
Le texte
⸎ le texte se peut trouver ici, sur le site de Gros Textes, en formats numérique, epub ou html, et papier : https://grostextes.fr/publication/paramar/
ISBN 2-35082-612-7 – 55p – 8€ – 10 octobre 2024
♨ écriture en 2025, suite à la résidence faite avec Emanuela Schiano di Pepe entre 2024 et 2025, avec les patients, les soignants et les habitants du CHBD de Laragne-Montéglin (Hautes-Alpes) et ses environs…
Échos
Ohé —– > Héo
Extraits
Le portail
Paramar est ouvert.
Certains sortent en courant,
d’autres entrent heureux,
c’est selon.
Peu importe.
Puisqu’il laisse passer.
Hiver ou été, et puis les eaux ou les
pollens ou les animaux.
Jusqu’au jour où
comme toute chose
il sera décidé que c’est terminé.
*
À l’heure des visites ta sœur est venue. Tu t’es enfuie, tout le monde te
courait après, dehors dans le jardin. Puis c’est elle qui s’est précipitée du
haut mur.
*
La Villa du Directeur
Le temps est affolé et
le printemps promis s’en est déjà allé,
lessivé par les pluies.
De grosses averses lourdes,
entrecoupées de francs soleils de saison.
Atmosphère tropicale.
Le week-end, quand tout est calme,
le matin ou le soir,
au crépuscule, ici on peut avoir l’impression
ici
dans la villa du Directeur,
de veiller sur la chiourme,
du moment.
Les lourds nuages roulant,
les efforts des passereaux et des fleurs,
presque vains, il faut pousser,
entre deux averses,
accablés de la fatigue
inutile du rien-faire,
de l’inefficace,
de l’impotence.
*
Cabine téléphonique
Un espace
pour la parole à côté
de la pièce à la glycine.
Le livre est couvé et creusé.
Dans ces villages
lointains, reculés,
restés dans le passé,
comme si l’espace était une forme de mémoire
la marne comme emblème partout.
*
La veille de mon départ, j’allais en Amérique, tu m’as dit tes yeux
sont plus grands aujourd’hui, prêts à tout regarder.
Puis les tiens se sont éteints, ta peau a changé, tu as erré dans les
rues pendant des années. Dans la ville, je reconnaissais en
premier tes longs cheveux noirs, puis ton corps fin. Tes beaux
habits d’avant, aujourd’hui abîmés. Qui sait, je me disais, où sont
passées les choses sues, le grec, l’histoire de Rome, l’art. Nosfévrier
conversations. Dans quelle pièce sombre sont-elles posées.
Quatrième
Ce texte de fiction est le fruit d’une résidence d’écriture réalisée par les auteurs au Centre hospitalier Buëch Durance en 2024-2025, intitulée Conversation générale, financée par le Centre National du Livre, en partenariat avec le Parc naturel régional des Baronnies provençales.
Il s’appuie sur l’expérience, les échanges et les imaginaires du territoire considéré qui s’étend des Hautes-Alpes aux Alpes de Haute-Provence.
Le terme Paramar, qui sert d’écrin à tout le texte, est un toponyme qui dans notre fiction désigne le quartier, peut-être la colline où est sis l’hôpital.
