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Sisyphe inconstant. Réflexions décousues sur le rock

Posted on 28 mai 201524 avril 2023 by Benoît Vincent

Sommaire

  • 1 Introduction
    • 1.1 Avertissement 1.
    • 1.2 Avertissement 2.
    • 1.3 Sommaire

Introduction


Avertissement 1.

De nombreux échanges sur les réseaux sociaux ainsi qu’une lecture plus critique de son histoire et de son esthétique m’ont mené à de non moins nombreuses réflexions sur le rock, dont on ne sait à la fin si on doit le qualifier de genre, de mode, de culture, de mouvement… Cela a pour conséquence de brouiller les messages, mais ce n’est pas le seul brouillage qui existe : l’autre est beaucoup plus pernicieux. Le rock, comme « forme », disons, a une fâcheuse tendance : il joue sur les sentiments. Comme il est essentiellement destiné à une frange réduite de la société, ou à une frange même de la personne tout aussi singulière, à savoir la part adolescente de l’une ou l’autre, il est par définition immature (et en ce sens, peu enclin à la complétude ou à la satisfaction du désir) et émotif (et donc bien souvent sentimental, impulsif, à tendances égotiques, compulsives, et nostalgiques). Pas facile dans ces conditions d’en faire une lecture objective qui ne cède pas à l’une ou l’autre de ces tendances. Mais pourquoi ne pas essayer de parler du rock, malgré tout, ni en fan, ni en adolescent, mais également comme d’un fait social ou culturel en soi ?


Avertissement 2.

J’ai choisi la figure de Sisyphe, bien que “déjà prise” par Camus, parce que je n’ai pas trouvé d’autres figure qui résume à ce point le “problème” du rock. (C’est évidemment pour d’autres raisons que celles de Camus).

Cette pierre qui roule sans cesse, poussé par celui qui a réussi à déjouer la mort, quelle image pourrait mieux définir le rock ?

Avec un ingénuité presque déconcertante (mais tout au moins cohérente avec le personnage et son sujet), Neil Young chantait en 1979 « Rock’n’roll will never die ». En 1979 ce qu’on appelait déjà depuis trois-quatre ans le punk était lui-même en train de s’essouffler avant rebond dans ses formes dites post-punk et new-wave (les préfixe post- et new- trahissant leur prétendue nouveauté).

Ce qu’il ne voulait peut-être pas vouloir dire, le génial Neil Young, c’est que le rock n’en peut mais de ne pas pouvoir mourir, de renaître sans cesse de ses cendres, depuis les fracassants débuts des années 50, en passant par le revival d’or des années 62-65 (ou 69 si on veut être large), celui moins glorieux des années 70 (depuis Nuggets, ou même le MC5, jusqu’aux Sex Pistols), produisant un incessant renouvellement des mêmes formes.

Mais cela s’entend du fait même du projet du rock : une musique soi-disant révolutionnaire pour adolescents.

A quoi il faut bien constater notre double difficulté : comment peut-on prendre au sérieux le rock ? Comment peut-on en parler sereinement sans rapidement pouffer de rire ? Mais dans le même temps, comment ne pas considérer ses plus “classiques” (disons les Rolling Stones, ou mieux, les Ramones, par exemple) représentants et ne pas se laisser berner (une nouvelle fois) par ceux qui prétendent en proposer une version plus intellectuelle (évidemment je vise plutôt le Velvet Underground, par exemple, que Gang Of Four) ?

C’est ainsi chargés de toutes ces contraintes que nous dévalons l’histoire du rock, aussi objectif que puisse l’être un non-fan, mais aussi évidemment avec le plaisir d’écouter de nouveaux disques, de collectionner les pochettes, de fureter avidement les bacs, les pistes, les paroles, nous proposons une modeste lecture de quelques œuvres emblématiques — le tout précédé d’une préface partiale et arbitraire sous-forme de sentences lapidaires (également inspirées des #500formulesdéfinitivessurlerock de Joachim Séné).


Sommaire

0. Avertissements
I. Faits
II. Disques
III. Dates
IV. Noms

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