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Samuel Beckett, trois fois

Posted on 5 juin 201030 avril 2023 by Benoît Vincent

Au moment même où je venais de lire et décrire le grand Dépeupleur dans cet atelier d’écriture en lycée technique (mission générale d’insertion), aux côtés d’autres tristutopies comme Ici, Poddema et Choir — me rappelant par là le panoptiqu) présent dans la Thélème de Rabelais —, voilà que François Bon, de plus en plus mon précédant, exhume, via Ubu web, quelques vidéos du grand Beckett, dont le rare Not I, qui n’est presque qu’une bouche…

Et, hasard, voilà que nous bénéficions d’une lecture (Bernard Desroche et Anne Lachens) et d’un film (Jean-Christian Riff, D’ici quelques temps) dans notre petit cinéma art et essais.

Je n’aurais rien d’autre à ajouter sinon d’insister encore sur la force de la voix chez Beckett, de cette écriture livrée à elle-même et à son propre commencement, ce que le film de Riff peine à percevoir ou refuse de voir. Oui alors, cette quête du geste final de La dernière bande, auquel il a assisté en 1987, dans la mise en scène de Mathias Langhoff avec l’inégalable Serge Merlin, propagateur de voix, cette quête ne peut qu’inaboutir, parce que justement, à la fin elle se termine ; mais hélas, elle ne va pas plus loin : elle parle d’elle-même, elle est redondante à la pièce.

Si Krapp rejette au final la bande et si Merlin, lui, écrit quelques mots sur un mur (mur déjà écrit du journal de Langhoff par lui-même — comme décor, le film nous l’apprend), c’est qu’il se rend à la voix narrative, à l’écrire plus qu’au montage des bandes ; le film fait-il autre chose ?

Il y a donc un échec, non pas celui, inhérent aux personnages de Beckett, malhabiles à construire une œuvre et cette œuvre se construisant ainsi, mais un échec dans le refus ou la résistance à s’abandonner à l’arbitraire du souvenir, au mélange, à l’inorganisé, mais aussi à l’indicible, à l’inintelligible, un refus de s’abandonner à l’œuvre opérant.

Le documentaire est passionnant, car il nous livre les témoignages des acteurs de l’époque, y compris Merlin lui-même, mais aussi les techniciens, les amours du passé, les amis rencontrés, les critiques de théâtre de jadis.

Mais le fond, le projet artistique est, comme souvent avec Beckett, stoppé net, il bute sur ces mots mal dits, mal posés, et si bien choisis. Ils butent sur ce qu’il veut révéler alors qu’ils restent à jamais cachés, brouillés dans l’écriture : ce geste de Merlin écrivant, non pas pour un, mais lui pour tout, au-delà de la représentation, dans ce qui échappe tout entier à l’image et au représentable (et donc au fixe et à l’enregistrable).

Il bute sur le contraire même de ce que revendique La dernière bande, le feu des quelques mots de fin, le feu qui brûle tout support, papier comme bande magnétique…

Peut-être que mes meilleures années sont passées. Quand il y avait encore une chance de bonheur. Mais je n’en voudrais plus. Plus maintenant que j’ai ce feu en moi. Non, je n’en voudrais plus.


Krapp demeure immobile, regardant dans le vide devant lui. La bande continue à se dérouler en silence.

Pour terminer ce minuscule hommage, voici une version du Dépeupleur par Serge Merlin… malheureusement, pour une raison inconnue, le son manque…Des mêmes pourvoyeurs (?), une version animée inspirée de ce même fabuleux texte :

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