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Archivive — chassez le naturel

Posted on 26 septembre 202428 octobre 2024 by Benoît Vincent

 

Bel et bien mort, peut-on être bel et bien mort, ou peut-on même bel et bien mourir ? Y a-t-il un mourir beau ? Un mourir bon ? Sa belle mort ? Sa belle mort ?

*

Je la vois. Elle est là, elle est venue me voir. Par deux fois au moins.

 

Non, ce n’est pas vrai. Elle n’est pas immobile. Simplement, elle guette, tapie.

Finalement, je ne sais rien d’elle. Mon astuce de surface n’a pas véritablement fonctionné. Disons que c’est un leurre. La surface réfléchit, c’est tout le problème. Je regarde les lentilles d’eau, ce minuscule vivant. Surface végétale, non seulement comme savent les végétaux, mais également à la surface, et, qui plus est, sans enracinement au sol, mais… à l’eau.

Qui est surface quoi qu’il arrive.

L’eau, qui sensiblement projette tout, nous projette, pour son caractère, inédit pour ne pas dire impossible ou magique, de ne pas rester en place. Mais d’y être toujours, en même temps. Et de s’égaliser, de se pacifier, en silence, en toute circonstance, en toute occasion.

L’eau est tout le contraire de l’occasion, de la circonstance, si on se souvient que le vivant est l’inattendu.

L’eau, elle, est l’attendue. L’eau arrive. Elle arrive, quoi qu’il arrive. Elle arrive, à défaut même de ce qui arrive. L’eau se soucie comme d’une guigne de l’évènement. L’eau est.

D’ailleurs il repleut.

*

Sous le tilleul domestique et bonhomme, sous le tilleul adoré (de mon pays), ô, inattendu, une nouvelle espèce. Personne ne l’avait vu venir. Une ciguë, Aethusa cynapium, dont la conine est un puissant alcaloïde toxique à mortel.

Comment ne pas y voir un signe, dans ce repaire de livres ?

Peut-être voulait-elle me faire taire ? Peut-être la ciguë est-elle utilisée par le livre pour faire taire ? Peut-être qu’il y a là sa seconde nature ?

*

On a planté des perce-neiges, ils fleurissent. Mais peu à peu, ils fleurissent distraitement. Des lignes qu’on a plantées, on ne voit que des taches, des points isolés. On se demande pourquoi. On creuse, pour voir l’état des bulbes. On trouve un tibia, une mâchoire. Un cimetière. Un cimetière sauvage qui déplace les rangs de fleurs. Des fantômes qui dérangent le jardin.

C’est l’histoire du mémorial canadien qui jouxte ma chambre.

*

Dans le jardin une pierre mémorielle. Des cendres dispersées. En ce lieu. En ce lieu vivant, extrêmement vivant, ce lieu agréable, locus carrément amoenus. On voudrait rester ici. Je veux dire rester pour de bon.

Rester bel et bien.

*

Comme je ne comprenais pas, elle multiplia les messages. Elle se fit témoin. Ce témoin. Alors je lui parlai. Et il m’écouta. Mais très vite, par-dessus mes paroles, il dessina de ses yeux tendres et mélancoliques une espèce de paysage trop lourd, de paysage trop dur, de paysage trop connu. Il n’est pas aisé de quitter son corps, c’est un fait.

Mais il est plus dur encore de se persuader qu’il n’est pas. Ce qu’on laisse on le lègue, en quelque sorte.

Ce qu’on n’a pas, ou ne veut avoir, reste à la merci des vautours.

*

Je vais quitter ce lieu. Je vais retrouver les yeux creux, les gestes brusques ou déliés, les paroles encombrées, avec les vautours, dans mon pays.

Je vais rentrer au pays.

J’y vais au galop.

 

Autrefois, j’avais trop le respect de la nature.
Je me mettais devant les choses et les paysages et je les laissais faire.

Fini, maintenant j’interviendrai.

J’étais donc à
Honfleur et je m’y ennuyais.
Alors résolument j’y mis du chameau.

Henri Michaux

 

➟

 

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