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Réminiscences

Posted on 6 juillet 20079 novembre 2011 by Benoît Vincent

On prend un livre, c’est l’été. C’est en été que les livres (se) prennent. On a l’espace étendu devant. Le temps compte peu. Et tout dehors nous aspire.

On marche sur des cailloux, même pieds nus, on croise les fleurs immenses de l’été : mélilots, cardères, vergerettes, fenouils. Ce sont les derniers soubresauts, mais brillants, mais dévolus.

Il fait chaud constamment, la nuit ne repose rien, fait patienter (ou fait écrire, ce qui revient au même).

Tout est sec, piquant, acide ou épicé. On boit plus. On parle moins.

Alors on se sent renaître, ou devoir le faire, et on saisit une liasse de feuilles blanches, qu’on trimballe avec soi partout, dans les pierriers ou les cabanons, mazets décorés de larmes – mais d’où viennent ces larmes, on ne saurait le dire.

Si on ne quitte pas les lieux, pour atteindre des mers, horizons séditieux, on commence un sillon qu’on ne lâchera plus avant les rosées ou les champignons premiers.

Même les rencontres, les repas à la lueur des lunes, les lucanes, les gens nouveaux ou de passage, même les fêtes, les lampions, les bières accentuées, même les sorties, la Provence (il y a toujours de l’été en Provence, ou l’inverse), tout est usé, susceptible de cassure, de brisure, de fracture. Il n’y a pas d’eau, et l’eau dont on s’habille ne saurait nous détourner de notre inattention. Car c’est la mort qui sème ses grains en été. C’est l’ennui, l’attente, l’ennui, la peur sourde, souterraine, le retour spectral des âges.

L’été, c’est la mort.

Alors on écrit, on écrit des pages, aux lueurs des lucioles, on se permet plus de vin qu’à l’accoutumée, on marche, on fatigue les corps, même s’il y a une répulsion qui se fait plus pesante, car plus pressante, parce que plus transpirante. L’esprit est grevé par du sable, la voix enrouée, la main peu fidèle.

On cherche des fredaines ou des fruits, abricots défendus, pèches de vignes étourdies, puis on se secoue de vilaines rengaines.

A moins de tenir franc vers des rouvines solitaires, et de s’enfoncer dans l’humus surnuméraire, au creux de la hêtraie pour rien ni personne, alors on ne touche à rien.

Et rien ne touche à nous, alors on s’endort, comme mort, mourant, en attendant l’automne.

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