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Keith (3)

Posted on 17 janvier 201318 mars 2014 by Benoît Vincent

Une série de textes waiting on a friend.


• 3 •


keith_3


Keith, ses mains, ses jambes, son nez, ses oreilles.
Keith, ses breloques, ses boucles, ses pendentifs, et bracelets, et médailles-dents-foulards.
Keith, arqué, désarqué. Keith, magnifique et clochard. Keith, électrique et velours.

Keith, sa bouche.
Keith, ses doigts.

Keith, ses doigts.
Keith, sa voix.

Keith, tout un tas de bijoux (ou colifichets), et de haillons dorés et parfumés, autour d’un rocher électrique, mal dégrossi, métamorphe, déformé, gourd et souriant. Au contact froissé, aigu des eaux et des terres.

Keith jamais rayé par l’usure, fondu en elle, en étant devenu l’une de ses plus parfaites manifestations, le phénomène du galet.

±

Le galet est très anguleux, avant de passer par la roue du ruisseau. Il en sort totalement rond, d’une forme adaptée à la descente, légèrement oblong, hydrodynamique malgré l’impossible (contre-nature) désir pour une pierre d’apprendre à nager.

Le ricochet leur sied mieux. Mais ils ne sont pas aptes à pratiquer ce loisir, que dis-je, ce sport, sans secours extérieur, ou bien le hasard injuste de la foudre (et encore, pour de maigres résultats, comparé aux pères en ciré jaune toujours en quête de reconnaissance pétillant dans les yeux de leurs enfants).

Le galet poursuit son cours, clopin-clopant, ayant imaginé un déplacement patient, parfois millénaire, c’est-à-dire sans plus de temps du tout. Une nage moins incertaine que syncopée, cahin, une vague, un bâton, caha, la grève sableuse, un enfant, un orage. Une nage qui tient de la chenille (animal ou outil, peu importe) et du tourniquet (je parle de centrifuge). C’est une technique qui n’est pas moins adaptée au monde que ne l’est la nageoire argentée, l’aile fendante ou le rhizome fouisseur et curieux, parce que toutes les techniques sont égales devant le flux de la Vie, mais elle est singulière.

±

Le temps du Keith est haché, il oscille entre l’une et l’autre des deux réalités du monde : la veille et le sommeil. Ou les yeux ouverts/les yeux fermés. Ces deux dimensions sont toutefois faiblement étanches. Elles passent de l’une à l’autre. Elle se passent de l’une à l’autre.

C’est d’ailleurs un parti dont on tirera, dans le futur (et dont on a tiré par le passé) ; c’est également un parti dont tire le galet, lorsqu’il nécessite le temps de descendre son bassin versant.

Arraché à la montagne, anguleux et offert à toutes les prises, si toutefois la buse variable, le renard furtif, ou l’enfant, ou l’orage, en avaient compris l’utilité, le besoin, et qu’il soit convoité à sa juste mesure, le caillou attend, désormais noyé et émoussé.

Seul comme un ampli.

Tout peut arriver, et même le pire. Que le bras de rivière se déconnecte puis s’assèche ; qu’une maison réclame avidement son lot de matériaux. Ou l’orage. Ou l’enfant. Ou pire encore : que les mousses, les lichens, arment leur rituel, et amorcent leur inexorable travail de sape, pousser ! pousser ! jusqu’à tout recouvrir d’une bête forêt, pleine d’humus et de vers de terre constrictors, marteaux piqueurs insoupçonnés, entrepreneurs arides du sous-sol, ingénieurs en BTP.

Des forêts désormais débarrassées des orages, et des enfants.

±

Keith remue un orteil, c’est-à-dire qu’il remue tout un pied, c’est-à-dire qu’il est debout. Il installe ses contrepoids, caisse droite, manche gauche ; il retrousse ses manches, chemise blanche et veste de costume noir. Il se tient à l’orée, majestueux paratonnerre rafistolé, paratonnerre, et monte le volume ; gateway ; il se tient arqué entre les lignes entre les dimensions, il s’apprête au brouet. Il malaxe sa pâte de sons. Il sacrifie ses angles. Riff.



—––
KEITH
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