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Mes nuits 1

Posted on 27 février 20073 avril 2010 by Benoît Vincent

Moi qui vous parle, j’ai peur de la nuit.

C’est que j’ai frôlé la main sure. Et me voilà hagard. Abruti. Repoussant le sommeil de mes deux yeux, de mes bras même !

Moi qui vous parle, j’ai peur de la nuit.

Car mon sommeil est horrible ; pas seulement impossible : lorsque je m’allonge en mon lit, il n’y a pas seulement le sommier qui craque comme un squelette douloureux. Il n’y a pas seulement les relents fétides qu’exhalent les murs et le reste.

Il y a que, si j’aborde le sommeil, que je m’y engage, comme on entre confiant dans un tunnel, ou comme dans une voiture. Ou comme si on se remet à l’oubli propre au somme, je ne suis pas certain d’en revenir.

Beaucoup d’entre vous rient déjà. Je sais ce que je dis. Il n’y a pas que moi, et beaucoup de vieillards et de vieilles appréhendent leur nuitée ; ou l’attendent impatiemment ; insolents.

Mais je ne suis pas un vieillard.

Si la nuit m’effraie, ou plutôt si le sommeil m’effraie, c’est qu’il m’empêche de dormir. Si : je dors, mais si mal, si contraint et engoncé en lui que rien ne se repose, rien ne se dépose. Rien n’oublie.

Je n’oublie rien.

Cette nuit, je me réveille en pleine nuit, nuit froide et dolente, et mortellement privée de son, privée de vie.

J’étouffe ; je ne parviens pas à respirer. Je dois ahaner, sans quoi je m’étouffe.

Je sens tous le circuit de mon air bordé de lames de rasoirs. Je ne peux respirer. Mon ventre se plie. Mes épaules, mon torse, se braquent. Cela retentit jusqu’au bas du dos. On dirait un cheval mourant.

Se glissent sous ma peau des nerfs de feu. Et je tousse ; je suffoque. Mais rien, pas de toux, je ne fait que mimer, pour l’appâter ou la séduire, une toux inaudible, qui ne vient, ne veut pas venir, et n’a rien à faire ici.

Et pourtant je dois tousser. Je suffoque ; je m’essouffle. Comme après une course, où l’on aurait trop force, peut-être à cause du froid, du piquant du froid.

Peut-être à cause de la claustration.

Je me retrouve alors en bas, condamné à écrire, sans rien avoir préparé à écrire. Cela me prend aussi les tempes, et peu s’en faut la main.

Je suis un grand cheval sur le bas-côté.

Alors je repousse la nuit. Je crains la nuit. Mon cauchemar est dans la veille. Ou le sommeil intermittent.

Tout le jour se passe, sans douleur sinon la fatigue qui s’accumule.

Puis la nuit se pose sur moi comme un cheval mort. C’est mon cauchemar ; c’est l’étymologie de « cauchemar » : une jument est assise sur mon cœur.

Tant pis si je ne dors pas.

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