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Posted on 25 juin 20154 février 2024 by Benoît Vincent

Un texte de Pistes et sillages, une série de textes poétiques nés de l’écoute des préférés de la discothèque. Base d’improvisation, ou simplement paysage et divagation. Une anthologie.

 

 

{à partir de More, Pink Floyd, 1969}

 

Sommaire

  • 1 Cirrus minor
  • 2 La chanson du Nil
  • 3 Chanson pleure
  • 4 Au faîte (passe de Khaïber)
  • 5 C’est vert la couleur
  • 6 Cymbeline
  • 7 La séquence de la fête
  • 8 Thème principal
  • 9 Bar à Ibiza
  • 10 Plus de blues/Blues de Plus
  • 11 Vif-argent
  • 12 Une pièce espagnole
  • 13 Thème dramatique

Cirrus minor

C’est un vieil appentis sous les toits, je me l’étais approprié. Un vieux matelas puant de plumes, une moquette qui sentait la cendre froide, toutes les BD dans une grande étagère, une vieille platine disque et la musique envahit.

C’est une cave humide, de ciment, de moellons, aucune fioriture, il y a une cuve de fuel quelque part qui empeste de ses dégueulures. J’y ai entreposé toutes mes affaires et un vieux magnétophone.

Avant c’est un tas de ferrailles, des conduits d’aération industriels stockés derrière une usine, de zinc ou d’aluminium comme damassés par les ponceuses, qu’on avait agencé pour faire une sorte de cabane en fer. Je m’y réfugie et y dénude des récits érotiques mais explicites.

C’étaient mes lieux, reculés, écartés pour ne pas être dans un carcan ou l’autre, j’y venais aiguiser mon sens géographique, ou mieux, mon sens de l’espace.

C’était mes premiers voyages, ceux où on se prend à habiter.

Ça suivait les petites voitures, les figurines, ça suivait.

On avait trouvé un disque, puis pleins d’autres du même groupe, et on commençait à fumer de la beuh (comment on se la procurait, je n’en ai plus aucune idée, je n’ai jamais mis un centime dans la matière).

Les monstres prenaient forme, mais c’était pas plus mal, parce que comme ça on les voyait enfin, on savait contre quoi se battre. Y’en avait un sacré paquet.

Ça faisait des touches dans la nuit, des photons projetés sur les murs. Des oiseaux, des rambardes de psychologie.

 

La chanson du Nil

C’est du passé tout ça, mais ça remue encore.

Toute cette colère, cette hargne où est-ce qu’on a bien pu la fourrer ? On n’avait jamais été autant en cris, des cris qui étaient une pâte molle qu’on essayait tant bien que mal à sculpter, en faire au moins quelque chose, puisque les trucs des autres ça marche pas.

On essayait tous les vêtements qu’on trouvait. C’était facile l’escalade. Une marche entraîne l’autre. On ne faisait que monter.

 

Chanson pleure

Des journées allongé, à regarder le plafond. Sans bouger, même pas fumer.

Se projeter, mais sans savoir où, simplement se projeter. Enfin se laisser porter vers, plutôt, aucune violence dans ce déplacement.

Se dériver, sans but, sans aucune volonté, la planche, comme en plein soleil.

Et recommencer.

Et recommencer, recommencer sans fin.

 

Au faîte (passe de Khaïber)

La colère parfois est un peu mieux ficelée, elle fait des arpèges, des sarabandes.

Les rôles c’est-à-dire les gestes, sont mieux répartis, les voix sont tempérées, les eaux sont décantées et les couteaux aiguisés.

Dans l’arrière chambre, on lustre et ménage les muscles, il n’en faudrait pas beaucoup pour débander tous ces arcs. La nuit est ainsi très sèche tendue noire.

On dérape un peu, on a encore beaucoup à apprendre, on ne franchit pas tous les cols la première fois.

On se ressaisit. Tu es belle tu sais la nuit.

Rembobine.

 

C’est vert la couleur

La paix.

La paix est revenue dans un de ces endroits que tu affectionnes. Un genre de bassin près d’une source, sous des arbres immenses. L’eau est poisseuse, le sol est un mélange de feuilles, de vase et de cailloux, tu ne vois pas tes pieds.

Tu restes là des heures, jusqu’à geler. Ça viendra, tu le sens.

 

Cymbeline

Et ça vient.

Les paysages arrivent.

Ceux d’après, ceux de quand tu seras libéré. Libéré, enfin plutôt, quand ta cage sera plus vaste, plus diluée.

Tu les vois ces premiers paysages de falaises, de terres ocres, la Haute-Provence ?

Ou quelque désolation volcanique, rien en tout cas d’inquiétant. Pas comme ces pelouses sur les faîtes d’altitude (tu n’as pas encore muselé le vertige).

Et puis c’est une autre voix, assez affable pour évoquer avec toi les vignettes du passé.

Il ne faut pas grand chose pour faire d’un refrain un paysage.

Une ambiance de l’ouest, on ne sait toujours pas comment dire, un désert, peut-être, mais on s’y trouve à l’aise.

Peut-être parce que ce lieu est ouvert.

Ou bien un temps reculé, peut-être. Peut-être ça le lien. Pas un ailleurs, ou même pas un autre temps, mais la promesse que quelque chose puisse survenir. L’ouest, le passé, c’est ça, un temps de fondation, un temps de possible.

Un moment plein d’images, si j’ose dire. De photographies qui s’entremêlent, de bobines tressées en toute quiétude.

 

La séquence de la fête

Un pied resté mangé par la glaise.
Ce pied voit tout un monde disparu.
Un monde englouti où des voiles, où des cistres, des cuivres.
Un monde étrusque fait de vases noirs, de fruits trop sucrés, de coquillages offerts aux peaux.

De vipères dans l’eau.

 

Thème principal

Pas les monstres, les demi-dieux.
Une assemblée qui se règle à la danse de l’un, aux crachats de l’autre, des pièces en enfilade de séquences qu’on ne saurait décrire.

Des demi-portions sans bouche apportent du vin, des fruits, des perles pour noyer des corps nus.

Des hommes sévères observent.

Des femmes lascives, maquillées excessivement.

Un noir à la batterie qui chavire, tranquillement. En cadence.

On boit, on se frotte, on remue.

Arrivent les notables, c’est une seconde de stupeur sur la face des animaux sauvages, et le brouhaha repart.

On n’est plus soi-même, d’ailleurs chacun porte son masque.

Le notable est installé, avec mignons, mignonnes, robe de soirée, et porc-épic sous les pieds.

Les flammes sont éteintes. C’est la procession de la nuit.

 

Bar à Ibiza

Ça remue encore, mais c’est du passé tout ça.

On a canalisé pas mal la plaine tu vois. On a fait de petits lingots, de petits fagots, on a fait de la rage une force motrice. On a grandi, agrandi les territoires, on se sent mieux chez toi.

On se promène l’œil moqueur, maintenant on ne craint pas de tomber sur un serpent. En asséchant les sangs on domestique.

Ah oui, on a bien bouffé à tous les râteliers, maintenant on n’irait plus se jeter dans des filets puants. On n’irait plus écrire avec des chiffons de suie. On a une terrasse, de là on voit la mer. Après, on n’a plus envie de descendre.

 

Plus de blues/Blues de Plus

Silence de faucilles d’or.

Sourire sueur.

Point.

 

Vif-argent

Enfermé dans son cristal liquide, le monstre rayure en vain.

Le paysage se dégonfle, crevé.

La fête est finie, c’est la nausée. Quelques hôtes chatouillent encore dans les buissons, un type doit vomir quelque part, mais le jour a déjà percé les illusions les rêves.

Le monstre a compris qu’il fallait parcourir plutôt que s’entêter à sortir.

COMPOSER COMPOSER il dit COMPOSER BRASSE MUE on ne comprend pas tout, lui non plus ne fait pas d’effort.

Ce n’est pas des efforts que l’on peut attendre d’un monstre, plutôt des coups de fouets, des vents nauséabonds, des balayages, du foutre-en-l’air méthodique et méthodiquement injuste.

Le voilà grandes pattes d’araignée, élastique corps glanduleux, sangsue large et ogre, orage vésicules muqueuses, orage velu, vermiforme tourbillon d’une blancheur d’île, mérinos décharné attaché au pilori arraché, la chaîne fait bling, bling, et autres termites ou fourmis ou guêpes ou quelconques essaims de larves grouillantes éructantes vrombissantes rongeantes ronflantes, protandre béance parcheminée d’yeux liquides (eh oui), bref, vouivre au taquet, déchiquète-livres, cliquetis d’irresponsable mécanique-catastrophe, ravage tout sur son passage, dégage, défraie, déraille, détruit, défonce,

BREF,

remets les compteurs à que d’chi !

 

Une pièce espagnole

Il y a toujours un type avec un chapeau dégueulasse qui t’attend à une taverne, qui parle dans un langage chamarré, mi cajun mi yiddish, un type mal rasé et qui pue un peu, pour te parler du cul des femmes, du cuivre des bouteilles ou d’une solution à ton problème.

Et en général ça finit dans du papier gras.

 

Thème dramatique

Le torse haut et droit, tu sors enfin de ta cabane. Tu te laisses apercevoir. Tu fais mine d’être à l’aise, d’être familier, d’être accessible. Tu portes un galure de paille, t’installes aux terrasses, tu blagues et tu croques une pêche en lisant le journal. Tu es ridiculement affable.

Derrière pourtant il y a un petit moment de doute, elle est encore tenace, la petite vitamine, l’étincelle noire qui creuse ta tombe et te fais avancer.

 

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