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Archivive — fleurs

Posted on 21 octobre 202420 juin 2025 by Benoît Vincent

 

Ce qui ne me touche guère, chez Rembrandt, c’est l’espèce de flou d’auberge, de condensation de verre, ou de graisse d’animal.

Pourtant je sens bien qu’il y a là quelque vérité qui m’interpelle.

Je cherche des fleurs.

Alors que je suis en pleine classification de mon archive personnelle (un effet sans doute de ma présence à l’Imec), donc un plongeon dans la mémoire même, je revois non seulement ces fleurs que j’ai plus ou moins oubliées1). J’ai ces exemples, entre autres, en mémoire, et si parfois à la mémoire charnelle supplée la mémoire de la machine, d’autres fois, il ne me reste que les yeux de ma mémoire pour pleurer.], mais aussi souvent leur milieu propre, et parfois même les circonstances de leur rencontre (balade, étude, voyage), sans parler des gens avec qui j’ai pu les voir (Luc, René, et tous les autres), de sorte que c’est tout un processus de descente non aux enfers mais au passé (mais c’est un peu pareil : cet être-là que j’étais n’est plus), ou plutôt, comme je disais précédemment, un dialogue avec ce qui n’est plus, plutôt qu’une catabase, ce qui me fait dire qu’un herbier (physique ou photographique), un coquillier, est à la fois une géographie et une histoire. Et pour tout dire une autobiographie, une autogéographie.

Alors donc que je cherche des fleurs, et que j’en nomme (dans ma base de données), je me dis tout de même : oui il y a les fleurs des Fleurs de Tarbes, on a déjà fait le jeu de mot… il y a « une fleur » de Mallarmé, d’ailleurs, qui lui fait écho, et que Blanchot transformera, le geste est facile, en « une femme ».

Puis me revient celui qui ne cesse de revenir, de hanter ces textes comme ces lieux de par sa proximité (voir le Souterrain numéro 7), Jacques Derrida.

En effet j’avais oublié (?) que Derrida avait écrit Glas (que dans mon esprit j’avais confondu avec La carte postale, allez savoir pourquoi. Que Glas parle de fleurs, et aussi de Jean Genet.

Que Genet porte un nom de fleur. Et l’une des plus belles. Ça aussi c’était évident2.

Et bien sûr qu’il a écrit Notre-Dame-des-Fleurs et Miracle de la rose. Le rapprochement avec Proust, souligné par un autre fantôme en ces lieux, Sollers, que je goûte peu pourtant3, est assez évident : la Recherche est émaillée pour ne pas dire truffée de dizaines de références aux sciences naturelles et à la botanique, à Darwin, à Fabre, à Maeterlinck peut-être… La rencontre de Charlus et Jupien, qui ouvre Sodome et Gomorrhe, est, de ce point de vue, emblématique.

Tout ce passage sur la sexualité hermaphrodite de la plupart des fleurs tend à conférer, voire préserver, à la scène, un caractère poétique.

Dès que j’eus considéré cette rencontre de ce point de vue, tout m’y sembla empreint de beauté.

Mais aussi, et c’est là où je voulais en venir, ces retournements et déplacements, venaient conforter ce qu’à présent je pensais de l’individu même. Pour ces auteurs, il es question de la singularité d’une expérience, tellement particulière qu’elle contrevient à ce qu’on entend généralement par la nature des choses ; or les végétaux le montrent bien, mais tout le vivant, la nature des choses n’a que peu de rapport avec la société bourgeoise et conformiste de leur époque.

Où je retrouve Rembrandt : quelque chose ne m’attire pas chez Rembrandt, mais je l’accepte volontiers. Parce que ce quelque chose de Rembrandt, c’est précisément ce que je cherche ou fantasme dans la société humaine : une forme de crudité qui est en même temps un marque de lucidité, et donc — pour moi — un gage de destinée commune.

C’est très étrange ce cheminement que je fais via « une fleur ». Mais c’est très étrange ce que je suis venu chercher en ces murs, à savoir un témoignage du vivant — quand en réalité j’ai découvert — non sans banalité s’entend — simplement, une mémoire.

Un herbier.

Un livre.

La mort même, la mort vivante.

 

➟

 

  1. Certaines, de mon ancien territoire, disons la Drôme, Dieulefit, et, pour tout dire, la portion du GR9 qui s’étend de la Viale à la chapelle de Comps, plutôt rares, et que je ne les ai pas revues, en vrai, vivantes depuis longtemps (Daphne cneorum, Spiranthes spiralis, Sorbus torminalis), ou d’autres que, hasard faisant, je n’ai pas eu l’occasion de contacter — comme on dit — depuis leur première fois (Allium moschatum, Campanula medium, Alyssum serpillifolium), ou enfin dont je n’ai pas de photographie (Vincetoxicum nigrum, Bellidiastrum michelli, Plantago argentea, par exemple), ou dont je n’ai que des photographies ratées (Ranunculus revellieri, Ajuga pyramidalis, Polygonatum verticillum[1. Travaillant sur la mémoire encore, avec Bobines, mais aussi à l’occasion d’une célébration toute intime à Chauvac-Laux-Montaux, et encore à celle de l’invitation dans e Haut-Jura j’en ai profité pour les chercher, et j’ai revu le Daphné, le Dompte-venin, la Fausse pâquerette et le Plantain, en un tournemain ! ↩
  2. Le premier fonds de l’Imec ? Et le savoir, la gentillesse et la malice d’Albert Dichy, ici présent. ↩
  3. Fleurs, Hermann, 2006. ↩

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