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Usurper (01)

Posted on 11 juillet 202229 octobre 2024 by Benoît Vincent

| – texte 02

 

Une unique chaise, dans l’un des angles de la scène, un peu en retrait, mais à bonne distance du fond. Un homme, chemise blanche, ouverte à moitié, mouillée, tâchée de sang. Les mains attachées dans le dos, les jambes aux pieds de la chaise. L’air hagard, fatigué, cheveux sales et collés.

À chaque scène, il sera dans un angle opposé, d’abord à jardin, puis à cour, puis à jardin, etc.. Une seule lumière, comme un vasistas, une lueur, en hauteur, à l’opposé de la chaise.

 

Scène 1

Puisque j’ai l’occasion de m’exprimer, je ne vais pas me priver. Et tout d’abord merci de votre attention, de la possibilité qui m’est donnée, de faire le bilan de ces dernières semaines, de ces derniers mois, oserais-je dire de ces dernières années ? Enfin, la possibilité, c’est un bien grand mot si l’on prend garde au… dispositif dont vous avez bien voulu m’entourer ou entourer cette discussion… et puis… votre attention… puis-je ici souligner qu’à défaut de présenter le visage inquiet mais avide propre au souci de son prochain, celle-ci présente tous les atours… de l’interrogatoire ?

Non je ne le peux pas.

Ce serait encore trop d’honneur et ce serait de plus injustifié. Je forcerai de mauvaise grâce cette… impulsion de sollicitude, cette chance, allais-je dire, la chance même de l’humanisme.

Aussi me tairais-je, ce sera mieux, comme on dit, pour tout le monde.

 

Scène 2

Mais puisque vous insistez, je vais m’exprimer, oui, vous avez raison. Chacun dans son rôle n’est-ce pas ? Vous m’écoutez, je m’exprime. Et les cochons sont bien gardés. Comme on dit. N’est-ce pas.

Reprenons, donc.

Suis-je mort jeune ? ai-je envie de débuter, ce qui n’a guère de sens, vous en conviendrez, puisque je suis ni mort, ni jeune, mais ça m’est venu comme ça, dans le noir, cette nuit, dans la nuit sans lune et sans sommeil, ou bien ce matin — il n’y avait pas plus de lumière que de fatigue, mais je sentais, à l’espèce de bruire qui faisait frissonner les parois de ma cellule, que c’était le matin, le petit, le tout petit matin.

Oh je ne parle pas du commencement d’agitation qui saisit toutes les composantes de cette espèce d’équipe que nous formons tous (quoique silencieusement, dans une espèce de respect qui frise l’admiration), loin de moi l’idée d’une critique à ce titre-là. Non, je parle de cette espèce de remuement organique qui est celui de tous les êtres en proie à la soif de chaleur et de soleil : c’est bien simple, vulgaire comme le trille du rossignol (savez-vous qu’en prêtant l’oreille on parvient à les entendre, comme on déniche des nids de vipère à tâtons dans les buissons) ou plus subtil comme le frémir de toutes les feuilles de l’érable dehors…

Oh merci pour le café. Il a beau être dégueulasse, il nous permet à tous d’entrer enfin dans quelque chose…

Non, je me demandais… si j’étais mort jeune, très jeune même.

Si, depuis cette mort, je n’avais pas vécu les années suivantes dans une espèce de silence torve, de morne oscillation entre des pôles opposés, laquelle mimant, autant que faire se peut, la routine du quotidien ? Si, à partir de ce couperet, dont l’instant est encore à décider, vous en conviendrez, quitte à bousculer l’ironie, je n’avais pas tout simplement et tout bonnement refuser… d’être ?

Ou bien c’est une espèce d’endormissement, quitte à patienter longuement une probable résurrection ? Une renaissance ? Un genre de nymphose où les éléments épars et mal fagotés de l’homoncule qui prétendait avoir voix au chapitre se verrait offert une lente décantation, un tamisage fin, un rapetassage destinés, dans un second temps, à policer et fignoler l’être nouveau.

L’hypothèse est séduisante en effet… mais elle présente un inconvénient majeur, et qui pourrait me jouer des tours, plus tard, lorsque nous nous expliquerons plus en détail… en effet dans cette version des faits, qui de la responsabilité ? La mienne, en propre ? Je ne souffrirai rien tant que l’accusation ou pire, le soupçon, le soupçon pesant de tout son poids sur mes épaules de démence, d’absence, de… d’insouciance ou de frivolité confinant, au grand dam de toutes les parties, à l’immunité. Une espèce d’immunité par défaut, par contumace, où le justiciable que je suis (permettez que j’emploie ce terme, il est bien valable, jusqu’à preuve du contraire, par toutes les parties en présence, n’est-ce pas ?) n’aurait finalement aucun désir, pour ainsi dire, aucun destin digne d’être narré. Eh bien ce n’est pas mon cas ! Sachez-le, et entendez-le vous dire, sans détour, sans ambages. Je ne serai pas celui-là !

 

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