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Moka

Posted on 11 avril 201624 novembre 2016 by Benoît Vincent

Moka a des petits seins.
Petits, les seins.
Poussière les observe. Il doit peser deux quintaux, et il a une voix brisée.
D’une seule main il peut toucher les deux seins de Moka, petite fée russe abandonnée par les caravanes.
Il est grand, Poussière, il est énorme, plus grand qu’un cinéma. Il a les dents blanches. Il a deux mille quatre cent trente sept jours.
Moka dans la rue, déshabille ses jambes et tente les passants. Elles les renseigne souvent. On la paye pour ça. Elle accompagne parfois et Poussière ne la voit plus.
Il est tout petit comme la fêlure d’un mur. Je l’aime bien.
Moka a les yeux noirs. Papa dit que c’est la fatigue et qu’elle travaille trop. Il dit ça en souriant et maman sourit aussi. Ils ont l’air d’insinuer qu’elle ne travaille pas tant que ça.
Poussière m’a dit en rêve de toujours respecter Moka, et il m’a dit qu’elle en savait long sur la tristesse aigrie des hommes.
Je ne le suis pas. C’est des mots d’adulte. Oui, elle est un peu plus vieille, mais Moka pose ses habits d’adulte, et on observe les fourmis, les vers de terre et tous les mille-pattes sous les pierres qui s’enfuit en courant comme s’il avaient reçu une décharge électrique.
Ou un seau d’eau sur une porte comme dans les films.
Enfin pas les vers de terre, eux ils ne courent pas.
Poussière dit qu’ils mangent la lumière ; c’est pourquoi ils trouvent la route que la nuit.
Le soleil fait aussi du mal à Moka qui ne sort jamais dans la journée. Ou avec le foulard et les lunettes. Le soleil la rend malade.
Elle est jolie que la nuit
Un jour elle était chez moi, c’était la nuit.
Elle a des seins tout petits. Elle voulait que je les touche et après un long moment je les ai touchés. Elle est petite comme une sourie.
Comme sa souris.
Elle en sait des choses. Elle aime quand je joue avec elle.
On dirait qu’elle s’évade de prison. Tout va vite, et sa voix et ses gestes sur le point de rompre.
Elle a de tout petits seins. Poussière a de très grosses mains — il peut me porter entier dedans.
Il va vers la voiture et il la renverse sur le côté. Les passants sont effrayés, il pourrait les écraser d’une chiquenaude comme BG.
S’il voulait.
Il dit à Moka. Tu dois dire les secrets, pourquoi ne dis-tu pas les secrets, pourquoi ne dis-tu pas les secrets.
C’est les amis ça.
Il faut que le monde sache que tu as de petits seins, Moka, deux petits drapeaux. Tu pourras comme ça sortir dans la rue sans cacher tes cheveux, tes yeux, ton visage et ton nom
Le monde dira, c’est la plus belle Moka avec de petits seins, elle est fière de marcher comme une bayadère dans les rues.
On dirait une mélodie Moka.
Moka, Moka.
Moka, Moka, Moka.
Moka.
Elle travaille la nuit parce que le soleil lui fait du mal.
Elle s’enferme sur ses petits seins. Deux petits pains comme en vacance.
Si Poussière la portait, il pourrait d’une seule main.
Je ne veux plus que tu me montres tes trous Moka.
Garde tes secrets dit Poussière. Il mesure un kilomètre sept-cents, avec dix, puis sept, puis trois trais blancs. Il a pas les flèches.
Garde tes secrets pour lui, qu’il lui dit — et j’entends tout ce qu’il dit.
Elle pleure Moka, ses petits seins pleurent aussi, ça frétille. Garde tes secrets répète Poussière Garde tes secrets ou je te tue.

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