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11 mars

Posted on 11 mars 201427 janvier 2024 by Benoît Vincent

L’un des textes de ma traduction d’Aujourd’hui la mer, de Carlos Futuna.

 

Aujourd’hui la mer est brouillée.

Comme des œufs brouillés. Tout un essaim d’embruns la dissimule à nos sens. Agitée, oui, elle l’est, mais cette agitation n’est pas celle de la tempête. Ce n’est pas l’agitation de l’orage. Ce n’est pas l’agitation de son peuple.

Tout ce qui est en elle et tout ce qui, autour d’elle, pourrait venir l’exciter, au contraire, se tient coi et calme.

Elle souffre de tout ce que nous autres, qui la regardons, projetons sur elle. Elle souffre d’un hiver trop long, qui piège et fait trébucher chaque rayon qui serait susceptible de la caresser.

Elle gémit de tout ce que la ville dégueule en elle ; elle geint de toutes les souffrances et les espoirs et les désirs les plus vils et veules dont nous la massons, la pansons, la raclons.

La mer est hautaine, elle n’aime pas être vue en difficulté. Elle nous le fait payer, elle nous fait payer son orgueil. Elle nous repaît de son chagrin.

Moi j’ai vu la mer, je sais de quoi je parle. Ils sont quelques-uns…

Ils sont quelques-uns, plantés devant la mer, qui la scrutent comme au défilé ou au vote, qui l’auscultent dans ce moment tragique où elle est nue, où elle apparaît nue. L’un tient son parapluie de manière grotesque. L’autre ne regarde pas la poussette qu’elle poussait, et ne pousse plus. Celui-là s’est arrêté de courir. Celui-là n’écoute plus ce qu’on lui dit. Cet autre ne voit pas le vent croquer son journal, éparpillé puis déchiré. Il y a un accident entre une petite voiture de ville et un énorme bus orange. La viande brûle dans la cuisine, quand se brisent deux verres de vin blanc. Un chien en laisse renverse toute une terrasse. Une boule de glace entière fait splotch en tombant à terre. D’une terrasse dans le soleil, on dirait un mannequin qui tombe. Elle ne se réveillera pas aujourd’hui. Il sera licencié.

Quelques gamins, partis sur leur planche, ne reviendront pas, ne reviendront jamais. Comme ce pêcheur consciencieux, comme ce plongeur engagé. On est à deux doigts de la guerre civile.

 

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