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Lettre d’amour passée

Posted on 19 août 200727 février 2011 by Benoît Vincent

très chère

j’ai bien reçu vos lettres.

même avec le retard qui incombe à ce lieu. pour vous répondre, j’ai dû fouiller chaque tiroir, chaque poche, chaque cachette, chaque recoin de cette vielle maison (savez-vous que vous aviez encore quelques centimes dans certaines de vos boîtes personnelles ?), afin de trouver les soixante centimes que coûte le timbre.

j’aurais souhaité aussi répondre plus vite, mais la poste ici est d’autant plus lente qu’elle est fermée trois jours sur cinq.

cara monstro mio

la petite maison n’a pas bougé, au contraire ; elle semble d’autant plus s’arrimer à cet endroit, plaquée à la roche par le soleil, ou le vent ou le sel. ou moi-même, mes sentiments.

je ne vois personne, sauf une vieille voisine qui cultive quelques herbettes, dans le potager vers les calades. elle est constamment revêtue d’une lourde jupe noire qui lui descend jusqu’aux pieds, de son sarrau élimé et de son fichu ; cette femme est comme une carte postale.

le cose vanno con esordio e disordine ; ci sono cose nascoste che muovono.

tout comme le village d’ailleurs ; cette année les touristes se font rares, mais les pêcheurs aussi, car le poisson ne se trouve pas. le bar de la place n’a pas rouvert ; je mange parfois dans la trattoria de l’autre côté du petit port. il n’y a là qu’une fine bande de terre où se dresse cet établissement et la cahute qui sert de remise parfois…

i giovani hanno desertato il paesino ; qua ci sono solo ortiche, grandi agavi senza anima e il nostro quotidiano rapose di macchia. sembra che qui la morte si sia transferita in villegiattura in questo luogo. non succede niente che il sole che visto cosi’ sembra un’aggente della morte. la gente parla di rado e il loro volto sembra arrugginito e stanchissimo. è come se aspettiamo une grande strage.

tout ici est très calme, mais on peut toutefois rencontrer un peu les habitants ; les insulaires parlent peu, mais leur parole vaut plus

io manco ad ogni dei miei doveri ; non ho scritto niente ; leggo poco e poco mangio, esco poco, vivo poco. nuoto.

c’est ainsi que j’ai pu rencontrer le maire, qui m’a fait visiter l’église et plusieurs autres curiosités de l’île, qui sont plus ou moins ensevelies sous la végétation. mais dans l’ensemble, un grand silence règne ici, propice à mon travail.

ma di notte…

la chaleur du jour, bien sûr, à peine tempérée par la mer sur ces hauteurs, impose une grande fatigue et du coup nécessite de notre part une grande économie de mouvement ; heureusement le stylo ne se fatigue pas, pas plus que la main qui écrit.

la notte coincide con la mia anima, ci sono grilli che ti fanno di frontiera sicchè non cadi nelle scogliere. posso trovare qualche scarcatoia che mi recca al mare, dove i grandi pesci sono più visibili, soppratutto in quei giorni dove la luna è alta piena. posso quindi attrezzare il mio vuoto, e lo faccio con allegria e molto tecnica. mi sono specializzato nel popolare la memoria di ricordi (di testi o canzoni) che mi allontanano del presente, e anche della conscienza (che mi fatica). sto diventando matto.

je te laisse donc à la folie de ta ville, que j’imagine poussiéreuse et bruyante, tandis que moi je me destine à des tâches bêtement quotidienne : comme vider ces poulpes que j’ai achetés ce matin, où arroser les pieds d’aubergine, qui eux, sont magnifiques.

lo scoppo è stato raggiunto, quindi, e posso assicurarti che sono partito per un bel po’. non c’è notte più fonda e scura della mia notte interna ; essa si nasconde tra due battiti del cuore, dove non c’è nient’altro che l’infinito del destino ; in quell’intervallo, sgombro, vuoto come il cielo, posso alludere con tranquillità ; non capisco più niente ; non aspetto neppure niente ; sono, qua, lucidente, bighellonando nell’infimo spazio di sè que mi resta ; vi ci sono importante ; vi ci sono l’unico dio ; vi ci sono, punto.

très chère, je vous touche la main, affectueusement.

non scrivo più niente per gli altri. voglio imparare a morire in pace.

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