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Nouveau !

Posted on 2 juin 20154 février 2024 by Benoît Vincent

Un texte de Pistes et sillages, une série de textes poétiques nés de l’écoute des préférés de la discothèque. Base d’improvisation, ou simplement paysage et divagation. Une anthologie.

 

 

{à partir de Neu !, Neu !, 1973}

 

Sommaire

  • 1 Orgie
  • 2 Offre spéciale
  • 3 Blanchemer
  • 4 Chanceux
  • 5 Négatif du pays
  • 6 Chérie en mieux

Orgie

L’heure n’importe pas mais je vais,
l’heure n’importe pas mais je vas (bis)

Je descends les escaliers, les rues, les villes, je cherche à rejoindre le plus loin possible sans pouvoir m’arrêter. Les rues entre les marches, les villes entre les rues, les campagnes entre les villes, les pays entre les campagnes, les continents et ainsi de –, ainsi de suite.

Je trace. Comme on dit.

(La mer par exemple est une éventualité qui ne m’effleure jamais l’esprit, ni une opportunité qui m’inspire confiance ou m’enchante. Il faut bien comprendre que je n’ai pas spécialement d’idée du bonheur en tête, que tout ce qui m’importe est marcher, avancer, d’ailleurs serait plus juste. Je ne m’arrête pas, je ne m’arrête jamais, ce n’est pas pour bêtement devoir contourner de l’eau mouvante en s’enfonçant bêtement dans le sable. Mouvant. Ce n’est pas pour simplement songer à l’idée d’un bonheur possible. Si tu savais d’où je viens.)

L’heure n’importe pas mais je vais,
l’heure n’importe pas mais je vas (bis)

J’avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n’a peu ou pas d’importance, tous les visages sont les mêmes dans les villes sont les mêmes dans les paysages sont les mêmes dans les planètes les tableaux les continents, au fur et à –, au fur et à mesure, et aucune de ces occurrences ne me concerne.

J’avance, ce que je pourrais voir du paysage, si je le voyais, ne m’apporterait pas plus d’apaisement que d’aversion. (Il faut bien comprendre que, si je ne me mêle pas de paysage je ne me mêle pas de paysage, mais si je ne me mêle pas de paysage je ne me mêle pas de rapports sociaux de visages de fonction phatique ou de propos de comptoir aviné, je ne me mêle de rien, tout m’indiffère sauf à avancer. Je suis de ce monde-ci, celui qui avance avec moi, je ne pleurniche pas sur les épaves qui encombrent autant qu’elles gênent mon passage.)

Je ne fais que passer, mais je le fais avec passion, rigueur, obstination, un certain rythme et une certaine fidélité. Au fur. Et mesure. Au fur. Et mesure. Fur. Et mesure. Je ne suis pas payé pour faire autre chose. Je n’ai pas été choisi pour être faible, je n’ai pas été choisi pour ne pas me distinguer. Je fais ce que je dois faire. & j’essaie de le faire bien, sinon à quoi –, sinon à quoi bon. Alors j’avance.

Je trace comme on dit.

J’avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n’a peu ou pas d’importance, j’avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n’a peu ou pas d’importance, j’avance, je trace, comme on dit, ce que je croise n’a peu ou pas d’importance, j’avance, comme on dit, je trace, ce que je croise n’a peu ou pas d’importance.

L’heure n’importe pas mais je vais,
l’heure n’importe pas mais je vas (bis)

Je trace comme on dit.

Je trace et je ne trace rien, je n’ai pas le temps pour ça, pour m’abaisser à laisser des traces. Ni laisser de paiements, ni déchets alimentaires ou électriques, ni caoutchouc, ni empreintes purulentes dans cœurs trop saillants, ni cicatrices, ni ecchymoses. Non seulement je n’ai pas que ça à faire, mais en plus je ne saurais pas comment m’y prendre. Je suis né pour avancer. Fait pour ça. Alors j’avance.

Je trace comme on dit. Les paysages déjà s’estompent, je ne suis plus que le pied, la jambe, je jambage, l’amble, l’emblave, la course, le courtage, et puis déjà, bientôt, je ne suis que la course, l’itinéraire, la destination. Le pays, le paysage. Je suis déjà là –, je suis déjà là-bas. Plutôt, je suis toujours déjà là, je suis toujours déjà là-bas. D’ailleurs ailleurs, qui ici. Je ne suis jamais là.

L’heure n’importe pas mais je vais,
l’heure n’importe pas mais je vas (bis)

Mettons que je ne vous ai pas adressé a parole. Reprenez-la. Et laissez moi filer. Laissez –, laissez-moi ; laissez – mais laissez-moi ; laissez – mais laissez-moi. Je trace.

Comme on dit.

 

Offre spéciale

Dans le tunnel j’entends des voix.
Ce ne sont pas des voix dans un tunnel. C’est le tunnel lui-même qui n’a trouvé que des voix pour exister.

Écoutez ! Écoutez ! Vous m’en direz,
des nouvelles.

Le tunnel est une fonction de sa propre courbure. Il n’est pas certain que la lumière, son arasement jusqu’à l’extrême, n’ait pas son mot à dire. La lumière en quelque sorte justifie le tunnel par la fonction de sa courbure.

Écoutez !

Je ne vous le fais pas dire.

Apprenez à parler allemand à un mur de soutènement ; vous aurez le même résultat. Le tunnel ne se dompte pas par de simples recettes psychologiques.

Écoutez ! Le mur courbe du tunnel (je dis ça pour aller vite, et pour les moins vifs d’entre vous), le mur tout en courbe du tunnel secoue.

Apprenez déjà à parler allemand, on en reparlera.

Tôles striées, rayures racines ciment. Ongles crissés. Dents froissées.

Le lexique du béton n’est pas disponible, quatre-cents quatre.

CRISSE, CRISSE, CRISSE ! crie le tunnel, le boyau, la baleine, l’écrevisse.

 

Blanchemer

Il n’y aura plus les voix qui parlent, mais écoutez la plainte du tunnel.

C’est un peu comme si vous vouliez inviter les vagues de la mer à un gala de charité. C’est tout de suite une suite de complications sans nom qui à la fin vous retombent sur les bras.

Chut ! Écoutez un peu.

La plainte du tunnel, le chant du tunnel. Il expire comme une équation, vous ne trouvez pas ?

Allez donc savoir.

Chut ! Chut !

Avez-vous déjà songé qu’il y a plus de paysages dans un tunnel que dans n’importe quel autre segment linéaire ? Il touche sinon à la perfection, du moins à une haute estime de la symphonie des espaces.

Vous y songerez à deux fois.

Chut ! chut ! Écoutez, écoutez voir !

C’est un mâle, je crois… Très amoureux…

Et… ah… il possède une autre couleur en lui… chut ! Plus douloureux qu’une entorse, mais plus solitaire qu’un chagrin… Un mal propre aux pierres, aux pierres mêmes. Un mal minéral, dévoué au tunnel. Mycose ou cancer, Effritement le guette. Le mal du tunnel.

Qui le retourne comme un gant.

 

Chanceux

Sous, dessous.

Ça tremble, ça bouge, ça respire.
Ça patiente.

Ça sent l’eau glacée. Ça sent l’eau noire. L’eau végétale des fonds.

Vagues, qui déchirent le trait ; tout à coup se recompose. L’obstination de l’eau touche au respect.

Dessous, on s’habitue à l’obscurité. On s’habitue à tout. Des formes dessinent des lumières comme des glissements de sons furtifs.

Vous qui restez en surface (toujours toujours en surface) (toujours tellement en surface) (adeptes de la surface) (drogués de la surface) (toujours du bon côté, mes saligauds) (toujours du bon côté du manche) (toujours positifs) (sur, dessus) (mes salauds) vous ne savez pas ce qui se passe de l’autre côté.

 

Négatif du pays

De l’autre côté : bordel, cris, clames, fureurs, fruits pourris, sirènes, bombardements, échos d’acier, écartèlements, barres fondues dans la bouche.

Scie dent scie dent scie, matière meuble, chairs flasques, découpage, boucherie.

Du doigt (sur la braguette), mène la danse, petit coup de fouet, bottes de cuir, talon sur téton, tu la sens, tu la sens ma chair ? Tu l’aimes mon sturm&dräng ? Est-ce que tu l’aimes ? Et mon aufklärung tu l’aimes mon aufklärung ? Et mon panzerdasein, tu l’aimes mon panzerdasein ?

Genou dans la gorge.

Tibia dans l’estomac.

On a du mal à déglutir, transit incomplet.

Du doigt (dans la bouche), mène la danse, fusil au vent, troupe échevelée et joyeuse, cuirs cintrés, corps saisis dans leur posture fatale. Coup de pied (dans la gueule).

 

Soudain écho

On repart (comme en quatorze).

 

Soudain échos

Du doigt (dedans), on repart. Et mon unheimlichkeit ? Tu la trouves bandante mon unheimlichkeit ? Tu peux toucher tu sais. Caresse-moi. Mets en branle ta petite armée. Parachute-moi. Envahis-moi. Anchluss-moi, meine kleine ubermarechalfürher. U-boat-moi. V2-moi. Si ça se trouve.

Fukushima mon amour !

Marche sur moi, dispose tes bataillons, prends position, prends position ! Sanctionne, sévis, écartèle, censure !

Sanctionne, sévis, écartèle, censure !

 

Soudains échos

On repart (comme en quarante).

Débâcle,
débâcle, débâcle, débâcle, débâcle,
débâcle, débâcle, débâcle, débâcle,
débâcle, marche, débâcle, débâcle, débâcle,
marche, marche
débâcle, marche, débâcle, marche, débâcle, déplace
marche, marche, marche, marche, marche
débâcle, marche, marche, déplace, débâcle, déplace, marche
déplace, débâcle, marche, débâcle, déporte, déclasse, débâcle, marche
heiun, deuh,
déporte

déporte, déporte, déporte.

 

Chérie en mieux

Comptine du vaincu
(sur guitare pleine de mouchoir morveux pour moulin à larmes)

Sur la nappe qu’on avait étalée dans les grandes herbes (elles nous piquaient le cul les cuisses ces connes), on avait sorti tout ce qu’on avait mis un peu en vrac dans le panier : les pots les couverts, les assiettes et les plats, et les fruits le pain les bouteilles. On nous l’avait raconté. On agissait de même. On travaillait de concert.

Et la radio.

Ce qu’on laissait tomber, de grosses fourmis noires comme un poing les emportaient sous l’eau.

À moins que ce ne soient des poings.

On répétait ces gestes qu’on avait pris d’un tableau, d’une mémoire, qu’on avait pliés soigneusement en quatre et glissés dans le portefeuille. On rameutait tout ça comme des fables apprises en classe, ou des couvertures brodées sorties de vieux placards. Les mites étaient passées par là, mais il fallait bien remettre le couvert.

Ce qu’on daignait sortir, les exocets venaient taillader leur base, et on se retrouvait nus, en sang, et bientôt minéral.

À moins que ce ne soient des poings.

Alors on cherchait à s’étourdir, qui à embrasser le soleil (pff, crevé), qui à se noyer de nage (pff, crevé), qui à abuser de la convive la plus faible (en l’occurrence une nana qui nous servait de dépotoir, de centre de tri, de vide-ordure, on la prenait à tour de bras et on la couvrait de tout ce que les muqueuses et les glandes retiennent de mystérieuses humeurs), en l’occurrence la plus liquide, elle — muscle comme un poisson, elle — glisse comme les souvenirs.

Le plaisir qu’on en tirait nous menait droit au but, c’est-à-dire à peine plus loin que la mort.

À moins que ce ne soient des poings.

On n’en revenait pas !
L’inédit tue.

 

Nouveaux échos

Pellicule liquide, qu’on crève comme un œil.
Un pique-nique sur l’eau.
Ça peut dégénérer.

 

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