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Marge sur marge

Posted on 26 août 200727 février 2011 by Benoît Vincent

Piste pour un travail d’avenir

Intervalle. Je n’ai jamais rien écrit que dans l’intervalle ; j’ai conscience de cela depuis la nuit des temps. J’ai commencé à écrire sur des cahiers Clairefontaine en 1994. Depuis, je n’ai jamais arrêté. J’ai fêté (seul, mais quand même satisfait) le deux mille cinq-centième texte il y a peu. Malgré tout je ne pense pas beaucoup avoir progressé. J’ai peut-être mieux défini les contours. Cet intervalle ou interstice, c’est ce qui me touche le plus : l’aube, le sexe féminin, le volet clos ou la persienne, la paupière, la cigarette, le voyage, la liste des thèmes est infinie, mais je la ressasse.

Lecture. Les livres que l’on lit se raréfient, et je préfère relire plutôt que de lire : rares les livres actuels qui me touchent ; tout le monde qui lit ici les connaît, du reste. La lecture creuse dans les livres, comme si le livre était une espèce d’estomac projeté dans le monde et qui servirait à se nourrir de tout ce qui passe.

Ecriture. Les livres qu’on écrit… Bon je n’écris pas de livres, mais du moins les textes que j’écris, de même, suivent leur chemin sans arrêt. Je ne crois pas avoir réellement écrit deux textes différents, et si je me jette un peu plus innocemment ces jours-ci vers des feux un peu plus brûlants, ce n’est que pour exagérer ces marges, ces cernes tranquilles qui rayonnent autour de la mort, l’amour, que sais-je. Exagérer ne convient pas : dégager, réserver, différer, différer. Déraper. Etirer… Etendre… Donner du mou, relâcher, mais dans l’intervalle. Comme une espèce de pâte qu’on pousse vers la brisure.

Littérature. De là, la littérature, entendue comme (lecture+écriture), je ne le répéterai jamais assez. Et quand j’aurais fini de récrire l’inquiétude (qui est déjà récriture), ce sera cela, simplement cela.

Autres motifs scintillant. Le secret, le sexe, la mémoire, le coupable, le nom, le mourant, le devenant, le revenant, la hantise.

Edmond Jabès est allé très loin. Sans raison apparente, sinon celle d’une mémoire introuvable. Les questions posées dans Le livre des marges, pour le coup, si elles ne trouvent pas réponse, négligent mon propre travail. Qui devient inutile. Tout le monde écrit pareil, et depuis une cinquantaine d’années, la littérature est allé au bout d’elle même, avec Blanchot, avec Beckett, avec Michaux, etc.

Ces milliers de mots écrits chaque année qui s’entassent dans des cahiers ou sur des pages virtuelles sont complètement redondants.

Sauf à ce qu’on dépose peu à peu des axiomes, qu’on chausse les idiomes, et qu’on fasse un peu d’art : peu importe ce qui est dit, mais la manière : aussi naissent des livres comme Tumulte ou Dernier royaume.

Il est vrai que trouver sa voie dans ce contexte là ne facilité guère le travail. Mais.

Je réfléchis aussi à la forme même de mon livre, livre fait de marges lui-mêmes, puisque tous nos livres sont écrits depuis Montaigne et Cervantès, et même avant, dans les marges d’autres livres. Le livre est Babel : la confusion des langues n’est pas une malice ; c’est notre chance même.

Je dis même que le livre éclaté, dispars, nomade, est en lutte contre les dieux qui ont cherché à nous humilier, et à leurs prêtres dégénérés.

Le travail de quelques-uns d’entre nous ne s’arrêtera pas avec la mort, se s’arrêtera jamais, malgré les réticences de nos élites et le clinquant poussiéreux des avides, il se passera secrètement non de bouche à oreille comme le secret, mais comme le secret lu/écrit ou écrit/lu, sous le manteau, sous le mentir, à travers des pages virtuelles de serveur à serveur, à fleur de peau, à fleur de pierre comme du lichen, des tags sur des murs, des tracts dans les rues, des mots confiés à la terre, des mots écrits de sperme sur tes cuisses, des mots écrits de sang sur mon bras, des mots fumées, des mots gouttes d’eau, des mots maudits dits à demi-voix, y compris derrière la musique, y compris sur l’autre face du tableau, des mots lunes brillant sans lumière dans la nuit, des mots d’abysse, tapis dans les océans, des mots qui demeurent dans une bouteille à la mer, des mots susurrés dans les fissures, dans les recoins tendus des tentures, sous les pas des gens, dans les souterrains de l’enfer ou du métro, des mots susurrés comme par distraction comme par le vent, des mots dans les vieilles maisons, des mots autour de la bouche comme un nuage de buée, des mots plantés dans les plis de ton corps comme

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