de la pression même de la résidence — en un sens de la commande publique et donc politique qui nous a été faite.

Avec le recul du projet ayant trouvé, semble-t-il, sa voie, je considère ce travail comme une esquisse, une ébauche ; en un sens une anti-archive, mot qui « fait résonner » dit Derrida, « la mémoire du mot arkhè, qui nomme à la fois le commencement et le commandement »1. C’est un autre aspect contraignant du geste créatif. Car en effet, la figure et la forme du Général Instin, par essence (si l’on peut dire), et elles-mêmes de manière archontique, échappent à la fois au commencement comme au commandement : fantomatique et militaire, mais un militaire fantôme et un fantôme militaire, dans cette figure fictionnelle promptement oxymorique, elle excède la possibilité de l’archive comme elle fleurit et s’épanouit dans le projet plus que dans son aboutissement.

Mais existe-t-il un contraire à l’archive ? Placé dans des formats qu’il dépasse ou renverse, sans aucune intention métaphysique (comment le pourrait-il ?), le Général Instin est un projet permanent, la permanence même, celle du fantôme, coincé entre deux mondes.

C’est sa force et sa plasticité ; on ne se lassera pas d’éprouver la multitude de ses avatars, et c’est peut-être ça aussi qui nous résout vers les formes simples, la simplicité, l’évidence. A l’opposé, en conséquence, de ce projet baroque, le Septième Ciel.


GI-EAI.1

GI-EAI.2


GI-EAI.3


GI-EAI.4


GI-EAI.5


GI-EAI.6


GI-EAI.7


±


INSTIN x TEXTOPOLY 0. Instin x Textopoly : présentation • 1. Le séjour • 2. Première visite à l’E.A.I. • 3. Le Septième Ciel, ou la folle machine fiction collective • 4. A.monument • 5. Préparation des ateliers d’écriture • 6. Des plantes et de la botanique • 7. Cimetières • 8. Du fait militaire • 9. Ailleurs (Sète, Cette, 7) • 10. Textopoly, petit précis de l’utilisateur

  1. Mal d’archive. Une impression freudienne, p. 11 ↩

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